Critique de Max et les Maximonstres

December 15, 2009 · Filed Under Critiques · 1 Comment 

max et les maximonstres

Un nouveau film de est toujours un événement. Brillant réalisateur dont le talent « clippesque » n’a jamais eu à être remis en doute, cinématographiquement parlant, Spike Jonze prend son temps : c’est son troisième long-métrage, 10 ans après le très culte « » (oui… je sais… le coup de vieux que l’on prend d’un coup) et 6 ans après le trop méconnu .
Being John Malkovich et Adaptation doivent être vu comme une continuité (Adaptation étant une sorte de mise en abime du travail scénaristique de après le tournage de Being John Malkovich). Avec l’absence de Charlie Kaufman dans ce projet : Max et le Maximonstres propose un univers nouveau chez le cinéaste, loin des névroses sur l’identité et la condition humaine des artistes (et de la place de l’homme dans une société féminisée).

En décidant d’adapter il y a 5 ans l’œuvre littéraire enfantine de l’américain « Where The Wild Things Are », Spike Jonze révélait un changement de cap majeur dans son univers cinématographique. Les premières bandes-annonces et surtout les affiches étaient particulièrement prometteuses d’une richesse visuelle et émotionnelle. Ne connaissant pas le livre avant de voir le film, je n’étais pas dans une attente de la restitution de l’œuvre originale : je voulais surtout que monsieur Jonze me fasse rêver avec ses Maximonstres.

De ce fait, le film combla entièrement mes attentes : commençant avec des séquences particulièrement violentes mais paradoxalement jouissives sur les jeux d’enfants (Max poursuivant – harcelant – son chien, déguisé en loup, et une scène de bataille de boules de neige), Spike Jonze met le ton : ce n’est pas un film pour les enfants. Il propose un film sur l’imaginaire d’un petit garçon, sur son désir violent de s’échapper de ce monde réel et tellement « adulte » qu’il ne comprend pas. Quel sens a véritablement la vie si on ne s’y amuse pas ?

De cette magie de l’enfance apparaissent les Maximonstres, des grosses bêtes monstrueuses à la bonté généreuse que Max tente de « soumettre » à ses désirs en devenant leur Roi. Ce que Max veut, c’est simplement s’amuser avec eux, courir dans les bois, dormir « empilés » et construire une cabane gigantesque. Bien entendu la chose se révèlera plus compliquée et Max devra changer son comportement. Car comme dans pratiquement toutes les histoires « initiatiques » contées depuis la nuit des temps, a pour thème la transformation, la métamorphose.

Le film le représente en douceur, alternant de magnifiques scènes poétiques et contemplatives sur les paysages et les créatures fantastiques des Maximonstres (surtout la tendre KW), les scènes de colère et de frustration de Max et de son alter ego « monstrueux » Carol et les jeux spectaculaires organisés entre Max et ses nouveaux amis (notamment l’exceptionnelle bataille de boules de terre qui nous transporte littéralement avec eux).
Tout le talent de mise en scène de Spike Jonze est mis en valeur dans ce film, sublimé par le jeu incroyable de Max Record, jeune acteur qui nous en fera voir d’autres dans les prochaines années tant sa présence est puissante à l’écran. Les monstres et les effets visuels ne sont pas en reste, alliant crédibilité et poésie, ainsi que la très belle musique de Carter Burwell et de Karen O de Karen O and the Kids (et des Yeah Yeah Yeah), rappelant avec légèreté certains titres des Arcade Fire (que l’on entend d’ailleurs dans la bande-annonce).

Bref, certains diront que le film est long, sans intérêt, sans… histoire. Ce seront ceux qui auront oublié leurs rêveries d’enfant, où allongés dans leur chambre ou dans l’herbe de leur jardin, s’inventaient des vies extraordinaires, peuplées de mille détails, de milles évènements tout aussi puissants qu’insignifiants les uns des autres.

Donc oui, le film a des longueurs et une approche narrative atypique par sa simplicité, laissant le spectateur dans toute sa liberté de réflexion (est-ce la réalité, est-ce un rêve, il y a t’il vraiment un enjeu à tout ça ?), ce qui est toujours déstabilisant vu que la plupart des films « prémâchent » l’imagination du public pour le guider sur des chemins qu’il connaît déjà, pour ne pas le perdre dans ses sentiments, le rassurer sur ce qu’il voit, le cajoler dans ses certitudes.

Mais voilà, Max et les Maximonstres, sous son apparence innocente, est bien plus complexe. C’est un film sur l’imaginaire, le jeu, la manipulation, mais aussi sur la confiance et la méfiance, la tendresse et la haine que l’on éprouve pour ceux que l’on aime. Max et les Maximonstres est tout simplement un film sur la vie, sur la force quasi-guerrière qu’il faut pour ressentir et pour profiter de la vie dans toute sa beauté, dans toute sa complexité, dans les moments de joie comme dans les moments de doutes et de colère, ou tout simplement, dans ces moments d’ennuis que redoute tellement Max… et que nous pouvons tous combler par la force de notre imaginaire !

Caro

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Raoul au Festival de Cannes 2008 – Jour 8

May 23, 2008 · Filed Under Festival de Cannes · 4 Comments 

Raoul a cannes

Vendredi 23 Mai 2008 – Le huitième et dernier jour pour Raoul au  2008 :

Après à peine 2h30 de sommeil, je prépare mes bagages et entamme une dernière demi-journée au festival

  • 8h30 – Synecdoche, New York de - Compétition officielle

La vie d’un metteur en scène de théâtre accompagné tout au long de sa carrière par différentes femmes. Comme d’habitude dans ses scénarios, Kaufman développe son histoire entre rêve et réalité. Malgré une très bonne distribution ( est excellent !) et une mise en scène audacieuse, l’histoire est un peu redondante à cause d’une mise en abîme perpétuelle du film. C’est même très exigeant et à la fin de la projection, le cachet d’aspirine est bienvenu.

  • 11h30 – Il Divo de Paolo Sorrentino - Compétition officielle

Un film inspiré de faits et de personnages réels dont Giulio Andreotti, leader charismatique du parti de la démocratie chrétienne, en est le sujet central. Le film propose une critique du monde de la politique italienne, avec le style et l’estéthique si particulière du réalisateur. J’ai quand même trouvé que ça manquait un peu d’intérêt pour pouvoir apprécier complètement le film.

  • 13h15 – Adoration de - Compétition officielle

Un adolescent déclare que son père était un terroriste, ce qui engendre pas mal de boulversements autour de lui. Rélexion sur le terrorisme couplé d’un drame familial, le film a du mal à trouver son rythme et manque un peu de clareté au niveau du discours. Pas super emballé, même si il ya des choses intérêssantes dans ce film.

Voilà, le , c’est fini pour cette année. Je prends mon train vers 16H30, pour n’arriver que vers 1h30. Et j’écris d’ailleurs ici mes dernières lignes à bord de celui-ci. Je ferais quand même un petit pronostic pour le palmarès d’ici dimanche soir.
J’espère que vous avez apprécié mes impressions et que l’on se retrouvera l’an prochain… et maintenant, une petite sieste bien méritée !

Raoul content de rentrer chez lui

Partenaires : Pixiel, Giiks et Bouygues Telecom.

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Le Jury et la Sélection Officielle du Festival de Cannes 2008

April 23, 2008 · Filed Under Agenda, Nouvelles News · Comment 

Comme prévu, le Jury et la Sélection Officielle du 2008 ont été annoncés aujourd’hui. A noté qu’il manque encore des membres du jury et un film français dans la Sélection Officielle (ça va sans doute se jouer entre De la Guerre de Bertrand Bonello et Entre les Murs de Laurent Cantet d’après mon Raoul)

Le Jury :

  • , Acteur, Réalisateur (Etats-Unis) – Président du Jury
  • , Actrice (Etats-Unis)
  • Rachid Bouchareb, Réalisateur (France)
  • Alexandra Maria Lara, Actrice (Roumanie)
  • Sergio Castellitto, Acteur, réalisateur (Italie)
  • Alfonso Cuaron, Réalisateur (Mexique)
  • Apichatpong Weerasethakul, Réalisateur (Thaïlande)

La Sélection Officielle :

  • The Changeling de
  • Adoration d’
  • Le Silence de Lorna de Jean-pierre Dardenne et Luc Dardenne
  • Un Conte De Noël d’Arnaud Desplechin
  • Les Trois Singes de Nuri Bilge Ceylan
  • La Frontière De L’Aube de Philippe Garrel
  • The Palermo Shooting de
  • Waltz With Bashir d’Ari Folman
  • Gomorra de Matteo Garrone
  • Synecdoche, New York de
  • My Magic d’Eric Khoo
  • La Femme Sans Tête de Lucrecia Martel
  • Serbis de Brillante Mendoza
  • Delta de Kornél Mundruczo
  • 24 City de Jia Zhang-ke
  • Che (diptyque Le Che : Guérilla et Le Che : Argentine) de
  • Il Divo de Paolo Sorrentino
  • Leonera de Pablo Trapero
  • Linha De Passe de Walter Salles et Daniel Thomas

Et le reste de la sélection dans la suite.
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