En octobre 2010 sortait sur les écrans norvégiens , alias The Hunter à l’international. Alors que le film commence sa tournée de festivals internationaux (Gérardmer en tête) et que le DVD/Bluray inonde les bacs norvégiens (sortie officielle aujourd’hui), revenons sur une petite perle du fantastique.

Ah, petite précision: ne regardez pas le trailer officiel international, mais le norvégien sous-titré anglais. Ca évitera trop de spoil…

Le pitch:

Un groupe d’étudiants de Volda sur la côte Ouest Norvégienne (à mi chemin entre Bergen au sud et Trondheim au nord) doit réaliser un documentaire sur un personnage atypique, afin d’en dresser le portrait. Leur choix se porte sur Hans, homme énigmatique suspecté d’avoir tué un ours illégalement. A force de persévérence, ils trouvent Hans et arrive à le convaincre de les laisser le filmer. Au cours de leur première sortie dans les bois, des bruits étranges sont entendus alors qu’Hans arrive en courant, en criant “TROLL!”

La

La légende des Trolls est immanquablement associée à la . Tant dans la culture locale que dans l’imaginaire internationale. Cela donne un capital sympathie immédiat au film d’ , mais impose aussi une maîtrise totale du sujet sous peine de tomber dans le ridicule le plus absolu. Formellement, le réalisateur opte pour le “style” Blair Witch de caméra à l’épaule. La comparaison s’arrête là. Alors que dans Blair Witch la tension est liée à une menace invisible, dans Trolljegeren les Trolls sont bien visibles. Et très bien faits (mention spéciale aux VFX donc). Le spectateur est directement happé par cette histoire au fondement fantastique, qui donne des sensations et ménage quelques moments comiques. Le réalisateur prend également le temps de montrer les paysages de fjords (Nordfjord notamment), mais également les endroits touristiquement connus comme Dovrefjell ou Jotunheimen.
Autre bon point, le réalisateur et ses scénaristes ont soigné les personnages. Tous plus convaincants les uns que les autres, ils arrivent à semer le trouble dans notre esprit: et si c’était vrai ? Trolljegren reprend l’iconographie des troll, les légendes majeures et propose une interprétation dans la société et les paysages actuels : un champ de pierres correspondrait alors à une bataille entre Tolls et Gnomes, alors que ce sont des blocs laissés par les glaciers après le Dernier Maximum Glaciaire…

C’est sans doute la grande force de : formellement convainquant, le métrage sait aussi soigner son contenu, des acteurs à l’histoire, en donnant moults détails qui renforcent le côté réel/réaliste de l’histoire. Tout au plus pourra-t-on regretter une chute par trop prévisible…

Trolljegeren/The Troll Hunter emporte donc facilement l’adhésion d’un spectateur certes attiré par le dépaysement suggéré par son titre, mais surtout par une matrîse totale tant de son sujet que de ses effets. La poésie, la générosité, le rêve dégagés par le film d’André Øvredal font de son oeuvre un classique instantané du film fantastique, une petite pépite charmeuse qui donne envie de partir en montagne pour vérifier par soi-même si, par hasard, les Trolls n’existeraient pas vraiment…

Label Filmgeek

Armand

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