Critique du film Night and Day et résumé de la rencontre avec Tom Cruise et Cameron Diaz à Bordeaux
Résumé : Lorsque June rencontre Roy, elle croit que le destin lui sourit enfin et qu’elle a trouvé l’homme de ses rêves. Pourtant, très vite, elle le suspecte d’être un espion et le cauchemar commence. Elle se retrouve traquée avec lui dans une course poursuite à travers la planète qui ne leur laisse aucun répit. Leur vie ne tient qu’à un fil et le danger est partout. Pour avoir une chance de s’en sortir, June et Roy doivent se faire confiance au point de se confier leurs vies. Mais est-ce bien raisonnable ?
Critique : Night and Day, dans lequel résonne le titre original (bien plus convaincant) Knight and Day, est un film estival : sea, sex and sun, mais surtout glamour, action, comédie. Bref, les codes bien rodés d’un film fabriqué pour faire profiter des salles climatisées au plus grand nombre, et où chacun pourra trouver ce qu’il recherche dans les blockbusters : de l’humour, de l’amour, des flingues et des cascades. Et des paysages pittoresques : car l’intrigue est un beau prétexte pour faire parcourir le monde aux deux héros.

Mélange savamment dosé de James Bond, de Mission Impossible, de la trilogie Bourne et d’autres à la Mr and Mrs Smith, Night and Day frôle souvent la parodie, déjouant les clichés dont il est lui-même le résultat : c’est donc un film parfois ambigu qui est proposé ici. Sorte de best-of des films grand public qui s’amusent à jouer avec les genres, il tente pourtant, avec parfois une certaine réussite, à évoquer une impression d’originalité rafraichissante. Mais finalement, à vouloir se complaire dans le plus grand mélange des genres et à ne pas se précipiter entièrement dans la parodie (ou du moins dans le total second degré), le film reste le cul entre deux fauteuils (de cinéma) et subit inévitablement une baisse de rythme flagrante, les spectateurs éprouvant un manque de souffle tout comme les deux héros, aux 2/3 de l’histoire.

Les deux héros d’ailleurs, parlons-en un peu : glamour, sexy, drôle : ce film parait comme le second souffle de carrière de Cameron Diaz et de Tom Cruise, ce même souffle qui pourrait rallumer les nouveaux projets et surtout une nouvelle image chez ces comédiens en totale perte de vitesse : l’âge pour la première, la scientologie pour le second. Malheureusement, le film arrive bien 10 ans trop tard pour eux. Car même si Cameron Diaz est très drôle et charmante, n’importe quelle actrice d’Hollywood aurait pu tenir le rôle. Quant à Cruise, le film a clairement été réalisé pour lui et uniquement lui. Entièrement calibré autour de son seul sourire et de son brushing impeccable, le rôle est à sa (dé)mesure et centré principalement sur le sex-appeal qui dégage encore. Et le public (ou en tout cas le critique) n’est pas dupe.

Monsieur Cruise souhaite se racheter une nouvelle image ici, souhaitant convaincre les spectateurs que les dernières années de propagande sectaire et de frasques familiales n’ont altérées en rien sur ce qui a toujours fait son succès d’acteur : du charme et même plus, du charisme, dont il use et abuse ici et dans lequel peuvent se plaire autant les spectateurs que les spectatrices. Finalement, son rôle dans Night and Day complète celui de Les Grossman, qu’il tient depuis Tonnerre sous les tropiques : Tom veut montrer une autre facette de lui-même, plus légère, mais aussi plus distante de tout ce qu’il pu révéler de sa vie privée ces dernières années.
Night and Day n’est probablement pas un film qui marquera l’histoire du cinéma, mais sans bouder son plaisir, il permet de passer un moment agréable, et surprenant même par quelques ressorts scénaristiques singuliers et une mise en scène qui ne manque pas de piquant. Rappelons quand même que derrière tout ça, c’est le réalisateur James Mangold (3h10 pour Yuma, Walk The Line ou Identity) qui tient les commandes.

Conférence de presse et tapis rouge : Venons-en à présent à la journée bordelaise du 23 juillet, où un joyeux bordel a été organisé, entre la conférence de presse du film dans le vignoble Smith Haut-Lafitte (magnifique endroit), l’arrivée du Tour de France et le tapis rouge de la projection en avant-première du film pour l’inauguration de cinéma CGR Le Français, nouvellement refait. Fimgeek avait été invité pour cette journée pas banale par la Fox (merci à la Fox !), tout frais compris, avec aller-retour en jet dans la journée et buffet au Régent (grand luxe les amis, Filmgeek pourrait y prendre goût ^^).
La conférence de presse fut sympathique, avec les deux acteurs plutôt proches des journalistes, répondant avec entrain et passion aux questions. Mais questions et réponses étaient finalement très conventionnelles (le traditionnel « ce tournage fut une expérience passionnante », ils ont adoré le mélange des genres et faire les cascades, ils ont aimé rejoué ensemble depuis Vanilla Sky, sans oublier le Tour de France qui était un rêve de gosse pour Tom Cruise, etc.). Aucune question qui fâche ne fut donc proposée et Cruise n’aborda pas de lui-même la scientologie. Il a surtout insisté sur le fait que les médias s’étaient toujours fait une mauvaise opinion de lui et que la perception que les gens avait de lui était très différente de la réalité (je n’apporterai pas de jugement, je ne rapporte que ses propos) : son but est simplement de faire des films et de divertir les gens. Vous pouvez voir ci-dessous la vidéo de la conférence de presse :
Conférence de Presse Night and Day
Et quelques-unes des photos que j’y ai prises, dont quelques photos « lol » (comme quoi un bon placement d’affiche derrière les acteurs est toujours important) :
Même si Cruise se défend de la mauvaise image qui lui colle à la peau, celle-ci reste tenace, comme le prouve cette anecdote que j’ai subi à Bordeaux, devant le l’hôtel du Régent, entre la conférence de presse et le tapis rouge, alors que je discutais avec d’autres journalistes : une femme à vélo s’est arrêtée pour nous agresser violemment sur le fait que nous nous intéressions à un scientologue et que la scientologie était une secte (sans blague ?!). Que répondre ? Rien sur le coup (la surprise passée, la cycliste était déjà repartie), mais en y réfléchissant ensuite, Tom Cruise a marqué le cinéma depuis les années 80, et tout comme John Travolta, il continue d’avoir des projets et ses opinions ne l’ont pas rendu mauvais acteur (quoique Travolta…). Doit-on se désintéresser des acteurs scientologues parce qu’ils sont scientologues, alors qu’aux USA ce n’est pas considéré comme une secte ? Je ne sais pas, j’aurai peut-être pensé oui à une époque. Même si je n’ai jamais été une fan de Tom Cruise, il reste d’une certaine façon une légende, une icône d’Hollywood, avec ses qualités et ses défauts… En le regardant attentivement lors de la conf de presse et du tapis rouge, il apparaissait soit honnête et professionnel, soit perdu comme un petit garçon, soit calculateur avec un sourire carnassier, le tout parfois en quelques secondes d’intervalle. C’est un acteur mais surtout une personnalité ambivalente, qui continuera très certainement à faire parler de lui encore longtemps. Il aime les fans en tout cas, qui le lui rendent bien et « re dorage » d’image oblige, il est très disponible pour les journalistes.
Le tapis rouge était une expérience plutôt curieuse et un peu folle : j’étais coincée avec plusieurs dizaine de journalistes dans un espace plus que restreint, entre une rangée de caméras, des piliers et des barrières, impossible de bouger d’un espace de 30 cm² pendant deux heures, juste pour obtenir 2 minutes d’échange verbal avec les acteurs : j’ai fait des vidéos pour que vous vous en rendiez compte, mais avec un son de très mauvaise qualité malheureusement (on va essayer d’y remédier rapidement avec la vidéo de Tom Cruise). Un merci particulier à Sabine de France 3, (la masse de cheveux blonds qui mange la moitié de l’image sur la vidéo de Cameron, et qui est beaucoup mieux placée pour celle de Tom) qui s’est occupée de poser les questions pour notre petit groupe de journalistes un peu intimidés par toute cette folie, et qui nous a bien fait rire avec toute son expérience et ses potins :
Tapis Rouge de Night and Day avec Cameron Diaz à Bordeaux
Tapis Rouge de Night and Day avec Tom Cruise à Bordeaux
Et encore quelques photos depuis le tapis rouge :
Et sinon, rien à voir avec Tom Cruise et Cameron Diaz, mais tout aussi important : lors de cette journée bordelaise (la première fois que je mettais les pieds dans cette belle ville), j’ai tout de même pu passer du temps avec mon pote Stephen (Raoul Duke pour les intimes du forum cinéma RNZ), qui m’a fait visiter la ville et SURTOUT l’incroyable cinéma dans lequel il bosse : L’UTOPIA. Amis bordelais ou de passage dans cette région, courrez-y, c’est le plus beau cinéma que j’ai jamais vu. Et la programmation est à tomber !
Caro
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INCEPTION – Rencontre avec les acteurs du film
Grâce à Allociné et à la Warner, j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer cinq des acteurs du film Inception de Christopher Nolan : Ellen Page, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Joseph Gordon-Levitt et Tom Hardy.
Ce fut 30 minutes de plaisir, partagé avec mes camarades blogueurs ciné, pour une rencontre exceptionnelle qui restera graver dans ma mémoire.
Plus que deux jours à patienter, en attendant, vous pouvez aussi retrouver sur Filmgeek les impressions de Max sur la projection du film en Imax, toutes mes photos de la conférence de presse, ainsi que la vidéo intégrale et enfin The Cobol Job, la bande-dessinée d’Inception dont l’action se déroule avant le début du film.
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INCEPTION – Vidéo de la conférence de presse en intégralité
Vendredi 9 juillet 2010, a eu lieu la conférence de presse du film INCEPTION en présence de toute l’équipe du film : Christopher Nolan, Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Michael Caine, Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy et Emma Thomas la productrice du film. En voici l’intégralité en vidéo :
Vous pouvez aussi retrouver toutes nos photos ici : http://filmgeek.fr/2010/07/10/inception-photos-de-la-conference-de-presse/
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INCEPTION – Photos de la conférence de presse
Grâce à Allociné et à la Warner, j’ai eu la chance d’assister à la projection de presse et la conférence de presse d’INCEPTION avec Christopher Nolan, Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Michael Caine, Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy et Emma Thomas la productrice du film. Avant de vous montrer la vidéo, voici mes petites photos
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Photos de la rencontre avec Stephen Frears
A l’occasion de la sortie du film Tamara Drewe et grâce à Sortiescinema, j’ai pu rencontrer le grand Stephen Frears (Les Liaisons Dangereuses, High Fidelity, The Queen, etc.) en compagnie de quelques camarades blogueurs. Cette petite table ronde fut très agréable, le réalisateur se montrant peu bavard mais toujours simple et drôle avec n regard juste et honnête sur sa carrière. C’est toujours passionnant et enrichissant d’échanger avec de tels talents.
Exceptionnellement je n’ai pas pris de notes, pour me concentrer sur les photos. Je ne maîtrise pas du tout le reflex, je ne me prétends donc pas photographe et les clichés ne sont pas retouchés non plus. C’était surtout pour le plaisir et pour vous faire partager ces moments en images.
On peut faire un jeu si vous souhaitez et tentez de reconnaître toutes les personnes présentes
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Critique du film L’Agence tous risques et résumé de la conférence de presse

L’histoire : Quatre hommes, hyper qualifiés et autrefois membres respectés d’une unité d’élite de l’armée, sont chargés d’une mission classée top-secret destinée à les piéger, et qui les conduit en prison pour un crime qu’ils n’ont pas commis. Mais la somme de leurs talents leur permet une évasion sans accroc. Devenus des rebelles, ils décident de blanchir leurs noms et de retrouver les vrais coupables.
Alors, oui, j’avoue : je n’avais pas envie de voir L’Agence tous risques. Pourquoi ?
- Parce que la série était certes amusante et bien foutue, mais bon, y’en a un peu marre de ces adaptations à tout va. Sex and the City 2 faisant encore du carnage en salle.
- Parce que la bande-annonce ne m’annonçait rien qui vaille, genre film à la sauce blockbuster estival parfum testostérone et vide comme un cornet de glace. Un peu comme GI Joe l’année dernière.
Finalement, Florian m’a convaincue de me bouger à la projection parce qu’elle était suivie d’une conférence de presse avec les acteurs du film. Et que voir Liam Neeson, ça n’arrive pas tous les jours.
En soupirant et en grognant, je me lance donc dans ce plan supposé être « sans accroc ». Et l’aventure commence. Et me coupe le souffle. Waouh, franchement ça décoiffe, et la (longue) séquence d’intro est simplement exceptionnelle de rythme, d’action, de style, d’humour. Le ton est posé, chaque personnage prenant sa place avec succès, et finalement c’est avec plaisir qu’on retrouve toute cette nouvelle A-team.

Hannibal est joué par un Liam Neeson toujours aussi simple et efficace, le cigare et la teinte poivre et sel lui allant plutôt bien ; Futé, incarné par Bradley Cooper est à la fois charmant (voire carrément sexy, histoire d’attirer le chaland féminin –oups, encore une réflexion hétéro-normée qui m’échappe – ^^ ) et étonnant de maturité ; Quinton “Rampage” Jackson, malgré sa carrure de free fighter, est moins impressionnant que Mister T en Barracuda, mais il apporte à l’équipe un souffle naïf et une dynamique emplie de tendresse plutôt intéressante ; et… Looping. Ah, Looping. C’est LE personnage culte et Sharlto Copley, héros déjà génial de District 9 l’occupe avec une énergie et une dévotion irrésistible : éclats de rire assurés, on en redemanderait presque.

Et pour les petits nouveaux, comme Jessica Biel ou Patrick Wilson (qu’on avait déjà rencontré pour The Watchmen), ils arrivent à tenir correctement la route, mention spéciale à la « Biel » (hou jeu de mot trop pourri) qui apporte non seulement une touche gracieuse et féminine dans ce monde viril, mais dont le rôle dépasse cette simple figuration : une implication militaire (la Défense américaine s’en prend plein la tête en passant, on sent qu’on a dépassé et enterré l’ère Bushienne) renforçant la trame narrative et une ancienne implication sentimentale avec ce brave Futé, donnant lieu à des réparties verbales réjouissantes.

On rigole donc beaucoup devant ce film, autant pour le bagou dont fait preuve cette équipe, mais aussi pour la totale démesure des situations dans lesquels ils se retrouvent. Frôlant parfois le grotesque, l’atteignant malheureusement lors d’une des séquences finales, L’Agence tous risques alterne avec grosses explosions, fusillades spectaculaires, et courses poursuites, souvent les 3 à la fois, surtout quand ça a lieu dans les airs (comme par exemple cette séquence -déjà culte- du tank qui vole au dessus d’un lac allemand). Finalement on arrive à se demander où les scénaristes vont chercher tout ça ? La première fois que j’avais ressenti ça, c’était devant 2012, où cette démesure qui s’étalait devant mes yeux me faisait férocement réfléchir au pourquoi de la chose, alors que je me cachais, très mal à l’aise, au fond de mon fauteuil, priant pour que le film se termine au plus vite. Devant L’Agence tous risques, au contraire, de cette avalanche de pixels et de pyrotechnie surgit dès les premières minutes un 2nd degré euphorisant avec une écriture intelligente et une mise en scène soignée dans le cadre d’une production de la sorte. Un peu comme avec McTiernan à la grande époque.

Le réalisateur a pris soin de parfaire chaque détail de son film, s’autorisant même pour certains plans une stylisation plastique intéressante. La patte et les points de vue artistique de Joe Carnahan (le réalisateur et scénariste) et Brian Bloom (le scénariste qui joue aussi l’un des méchants Pike, l’homme au sourcil fou) se ressentent, autant dans les choix visuels que dans la narration imposante : une construction scénaristique complètement éclatée, des enjeux politiques où se mêlent conflit irakien et haute finance, les ressentiments des 4 de l’Agence quand ils ont été trahis et mis en prison. Le spectateur se doit de suivre et d’analyser les ressorts dramatiques (bon rassurez-vous quand même, y’en a pas des masses non plus) pour comprendre les choix des héros et éventuellement, tenter d’anticiper les actions à venir. Finalement, le spectateur c’est peut-être le 5ème gars de l’équipe, mais avec un pot de pop-corn dans la main. N’empêche qu’on évite pas certains clichés et que la séquence d’action finale en fait beaucoup trop, malheureusement.
Donc, pour résumer, L’Agence tous risques, c’est un film pop-corn potache, où l’on en prend plein les yeux et où on n’est pas prit pour un con (ah tiens, j’ai d’ailleurs oublié de souligner que les frères Scott – non pas ceux du feuilleton – Tony et Ridley, sont ici producteurs). L’esprit « cartoonesque » est fidèle à la série d’origine et les acteurs semblent s’y être amusés autant que nous à les regarder. Pour les fans de la série originale, attendez bien la fin du générique pour une petite surprise bonus !
Ce qui nous emmène à la deuxième partie de cet article : la rencontre avec les acteurs ! Je vous fais un résumé de ce qui a été dit dans la suite
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Entretien avec Grégoire Vigneron, réalisateur de Sans laisser de traces
Lundi après-midi, Grégoire Vigneron est allé à la rencontre de blogueurs ciné pour parler de son premier film Sans laisser de traces qui sort aujourd’hui en salle avec Benoît Magimel, François-Xavier Demaison, Julie Gayet et Léa Seydoux, dont voici la bande-annonce :
Voici le compte-rendu écrit complet de cette interview :
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Critique du film La Rafle, de Roselyne Bosch
Le 21 janvier dernier, j’ai été invitée par Gaumont (merci Pingoo) avec une petite dizaine d’autres blogueurs à aller découvrir La Rafle et sa réalisatrice Roselyne Bosch. J’avais vu la bande-annonce au cinéma et j’avais trouvé l’idée ambitieuse et originale. Avant de voir le film, Roselyne Bosch, qui finalisait le mixage avec son équipe, prit le temps de nous expliquer le sujet de son film : montrer la rafle du Vel’ d’Hiv’, qui n’avait jamais été abordée au cinéma français. Son choix de départ était de prendre le point de vue d’un enfant qui avait vécu la rafle, le Vel d’Hiv’, les camps français, mais qui avait échappé aux camps de la mort. Après des années de recherches auprès des rares survivants, elle trouva celui qu’elle cherchait dans un enregistrement d’émission télé : Joseph Weismann. Il y expliquait qu’il avait pu fuir le camp français juste avant que les autorités ne les envoient dans les camps d’extermination. L’idée de départ de la réalisatrice pouvait se concrétiser et bénéficier de toute la crédibilité d’une histoire vraie. La passion de la réalisatrice pour son projet était très communicative et c’était avec un grand respect et beaucoup de curiosité que je voulais découvrir son film.
Malheureusement, j’ai plus eu les larmes aux yeux en écoutant Roselyne Bosch qu’en regardant La Rafle. Alors oui, c’est toujours gênant d’avouer qu’on a pas aimé un film sur la shoah. En fait, ce n’est pas la première fois que ça arrive. Je n’ai pas aimé La Liste de Schindler et La Vie est Belle. Voilà c’est dit. Certains pourront peut-être penser que je suis un monstre insensible mais à un moment, il faut distinguer Cinéma et Histoire. Et La Rafle, comme tant d’autres films sur le sujet, est en déséquilibre complet entre sa volonté de représenter la terrible Histoire dans toute sa vérité tout en reprenant tous les codes de mises en scène et d’écriture d’une œuvre de fiction.
Alors oui, il y a des scènes très intéressantes dans La Rafle, parce qu’inédites : le Vel d’Hiv, sublimement reconstitué et le rôle des infirmières françaises (comme Annette, jouée par Mélanie Laurent), des médecins juifs (Dr. Sheinbaum, joué par Jean Reno, excellent dans ce rôle) et des pompiers (notamment le Capitaine Pierret, joué par Thierry Frémond) jusqu’à l’arrivée dans le camp français. Ces deux scènes m’ont captivée et émue, elles m’ont interrogée et m’ont donnée envie d’en apprendre plus. Mais ces deux scènes ne durent tout au plus qu’une demi-heure du film (alors qu’elles en sont pourtant le sujet même).
Le reste n’est que mise en scène clichée et “tire-larmes” alternant scènes intimes et empathiques des familles juives et des Justes et fausses images d’archives d’Hitler avec sa famille (écoutant du Wagner…) et de Pétain et Laval complotant dans leur bureau parisien. Le pire arrivant dans les dernières secondes du film, où je me suis rarement sentie aussi mal à l’aise dans une salle de cinéma : colère, non pas à cause du sujet traité dans le film (je ressens cette colère depuis l’adolescence à travers les livres et les documentaires sur les sujets concernant l’holocauste) mais dans ce choix cinématographique jurant comme une ultime fausse note dans une partition déjà bien hésitante. Pourquoi ? Dans quels buts ? Je ressens encore une grande colère pour ce film qui est passé à côté de quelque chose de grand, se réduisant qualitativement parlant à un téléfilm de France Télévisions. On ressent le travail documentaire de la réalisatrice, mais celui-ci est submergé par les vagues de pathos trop présentes, trop… grand public. Ce que je reproche finalement aussi à La Liste de Schindler et La Vie est Belle. Il y a des choses qu’on ne peut qu’évoquer, pas représenter.
Pourtant, tout comme ses prédécesseurs, je sais que ce film est nécessaire, et que le public se déplacera en masse, notamment les profs accompagnés de collégiens et lycéens. Le devoir de mémoire, que ce soit sous une forme ou une autre, est trop important pour condamner trop durement ce film. Et c’est peut-être tout simplement ça qui me met en colère : qu’on ait encore besoin de faire des films pareils, uniquement pour ne pas “oublier”…
Caro
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A Single Man, un film de Tom Ford
Aujourd’hui sort en salle la première œuvre cinématographique de Tom Ford (qui en est à la fois scénariste, réalisateur et producteur). Tom Ford, c’est le couturier texan qui remit sur pied Gucci dans les années 90, donna un souffle nouveau à la maison Yves Saint Laurent dont il fut le directeur artistique au début des années 2000 et qui décida, au sommet de sa gloire de styliste, de se mettre au cinéma.

Tom Ford propose régulièrement pour ses produits des campagnes de pub « porno-chic » parfois censurées car pas toujours du meilleur goût (je vous laisse faire un tour sur google images pour apprécier par vous-même).
A Single Man est l’adaptation d’une nouvelle de Christopher Isherwood, Un Homme au Singulier (en français), publié en 1964, qui traite d’un professeur homosexuel qui ne parvient pas à faire le deuil de son compagnon. Christopher Isherwood est aussi connu pour avoir écrit la nouvelle « Adieu à Berlin » en 1939, que Bob Fosse adapta en 1972 avec son flamboyant Cabaret.
Le film est aussi produit par Chris Weitz (connu entre autres pour American Pie, The Golden Compass, Twilight 2).
On aurait pu s’attendre à ce que tous ces éléments nous offrent un film trivial, frivole, outrancier.
A Single Man est un film sensible, maitrisé, élégant. Read more
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Interview avec Mark Strong, le bad guy de Sherlock Holmes
Le 15 Janvier dernier au Bristol à Paris, j’ai la chance d’être convié par Allociné à l’interview de Mark Strong aka Lord Blackwood dans le dernier film de Guy Ritchie : Sherlock Holmes. Quelques jours auparavant, la Warner nous a fait découvrir le film en avant première (lire la critique de Caro sur le film).
Entourée de 3 autres bloggeurs (Marc de Cloneweb, Valérie de Shunrize, et Chandleyr de BuzzMyGeek) ainsi que de l’équipe d’Allociné, nous attendons sagement l’acteur qui est d’après les attachés de presse ravi d’être interviewé par des bloggeurs. Un petit résumé de la rencontre.
Mark Strong rentre et nous sommes immédiatement charmés par sa présence bienveillante. L’homme est simple. Il se présente et sert la main à tout le monde et prend sa place. Petite pointe de professionnalisme, il veille à ce que tous nos enregistreurs numériques puissent l’entendre.
La première chose frappante quand on le voit : il n’a physiquement rien à voir avec son personnage. Lord Blackwood est imposant avec ses cheveux noirs jais, sa carrure épaisse. Mark Strong est un homme fin, distingué, dégarni.
C’est ma toute première interview alors je laisse mes camarades commencer.
L’interview débute. Valérie de Shunrize fait un parallèle entre ce fameux Lord Blackwood et les méchants de la Hammer. L’acteur est flatté et il nous révèle que le travail avec Guy Ritchie sur ce personnage a été l’apparence. Beaucoup de recherche sur la texture des vêtements (un peu SM), sur sa posture, sa coiffure. Le personnage devait dégager puissance, présence et force pour justifier son emprise sur ses serviteurs. Tous ces éléments rapprochent effectivement Blackwood de Dracula.
A la fin de la première question, on découvre un Mark Strong ouvert, patient et consciencieux de répondre à nos questions. Notre anglais approximatif est loin de le rebuter.
Chandleyr de Buzzmygeek enchaîne après Valérie et comme son nom l’indique, c’est un geek . En une question, il réussit à nous sortir les 5 derniers films dans lesquels joue Mark Strong. Une constance se révèle : Mark Strong est abonné aux méchants. N’est il pas effrayé d’être enfermé dans cette catégorie de rôle ?
Et là on voit la sagesse des acteurs britanniques. Cela fait 25 ans qu’il pratique ce métier. Il a fait beaucoup de théâtre et de télévision en Angleterre ce qui lui a permis d’essayer toutes sortes de rôles. La variété : il connaît alors il est juste content de pouvoir travailler sur des projets intéressants avec des réalisateurs dont il aime le travail. S’il doit être le méchant dans des films intéressants, ça ne lui pose aucun problème. Il trouve même les méchants plus intéressants à jouer. Chandleyr lui donne même l’idée de devenir le nouveau méchant de James Bond.
Au passage, on apprend qu’il connaît Danny Boyle, Ridley Scott, Guy Ritchie depuis ces années théâtre et que Daniel Craig est le parrain de son fils.
Marc de Cloneweb continue les questions notamment sur les stars du film : le duo Robert Downey Junior et Jude Law. On apprend qu’il connaît Jude Law depuis longtemps et qu’il a découvert Robert Downey Junior à l’occasion de la lecture du scénario avec Guy Ritchie. Pour l’interprète de Lord Blackwood, ce sont des acteurs extrêmement professionnels et des personnes tout à fait accessibles et aimables.
Marc de Cloneweb est très renseigné sur les futurs projets de Mark Strong notamment le très attendu « Robin des bois » de Ridley Scott (qu’il nous promet surprenant), le prochain Andrew Stanton (réalisateur de Wall-E) John Carter of Mars dont le tournage n’a pas commencé. Marc a même essayé de dégoter une exclusivité : la participation de l’acteur dans le prochain Alex de la Iglesia mais ce n’était malheureusement qu’une rumeur.
Mon tour est arrivé et les autres ont posé des questions très intéressantes alors je reviens aux bases. Comment aborde t il son travail d’acteur ? Que pense t il du style Guy Ritchie dans l’univers de Sherlock Holmes ? Et enfin ses scènes préférées dans le film.
Mark Strong est un acteur de théâtre qui apprend à se fondre dans son personnage avec les accessoires. En regardant, l’acteur dans ses autres films, on ne le reconnaît pas. Il a comme Russel Crowe, Edward Norton une faculté à se transformer pour devenir son rôle.
Guy Ritchie est un réalisateur qu’il connaît bien (3 collaborations depuis 2005). Son implication dans Sherlock est une idée tout à fait judicieuse pour dépoussiérer ce mythe et après avoir vu le film, Mark pense qu’il a fait avec brio.
Ses scènes préférées sont celles qui privilégient les face à face Sherlock Holmes face à la fiancé de Watson jouée par Kelly Reilly et Sherlock Holmes face à Blackwood dans la prison.
L’attaché de presse nous signale gentiment la fin de l’interview et Mark Strong termine par une boutade « Je suis le seul du film que vous rencontre ? Oh je suis désolé pour vous ». So british ! Un acteur qu’on va voir souvent et qui le mérite.
[MAJ] Hop, la vidéo de l’entretien dans la suite : Read more
















































































