G.I. Joe : Interview exclusive de Saïd Taghmaoui

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Fin Juin, j’ai été convié à un partie de Laser Game à Charenton, avec d’autres bloggeurs comme Mathieu de BJ & Mat Cinéshow et Cloneweb, tout ça organisé par Paramount pour nous montrer quelques images exclusives de G.I joe – Le réveil du Cobra. J’ai eu aussi la chance de pouvoir interviewer Saïd Taghmaoui, notre cher acteur français « expatrié », qui c’est prêté au jeu des questions réponses pendant vingt minutes. Un grand merci à lui pour cet échange très intéressant et qui marque ma première interview en tête à tête.

Avant de passer à l’interview, l’extrait qu’on nous a montré se passe à Paris et dévoile les G.I Joe à la poursuite des Cobras. La vidéo suivante ne correspond pas à l’extrait, mais permet de situer un peu l’action.

L’interview complète dans la suite.

Quel est votre rôle dans les GI Joe ?

Alors moi je suis le Breaker. C’est l’intelligent du groupe : c’est lui collecte tout, qui ouvre les portes qui cracke tout les codes, qui connaît toutes les technologies.

Dans l’extrait que j’ai pu voir, on suit les GI Joe à la poursuite des Cobras dans les rues de Paris. On a l’impression que c’est la première fois que la team utilise leurs différentes armures ?

Alors non, il y a d’autres scènes d’action avant. Je ne peux pas rentrer dans les détails de l’histoire, mais cette course poursuite aura une grande importance sur la construction des GI Joe.

Comment avez-vous abordé une super production comme celle là ? Vous travaillez déjà sur Lost, une des plus grosses séries actuelles : est-ce une approche différente ?

Déjà GI Joe est un des plus gros budgets de cette année. On est dans le très gros blockbuster américain. A priori, le film est le film américain qui possède le plus de scènes d’action, même avant Transformers 2.

Sinon oui cela change la façon de travailler, car on est beaucoup avec des effets spéciaux. C’est la première fois que je fais un film aussi gros. Déjà c’est un rêve de gosse de se retrouver dans GI Joe en superhéros, puisque j’en ai eu étant gamin, de faire un rôle de superhéros positif qui sauve l’humanité à la Spider-Man c’est juste génialissime. Ensuite, à cause des effets spéciaux, il y a beaucoup de fonds verts, bleus : donc faut s’adapter. J’ai trouvé ça très long, mais super intéressant.

Est-ce que dans le contrat que vous avez signé, il est prévu de faire des suites si le film fonctionne ?

On a signé pour trois GI Joe. On va d’ailleurs savoir dans pas très longtemps quand est-ce qu’on commence le deuxième. La base des costumes étant déjà créée pour le premier film, tout est déjà quasiment prêt.

Je vais essayer de revenir sur votre carrière, même si je dois avouer que je n’ai vu que très peu de films où vous jouez. J’ai noté plus de 40 longs métrages en 15 ans. Comment on passe d’un premier film comme La Haine, à de grosses productions américaines. Est-ce que l’évolution c’est faite naturellement. Est-ce que c’était un souhait de travailler à l’international ? Ou est-ce que ça a été des opportunités ?

Alors Hollywood m’a sollicité assez rapidement et quand j’ai vu en France que ça allait être un peu difficile pour les acteurs d’origine magrébine, pour les acteurs français d’origine maghrébine, les acteurs noirs etc, je suis parti. Regarde Hubert Koundé de La Haine, il a pas su partir comme j’ai pu le faire, et il n’a pas fait grand-chose par la suite et je trouve ça très dommage quand je connais la qualité d’Hubert. Moi j’ai tout de suite compris qu’il fallait que je m’ouvre sur l’international pour que je puisse faire mon métier dignement, c’est-à-dire de faire des rôles honnêtes, sinon j’allais faire les stéréotypes et les clichés. J’aspirais à autre chose.

Premiers gros films américains Marrakech Express avec Kate Winslet et Les Rois du Désert. Est-ce que ce sont ces deux films qui vous ont ouvert le chemin d’Hollywood ?

Il n’y a rien qui ouvre le chemin d’Hollywood. Je crois que c’est un travail permanent de réflexion, de rencontre, de remise en question, de choix, de talent. Ce n’est pas une science exacte tout ça. Donc en fait c’est juste que les américains me considèrent comme un bon acteur. Avec mon rôle du Breaker, il n’y a pas de connotation magrébine ou quoi : ça se passe dans le futur, il s’appelle Breaker, c’est un géni et c’est un super héro. C’est en France où on n’arrête pas de nous ramener aux méchants, aux gentils, aux magrébins, comparés aux français de souches. Tout ça les américains ils s’en foutent. On est payé pareil, ce n’est pas important. On n’est pas prêt d’avoir un Obama en France.

Du coup vous vivez où ?

Ben en ce moment je fais Lost, donc je suis à Hawaï.

Le tournage est en ce moment ?

Alors moi je n’ai pas encore commencé à tourner la saison 7, mais j’arrive bientôt.

Combien d’épisodes sont prévus ?

Je ne sais pas, ça peut être 16 comme 1. Tout dépend des scénaristes qui ne nous disent rien du tout. On a le script le matin au réveil pour le soir : il faut être capable d’apprendre ton texte et de délivrer ton personnage en si peu de temps. C’est pas pour les enfants : y a du monde et ça va très vite, ce n’est pas comme le cinéma.

Vous le sentez comment Caesar, votre personnage dans Lost ?

Tout ce que je peux te dire c’est que c’est un leader. En fait ils ont beaucoup aimé le film Trahison qui est sorti il n’y a pas longtemps, et ils m’ont offert de jouer avec eux deux saisons. On s’est super bien entendu et j’ai donc décidé d’y aller. Ils m’ont très bien accueilli. Ce sont des acteurs de TV qui rêvent de faire du cinéma et moi je viens du cinéma pour faire de la TV, donc quelque part ils étaient contents de me voir. Tu vas être fier de voir un français dans Lost.

C’est vrai que je ne pensais pas vous voir à l’écran dans l’avion.

Tu vas être très surpris : tu vas te dire Saïd il est vraiment devenu un acteur américain. Tu seras fier que je sois français. En partant de La Haine quand même, qui est à mon avis un des meilleurs films français des dix dernières années.

Justement, dans votre carrière, vous avez beaucoup joué dans des films engagés, des films d’auteurs.

Le temps de trouver tes marques, de savoir qui tu es. Tu te positionnes, tu te cherches avec tous ces films. J’ai une capacité de pouvoir interpréter des rôles diamétralement opposés les uns des autres. Ce qui m’a toujours intéressé dans l’acting, c’est la composition.

Justement, le film qui vous semble être le plus important dans votre carrière, celui qui vous à la plus touché ?

J’ai envie de dire que tous les films que j’ai faits sont importants. Ceci dit Les Cerfs-volants de Kaboul peut-être de Marc Foster : c’est un mec qui retourne en Afghanistan récupérer un enfant après la guerre.

En fait tous les films que je fais, j’essaye d’être honnête, d’avoir un intérêt personnel. Après suivant les films il y a des aventures plus humaines que d’autres. Y a aussi des films plus essentiels que d’autres. Un film comme Ô Jérusalem me touche énormément car j’entends tout et n’importe quoi sur la Palestine, c’est dans le feu de l’actualité. Trahison qui parle du terrorisme religieux, du terrorisme musulman me touche énormément aussi car je suis de confession musulmane : les mecs me ressemblent physiquement, donc ça m’intéresse de mettre mon humanité dans un tel film. J’ai envie de dire qu’il y a des sujets plus essentiels que d’autres pour moi. Mais je suis un professionnel, quand je dis oui à un projet, je fais mon travail le plus sérieusement possible, par respect de la personne qui t’a choisi.

Est-ce qu’il y a des réalisateurs avec qui vous aimeriez travailler particulièrement ?

J’ai envie de te répondre : tous les bons metteurs en scène m’intéressent. C’est une question large avec une réponse large, mais je suis très ouvert. Mon métier c’est de rencontrer des gens et de m’adapter à leur univers. Donc quand le mec est cohérent, et qu’il a des choses à défendre, ça m’intéresse. Je suis un outil pour le film. Je ne suis pas la vedette.

Et pour finir, est-ce que vous avez envie de passer de l’autre coté de la caméra ?

Je vais commencer à réaliser dans pas très longtemps. Alors ça se passera où ça se passera, en France ou à l’étranger je ne sais pas.

Un grand Merci à Saïd Taghmaoui pour sa patience et sa gentillesse, ainsi qu’à Paramount pour cette opportunité unique.

Max

0 réflexion sur « G.I. Joe : Interview exclusive de Saïd Taghmaoui  »

  1. c’est marrant qu’il parle de fuir la France pour ne pas tomber dans les stéréotypes et les clichés et qu’il finisse par jouer GI joe 🙂
    enfin laissons le bénéfice du doute au film après tout…

  2. Merci pour cette interview ! J’avoue avoir été surtout intéressé par la partie sur Lost… Et je me demande vraiment ce que Caesar va pouvoir faire dans la saison 6 étant donné ce qu’il se passe dans la 5 ; en même temps, ils sont capables de tout dans cette série. ^^

  3. Oui la partie concernant Lost laisse à penser qu’on pourrait revoir le petit Caesar et que ça va dans le sens des informations distillées lors du panel Lost du Comic-Con 2009.

  4. @Dajam : je vois ce que tu veux dire, mais ça reste des stéréotypes différents je trouve. Et je pense qu’il va être loin de tomber dans ce type de stéréotype blockbuster à Hollywood, vu la carrière qu’il a 🙂

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