Ghent Episode III, la revenche des, euh…, films

Hier j’ai vu 5 films entre 9h30 et 22 heures et quelques… Voici quelques critiques expresses de ces films.

Every Little Step, d’Adal Del Deo et James D. Stern

Le film, qui sort en DVD aux USA cette semaine, est un documentaire dédié au revival de la comédie musicale « A Chorus Line« , made in Broadway.


La caméra suit les auditions des jeunes artistes et en profite pour rappeler l’histoire de l’oeuvre originelle signée Michael Benett.
Grâce à un montage intelligent et efficace, on suit avec plaisir quelques prestations marquantes du montage de la comédie. Loin de la soupe qu’on nous sert avec Star Ac ou La Nouvelle Star, Every Little Step nous permet de suivre des professionnels de la danse et du chant et présente certains aspects de ce dur métier.

Taking Woodstock (Hotel Woodstock en Français) d’Ang Lee

Le film est déjà sorti en France depuis trois semaines.
1969, Elliot est gay, mais ne sait pas comment l’annoncer à se parents. La mère, survivante d’un camp nazi tient un motel crasseux et les dettes s’accumulent. Parents et fils mènent une vie morose où tout va mal. Afin de trouver l’argent qui sauverait le motel, Elliot saisit l’opportunité d’organiser un concert hippie où plus de 500 000 personnes sont déjà annoncées… L’organisation du festival va être pour Elliot et ses parents l’occasion de révélations et une source de libération…

Ang Lee est un filmeur d’émtions et d’ambiances. On retrouve la sensibilité du réalisateur asiatique dans cette comédie dramatique qui marche relativement bien. La bande son fait mouche et l’ensemble des acteurs est plutôt attachant. Mon coup de coeur va à Liev Schreiber, excellent en travestis militaire qui saute avec une facilité déconcertante du Sabre d’X-Men: Wolverine à Vilma colonel travlo des forces spéciales. On reprochera au film certaines longueurs, fort heureusement rattrapées par quelques scènes mémorables, dont une scène de trip à l’acid (moins violent que les junkies de Trainspotting) ou le vent de liberté qui donne envie de s’y mettre, à cette révolution !
Ang Lee ne se montre pas aussi à l’aise dans le registre de la comédie que dans le domaine du drame et l’on regrettera que certains traits psychologiques ou certaines ambiances n’aient pas été creusées plus avant.
Hotel Woodstock n’est pas le coup de coeur auquel je m’attendais, mais c’est tout de même un film que je recommande s’il passe encore du côté de chez vous.

Adam Resurrected, de Paul Schrader, qui sortira en 2010 sur les écrans français.

Adam Stein est enfermé dans un asile psychiatrique à Israël. Nous sommes en 1961. Stein est un survivant. Plus grand clown de l’Allemagne des années 30, il est déporté avec sa famille car il est juif et se retrouve dans le camp de concentration du commandant Klein où il devra jouer le rôle de son chien alors que sa famille disparaîtra…
Jeff Goldblum est Adam Stein. Il interprète le clown avec une justesse rare face à un non moins excellent (donc détestable) Willem Dafoe en Commandant Klein. Schrader signe un film dur où le comique n’est jamais loin de l’horreur. Le réalisateur use judicieusement de flashbacks qui constituent autant de climax intermédiaires et qui dynamisent le drame dense de Stein. Schrader met de l’humour pour mieux mettre en exergue l’horreur, mais il met aussi beaucoup d’émotion.
Goldblum est impressionnant de force et fragilité; il se fait décidément trop rare sur grand écran.
Une oeuvre majeure à ne pas rater.

Altiplano, de Peter Brosens et Jessica Woodworth

Dans le village de Turubamba au Pérou, on célèbre la fête de la vierge. Un incident entraîne la chute de la statue, comme un signe annonciateur du drame à venir. En Irak, Grace (Jasmin Tabatabai) est photographe et assiste au meurtre de son guide. Max (Olivier Gourmet) son mari part ouvrir un dispensaire non loin de Turubamba. La mort du promis de Saturnina (Magaly Solier), gardienne de la vierge, dû à empoisonnement au mercure lié à l’activité des mines voisines va faire monter la tension qui aboutira à la mort de Max. Grace va partir pour Turubamba dans un voyage quasi initiatique.
Le film de Brosens et Woodworth, s’il est définitivement une fiction, en profite pour faire découvrir la culture des péruviens vivant dans ces environnements d’Altiplano. Si le rythme est incertain et si l’on ne cerne pas toujours la volonté des réalisateurs, on ne peut qu’admirer les paysages andins magnifiquement mis en valeurs ainsi que la performance exceptionnelle de la jeune Magaly Solier. Femme de force et de courage, Saturnina est un rôle lourd à porter. Solier s’aquitte de sa tâche avec une vérité troublante.
S’il n’est pas un film parfait, Altiplano n’en est pas moins enivrant, à la manière de quelques scènes d’un Blueberry et le mélange des langues (français, hollandais, farci, espagnol et le dialecte péruvien) font vraiment voyager. Un film à découvrir quand il sortira.
http://www.altiplano.info/

La Nana (La Bonne) de Sebastian Silva.

Le film sort demain sur les écrans français et c’est un coup de coeur de ce festival de Ghent (so far). Drame Chilien, La Bonne nous parle de Raquel qui travaille depuis plus de 20 ans dans la même famille. Quand sa patronne lui annonce l’embauche d’une autre bonne pour l’aider dans ses tâches elle va perdre les pédales et s’enfoncer dans une spirale néfaste.
Le premier film de Sébantian Silva a été remarqué à Sundance d’où il est revenu avec 2 prix. Et l’on comprend pourquoi quand on voir La Nana. Outre ses interprêtes excellents, le film Chilien dresse le portrait psychologique de la bonne par touches ajoutées, scène après scène, avec une intensité montant crescendo. Oscillant entre comédie et drame, Silva sait à la fois maintenir son rythme et son sujet, évite les stéréotypes et tisse son univers avec une finesse exemplaire. On découvre petit à petit Raquel (impériale Catalina Saavedra), sa souffrance, le fait qu’elle ne sait pas comment affronter le monde « adulte » auquel elle appartient. La fille de ses patrons est une concurrente, les bonnes embauchées pour l’aider le sont aussi. Seule la dernière en date (attachante Claudia Caldon) va la faire évoluer et s’accepter.
La Nana est un film en tout point admirable que je vous conseille de toute urgence.

0 réflexion sur « Ghent Episode III, la revenche des, euh…, films »

  1. Taking Woodstock:
    Perso, je ne suis pas sûr que l’homosexualité du personnage soit si présente. On s’en doute une partie du film et c’est confirmé plus tard, mais c’est plutôt anecdotique et ça ne le définit pas vraiment dans ses interactions avec les autres.

    Plutôt aimé le film, malgré quelques maladresses. L’idée de ne pas montrer le festival en lui même est une super décision par contre. Ce n’est pas un film sur Woodstock mais sur les gens qui ont fait Woodstock.

    PS: Je confirme pour le trip au LSD, ca donnerait presque envie 😀

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