Cinéma et Environnement

Cinéma et écologie

J’emprunte le blog de Flo ce soir pour vous parler d’un sujet important pour moi : l’écologie.
Il y a encore peu, beaucoup d’esprits étroits pensaient que c’était une lubie des bobos mais heureusement, les mentalités changent. Enfin, certains commencent à se creuser les méninges pour éviter que les générations futures travaillent plus pour gagner moins, en arrivant surtout à respirer encore un peu entre le CO2 et la montée des eaux. Et comme on ne sait pas trop encore si on aura des canicules à rallonge ou un froid polaire, le meilleur endroit pour survivre restera encore les salles de ciné.

Oui mais le ciné dans tout ça, ça doit bien polluer aussi un peu quand même (ça serait trop beau sinon) ? Pour me faire ma petite idée (et me donner bonne conscience), je me suis plongée dans un dossier consacré à la chose dans Profession Film (anciennement Le Technicien du Film), du mois dernier.

Et là, j’apprends quoi : de nombreux laboratoires pratiquent depuis plusieurs années le tri et recyclage des déchets et des bobines de pellicules et tentent de maîtriser les dépenses énergétiques en n’utilisant pas uniquement des énergies fossiles. Les recherches actuelles sur les nouveaux matériaux utilisés pour la fabrication des pellicules tendent vers une réduction maximale des besoins en eau : les pré-bains ne seront plus utilisés pour les négatifs et les positifs par exemple et les eaux usagées seront retraités en interne par nanofiltration. Certains labos utilisent même déjà ces nouvelles technologies (mention spéciale à LTC d’ailleurs qui semblent faire office de premier de la classe à la course à l’écologie).
Les produits polluants et/ou dangereux étant traqués depuis plusieurs années par la Communauté Européenne (enfin, plus ou moins), les laboratoires et fabricants vont être touchés par un programme de restriction de nombreux produits toxique. Certains fabricants industriels et même certains pays (comme la Suède, ah! toujours en avance sur le reste celle-là), veillent à réduire au maximum les composants chimiques des révélateurs par exemple et des développements des pistes son des pellicules argentiques (en remplaçant par exemple l’hydroquimone, solution chimique réputée cancérigène, par de l’acide ascorbique qui est, tout simplement, de la vitamine C (et cela permet au passage une économie d’eau de 25 à 30%). Et cette nouvelle technologie peut enfin être appliquée après 10 ans de recherche. Certains produits restent tout de même polluants mais aussi inévitables pour le bon développement des films. Des piègeurs de vapeurs toxiques sont donc mis en place (comme chez LTC), mais on apprend aussi qu’Eclair a investi dans de nouvelles machines utilisant un produit de substitution (60 fois plus cher que l’autre au passage) et dont l’utilisation est beaucoup difficile. Mais l’effort paiera sûrement.

Le dossier émet alors une solution à tous ces problèmes : la disparition du photo-chimique au profit du 100% numérique. Mais reste encore le problème du recyclage délicat (voir impossible) des déchets électroniques. Certaines substances comme le plomb sont déjà interdits dans la composition des pièces électroniques depuis juin 2006, mais se pose actuellement le problème des pièces qui ont été fabriquées avant cette date. Et puis peut-on vraiment imaginer une disparition totale du photo-chimique simplement pour la cause écologiste ? Personnellement, je pense que d’autres enjeux participent à cette disparition plus ou moins rapidement annoncée (même si j’espère qu’il restera quand même une filière photochimique).
Voici ce que raconte Pascal Vernaudon, le responsable environnement et sécurité de Kodak Europe : « Ce qui est certain, c’est que l’industrie va se diriger vers des équipements plus facilement démontables, et de plus en plus facilement recyclables, soit pour refaire les mêmes pièces, soit pour en récupérer les matériaux. Cette évolution est d’ores et déjà engagée, et il ne me semble pas possible qu’un quelconque fabricant aille à contre-courant. Certes, le cinéma ne peut être le leader de ce changement mais, à terme, il en sera un acteur de premier plan« .

Mais sinon, concrètement, la production des films, ça se passe comment écologiquement parlant? Et bien, c’est là que ça chafouine un peu quand même… Il y a énormément de gaspillage dans la construction des décors, et peu de tri sélectif ou de recyclage. Certains techniciens s’en plaignent même. D’autres prennent des initiatives, comme le chef décorateur d’Ocean 13 qui avait utilisé des matériaux de construction recyclables.
Saviez-vous que les studios hollywoodiens dégagent 140000 tonnes de Co2 par an ? Ce qui signifie que la production audiovisuelle est le deuxième pollueur de Californie après l’industrie pétrochimique (à voir si la grève des scénaristes affluera sur le taux des émissions de Co2). Pour compenser cela, il y a 18 ans, Hollywood a créé Environment Media Association (www.ema-online.org ) pour sensibiliser les productions à produire « propre ». Une cérémonie a même été créée par ce groupe, les EMA Green Seal Awards (où on été récompensé des films comme Little Miss Sunshine ou Garden State).
En 2005, Syriana a été le premier film considéré comme « carboniquement neutre », pour avoir compenser les émissions de carbone produites pendant le tournage et la post-production. En France, la région Ile de France veut mettre en place cette compensation carbone. Une nouvelle mentalité commence donc aussi à se mettre en place, chez les techniciens mais aussi chez les comédiens.

Je vous conseille vivement de télécharger ici le dossier complet sur la révolution verte du Technicien du Film car mon résumé, même long, n’aborde pas tout, notamment les 10 propositions que le magazine et son site internet abordent pour tenter de diminuer la consommation d’énergie.

Tout ça pour vous dire aussi que depuis quelques années (voir même plusieurs dizaine d’années, comme on peut le lire dans ce très bon topic de Forum Cinéma consacré (entre autre) au prochain film de Sean Penn ), bon nombre de films sensibilisent à cette cause du développement durable et de la protection de la nature : citons les plus connus ( j’ai fait une sélection « esprit documentaire », car viendra un autre article sur les fictions ayant comme sujet la nature et/ou le développement durable) : Le Peuple Migrateur, La Marche de l’Empereur, Une Vérité qui Dérange, Un Jour sur Terre, etc… Et à venir, Le Renard et l’Enfant, Les Animaux Amoureux, et notamment, Boomerang de Yann Artus-Bertrand.
Les films se multipliant autour du thème écologique, ce sont donc aussi les festivals cinéma autour de l’environnement qui se développent parallèlement : comme celui qui commence demain (le 21 novembre), Le Festival International du Film d’environnement , au cinéma La Pagode à Paris.
Ou aussi EcoFilm, qui, à défaut de proposer un festival fixe, propose un site internet assez complet, et notamment d’autres festivals cinématographiques autour de l’environnement en France et ailleurs qui existent depuis plusieurs années (je vous mets la liste ici) :

Festival International du Film de l’Environnement
France
>> www.festivalenvironnement.fr

Festival International Nature Environnement
France
>>http://www.frapna.org/festival.htm

Festival International du Film Ornithologique de Ménigoute

France
>>
http://www.menigoute-festival.org/

Cinéfeuille : Festival International du Film « Jardins et Paysages »
France

>>http://www.cpie81.asso.fr/Cinefeuille/index2.htm

International Environmental Film Festival
Espagne
>> www.ficma.com

Oekomedia Environmental Film Festival
Allemagne
>>http://www.oekomedia-institut.de/

Festival Médias Nord-Sud
Suisse
>>http://www.nordsud.ch/index2.php

Energy Film Festival
Suisse
>>http://www.fifel.ch

Cinemambiente : Environmental Film Festival
Italie
>>http://www.cinemambiente.it/

Ekotopfilm
République Slovaque
>>
http://www.ekotopfilm.sk/

Planète en Focus : Festival International de Films et Vidéos Environnementaux
Canada
>> www.planetinfocus.org

Voilà… Et maintenant, qu’on ne me dise plus que l’écologie est une mode de bobos parisiens (y’a pas que le vélib’ dans la vie non plus).
Et je suis soulagée de savoir qu’il y a des efforts considérables qui sont mis en place dans et pour le cinéma. Je continuerai à aller dans les salles de ciné, même si en été, la clim est toujours trop forte et qu’on a froid. Mais je peux aussi trouver mon bonheur avec les festivals de ciné en plein-air. Mais après, c’est un autre sujet que j’aborderai peut-être en temps voulu 🙂

Merci de votre patience pour ce message inhabituellement long, j’espère que Flo ne m’en voudra pas trop !

 

Caro

0 réflexion sur « Cinéma et Environnement »

  1. J’avais déjà entendu une amorce de dossier dans le même genre et trouvé ca passionant. Ca parait tout bête hors j’ai l’impression que pour que les gens se sentent tous concernés sans difference de secteurs ou de corporatisme, il faut faire des bilans compartimentés.

    C’est une responsabilisation globale qui devrait être evidente dans chacun des gestes entrepris (on s’arrête cinq minutes et on pense à la consequence de ce qu’on fait. Bon sans se rendre fou non plus hein…) mais je pense que ca aura de plus en plus d’adeptes si l’on decortique chaque domaine qui touche directement à nos vies.
    C’est basique quoi ! L’electricité, tout le monde s’en sert, ca eclaire autant un stade qu’un plateau de ciné ou de télé, ca ne se limite pas au quidam qui laisse son appareil en veille dans le salon !

  2. En parlant de la Suède, ils vont encore moins polluer maintenant que Bergman a emporté leur ciné national avec lui dans sa tombe.

    Sinon, j’ai eu raison de t’embaucher car tu viens de faire le meilleur article du blog et ce, du premier coup ! 🙂

    Tu peux revenir quand tu veux pour développer ce sujet ou un autre d’ailleurs.

  3. Ce n’est sûrement pas le meilleur article du blog mais j’ai passé un agréable moment à l’écrire. La prochaine fois, promis, j’essaie de faire plus concis.
    Encore merci de me « prêter » ton espace d’écriture, c’est toujours un plaisir de te lire !

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