Critique du film Young Ones de Jake Paltrow

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Young Ones
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écrit et réalisé par Jake PALTROW
Avec Michael Shannon, Nicholas Hoult, Elle Fanning, Kodi Smit-McPhee, Aimee Mullins…
USA/Afrique du Sud 2013 1h40

À quoi pourrait ressembler la Terre dans une cinquantaine d’années? Young Ones donne une réponse assez excitante à cette question qu’on est bien obligé de se poser, propose une vision finalement assez plausible de notre futur. Le scénario du film part de l’hypothèse que l’eau va devenir de plus en plus rare. Et c’est malheureusement bien plus qu’une hypothèse puisque de nombreux chercheurs ont depuis longtemps annoncé, études à l’appui, que d’ici 2050, une grande partie de la population mondiale serait confrontée à une très sévère pénurie d’eau. À partir de là, l’anticipation de Jake Paltrow paraît assez crédible. On constate ainsi que les animaux domestiques ont pour la plupart disparu, pas de chiens, de chats ou de chevaux à l’horizon. On imagine bien que faute d’eau, ce furent les premières victimes. Les humains les ont donc remplacés par des machines plus ou moins perfectionnées qui les aident dans leurs tâches quotidienne. Pas de surenchère dans la représentation de cette technologie du futur: contrairement à l’ordinaire des blockbusters actuels, le film ne joue pas les gros bras, reste au contraire le plus sobre et le plus réaliste possible, c’est une de ses forces. Et les paysages d’Afrique du Sud, où s’est déroulée une grande partie du tournage, sont parfaits pour représenter cette Terre aride. Un décor sauvage et sans pitié qui nous rappelle immédiatement les grands westerns. C’est une autre force de Young one: le mélange très réussi des genres, entre western et film d’anticipation.

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L’eau est rare, elle suscite donc convoitise et violence. Dans ce climat hostile – euphémisme –, Ernest Holm (l’excellent Michael Shannon, vu entre autres dans Take shelter) veille sur sa ferme et sur sa famille: sa fille Mary et son fils Jerome. L’épouse et mère est hospitalisée suite à un très grave accident…

Ernest espère pouvoir un jour récupérer de l’eau pour pouvoir relancer la culture sur ses terres, qui sont encore fertiles, il est en persuadé. Ce qui n’est pas le cas de son voisin, Sam Lever, sans doute anciennement grand propriétaire terrien accro à l’agriculture intensive: il a utilisé trop d’engrais, de pesticides et autres produits chimiques qui ont fini par tuer sa terre. Pour lui c’est clair, même s’il a de nouveau accès à l’eau, plus rien ne poussera sur sa terre morte.

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En attendant de pouvoir trouver l’or blanc, Ernest fait du commerce à droite et à gauche pour subvenir aux besoins de sa famille. Parmi ses clients réguliers, il y a les ouvriers d’une mine exploitant de l’eau souterraine. Car oui, il existe encore de l’eau, il y a encore des canalisations qui la font circuler mais l’usage en est réservé aux riches habitants des grandes villes. Ernest fait sa tournée avec son fils et surtout une mule – que beaucoup convoitent dans le coin – qui transporte les précieuses denrées, entre autres de l’alcool fait maison qui a beaucoup d’amateurs. Lors d’une expédition, la pauvre bête se brise une patte et Ernest doit l’achever… Il va donc faire comme tout le monde, acheter une machine pour remplacer l’animal: le Simulit Shadow, un robot à quatre pattes, muni d’un gros panier pouvant supporter de très lourdes charges.

Dans le même temps, Mary flirte avec le jeune et ambitieux Flem Lever, le fils du voisin, contre l’avis d’Ernest qui sent bien que ce gars est un vaurien. Il ne sait pas à quel point il a raison…

Raoul Duke

The Expendabros

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De temps en temps, les campagnes marketing pour la sortie d’un film accouchent de bonnes idées, mais elles sont encore plus rarement concrétisées : nous avons ici une exception et elle s’appelle Expendabros.

Sous ce nom bizarre se cache l’union tout à fait logique et naturelle du troisième opus de la saga Expendables et de Broforce, un jeu indé édité par les fameux Devolver Digital (Hotline Miami, OlliOlli, etc.) actuellement en bêta.

Cette rencontre a fait naître un jeu à part entière, gratuit (jusqu’au 31/12/14), où l’on peut incarner Broney Ross, Bro Caesar, Bro Christmas, Trent Broser, Bronar Jenson, Broctor Death et Toll Broad qui ont tous une arme différente  sur 10 niveaux et goupille sur la grenade : le jeu est jouable à 4 en multi local pour pouvoir défourailler entre bros.

Que demande le peuple ?

Ah oui, un lien : http://www.expendabros.com/

Critique du film Blue Ruin de Jeremy Saulnier

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BLUE RUIN
Écrit et réalisé par Jeremy SAULNIER

USA 2013 1h32
avec Macon Blair, Devin Ratray, Amy Hargreaves, Kevin Kolack, Eve Plumb…

L’accroche est simple, comme souvent dans les bons thrillers, et celui-ci est excellent, et assez réjouissant… Un homme qui a disparu de la circulation refait surface pour régler de vieux comptes. Alors vous me direz, le gars qui revient de nulle part pour une histoire de vengeance, on a déjà vu ça cent fois. Sauf qu’ici le gars en question n’est ni un vétéran de l’armée ni un expert en arts martiaux ou en explosions, c’est juste un gars comme vous et moi avec ses faiblesses, sa maladresse et son humanité. On pourrait craindre aussi une énième série B sans grand relief, mais que nenni, car le jeune réalisateur mêle savamment tension, violence et humour, comme savent si bien le faire par exemple les frères Coen. Le fait que le personnage principal (Macon Blair, impeccable !) n’ait aucune faculté particulière pour la castagne en fait inévitablement une sorte de looser de la vengeance. Se procurer un flingue aux États-Unis est d’habitude un jeu d’enfant… ici cela paraît une épreuve insurmontable pour notre anti-héros. Bref ce petit film noir sait créer une ambiance tout à fait singulière qui vaut le détour !

Dwight est un vagabond qui vit sur une plage, il squatte une bagnole qui a jadis été bleue et qui lui sert d’abri. Habillé de guenilles, il se nourrit de ce qui lui tombe sous la main et va prendre un bain dans les baraques laissées vides par leurs occupants dans la journée. Mais un jour les flics du coin débarquent et l’embarquent au poste. On se dit : ça y est, ils vont le mettre en taule pour on ne sait quelle raison… mais en fait pas du tout, les policiers lui apprennent que va sortir de prison l’homme responsable de la mort de ses parents, et ajoutent qu’ils espèrent bien que ça ne modifiera pas son petit train-train de gentil clodo. Sauf que l’information va faire l’effet d’une bombe dans la tête de Dwight et réveiller l’homme qu’il a sans doute été avant ce drame. Une fois relâché par la maréchaussée, il fait un brin de toilette, se rase de près, se donne un coup de peigne et enfile des fringues potables. Et puis deux, trois coups de clé dans le moteur de sa poubelle roulante plus tard, le voilà parti pour la Virginie, sa contrée natale, sans doute pour faire tout le contraire de ce qu’il a juré aux flics : se venger !
Pourquoi cette vengeance ? Quel est le passé de cet homme ? C’est ce que l’on va apprendre petit à petit, au grès des rencontres, tout en apprivoisant ce personnage.

En plus de sa double casquette de scénariste-réalisateur, Jeremy Saulnier est également directeur de la photographie, il a notamment travaillé sur Putty Hillet I used to be darker, les deux excellents films de Matt Porterfield, qui brillaient entre autre par la qualité de leur cadre et de leur lumière. Autant dire que les images de Blue ruin sont particulièrement soignées et expressives, au service d’une mise en scène sèche et sans fioriture qui sied parfaitement au genre. 
Un film noir dans la plus pure tradition américaine, qui prend sa source dans la haine tenace entre deux familles… Voilà qui nous rappelle le premier film de Jeff Nichols, le remarquable Shotgun stories. Il se pourrait bien que Jeremy Saulnier soit de la même trempe que le réalisateur de Take shelter et Mud. On suivra donc avec attention ses prochains films…

Raoul Duke

Critique du film Zero Theorem de Terry Gilliam

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Zero Theorem
Réalisé par Terry GILLIAM
USA/GB 2013 1h46
avec Christoph Waltz, Mélanie Thierry, David Thewlis, Lucas Hedges,
Tilda Swinton, Matt Damon, Sanjeev Bhaskar, Peter Stormare, Ben Whishaw…
Scénario de Pat Rushin

C’est la nouvelle folie de Terry Gilliam, le plus américain en même temps que le plus visionnaire des indépassables Monty Python, et c’est une sorte de Brazil trente ans plus tard… On retrouve cette même vison kafkaïenne et déjantée de la société, avec les couleurs flashy en plus. Cette veine de l’anticipation – même si l’univers ici décrit n’est qu’une très crédible extrapolation du nôtre – permet à Gilliam d’exploiter au mieux son imaginaire débordant. On retrouve sa patte dans les décors style rétro-futuriste, dans les costumes et les coiffures plus extravagants les uns que les que les autres. Le film déborde d’idées, de trouvailles saisissantes, comme ces publicités qui vous suivent partout dans la rue, ou ces fêtes où chacun danse sur sa propre musique sortie de ses écouteurs… Une dystopie foisonnante, bourrée d’imagination, d’humour et de générosité.

Londres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d’une autorité invisible et toute-puissante : Management, un cousin germain de Big Brother… Qohen Leth, génie de l’informatique, vit reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose, donnant ainsi, enfin, un sens à sa vie. Malheureusement il doit régulièrement quitter son antre pour aller travailler, au risque de louper se fameux appel, il doit se mêler à ses congénères, ce qu’il redoute au plus haut point…
Jusqu’au jour où Management lui confie un projet ultra-confidentiel : il va devoir décrypter le fameux « Théorème Zero », qui prouvera que l’infini existe… ou démontrera que ce n’est qu’un leurre. Et pour cette mission spéciale, Qohen pourra effectuer ses recherches sans bouger de chez lui, le bonheur ultime. Mais la studieuse solitude du chercheur de fond est perturbée par les visites intempestives des émissaires de Management : Joby, sorte d’inspecteur des travaux finis, Bob, un jeune informaticien surdoué, et la voluptueuse autant que mystérieuse Bainsley, qui fait tout pour le séduire. Sans compter les interventions d’une psychiatre virtuelle aussi intrusive qu’à côté de la plaque… Entre ses calculs infernaux et les contacts avec ces intrus, Qohen finira-t-il par percevoir le sens de la (sa) vie ?

Sans jamais se prendre au sérieux, en gardant en permanence son ambiance de bricolage artisanal (on est à mille lieues des blockbusters futuristes ultra-balisés), le film porte un regard à la fois amusé et inquiet sur l’évolution technologique effrénée de nos sociétés, sur le contrôle permanent, sur l’hyper-connexion obligatoire, sur l’isolement impossible et la paradoxale solitude qui en découle, sur la perte de sens et de repères… La fable est sombre dans le fond mais joyeuse dans la forme, en tout cas bourrée d’énergie et de fantaisie.
C’est le formidable Christoph Waltz, découvert par Tarantino, qui incarne Qohen : crâne rasé, timide, névrosé (il parle de lui à la première personne du pluriel), finalement très drôle et infiniment humain. Mais tous les acteurs sont épatants, y compris les guest-stars qui nous réservent quelques apparitions réjouissantes : Matt Damon en Management caméléon, ou Tilda Swinton en psy-rom complètement frappadingue.

Raoul Duke

Critique du film Edge of Tomorrow

Affiche du film Edge of Tomorrow Poster

[ATTENTION] Cette critique peut contenir de traces de spoiler.

LIVE. DIE. REPEAT.

Comme il est maintenant de coutume pour moi avec les blockbusters, j’essaie d’arriver le plus vierge possible dans la salle : pas de teaser, de FA, d’extraits, de premières minutes en exclu, rien. On s’est retrouvé avec de telles aberrations dernièrement où des scènes entières n’étaient même plus présentes au montage final ou pire encore des pans entiers de l’intrigues spoilés sur l’hôtel de la promo que non, plus jamais ça.

Alors, j’ai enfilé mes lunettes 3D sur la seule promesse du cast et de l’affiche : Tom et Emily vont à la guerre avec un concept malin.

EDGE OF TOMORROW

DIE AND RETRY.

Cette fameuse mécanique de répétition héritée d’Un jour sans fin ou plus récemment de Source Code, sert ici à la fois à montrer la transformation d’un pleutre incarné par Tom Cruise, en une arme redoutable, à la manière d’un joueur de jeu vidéo maîtrisant jusqu’au dernier rouage du dernier niveau après y être mort des centaines de fois, tout en se permettant de faire de l’humour, souvent facilement mais toujours efficacement. Et ça tombe bien, Tom excelle dans les deux domaines action et humour, il me fait croire encore, me surprend encore et je m’incline encore.

Autre bonne surprise du film : Emily Blunt. Oh bien-sûr, je la trouvais déjà excellente actrice mais j’avais forcément un peu doute sur le poids de son rôle au côté de Tom-tout-puissant et heureusement les scénaristes l’ont plutôt gâtée : elle incarne un personnage fort, un leader charismatique, qui ne se trouve jamais dans l’ombre de Tom et dont même l’intrigue amoureuse s’articule intelligemment avec la mécanique de reset.

Enfin, derrière ces deux grands acteurs, il y a aussi des scènes d’action massives, bien produites, où les références aussi bien cinématographiques (des classiques de films de guerre à Verhoeven période Starship Troopers) qu’historiques (le débarquement, Verdun et ses premières lignes chair à canon, la propagande…) servent à densifier le film et en font un vrai film de guerre à son tour en lui offeant une dimension critique bienvenue. Doug Liman tire donc aussi son épingle du jeu en tenant sa partition presque jusqu’au bout.

EDGE OF TOMORROW

LIVE AND LET DIE.

Presque car bizarrement, comme le controversé Oblivion de Tom, passé le premier acte de découverte très excitant, le second efficace, le dernier tiers est le plus faible. L’enchaînement de péripéties menant à la conclusion ne fonctionne plus vraiment, en partie à cause du détournement des règles mises en place et du manque de lisibilité de l’ensemble causé à la fois par la 3D, la photo et l’excès du combo décors/CGI médiocre…

Mais là n’est pas l’essentiel : il faut surtout retenir d’Edge of Tomorrow un bon blockbuster bien plus intelligent et drôle que ce que promet sa simple accroche avec un Tom Cruise toujours au top et une Emily Blunt parfaite dans son rôle de Full Metal Bitch que l’on suivrait jusqu’à la mort pour mieux recommencer.

EDGE OF TOMORROW

#FinDuGameOfThrones

findugameofthrones

Si aujourd’hui vous êtes aussi en manque de votre dose hebdo de Game of Thrones, je vous propose de quoi tenir jusqu’à la semaine prochaine et de découvrir #FinduGameofThrones.

Créée par @Michel_Pimpant, @Valtudinaire, @Karibahut et @Ilagee, cette initiative à mi-chemin entre le fansub, la fanfic et le détournement, consiste à offrir des sous-titres parodiques ou V-MDR (pour Valar Mort de Rire xD) pour chaque nouvel épisode de GoT, proposant un tout nouveau regard sur Westeros et ses citoyens.

Pour le moment seuls les épisodes* s04e04, s04e05, s04e06 et s04e07 ont été adaptés mais j’espère sincèrement que cela va lancer un mouvement, avec des auteurs aussi talentueux, sur d’autres saisons ou même séries.

*Alors bien-sûr, vous allez devoir vous procurer les épisodes sur les réseaux pirates, mais que ne ferait-on pas pour le LOL ?

Tournage d’Hunger Games 3 à Noisy le Grand

Ce dernier mois a été  bizarre… J’ai visité pour la première fois les studios de cinéma mythiques de Bry sur Marne situés à quelques centaines de mètres de chez moi et j’ai appris par la même occasion que ce dernier allait fermer ses portes à la rentrée non sans avoir accueilli la suite du plus gros carton au box-office US de 2013 : Hunger Games 3.

Et là, comme si ça ne suffisait pas, je pars en vadrouille ce soir et de retour chez moi à Noisy le Grand, je vois un attroupement inhabituel à l’entrée de mon parking, je ralentis par curiosité, mais je ne vois rien à part quelques dizaines d’ados et quelques voitures. Je continue donc mon chemin et avant de lancer les matchs de playoffs de cette nuit je fais un tour sur ma TL et que vois-je ? Des photos de l’immeuble situé à côté l’entrée de mon parking maquillé en bâtiment de Panem et accueillant Jennifer LawrenceJosh Hutcherson et Liam Hemsworth ainsi que des soldats et des figurants d’Hunger Games 3. Normal.

© @Rachida_Hammou @laetitia_rlr @OuffissHim

Comment dire… Pas de regret ? (Bon un peu quand-même). Le tournage du film Seashore – nom de code du film – est fermé, inaccessible de l’extérieur pour le moment. Les seules photos ont donc été prises par les habitants de l’immeuble et leurs invités pour l’occasion.

Pour l’anecdote, le Palacio et le Théâtre de Ricardo Bofill ainsi que les espaces d’Abraxas avaient déjà servi de décor il y a 30 ans au Brazil de Terry Gilliam :

A priori, ils tourneront encore lundi et jeudi. Il y aura donc certainement d’autres images sympas à partager.

France Kbek : Interview de Lily Thibeault

Lily Thibeault - France Kbek

C’est ce lundi 5 mai 2014 que débute France Kbek sur OCS. Lors du tournage de la série en octobre dernier, Filmgeek a pu interviewer Lily Thibeault, l’une des actrices principales et celle par qui tout a commencé. Mais avant tout qu’est ce que France Kbek ? Véritable OVNI la série écrite par Jonathan Cohen et Jérémie Galan raconte le quotidien d’Audrey (Marie-Eve Perron), une jeune québécoise qui cache ses origines à tout son entourage et se fait passer pour une bretonne. Dans sa vie professionnelle, elle est déterminée à obtenir la place de numéro 2 de l’entreprise dans laquelle son patron voue une haine profonde à tout ce qui touche au Québec. Seul problème ? Sa meilleur amie (Lily Thibeault) débarque du Québec pour lui faire une surprise… A partir de là la vie d’Audrey va prendre un tournant pour le moins « WTF ».

Interview

Comment ce projet est-il né ? Est-ce tiré de votre propre vécu ?

Marie-Eve et moi prenions l’apéro à Paris, en échangeant sur nos expériences vécues en France…les relations personnelles et professionnelles entre Français et Québécois…et puis on a constaté qu’il y avait véritablement quelque chose à raconter à ce sujet !

Comment avec-vous rencontré Marie-Eve Perron ?  

Nous avions des amis comédiens en commun, nous nous sommes rencontrées pour la première fois à Montréal il y a plusieurs années.

Comment Jonathan Cohen et Jérémie Galan sont-ils arrivés sur le projet ? 

Marie-Eve connaissait Jonathan pour avoir bossé avec lui dans la série les Invincibles, c’est elle qui a eu l’idée de lui proposer de réaliser le projet.

Et Simon Astier ?

Je crois que c’est Jonathan qui le connaissait.

La série a presque totalement changée par rapport à ses débuts. Au départ France Kbek n’avait pas ce ton absurde et était plus girly, comment avez vous vécu ce changement et comment avez-vous collaboré dessus ?

En fait, la série avait déjà un côté absurde, mais il est vrai que cette facette a été multiplié avec la venue des garçons dans le projet. En fait, ce qui a changé c’est qu’au départ, il s’agissait d’une série écrite par deux Québécoises et puis maintenant, le point de vue est français. C’est la vision qu’ont les Français des Québécois. Marie-Eve et moi avons collaboré en développant les personnages et les intrigues, mais les garçons avait le dernier mot sur les décisions. Nous avons aussi beaucoup collaboré en proposant différentes idées pendant le tournage.

Pourquoi ce choix de mélanger ces deux cultures françaises et Québécoise ?

C’est venue avec nos expériences personnelles : Marie-Eve travaillait déjà beaucoup en France à ce moment et elle vivait déjà à Paris. Moi j’étais déjà venue une dizaine de fois en France et ma série web (LECOUPLE.TV) qui a remporté des prix au Festival de La Rochelle en 2010 m’a permis de faire des rencontres et travailler en France. Nous avons donc puisé dans nos expériences personnelles et anecdotes vécues chacune de notre côté. Aussi, il y a de nombreux Français qui s’établissent à Montréal, ce qui fait que nos deux cultures se côtoient au quotidien tant dans la vie de tous les jours que dans le boulot.

Comment intervenez vous dans le processus d’écriture ? A la façon des showrunners américains ?

Pas vraiment, les Américains mettent des mois voire des années à bosser sur leurs shows. Dans le cas de France Kbek, il y a eu des rencontres mais au final il y avait un auteur attitré à chaque épisode et la série s’est écrit relativement rapidement. Marie-Eve et moi avions écrit des épisodes dans les dernières années, qui ont servi de point de départ. Ensuite on est vraiment parti des personnages pour construire les enjeux de la série et Marie et moi avons soumis des propositions qui ont servi à bâtir les intrigues et les arches.

Pourquoi désir de créer une série pour la télévision française ?

La France offre de très belle opportunité, je pense au CNC qui offre un programme d’aide de financement au pilote, nous n’avons pas l’équivalent au Québec. Je trouve ça extraordinaire qu’une telle aide existe, c’est une belle chance pour la nouvelle génération de créateurs qui veulent se faire connaître. Aussi, la France a beaucoup de chaînes qui diffusent de la fiction si on compare au Québec où le marché est vraiment plus petit.

Quel regard portez vous sur la fiction française ?

Je la connais peu, mais j’ai eu de beaux coups de coeur, je pense à la série « Fortunes » par exemple, qui avait été diffusée sur ARTE en 2010. J’ai trouvé ça super intéressant de voir des protagonistes d’origines arabe. D’avoir accès à cette culture via une série française. J’ai aussi adoré la série BREF qui a fait un tabac chez nous. Sinon, il m’en reste beaucoup à voir avant de porter un réel jugement/regard, honnête.

Pouvez vous nous raconter votre parcours ?

J’ai étudié à l’école de théâtre au début de la vingtaine, j’ai ensuite participé à différents stage de jeu à la caméra et j’ai rapidement décroché des rôles à la télévision. En parallèle j’ai toujours fait de l’improvisation, j’en fait depuis maintenant 16 ans, il s’agit d’une de mes grandes passion. Je fais partie de la Ligue d’Improvisation Montréalaise (LIM). Le spectacle offert hebdomadairement par la LIM est d’une très grande qualité, les joueurs sont tous des comédiens professionnels et les improvisations présentées sont très fortes dramatiquement.  J’écris aussi depuis plusieurs années. Pendant 5 ans j’ai organisé des soirées de lecture de courtes pièces comiques et absurdes, laboratoire de création où les auteurs et acteurs étaient entièrement libres d’explorer des univers qu’ils n’ont pas nécessairement la chance d’aborder normalement dans leur carrière. Je suis toujours à la tête de plusieurs projets en même temps. J’aime créer et lorsque je découvre des artistes qui m’inspirent, j’ai envie de créer des événements/spectacles qui leur donneront la chance de se faire connaître. J’ai écrit et produit ma série web (LECOUPLE.TV saison I et II) en 2009 et en 2010. J’ai actuellement quelques projets en développement et je travaille toujours comme comédienne.

Romain

Télécharger 25 scripts de films de 2013/2014

La campagne pour les Oscar 2014 est ouverte depuis plusieurs semaines, ainsi les majors et les indés mettent à disposition gracieusement, for your consideration, les scénarios des films qu’ils aimeraient voir nommés dans les catégories « Meilleur scénario original » et « Meilleur scénario adapté« .

Cette année, il y a du très très bon dont Prisoners et Rush qui sont des modèles du genre.

Ils ne sont pas tous en ligne, mais voici les 24 premiers et comme l’année dernière on vous a fait un petit pack pour tout récupérer d’un coup : Scripts Oscar 2014

MAJ 4 : Ajout de All is lost, Labor Day, Nebraska et Short Term 12 qui étaient passés entre les mailles du filet. Total : 38 Scripts.

MAJ 3 : Ajout de deux très gros morceaux : The Wolf of Wall Street et Saving Mr. Banks. Nous avons donc 34 scripts dans notre Pack Scripts Oscars 2014.

MAJ 2 : Ajout des scénarios de Dallas Buyers Club, Philomena et August: Osage County, qui porte le total actuel à 32 scripts.

MAJ : Ajout de The Amstrong Lie, Tim’s Vermeer, One Chance et du court-métrage The Blue Umbrella.

 

Nommés pour le meilleur scénario original :

  1. Before Midnight 
  2. Philomena
  3. 12 Years a Slave
  4. The Wolf of Wall Street
  5. Captain Philips

Nommés pour le meilleur scénario adapté :

  1. Dallas Buyers Club
  2. Nebraska
  3. Her
  4. Blue Jasmine
  5. American Hustle

 

Tous les scripts :