Un dimanche soir à Cannes

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Dans le coeur d’un cinéphile, je ne vous apprendrais rien, il y a des films cultes, des réalisateurs fétiches, des plaisirs coupables, des fantasmes plus ou moins avouables.

La soirée de dimanche a été une somme de tous ça.

A l’origine, sincèrement, je n’allais pas à Cannes pour les strass et les paillettes, mais plus pour découvrir l’ambiance, parcourir le marché pour faire mes amplettes en dossiers de presse et tenter si possible de voir un film, dans le meilleur des cas, pour une projection du lendemain, en ville. C’est ma première fois, je voulais profiter de chaque instant et je peux vous dire que oui, j’ai savouré chaque seconde de cette soirée magique !

Hop, la suite dans la suite :

Après ce petit teasing entrons dans le vif du sujet avec le résumé des faits : après avoir parcouru le marché du film avec Kinoo, Chandleyr, Lyricis et Albin entre deux interviews d’Allociné, nous avons été appelés en urgence à notre QG sur la plage du Miramar pour une commande/essayage/enfilage de costard.

La rumeur courait depuis le début d’après-midi à propos d’une éventuelle possibilité de projection ce soir mais rien n’était moins sûr, seule la requète de nos mensurations idéales, l’heure du rendez-vous et le stress général tendaient à confirmer l’impensable.

Le noeud-pap fixé, les chaussures enfilées, nous sommes repartis sur la croisette, plein d’excitation et de questions quand Mathieu, notre GO de chez Philips, nous a tout simplement annoncé qu’ils venaient de nous trouver 10 pass pour la projection officielle de Vengeance et que nous allions monter les marches. Tout simplement.

Une fois les machoires ramassées et les esprits retrouvés nous nous sommes donc dirigés vers la Palais des Festivals. Je vous passe la foule, les photographes, les demandes de pass, les 3 ou 4 points de contrôles, le timing serré, les échanges de chaussures (je souligne ici le sacrifice d’Albin) et nous voilà donc enfin au pied des marches.

Là, effectivement, c’est comme à la télé : tout le monde est sur son 31 les photographes crient pas mal, le speaker commente le tout comme l’arrivée du tour de France, on ne sait pas trop pour qui ou pour quoi et les stars défilent.

Après quelques instants on se décide à monter, je déguste chacune des marches, j’en oublie les chaussures deux pointures en dessous et je dégaine l’appareil photo pour immortaliser ces quelques instants, là car là mon cerveau et moi sommes déjà ailleurs, on ne calcule plus rien. Tout va très vite, on est déjà au sommet et on doit entrer dans le bunker afin de rejoindre nos places réservées en salle.

Mon binôme de salle avec qui j’ai partagé le reste de la soirée fut Osmany, nous avons donc emprunté les escaliers, le tout filmé par mes soins jusqu’à confiscation de l’appareil photo, […]

[…] pour atteindre la corbeille et où nos très bonnes places nous attendaient : sur le côté avec une vue plongeante sur l’orchestre et les invités VIP. Pendant ce temps, la montée du jury et de l’équipe du film était diffusée en live sur l’écran, histoire de pouvoir repérer les célébrités comme Michelle Yeoh ou Quentin Tarantino.

Les deux Johnny arrivent enfin, standing-ovation, accolade de To et QT, main aux fesses d’Halliday à sa femme. L’ambiance est posée, la Vengeance peut être servie.

[Insérez ici la projection d’un mélange de films HK/Western/Delon/gunfight]

Les lumières se rallument, la salle se vide après quelques minutes d’applaudissements, l’accès par le bas étant vérouillé par deux molosses nous nous consolions mutuellement avec Osmany en obeservant les VIP en contre-bas où nous commençons à voir quelques uns de nos camarades, Chandleyr et AlAmine devant QT et Elie Roth, Lyricis et Angie derrière l’équipe du film… Pas mal pour des places trouvées à l’arrach’ par notre ange russe !

J’avoue, j’étais jalou, c’est con mais c’est humain, on a beau se dire que c’est déjà génial d’être ici, on en veut toujours plus. C’est alors qu’Osmany remarque qu’un banc de petits vieux se traîne vers l’orchestre, le passage est ouvert ! Ni une ni deux, j’insère mes pieds dans mes souliers et je suis mon camarade en bousculant quelques retraités. Même pas le temps de réfléchir je suis déjà en bas dans l’allée de gauche et dans l’autre allée, à l’autre extremité de la rangée de fauteuils je vois Quentin, solo, sans garde ni arme et là, sans dec’, je me dis que c’est le destin : je dois y aller.

Je fends donc la rangée de sièges, vers un seul but et je me retrouve à ses côtés, comme un con, car je n’avais rien préparé. Je tâte ma poche, j’en sors mon ticket magique, c’est déjà ça, je tâte ma seconde poche et je trouve un stylo que j’avais judicieusement pris à l’hôtel le matin même. Le destin vous dis-je !

Comme un bon gros fanboy, je lui demande donc un autographe avec mon anglais scolaire laborieux et ce dernier à ma grande surprise refuse… L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais non, c’est trop con d’avoir fait tout ça pour en arriver là.

Alors je suis le mouvement, je remonte la salle entre lui et Elie et je retente en rigolant. Il me dit que ce n’est pas le moment, qu’il n’a pas le temps et que peut-être après, je lui sers donc la main, bon joueur. Je comprends en même temps : ce n’est pas son film, ce n’est son soir et je ne suis même pas censé être là non plus.

On arrive donc hors de la salle, il y a foule, je suis un peu perdu, mais je reste dans le cortège de QT, sait-on jamais. Bien-sûr 4 secondes plus tard un gentil garde à la cravate rouge me fait un gentil « Ttt, ttt, ttt ! » et me repousse sur le côté. Juste en face de QT, qui était un peu coincé aussi. Là je me dis, c’est ta dernière chance, quite à être relou, autant le faire à fond et je lache avec le sourire : – « Last time, please ! »

« OK ! » me répond-il avec le ton du monsieur qui comprend l’acharnement d’un fan comme il l’est certainement lui-même pour d’autres réal.

« Thanks ! You’re my God ! » (en effet, mon Dieu qu’on peut être con quand l’adrénaline parle.)

Voilà, remerciements et re-poignée de main, je repars le sourire jusqu’aux oreilles, le temps de percuter qu’Osmany était juste derrière moi pendant tout ce temps, de lui passer le stylo fétiche pour avoir aussi la griffe du maître et de vouloir le prendre en photo avec mon APN resté aux vestiaires. Arggghh !!!

Hop, retour à l’étage, j’hurle mon bonheur aux demoiselles du vestiaire en exhibant mon sésame signé et je redescends (pas de mon nuage) par les escalators d’où je vois le petit Osmany qui n’a pas perdu le nord, en train de saluer Michelle Yeoh, tranquilou dans le hall.

Osmany et Michelle

Je me décide donc à le rejoindre, malheureusement, pris dans le flux humain, impossible de revenir vers le hall et je me retrouve coincé, sans téléphone ni plan B. Je tente l’impossible et je me fraie un passage tel un saumon à contre-courant, deux mètres après, je me fait stopper net par une cravate rouge qui me dit que c’est un peu mort le coup du mec qui revient et là je lui sors en total impro :

– « J’ai laissé le cache de l’appareil photo de mon frère dans la salle, il faut absolument que je le retrouve ! » (merci l’adrénaline)

« C’est bon »

Je ne comprends pas, je m’en fous, j’avance, je tape à l’épaule d’Osmany, on demande à la sublime Michelle de bien vouloir poser avec nous et cette dernière accepte, radieuse.

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Voilà, nous avons eu notre dose, on est comblé, difficile de faire mieux ou plus, on se décide donc à sortir du palais, le coeur léger et de retourner vers la plage des souvenirs plein la tête.

TRUE STORY.

QT

Merci à tous d’avoir suivi ce recit avec patience et indulgence, je tiens à en remercier chacun des acteurs qui ont participés à son bon déroulement : ce fut magique.

0 réflexion sur « Un dimanche soir à Cannes »

  1. De loin, le festival avait l’air ch… Je comprends que de l’interieur, une seule rencontre, et quelle rencontre, suffise à le rendre inoubliable.
    Bien joué, on entendrait presque les palpitations cardiaques !

    Le + : Le smok’ sans la barbe, c’aurait pas été aussi bien ! 😉

  2. c’est marrant mais en te lisant, j’avais le coeur qui battait a toute allure, comme si j’étais a ta place (ca doit etre un truc de fanboy!). j’espere que tu en as profité pour nous tous.
    je suis jaloux, jaloux.
    et puis j’espere aussi qu’une fois que tu auras tes entrées dans le monde merveilleux du cinéma (a ce rythme, ca ne devrait plus tarder 😉 ) tu nous en feras profiter…

    ps : je suis jaloux, jaloux!

  3. T’as trop la classe Flo! Le smoke te va rudement bien!
    Je tape ma dernière journée ici! On se voit sur Panam pour se raconter tout ça! 😀

  4. Merci à tous ! Ce fut un WE de folie, j’ai tapé ça encore sous le choc, donc je suis content que l’émotion passe un peu car c’est ce que je voulais : vous partager un rêve de gosse !

  5. @Ultimatom : Là tu as la version Inside Cannes : Opération Tarantino ! Je ne pouvais pas repartir sans l’avoir aborder et sans un petit souvenir tangible : c’était une occasion trop rare.

    La dernière fois, c’était pour Kill Bill au Grand Rex et il était passé à quelques mètres, mais cette fois j’étais bloqué derrière une barrière avec des centaines d’autres fans.

    Je me suis fait avoir une fois mais pas deux !

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