Critique de Flics, la nouvelle série de TF1

Flics

Invités il y a deux semaines par Heaven et TF1 à découvrir Flics, leur nouvelle série dont tout le monde parle, nos deux envoyés spéciaux Fanfan et Pilou vous donnent leurs impressions, en version « j’ai 1 min » ou « j’ai 5 min » :

Fanfan, « minute-men »

Le bon :

1) Pour une série française on aurait pu s’attendre au pire, mais globalement l’univers noir de la série est bien rendu ! Ca change de Julie Lescaux !
2) Les acteurs pour la plupart sont plutôt convaincants et Diefenthal surprend vraiment dans un personnage déchiré !
3) Mise en scène classique de policier, on est pas perdu !
4) L’histoire de guerre des polices est intéressante et mérite d’être exploitée ! C’est plutôt original car j’ai jamais vu ça dans les experts par exemple !

Le moins bon :

1) Manque de tension dramatique sur les deux épisodes, on aimerait être plus tenu en haleine. C’est frustrant de ne pas avoir un style plus nerveux car l’atmosphère de la série s’y prête !
2) Certaines parties de l’histoire sont vraiment bidon (je parle notamment de la pseudo love story du second épisode) au point de déclencher des éclats de rire dans la salle ! Ca la fout mal. En gros un plan sur la Seine by night avec un lover qui parle des étoiles dans le ciel à une barbie. Pffff !
3) La musique pas génialissime et trop répétitive (un seul riff de guitare). Merci Calogero.

 

Globalement, j’ai trouvé le premier épisode plus homogène que le second même si le Cliffhanger du premier épisode est vraiment foireux !

 

Pilou, l’écrivain

TF1 propose une nouvelle série policière baptisée  Flics conçue et co-écrite par Olivier Marchal, lui même ancien flic et réalisateur de cinéma maintenant chevronné de polars sur le sujet (36 Quai Des Orfèvres, MR73…). Comme à chaque nouvelle série proposée par une chaîne généraliste française, on se prête à rêver que les vieux démons archaïques à l’eau de rose et la dramaturgie potache laisse place à une vraie intrigue, des personnages qui existent, une réalisation engagée et à la hauteur…

La première question qui se pose donc après avoir vu les deux premiers épisodes de Flics concerne évidemment le succès d’une telle entreprise. La réponse est malheureusement « Non, pourtant… ». Et oui, déception une fois de plus. Evidemment, sans attendre à une production américaine, qui de toute façon est absolument impossible en Europe et encore plus en France pour des raisons économiques, sociales et culturelles, on était en droit d’attendre une série plus « couillue » que Julie Lescaut, Louis La Brocante et autres Joséphine Ange Gardien (qui d’ailleurs n’ont jamais fait des scores aussi élevés qu’aujourd’hui, preuve en est que le public français en redemande).

Les vingt premières minutes du premier épisode sont bonnes. Les acteurs sont convaincants en flics noirs et réalistes, l’intrigue s’installe sur un rythme plutôt lent avec clarté et non dénoué de plaisir, la réalisation à la hauteur du propos et de l’ambition de la série. On se dit alors qu’ils ont finalement trouvé le bon compromis entre les moyens de production français et la tentation ô combien grande et vaine d’imiter nos amis américains, maîtres en la matière. Le seul regret à la fin du premier épisode est donc seulement le rythme un peu faiblard, à des années encore d’un épisode de 24h Heures Chrono d’où l’on sort avec les accoudoirs dans les mains. Mais bon passons, tout ceci est bien encourageant.

Le deuxième épisode arrive avec le générique et déjà cette musique de Calogéro qui commence à résonner un peu faux. Le petit problème de rythme ne semble pas se résoudre après quelques minutes, mais bien vite ce souci est éclipsé par un nombre incroyable de scènes complètement ridicules et fortuites. La salle rit, se moque, on plaint les acteurs au demeurant convaincants d’avoir à prononcer des répliques si incongrues et dénuées de crédibilité – la but pourtant annoncé de la série. Mais que diable nous a pondu l’équipe de scénaristes ? Pourquoi placer une vieille love story à laquelle personne ne croit et dont personne ne veut en plein milieu d’une intrigue réaliste et noire de bataille intra-police ? Ces failles dramaturgies résonnent comme un auto-suicide scénaristique, un masochisme refoulé dopé par la bible éditée par les pères de TF1, premier vendeur de temps de cerveau à Coca Cola rappelons-le. Tout l’intérêt de découvrir l’intérieur d’un commissariat, de sa lutte interne, de sa noirceur perd alors toute sa saveur tant tout alors devient artificiel.

 

On a bien dû mal à croire que cela soit la patte d’Olivier Marchal.

0 réflexion sur « Critique de Flics, la nouvelle série de TF1  »

  1. Dans l’ensemble assez d’accord avec vous, surtout pour le deuxième épisode et la love story ( »Donne moi ta main que je lise ton avenir sur le toit du 36 quai des orfèvres » : Au secours !).
    A noter la  »performance » de l’acteur qui joue le chef du 36 : Au secours bis !
    A sauver : Diefenthal qui se la joue, et très bien, Pacino dans Serpico.

  2. J’aime bien la grande patronne avec sa canne, elle est pas mal, Diefenthal est plutôt sobre, maintenant le reste…
    Le systématisme du flic solitaire et dechiré qui pour bien montrer qu’il l’est ( seul et dechiré ), grille cigarette sur cigarette « dans le matin blême » de Paris, c’est usant à la fin.

    J’ai esperé que le deuxième episode se termine comme ça, donc, ouf, on a pas vu s’aggraver la romance à deux balles.

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