Après UGC MK2 attaque le projet d’extension du cinéma Le Méliès de Montreuil

Je ne vais pas reformuler cette news car l’original résume bien la situation, par contre je tenterai de donner mon point de vue dans la suite.

PARIS, 8 oct 2007 (AFP) – 08/10/2007 15h17 – Le groupe de cinéma MK2 (production, distribution de films, exploitation, édition) a lancé un recours juridique contre le projet d’extension du cinéma municipal Le Méliès à Montreuil (Seine-Saint-Denis), déjà contesté auprès du tribunal administratif par UGC, a-t-il annoncé lundi.

« Nous avons déposé un recours séparé de celui d’UGC, auprès du même tribunal, le 13 juillet », a affirmé à l’AFP Marin Karmitz, Pdg de MK2, qui n’a pas souhaité détailler les arguments juridiques déployés.

« En passant de trois à six salles et de 495 à 1.200 fauteuils, Le Méliès, une salle subventionnée par les contribuables, sans aucune contrainte de rentabilité, va se retrouver en concurrence directe avec le MK2 Nation et le Gambetta, des établissements privés aux frais de fonctionnement élevés, aux nombreux salariés », a-t-il expliqué.

En juin le groupe UGC avait déjà attaqué devant le tribunal administratif, l’avis délivré en mars par la Commission départementale d’équipement cinématographique (CDEC) en faveur du projet d’extension du Méliès.

Selon UGC, « l’utilisation de fonds publics pour pratiquer » dans cette salle agrandie, « des tarifs subventionnés » constitue « un abus de position dominante et une violation des règles de la concurrence », selon la requête adressée au tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise).

De son côté la municipalité de Montreuil s’est insurgée lundi dans un communiqué, contre ce nouveau recours juridique contre son projet.

« MK2 s’était déjà rallié à UGC cet été pour faire carte illimitée commune », dit-elle, ajoutant: « A eux deux, les mastodontes du cinéma trustent à présent 44% des écrans parisiens et plus de 55% des entrées ».

« Cela ne semble pas combler leur appétit de domination puisqu’ils se retournent à présent contre les cinémas municipaux et salles art et essai », conclut la municipalité, selon laquelle cette « alliance UGC-MK2 » a pour but de « faire pression sur le législateur pour qu’il libéralise entièrement le secteur de l’exploitation ».

Cet affrontement entre grands circuits et salles art et essai, a pimenté les débats du 62e congrès de la Fédération nationale des cinémas français la semaine dernière à Deauville (Calvados).

La directrice du Centre national de la cinématographie (CNC) Véronique Cayla a tenté d’apaiser les tensions en affirmant pendant le congrès que les « salles publiques ou para-publiques ont toute leur place et toute leur légitimité ».

Celle-ci repose sur la « différence que proposent les salles publiques par rapport à une exploitation purement commerciale » a-t-elle dit, minimisant le problème: « si près de 20% des exploitants relèvent du droit public, ils captent moins de 2% des recettes de l’ensemble de l’exploitation ».

Du côté de la FNCF, la prudence est de mise sur un sujet épineux qui divise les quelque 1.500 adhérents de l’organisation.

« Ce n’est pas parce qu’un établissement fait beaucoup d’entrées qu’il a une grosse rentabilité », dit à l’AFP Jean-Marc Ageorges, secrétaire général de la FNCF, soulignant que depuis leur apparition en 1993, les multiplexes ont réalisé de coûteux investissements pour améliorer le confort du spectateur et accroître la fréquentation des films français.

« Nous sommes dans un secteur où les marges d’entreprise sont extrêmement réduites et un recul de la fréquentation de 10% peut faire basculer l’exploitant dans le déficit », dit-il.

Source AFP

On va finir par croire que ce blog est uniquement consacré aux affaires UGC-MK2-Europalaces-Indépendants qui s’affrontent à coups de cartes, d’alliance et de procès, mais il faut dire qu’ils font l’actualité depuis la rentrée.

Il ne se passe pas une semaine sans un rebondissement dans ce qui paraît de plus en plus comme une guerre des ciné, surtout à Paris.

L’enjeu de cette guerre étant bien-sûr les euros que nous dépenseront pour assouvir notre passion et ça doit être un sacré pactole quand on observe ces évènements.

A priori, purement égoïstement, cette bataille est bénéfique pour le client comme pour toute concurrence mais jusqu’à une certaine limite.

Limite que semble avoir dépassé UGC qui s’attaque depuis plusieurs mois à différents projets et ouvertures de salles partout en France sans que cela ne soit médiatisé.

Ecrans avait soulevé le problème et il est plus que temps de transmettre un peu l’info surtout si MK2 s’y met aussi : http://www.ecrans.fr/UGC-un-appetit-decomplexe,2168.html.

Je ne comprends pas trop l’attitude d’UGC qui risque de se prendre un retour de bâton en perdant ses procès et d’MK2 qui peut abîmer sa réputation qui était plutôt très bonne jusque-là.

Un ciné de quartier permet de varier la programmation et de satisfaire un public plus pointu qui ne trouve déjà pas son compte dans ces cinés, de plus cela anime ville culturellement parlant, créant des emplois et offrant une alternative aux gros films.

Je possède moi-même une carte illi depuis 4 ans, je l’utilise très régulièrement et je tente aussi, dès que possible et selon mes moyens, d’aller dans des petites salles, affiliées ou non, pour accéder à un autre catalogue. C’est aussi une manière d’accomplir une bonne action, de sauvegarder ce patrimoine et cette attitude d’MK2-UGC me conforte dans cette idée.

0 réflexion sur « Après UGC MK2 attaque le projet d’extension du cinéma Le Méliès de Montreuil  »

  1. À noter que le Méliès n’est pas une salle indépendante, c’est une salle municipale subventionnée, et c’est donc le contribuable (donc nous) qui paye la note.
    Et il me semble qu’il y a une vingtaine de salariés pour faire tourner leurs 3 salles, c’est un peu beaucoup, non ?
    De plus, quand on voit, la taille des salles qu’ils veulent construire, on est en droit de se demander quels films vont-ils diffuser… ça sent Le Pirates des Caraïbes, Harry Potter et Cie.

  2. J’ai malheureusement fait un peu l’amalgame entre « indépendant » et « subventionné ».

    Il faut dire que ça est bien flou du côté des spectateurs et il est grand temps que tout s’éclaircisse et s’équilibre.

    Si tu as d’autres informations à apporter, n’hésite surtout pas !

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