Critique du film Iron Man 2

April 27, 2010 · Filed Under Critiques · 10 Comments 

iron man 2

Après beaucoup d’attente, de péripéties diverses et quelques déceptions, j’ai enfin pu voir la suite d’Iron Man. Le premier du nom m’avait déjà beaucoup enthousiasmée, et c’est donc sûrement sans grande objectivité que j’ai découvert le 2. Bon, la faute peut-être à Robert Downey Jr et à son charisme parfait dans le rôle de Tony Stark.

Contrairement à Tobey Maguire et son double « numérique » dans Spiderman (rappelant beaucoup une bouillie de pixels), Robert Downey Jr est aussi à l’aise dans son armure de synthèse que dans un smoking.  Iron Man (1) avait réussi le pari (alors énorme pour un film de super-héros) de se défaire du tout CGI pour revenir à une mixité de différentes techniques de VFX permettant d’offrir une meilleure intégration des acteurs dans l’action et les décors. C’est donc naturellement qu’ continue dans la lancée : mesdames mesdemoiselles messieurs, vous allez vous en prendre plein la vue. Tout est fait pour vous éblouir, quitte à laisser le scénario un peu de côté. Aïe, là ça se complique… Décevant ? Oui un peu, surtout quand on sait que le scénariste est le génial auteur de Tonnerre sous les Tropiques et qu’il aurait pu largement mieux faire ici. Mais bon, dans Iron Man 2, le spectacle est toujours là, pour tout le monde et on oublie que le récit est un peu faiblard (le premier n’était pas non plus à tomber de son fauteuil, faut bien se l’avouer aussi). Donc pour vous :

Mesdames, Tony fait les yeux encore plus doux à Pepper et se découvre l’âme d’un romantique, Mesdemoiselles, le fessier d’Iron Man (avec ou sans armure) est toujours très bien mis en valeur. Messieurs, les ironettes, les jambes de Pepper et Nathalie et la combinaison de Black Widow vous feront pétiller les yeux.

Sans oublier nos amis fidèles les geeks, à qui Tony offre une belle démonstration de son environnement software et d’assemblage « hardware » ; ainsi que nos amis fidèles les mélomanes, qui seront ravis de l’excellente bande musicale (avec un petit mix Queen/Daft Punk pendant un combat Iron Man / War Machine particulièrement réjouissant).

D’ailleurs, ne soyez pas trop déçus, il y a bien du , mais nous sommes loin d’une bande son entièrement composée par le groupe, contrairement à ce qu’a pu annoncer la promo.

Et sinon, l’intérêt de la suite me demanderez-vous ? Et bien, tout simplement, est-ce que Tony Stark a gagné en maturité dans Iron Man 2 ? Pour y répondre, l’enjeu de ce deuxième opus repose principalement sur les relations qu’il développe avec les autres personnages :

Pepper qui offre une nouvelle fois un duo de choc (un peu) et de charme (surtout) avec Tony Stark/RD Jr, et une mention particulière pour la scène dans l’avion, touchante dans l’inversion des rôles…

Rhodey – incarné par un convaincant en remplaçant de mais plutôt sous exploité, malgré la forte présence de War Machine !

Nathalie « Black Widow » – magnifique qui connaît malheureusement le même sort que Don Cheadle, mais qui permet de renforcer l’intérêt du SHIELD pour Tony… ça annonce subtilement The Avengers ;)

Nick Fury –  à qui offre un rôle plus développé, tout aussi euphorisant que dans les dernières secondes du premier Iron Man, et apportant enfin du sens dans la vie de Tony.

Justin Hammer – qui s’en sort plutôt bien en concurrent loser de Stark !

Ivan Vanko « Whiplash » – le grand méchant incarné par , – qui à défaut de donner le meilleur de lui-même s’imprègne sympathiquement du personnage et semble même parfois s’amuser un peu.

Mais la relation la plus forte est celle que Tony développe avec lui même. Son narcissisme est encore plus exacerbé et agaçant que dans le premier, le rendant aussi plus fragile, plus en retrait avec les autres, se demandant même s’il pourra survivre à Iron Man : il s’empoisonne lentement, de son cœur qui déraille mais aussi de tout ce qu’il a avoué et  surtout de tout ce qu’il n’avoue pas. Il s’empoisonne de sa trop grande confiance en lui et du manque de confiance en les autres. Tony Stark est un grand sensible, rongé par la solitude et le chagrin dû à un père trop peu présent dans son enfance. Solitude et chagrin qu’il noie, soit dans la construction de nouvelles armures, soit dans l’alcool.

L’alcool, son grand vice, qui l’entraine d’ailleurs à chaque fois dans des incidents « WTF », la scène de la soirée d’anniversaire atteignant le sommet du grand n’importe quoi. Car oui, Iron Man 2, reprend forcément ce qui avait fait le succès du premier titre avec du pur divertissement où priment l’action et l’humour et où une certaine conception de l’action « 6ème degré » est appliquée à plusieurs reprises. Certains spectateurs déjà réfractaires au genre s’offriront certainement une petite palmface de temps à autre, d’autres hurleront leur jouissance. De ce fait, le rythme est plutôt irrégulier, alternant majoritairement entre pure action, pure déconnade (voire les deux) ou pure déprime de Tony qui tente de communiquer son mal-être d’une façon ou d’une autre, déprime qui permet cependant d’étoffer finement ce super héros milliardaire, génie adulescent qui ne supporte aucune contrainte de la vie.

De toute façon, Iron Man 2, comme le 1er et à l’image de Tony Stark, ne se prend pas au sérieux. Même si parfois, certains pétages de câble de Tony Stark rappellent Peter Parker dans Spiderman 3 (oui, là je sais, ça fait plutôt mal comme comparaison), il reste une liberté de ton, une vision délirante du mythe du super héros qui permet de hisser cette suite dans la catégorie des (plutôt) bonnes adaptations de comics. Si vous aviez adoré le 1, prenez tout de même en compte que l’effet de surprise ne fonctionne plus ici, il y aura donc des déçus mais le plaisir de retrouver Tony Stark est quand même bien là. L’énergie et la passion devant et derrière la caméra de et de Robert Downey Jr y sont pour beaucoup, grâce à cette présence de l’humour un peu absurde, mais aussi de respect pour le dandy en armure.

Caro

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Critique Alice au Pays des Merveilles, de Tim Burton

March 4, 2010 · Filed Under Critiques · 10 Comments 

alice affiche

Synopsis : Alice () approche de ses 20 ans, et depuis son enfance, est hantée par des cauchemars d’un monde étrange peuplé par des créatures mystérieuses. Le jour où le jeune et arrogant Hamish Ascot la demande en mariage, elle s’enfuit à la poursuite d’un lapin blanc,  puis bascule dans un terrier qui semble sans fin… Elle atterrit dans le monde de ses rêves. Certaines des créatures la reconnaissent et voient en elle leur sauveuse, pour combattre la Reine Rouge et le Jabberwock.

Notre avis : Un film de est toujours un événement, même si pour beaucoup de fans la déception s’installe de plus en plus à chaque nouvelle réalisation.

Proposer une suite à Alice in en adaptant De l’autre côté du miroir était un pari osé, qui, sous les doigts du magicien du cinéma fantasmagorique, pouvait réconcilier le maitre et son art, époque Beetlejuice, Batman, Ed Wood, Edward aux mains d’argent, Mars Attack ou même Sleepy Hollow. Bref, que l’on retrouve un peu de noirceur et de cynisme, mais du vrai, du dur, pas du gothique édulcoré à la Sweeney Todd, pâle caricature de toutes les possibilités créatives du cinéaste.

alice reine rouge

Au début, on y croirait presque : charme et maquillage blafard d’une Alice exquise de décalage dans ce monde victorien si rigide. Et puis l’arrivée dans Wonderland/Underland est une petite merveille en soi, des textures, des couleurs, une luxuriance du décor plaisante à l’œil, mystérieuse à souhait, où l’ambiance est posée : nous sommes dans un Tim Burton semblant renouer avec ses bonnes vieilles traditions, avec même un soupçon d’imaginaire visuel emprunt à Terry Gilliam. Le design plutôt spectaculaire des créatures et de la Reine Rouge () ainsi que le casting 5 étoiles ne faisant que confirmer ces premières impressions.

Et puis… semble avoir arraché les rênes à son réal’ au cours du film, faisant perdre à Alice toute sa splendeur. Oscillant autant visuellement que narrativement entre Narnia et La Boussole d’Or (et parfois Harry Potter, Disney ratisse large), la magie n’opère plus vraiment, si ce n’est à travers les présences fortes heureuses d’un parfait en Chapelier Fou émouvant et d’une « délicate » en Reine Blanche.

chapelier fou

Tout semblait être présent pour déguster pendant presque deux heures un délice cinématographique, mais il manque à cette recette l’assaisonnement nécessaire pour relever le goût et sublimer le parfum. L’intrigue est fade, sans véritable enjeu, sans aucune empathie pour les personnages. Pire, Alice parait s’ennuyer autant que le spectateur par moments (la preuve, cachée derrière mes lunettes 3D, j’ai réussi à m’assoupir quelques instants). L’humour absurde et impertinent, pourtant présent dans les contes de et le dessin animé, est quasiment inexistant ici. Et quand il surgit enfin, c’est souvent pour tomber complètement à plat. L’esprit ludique et déjanté du « joyeux non-anniversaire » manque cruellement.

alice armure

Malgré tout, nous sommes dans un film de Tim Burton (je vois bien, fan fidèle, ton désappointement face à la lecture de cette amère et je souhaite te rassurer un peu) : reste un spectacle cinématographique de bonne facture, mais simplement loin d’être à la hauteur de ce dont est vraiment capable le génie subversif Burtonien. Finalement, il y a 60 ans, Disney, dans son long-métrage d’animation, avait pris plus de risques qu’en 2010.

Un conseil donc : mieux vaut (re)voir le dessin animé avant de se rendre en salle le 24 mars pour apprécier par soi-même ce nouvel « Alice ».

Caro

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Critique du film La Rafle, de Roselyne Bosch

March 2, 2010 · Filed Under Critiques, Rencontres · 34 Comments 

la rafle

Le 21 janvier dernier, j’ai été invitée par Gaumont (merci Pingoo) avec une petite dizaine d’autres blogueurs à aller découvrir et sa réalisatrice . J’avais vu la bande-annonce au cinéma et j’avais trouvé l’idée ambitieuse et originale. Avant de voir le film, Roselyne Bosch, qui finalisait le mixage avec son équipe, prit le temps de nous expliquer le sujet de son film : montrer la rafle du Vel’ d’Hiv’, qui n’avait jamais été abordée au cinéma français. Son choix de départ était de prendre le point de vue d’un enfant qui avait vécu la rafle, le Vel d’Hiv’, les camps français, mais qui avait échappé aux camps de la mort. Après des années de recherches auprès des rares survivants, elle trouva celui qu’elle cherchait dans un enregistrement d’émission télé : Joseph Weismann. Il y expliquait qu’il avait pu fuir le camp français juste avant que les autorités ne les envoient dans les camps d’extermination. L’idée de départ de la réalisatrice pouvait se concrétiser et bénéficier de toute la crédibilité d’une histoire vraie. La passion de la réalisatrice pour son projet était très communicative et c’était avec un grand respect et beaucoup de curiosité que je voulais découvrir son film.

Malheureusement, j’ai plus eu les larmes aux yeux en écoutant Roselyne Bosch qu’en regardant La Rafle. Alors oui, c’est toujours gênant d’avouer qu’on a pas aimé un film sur la shoah. En fait, ce n’est pas la première fois que ça arrive. Je n’ai pas aimé La Liste de Schindler et La Vie est Belle. Voilà c’est dit. Certains pourront peut-être penser que je suis un monstre insensible mais à un moment, il faut distinguer Cinéma et Histoire. Et La Rafle, comme tant d’autres films sur le sujet, est en déséquilibre complet entre sa volonté de représenter la terrible Histoire dans toute sa vérité tout en reprenant tous les codes de mises en scène et d’écriture d’une œuvre de fiction.

Alors oui, il y a des scènes très intéressantes dans La Rafle, parce qu’inédites : le Vel d’Hiv, sublimement reconstitué et le rôle des infirmières françaises (comme Annette, jouée par ), des médecins juifs (Dr. Sheinbaum, joué par , excellent dans ce rôle) et des pompiers (notamment le Capitaine Pierret, joué par ) jusqu’à l’arrivée dans le camp français. Ces deux scènes m’ont captivée et émue, elles m’ont interrogée et m’ont donnée envie d’en apprendre plus. Mais ces deux scènes ne durent tout au plus qu’une demi-heure du film (alors qu’elles en sont pourtant le sujet même).

Le reste n’est que mise en scène clichée et “tire-larmes” alternant scènes intimes et empathiques des familles juives et des Justes et fausses images d’archives d’Hitler avec sa famille (écoutant du Wagner…) et de Pétain et Laval complotant dans leur bureau parisien. Le pire arrivant dans les dernières secondes du film, où je me suis rarement sentie aussi mal à l’aise dans une salle de cinéma : colère, non pas à cause du sujet traité dans le film (je ressens cette colère depuis l’adolescence à travers les livres et les documentaires sur les sujets concernant l’holocauste) mais dans ce choix cinématographique jurant comme une ultime fausse note dans une partition déjà bien hésitante. Pourquoi ? Dans quels buts ? Je ressens encore une grande colère pour ce film qui est passé à côté de quelque chose de grand, se réduisant qualitativement parlant à un téléfilm de France Télévisions. On ressent le travail documentaire de la réalisatrice, mais celui-ci est submergé par les vagues de pathos trop présentes, trop… grand public. Ce que je reproche finalement aussi à La Liste de Schindler et La Vie est Belle. Il y a des choses qu’on ne peut qu’évoquer, pas représenter.

Pourtant, tout comme ses prédécesseurs, je sais que ce film est nécessaire, et que le public se déplacera en masse, notamment les profs accompagnés de collégiens et lycéens. Le devoir de mémoire, que ce soit sous une forme ou une autre, est trop important pour condamner trop durement ce film. Et c’est peut-être tout simplement ça qui me met en colère : qu’on ait encore besoin de faire des films pareils, uniquement pour ne pas “oublier”…

Caro

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A Single Man, un film de Tom Ford

February 24, 2010 · Filed Under Critiques, Rencontres · 2 Comments 

affiche a single man

Aujourd’hui sort en salle la première œuvre cinématographique de (qui en est à la fois scénariste, réalisateur et producteur). Tom Ford, c’est le couturier texan qui remit sur pied Gucci dans les années 90, donna un souffle nouveau à la maison Yves Saint Laurent dont il fut le directeur artistique au début des années 2000 et qui décida, au sommet de sa gloire de styliste, de se mettre au cinéma.

tom ford
Tom Ford
propose régulièrement pour ses produits des campagnes de pub « porno-chic » parfois censurées car pas toujours du meilleur goût (je vous laisse faire un tour sur google images pour apprécier par vous-même).

est l’ d’une nouvelle de Christopher Isherwood, Un Homme au Singulier (en français), publié en 1964, qui traite d’un professeur homosexuel qui ne parvient pas à faire le deuil de son compagnon. Christopher Isherwood est aussi connu pour avoir écrit la nouvelle « Adieu à Berlin » en 1939, que Bob Fosse adapta en 1972 avec son flamboyant Cabaret.
Le film est aussi produit par Chris Weitz (connu entre autres pour American Pie, The Golden Compass, Twilight 2).

On aurait pu s’attendre à ce que tous ces éléments nous offrent un film trivial, frivole, outrancier.
A Single Man
est un film sensible, maitrisé, élégant. Read more

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Critique de Sherlock Holmes de Guy Ritchie

January 27, 2010 · Filed Under Critiques · 5 Comments 

affiche sherlock holmes poster

Sherlock Holmes, un film de , le 3 février au cinéma.

Exit Bella et Edward, Jack Sully et Neytiri, le plus beau couple de ces derniers mois au cinéma, c’est Holmes et Watson. Ça tombe bien, puisque qu’entre I love you, man (sorti récemment en dvd) et I love you Philip Morris (bientôt au cinéma), les couples masculins ont la vedette. Un peu plus qu’une bromance, un peu moins qu’un amour fou, le film de Guy Ritchie met tout de même le ton : Watson doit « quitter » Holmes pour se marier avec sa fiancée Mary. Le détective ne l’entend pas de cette oreille et tente par tous les moyens de le retenir auprès de lui, dans leur petite routine au 221b Baker Street. Pour cela, quoi de mieux que de se plonger dans une nouvelle enquête, comme celle de la possible « résurrection » du Lord Blackwood, pourtant officiellement constaté mort par Watson lui-même.

En y regardant bien, tout le rythme du film se crée, non pas autour de l’enquête elle-même, mais autour de la relation fusionnelle qui unie Holmes et Watson. Et ça fonctionne plutôt bien, en tout cas dans la première heure, où l’on s’amuse vraiment de ce drôle de couple, des réparties plutôt cinglantes qu’ils s’envoient constamment, et de leurs regards et gestes qui révèlent une profonde affection/dépendance l’un à l’autre. C’est plutôt touchant et joli à voir, à l’image des deux acteurs, Robert Downey Jr et  exquis et irrésistibles (et sexy) dans les rôles et qui parviennent à inscrire une sincère complicité à l’écran.

Ce qui pêche finalement, c’est qu’en dehors d’eux, plus rien n’a réellement de relief, mis à part le second rôle de l’Inspecteur Lestrade (joué par l’excellent Eddie Marsan), la musique de Hans Zimmer, parfaite et la mise en scène de Guy Ritchie, efficace, qui dépoussière le mythe tout en préservant son état d’esprit original (et certaines séquences sont de véritables leçons de cinéma, retenez notamment la scène de boxe et celle de l’explosion).

Les personnages féminins (Mary Morstan, interprétée par  et Irene Adler par ) manquent de contrepoids, et Lord Blackwood () aurait mérité de bénéficier d’avantage de nuances et ne convient pas tellement comme méchant ici. Il n’est pas à la hauteur de Sherlock, il semble être là uniquement comme un entrainement, en attendant le vrai affrontement avec le professeur Moriarty, futur ennemi juré de Holmes. Et ce qui fait le plus défaut, finalement, c’est l’enquête elle-même, trop classique, un peu vaine, qui n’accroche pas véritablement le spectateur. D’où un sentiment d’ennui qui peut quasiment apparaître dans la deuxième partie du récit, sans parler du climax mal ficelé et décevant, tant les enjeux dramatiques peuvent manquer de ressort. Heureusement que l’annonce d’une suite un peu plus excitante dans les dernières minutes, et le générique, très beau, permettent de sortir du film sur une note malgré tout positive.

Sherlock Holmes par Guy Richie est finalement une bonne mise en place des personnages et des lieux (belle reconstitution du Londres victorien, entre misère et révolution industrielle, apportant une ambiance assez noire à l’ensemble), mais voilà, un peu comme Batman Begins annonçait The Dark Knight, on attend à présent d’entrer dans le vif de l’action, avec un vrai méchant et une enquête à la hauteur des capacités de Holmes.

En attendant, ne vous fiez pas à la bande-annonce, plutôt déstabilisante, qui ne vend pas le film tel qu’il est vraiment : Sherlock Holmes est bel et bien un hommage plutôt fidèle au héro de Conan Doyle (je vais d’ailleurs me replonger dans les nouvelles), un divertissement qui manque parfois de souffle certes, mais avec suffisamment de finesse et d’intelligence pour le placer dans la catégorie supérieure des blockbusters.

Caro

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Critique de Chaque jour est une fête…

January 26, 2010 · Filed Under Critiques · 2 Comments 

affiche chaque jour est une fete

Chaque Jour est une Fête…
Un film de , le 27 janvier au cinéma.

J’ai rencontré Dima il y a plusieurs mois comme collègue doctorante, sans saisir tout de suite qu’elle terminait son premier long métrage. C’est au détour d’une conversation avec une tierce personne que je le compris : elle expliquait qu’elle revenait de Rome, où elle avait présenté une copie de son film lors d’un festival. Je commençais alors à mesurer l’ampleur de ce projet. Puis elle me donna quelques détails : un long métrage sur trois femmes, qui doivent rejoindre la prison pour hommes, et qui se perdent dans le désert libanais. Un film, avec entre autre, . « » répétais-je… J’adore cette actrice. Ok, là, avec Dima, on joue dans la cour des grands, réaliser un film avec , c’est plutôt ambitieux. A l’époque elle finissait le montage à Berlin et revenait régulièrement sur Paris, à la fois pour préparer la sortie du film, et pour sa thèse, avant de rentrer quelques semaines chez elle à Beyrouth. Discuter avec Dima est passionnant. Voir son film l’est tout autant.

Chaque jour est une fête… est un road movie où trois femmes qui ne se connaissent pas vont devoir s’entraider au milieu d’un arrière-pays d’apparence vide mais où raisonnent des tirs, des explosions, des cris. Le apparaît comme le 4ème personnage, celui d’une terre meurtrie, qui comme ces trois femmes, n’a plus aucun repère et semble, même, ne plus avoir d’espérance. Trois femmes et un pays figés, mélancoliques, apeurés, que tout en devient absurde : c’est là qu’apparaît la poésie, de ces femmes en talons hauts perdues dans le désert, de cette féminité incongrue dans la dureté de la pierre, au milieu de cadavre de tous poils (ou plumes). Une sorte de purgatoire que ces femmes doivent franchir pour atteindre une délivrance, quelle qu’en soit l’issue. Une traversée du désert, au propre comme au figuré, qui fait osciller le récit dans des hallucinations, entre le cauchemar et la réalité. Mais l’essence de survie de ces femmes restent le rire, la complicité, les confidences sur leurs relations avec les hommes, ceux qu’elles vont peut-être pouvoir retrouver en prison.

Chaque Jour est une fête… sort mercredi en salle. Dans trop peu de salles malheureusement. Prenez le temps et la curiosité de découvrir la sensibilité et la tendresse de ce film qui permet de comprendre, un peu à l’image de Caramel, autre film sur la féminité libanaise, ce pays sous un jour nouveau, féminin, moderne et surtout lassé de ces conflits à répétition.

Pour les cinéphiles parisiens, vous pouvez découvrir le film au MK2 BEAUBOURG, au REFLET MEDICIS et au PUBLICIS CINEMA.
Les séances de 20h du mercredi 27 janvier et du vendredi 29 janvier au Reflet Medicis seront suivies d’un débat avec Dima El-Horr, la réalisatrice.
Si vous souhaitez aider le film ou tout simplement en savoir plus sur le projet, vous pouvez cliquer ici.

Chaque jour est une fête…, un film de Dima El-Horr, coécrit avec Rabih Mroué (artiste libanais internationalement reconnu). Avec Hiam Abbas (qu’on ne présente plus), (Intervention Divine) et .

Synopsis : C’est le jour de la fête de l’indépendance du Liban. 3 femmes qui ne se connaissent pas prennent un même bus qui va les emmener à la prison située dans l’arrière-pays. Au milieu de cette terre aride, parsemée de mines et de rêves décapités, le voyage devient la quête de leur propre indépendance.

Caro

Critique du film Mother de Bong Joon-Ho

January 25, 2010 · Filed Under Critiques · 3 Comments 

affiche mother

, un film de

L’histoire : Une mère, veuve, élève seule son fils, Do-joon, devenu adulte mais qui n’a jamais vraiment grandi mentalement. Se sentant coupable de la naïveté et de la conduite immature de son fils, elle le surprotège, agissant avec lui comme s’il était encore un enfant. Un jour, une jeune fille est retrouvée morte. La police accuse Do-joon et l’arrête. La mère est persuadée que son fils est innocent et mène sa propre enquête pour le prouver.

L’idée générale : Mother est le dernier film de , réalisateur sud coréen qui a à son actif Memories of Murder et The Host. Il signe avec Mother un drame intimiste et intense, où le rôle de la mère est sublimement interprété par l’actrice sud-coréenne Kim Hye-Ja, véritable star dans son pays. Beaucoup de ses compatriotes la redoutaient dans ce rôle, qui pouvait « salir » son immense carrière. Pourtant, ce personnage intriguant porte le film sur ses frêles épaules avec une force rare, transcendé par la mise en scène de , faite d’une alternance de plans très rapprochés et très larges, renforçant la détermination de cette mère mais aussi son isolement dans ce combat pour sauver son fils. Plusieurs fois j’ai ressenti dans ce film l’ombre d’Almodovar, autant dans la mise en scène que dans le récit, qui se déroule doucement mais avec une destinée implacable. La place de l’humour, comme dans tous les films de , est importante, humour aigre doux, où le spectateur est amené à sourire malgré un contexte dramatique.

Le bon : Le personnage de la mère donc, sublime, proche de la folie dans cette relation fusionnelle qu’elle entretient avec son fils. La mise en scène mature, simple et puissante à la fois, avec des travellings qui restent en tête longtemps après la vision du film.

Le moins bon : le personnages du fils, qui, comme le héros de The Host, peut avoir tendance à énerver tant leur bêtise est grande et souvent, surjouée. Le rythme un peu trop lent, mais c’est ce qui caractérise aussi le cinéma sud-coréen.

Bilan : un film bouleversant et poétique, qui confirme le jeune Bong Joon-ho comme l’un des meilleurs réalisateurs de sa génération.

Caro

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Critique de Max et les Maximonstres

December 15, 2009 · Filed Under Critiques · 1 Comment 

max et les maximonstres

Un nouveau film de est toujours un événement. Brillant réalisateur dont le talent « clippesque » n’a jamais eu à être remis en doute, cinématographiquement parlant, Spike Jonze prend son temps : c’est son troisième long-métrage, 10 ans après le très culte « » (oui… je sais… le coup de vieux que l’on prend d’un coup) et 6 ans après le trop méconnu .
Being John Malkovich et Adaptation doivent être vu comme une continuité (Adaptation étant une sorte de mise en abime du travail scénaristique de après le tournage de Being John Malkovich). Avec l’absence de Charlie Kaufman dans ce projet : Max et le Maximonstres propose un univers nouveau chez le cinéaste, loin des névroses sur l’identité et la condition humaine des artistes (et de la place de l’homme dans une société féminisée).

En décidant d’adapter il y a 5 ans l’œuvre littéraire enfantine de l’américain « Where The Wild Things Are », Spike Jonze révélait un changement de cap majeur dans son univers cinématographique. Les premières bandes-annonces et surtout les affiches étaient particulièrement prometteuses d’une richesse visuelle et émotionnelle. Ne connaissant pas le livre avant de voir le film, je n’étais pas dans une attente de la restitution de l’œuvre originale : je voulais surtout que monsieur Jonze me fasse rêver avec ses Maximonstres.

De ce fait, le film combla entièrement mes attentes : commençant avec des séquences particulièrement violentes mais paradoxalement jouissives sur les jeux d’enfants (Max poursuivant – harcelant – son chien, déguisé en loup, et une scène de bataille de boules de neige), Spike Jonze met le ton : ce n’est pas un film pour les enfants. Il propose un film sur l’imaginaire d’un petit garçon, sur son désir violent de s’échapper de ce monde réel et tellement « adulte » qu’il ne comprend pas. Quel sens a véritablement la vie si on ne s’y amuse pas ?

De cette magie de l’enfance apparaissent les Maximonstres, des grosses bêtes monstrueuses à la bonté généreuse que Max tente de « soumettre » à ses désirs en devenant leur Roi. Ce que Max veut, c’est simplement s’amuser avec eux, courir dans les bois, dormir « empilés » et construire une cabane gigantesque. Bien entendu la chose se révèlera plus compliquée et Max devra changer son comportement. Car comme dans pratiquement toutes les histoires « initiatiques » contées depuis la nuit des temps, a pour thème la transformation, la métamorphose.

Le film le représente en douceur, alternant de magnifiques scènes poétiques et contemplatives sur les paysages et les créatures fantastiques des Maximonstres (surtout la tendre KW), les scènes de colère et de frustration de Max et de son alter ego « monstrueux » Carol et les jeux spectaculaires organisés entre Max et ses nouveaux amis (notamment l’exceptionnelle bataille de boules de terre qui nous transporte littéralement avec eux).
Tout le talent de mise en scène de Spike Jonze est mis en valeur dans ce film, sublimé par le jeu incroyable de Max Record, jeune acteur qui nous en fera voir d’autres dans les prochaines années tant sa présence est puissante à l’écran. Les monstres et les effets visuels ne sont pas en reste, alliant crédibilité et poésie, ainsi que la très belle musique de Carter Burwell et de Karen O de Karen O and the Kids (et des Yeah Yeah Yeah), rappelant avec légèreté certains titres des Arcade Fire (que l’on entend d’ailleurs dans la bande-annonce).

Bref, certains diront que le film est long, sans intérêt, sans… histoire. Ce seront ceux qui auront oublié leurs rêveries d’enfant, où allongés dans leur chambre ou dans l’herbe de leur jardin, s’inventaient des vies extraordinaires, peuplées de mille détails, de milles évènements tout aussi puissants qu’insignifiants les uns des autres.

Donc oui, le film a des longueurs et une approche narrative atypique par sa simplicité, laissant le spectateur dans toute sa liberté de réflexion (est-ce la réalité, est-ce un rêve, il y a t’il vraiment un enjeu à tout ça ?), ce qui est toujours déstabilisant vu que la plupart des films « prémâchent » l’imagination du public pour le guider sur des chemins qu’il connaît déjà, pour ne pas le perdre dans ses sentiments, le rassurer sur ce qu’il voit, le cajoler dans ses certitudes.

Mais voilà, Max et les Maximonstres, sous son apparence innocente, est bien plus complexe. C’est un film sur l’imaginaire, le jeu, la manipulation, mais aussi sur la confiance et la méfiance, la tendresse et la haine que l’on éprouve pour ceux que l’on aime. Max et les Maximonstres est tout simplement un film sur la vie, sur la force quasi-guerrière qu’il faut pour ressentir et pour profiter de la vie dans toute sa beauté, dans toute sa complexité, dans les moments de joie comme dans les moments de doutes et de colère, ou tout simplement, dans ces moments d’ennuis que redoute tellement Max… et que nous pouvons tous combler par la force de notre imaginaire !

Caro

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Festival Franco Coréen du Film

November 18, 2009 · Filed Under Rencontres · Comment 

Après le Festival du Film Asiatique que nous avons pu découvrir il y a quelques mois à Deauville, cette semaine avait lieu le 4ème Festival Franco Coréen du Film, qui avait lieu au cinéma parisien l’Action Christine (du 4 au 17 novembre). A l’Action Christine, mais pas que… un petit cinéma peuplé d’irréductibles cinéphiles banlieusards a pu proposer une soirée exceptionnelle dans le cadre de ce festival. Je parle bien entendu du Bijou, à Noisy le Grand, devenu la deuxième maison de l’équipe Filmgeek.

festival franco coréen du film

Notamment grâce à Hwarim Cho et à l’Université de Marne la Vallée, nous avons pu voir mardi soir trois films et rencontrer leur réalisateur sud-coréen Lee Myung-Se. Les films étaient choisis sous la thématique de l’Amour. Histoire sûrement de contrebalancer ce cliché d’un cinéma coréen violent… Et puis ça tombe bien, en ce moment je suis d’humeur fleur bleue… Read more

Sin Nombre, entretien avec Cary Fukunaga

October 20, 2009 · Filed Under Autour du cinéma, Rencontres · 5 Comments 

affiche sin nombre

sort demain. Ce film intense est peut-être un des meilleurs films que j’ai vu cette année mais je ne vais pas en faire ici la (qui ne serait que dithyrambique), je vais vous parler de ma rencontre avec son réalisateur, .

Filmgeek a beaucoup de lectrices, avec un clin d’œil appuyé, j’insiste beaucoup sur le fait que je l’ai rencontré en tête à tête, merci Cinéfriends et Diaphana ;-) Je ne sais pas ce qui m’a le plus marqué dans cet entretien : le talent et l’intelligence de ce réalisateur, ou sa beauté, sa gentillesse et sa disponibilité. Bref, une de ses rencontres qui sortent largement du lot et qui impressionnent fortement. Il en reste, plusieurs semaines après, la très belle impression que j’ai eu de la chance en le rencontrant à ses débuts car il est incontestable que ce jeune homme a une carrière prometteuse qui s’annonce.

Cary Fukunaga

Voici dans la suite, un compte-rendu de la vingtaine de minutes passée en sa compagnie : Read more

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