Making-Of du film Chanel N°5 par Jean-Pierre Jeunet

Chanel N°5 Tautou Jeunet 19

Après Coco avant Chanel, Audrey Tautou retrouve une nouvelle fois la marque de luxe Chanel en incarnant la nouvelle égérie du parfum Chanel N°5 devant la caméra de Jean-Pierre Jeunet.

Elle est la cinquième incarnation d’une longue tradition qui a débutée avec Catherine Deneuve filmée notamment par Richard Avedon, Helmut Newton ou Gérard Pires mais aussi
Carole Bouquet par Ridley Scott, Bettina Rheims, Jean-Paul Goude et Gérard Corbiau, Estella Warren par Luc Besson et enfin, Nicole Kidman sous la direction de Baz Luhrmann

D’après Aurdey Tautou, cette double actualité Chanel est une coîncidence , comme Jean-Pierre Jeunet l’explique dans le making of c’est lui qui l’a choisie pour en quelque sorte conclure la trilogie entammée par Le fabuleux destin d’Amélie Poulain et Un long dimanche de fiançailles.

Le film en question sortira le 5 mai 2009 (05/05) et pour vous faire patienter voici le Making-of suivi d’une galerie photos et des quelques notes du réalisateur.

 

Retrouvez dans la suite quelques notes de Jeunet :

Audrey Tautou…
La genèse du film, c’est évidemment le choix de la femme N°5, son
incarnation.
La logique d’un cinéaste travaillant avec son héroïne, s’est imposée : je retrouvais donc Audrey et j’en étais fou de joie !
Je lui avais toujours dit « nous ferons un triptyque », donc après « Amélie Poulain » et « Un long dimanche de fiançailles », Chanel N°5 bouclait ce triptyque rêvé !
Je lui avais dit avant le tournage qu’un film de pub modifie considérablement le jeu ; une intention qu’elle met 8 secondes à exprimer
dans un long-métrage doit pouvoir être exprimée en 1 seconde. Elle devait apprendre à intensifier son jeu, à y aller plus fort, car le découpage
du film est beaucoup plus court !
Une rencontre, un train de nuit…
J’ai toujours adoré les trains de nuit, leur magie : c’était l’occasion idéale pour y créer une rencontre dans un temps suspendu.
J’aimais l’idée qu’une femme croise un homme, qu’ils pensent l’un à l’autre, mais qu’ils disparaissent chacun de leur côté, avec l’idée du regret de ne pas avoir abordé l’autre. J’aime beaucoup jouer avec le destin, les coïncidences….
Un point essentiel : il ne fallait pas envisager cette rencontre comme une histoire d’une nuit ; au contraire nous voulions que leurs disponibilités à tous les deux les rendent accessibles à l’histoire d’amour d’une vie.
Un film pour un parfum…
Je savais que tout passerait par le trouble lié au sillage. Il s’agit de faire passer l’immatériel.
Le train…
L’espace confiné d’un wagon a nécessité un découpage des plans au cordeau et beaucoup d’essais.
Le travail sur le flacon dont la lumière se promenait sur les parois de la cabine était stimulant ; pas d’effets spéciaux, nous avons utilisé un flacon surdimensionné et promené la lumière devant de façon à obtenir ces difractions.
Le choix de la gare d’arrivée s’est porté sur Istanbul, qui n’est pas une ville facile à filmer : elle est chaotique, et pas du tout graphique, mais j’aime les défis !
Le son…
Pour moi, le train de nuit, c’est une musique qui vous berce. Mon Sound designer a restitué cette douceur, contrastée par les entrées en gare, et le bruit à Istanbul.
J’ai choisi la chanson de Billie Holiday pour son charme absolu, cette voix unique, et ce texte qui évoque la folie de la rencontre amoureuse.
Quelques anecdotes…
Ce tournage s’est déroulé dans une euphorie qui était collective, l’équipe était enchantée.
Lorsque je suis parti par l’Orient Express pour faire des repérages dans le train, j’ai réalisé après 10 minutes de voyage que mon caméscope n’avait pas suffisamment de lumière. Je n’ai pas osé tirer le signal d’alarme et j’ai ainsi fait 14 heures de voyage ! J’ai pris heureusement beaucoup de notes.
Autre souvenir incroyable : lorsque nous avons filmé la scène où les deux ferries se croisent sur le fleuve, et où Audrey aperçoit l’inconnu, il fallait viser entre les supertankers qui sillonnent le fleuve, ce qui n’était pas simple, on ne pouvait pas interrompre la circulation fluviale !
Or, à un moment, un petit plaisancier s’est mis dans le champ et nous faisait des signes, le gars était enchanté de voir un tournage.
Il était derrière la tête d’Audrey, ce qui ne nous arrangeait pas!
Au moment où j’ai dit « action », le petit bateau a disparu, sa proue derrière l’oreille d’Audrey, et sa poupe derrière son nez. Quand j’ai dit « coupez », le bateau est revenu dans le champ ! Si Audrey avait bougé d’un millimètre, on voyait le bateau, mais elle n’a pas bougé !….. Grande actrice !

 

Via Anne-Charlotte

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