Conférence de Presse de Bruce Willis pour Clones

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Le 1er Octobre, Bruce Willis était de passage à Paris pour la conférence de presse sur son dernier film Clones et grâce à Walt Disney Studios Motion Pictures France nous avons eu la chance d’y participer et de croiser cette icône vivante de l’action flicks.
Adaptation du comics Surrogates dont on vous a déjà parlé sur FG, ce thriller, plus cyber que punk, de Jonathan Mostow, il interprète l’agent Greer qui enquête sur un double homicide ayant touché à la fois des clones et leurs propriétaires.

Sans plus attendre, voici la transcription complète de la conf suivie d’une galerie photos  :

Comme son titre l’indique, dans ce film, il est question de clones. Votre clone a des cheveux, pas de rides. Qu’est-ce que vous pensez de ce clone ? Est-ce que pour vous, c’est le Bruce idéal ? Avez-vous eu votre mot à dire sur le choix de votre clone ?

Non, en fait je n’ai pas eu grand-chose à dire. Lorsque j’ai découvert mon clone, j’ai trouvé ça embarrassant. Le choix de la perruque était bien évidemment celui du réalisateur et j’avoue que lorsque j’ai vu mon visage, je lui ai trouvé un look robotisé mais peut-être était-ce là l’intention du film. Pour tout vous dire, je suis tout à fait satisfait de mon look, il me va très bien.

Si vous aviez à choisir une séquence du film qui le définit bien, quelle serait-elle ?

C’est vrai que c’est difficile de raconter une histoire d’une telle ampleur en simplement 90 minutes. J’aurai aimé explorer certains aspects. Par exemple, au tout début du film, ce jeune qui plonge de 100 pieds sur la piste de danse et qui rebondit sur ses pieds, c’est une scène que j’aurai aimé prolonger. J’aime aussi beaucoup la séquence où un camion me détruit et que je regarde comme ça. Ce sont des scènes que j’aurai aimé explorer d’avantage. Et puis, il n’y pas du tout de séquences de sexe dans le film. On ne sait pas comment ils font, les clones. Est-ce que vous-même, en tant que public, n’auriez-vous pas aimé voir comment ça se fait ? En tout cas moi oui ! (rires)

Quels sont les gadgets high-tech dont vous êtes fan dans la vraie vie ?

Je sais effectivement utiliser un ordinateur, j’ai un téléphone portable, je crois qu’en gros c’est tout. Je ne suis pas un vrai fan de technologie. Je crois que la plupart des inventions technologiques ont été inventées mais ensuite améliorées dans des buts qui servent des finalités totalement différentes et qui sont souvent liées à une économie de marché, au profit. Par exemple, regardez la télévision. Au début, elle aurait pu être un instrument pour éduquer le monde entier et c’est finalement devenu un instrument pour vendre des savons, de la nourriture, des jouets, même si, encore aujourd’hui, on pourrait utiliser la télévision comme un arme d’enseignement. Je crois que, quand on parle de technologie moderne telle que Facebook, MySpace, Twiter, Gossip, on pourrait aussi les utiliser pour partager des informations. Mais je dois avouer que, pour moi, les news, les actualités, hé bien c’est sur internet que je les trouve.

J’ai personnellement été très surpris par le film car j’ai l’habitude de vous voir dans des rôles du genre « Die Hard », et là j’ai découvert un Bruce Willis très fragile. Et le personnage que vous interprétez, l’agent Greer, explore, du moins pendant une bonne partie du film, la fragilité plus que la force. Est-ce que vous avez vraiment joué et aimé jouer ce personnage de chair et d’os par rapport aux clones et aux robots ?

C’est vrai que j’ai joué avec cette vulnérabilité avec plaisir. Je ne pense pas que j’aurai accepté ce rôle si justement il n’y avait pas eu au centre, l’histoire de cet homme qui a perdu sa femme et finalement qui veut la retrouver. Si ce n’avait été qu’un film de science fiction , un film sur les technologies, si il n’y avait eu que Radha (Radha Mitchell) en train de sauter sur des bus ou moi-même en train d’interagir avec tous ces containers, je crois que je n’aurai pas aussi été intéressé par ce personnage. Donc oui, vraiment, ça m’a beaucoup plu d’explorer cette autre facette de ce personnage, de cet homme qui essaie finalement de vaincre ses propres obstacles personnels et de retrouver la femme qu’il aime. Ça, c’était vraiment intéressant. Je ne sais si c’est perçu comme le thème central du film mais comme je l’ai dit tout à l’heure il est très difficile en 90 minutes d’explorer un thème si vaste et si riche.

Ma question concerne le scénario. Avez-vous participé à son élaboration et êtes-vous content du résultat ?

C’est vrai que j’ai beaucoup participé à l’écriture du scénario tout simplement parce qu’il a évolué sans cesse, pour une raison très simple, c’était la grève des scénaristes il y a 3 ans à Hollywood, donc personne pendant 4-5 mois n’a pu travailler. Donc, lorsque nous avons commencé le tournage lui même, nous avons retravaillé sur le scénario pendant le tournage. C’est un cas de figure toujours un peu délicat parce qu’on ne sait jamais si on va prendre la bonne ou la mauvaise direction, si l’on choisit les bonnes choses. Mais je crois que oui. Pour vous donner un exemple très concret, dans le scénario original il n’était pas question que l’agent Green et sa femme ait perdu leur fils. Donc, à partir de ce thème central, il a fallu réinventer et rediriger certaines scènes. Et c’est toujours quelque chose de délicat car on a jamais la distance pour juger du bien ou du mal de nos choix. Mais franchement, j’aime vraiment bien ce film. Comme je l’ai dit j’aurai aimé qu’il dure un peu plus longtemps, parce qu’il y a beaucoup de scènes que vous ne verrez pas dans le film parce que vous connaissez la règle d’or: 1h30. Sauf si on est Tarantino (rires). Là, on a droit à 3 heures. Mais je ne sais pas si j’aurai aimé moi-même regarder un film sur les clones pendant 3 heures. Mais cela dit, j’aime beaucoup la science fiction. Je garde toujours un très bon souvenir de L’armée des 12 singes ou du Cinquième élément.

L’apparence est au cœur du film, le culte de la beauté. J’y ai vu vraiment une métaphore sur le système Hollywoodien et j’aurai voulu savoir comment Mr Willis vivait ce culte de la beauté au sein des studios pour un homme de plus de 50 ans ?

Vous savez, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, j’aime bien mon look, j’assume les rides sur mon visage. En fait, j’ai été très choqué presque lorsque je me suis découvert avec ce visage très lisse, que je n’ai d’ailleurs jamais eu même jeune. Je n’ai pas non plus été blond, ni même eu ce type de coiffure. Mais vous avez raison, Hollywood est le centre de la technologie cosmétique. On vient à Hollywood du monde entier, pour avoir son visage coupé, tranché. Donc c’est vrai que j’ai un problème avec ça. Parce que pourquoi finalement on ne s’aime pas soi même tel que l’on est ? Mais il ne faut pas oublier que c’est un business énorme où circule énormément d’argent. Mais moi, je ne rentre pas dans ce jeu là. Je garde mon visage tel qu’il est et je n’ai aucune intention de passer sous le bistouri.

Vous aviez déjà joué avec Ving Rhames dans Pulp Fiction. A quel moment avez-vous su que vous alliez rejouer avec lui sur ce film et qu’est-ce que vous vous êtes dit ? L’avez-vous appelé ?

C’est vrai que j’ai été très heureux de le retrouver et nous avons évidemment parler ensemble, mais un de mes petits regrets, c’est que cette partie de l’histoire n’a pas pu être complètement développée. Il y avait d’autres scènes que nous avions ensemble mais qui ne sont pas dans le film final. Mais je trouve que Ving est un mec absolument génial, un grand acteur. Et dans l’histoire, les Dreads, cette communauté réfractaire qui se rebelle, à mes yeux était une partie très intéressante à explorer. Mais je suis sûr que je retrouverai Ving dans d’autres films pour de nouvelles aventures.

Qu’apprenez-vous encore dans l’industrie du cinéma après tant de films, après une si longue carrière ?

Une des choses que j’espère, c’est de ne pas me prendre trop au sérieux et je me rend compte que je m’y connais finalement de moins en moins. J’ai moins de théorie par rapport à l’acting et j’essaie sans arrêt d’explorer des choses nouvelles, de me débarrasser de mes anciens personnages, et pourtant je suis toujours attiré vers le même type de personnage, c’est-à-dire un homme qui lutte pour dépasser ses propres problématiques personnelles. Et puis souvent, je me demande pourquoi je joue toujours un peu des rôles de flics en quelque sorte. Hé bien pour moi ce sont les véritables héros de ce monde. Vous savez lorsqu’on fait un métier où on sait qu’à tout moment, on peut se faire tirer dessus et être tué, ça c’est héroïque. Il en va de même pour les gens qui travaillent dans les services d’urgences, les ambulanciers. Et si je le pouvais, très franchement je continuerais toute ma carrière à interpréter ce genre de héros qui sont les vrais héros à mes yeux. Mais de nouveau, j’essaie de ne pas me prendre trop au sérieux, même si j’aime toujours mon métier d’acteur, j’essaie de créer à chaque fois quelque chose d’un peu nouveau, mais j’avoue, je me surprend souvent à me répéter, mais j’essaye évidemment d’évoluer.

« Clones » est film de science fiction mais qu’est-ce que vous pensez de cette société de clones, de cette déshumanisation de la société vers laquelle on va, où alors on est déjà ?
Et si on se projette dans le futur, quel serait votre fantasme, qu’est-ce que vous aimeriez que votre clone face à notre place ?

Je ne pense pas que l’avenir de notre planète ne soit fait que de clones. Le clonage existe déjà. Nous savons qu’il y a eu du clonage d’animaux, les brebis, les chiens, et ce n’est pas dit que bien sur, qu’on avait tenté de cloner un être humain. Mais je ne crois pas que l’avenir soit fait de machines avec des corps métalliques, fait de verre et de fluide vert. Il ne faut pas oublier que ce film est un divertissement. Ce n’est pas comme ça que je vois l’avenir. Un divertissement en plus tiré d’un roman graphique, d’un comic book. Mais c’est vrai que j’aime l’idée, je l’a trouve séduisante d’avoir un jour 95 ans, d’avoir des tas d’informations et de connaissances dans ma tête et de pouvoir transmettre ça à un corps qui n’a que 25 ans qui me permettrait de jouer avec mes arrières-arrières-arrières petits fils.
Si j’avais le choix, j’aimerai être plus fort, être capable de soulever une voiture et la jeter sur quelqu’un. Mais plus sérieusement, j’hésiterai beaucoup à désirer avoir un clone. Je crois qu’on essaie tous, en tout cas moi j’essaie, de faire ce qui est bien, ce qui est juste. Lorsque j’étais plus jeune, lorsque la célébrité est venue, je dois reconnaitre que je n’étais pas très humble, j’étais disons le, un peu un crétin (rires). J’ai finalement découvert aujourd’hui que ce que je voulais être, c’est quelqu’un de bien. Qui je veux être n’est bien pas évidemment ce clone. Comme je l’ai dit tout à l’heure, je prend la vie moins sérieusement qu’avant. Et j’essaie vraiment à chaque fois car au fond de nous; nous savons tous quand nous agissons bien ou mal donc j’essaie d’aller dans la bonne direction, d’être un bon exemple, à la fois pour mes enfants, mais aussi pour moi-même.

Est-ce que vous n’en avez pas marre de sauver le monde ?

Je crois que c’est la 10e fois que je sauve le monde. Mais je pense qu’il est temps qu’il y ait une relève, un peu plus jeune, Matt Damon par exemple. Mais vous savez, ce n’est pas moi qui aie décidé au début de ce genre de rôle. Ce que j’aime dans ce film là, dans « Clones », c’est qu’on est pas en train de sauver le monde. Il n’y a pas cette espèce de Happy-end un peu cul-cul la praline. On se dit et maintenant, que va-t-il se passer ? Quand vous m’avez demandé quel était mon film favori, en tout cas en ce qui concerne le sauvetage du monde, et bien je crois que « Le cinquième élément » reste pour moi un bon sauvetage. En tout cas, ce film là, j’aime bien qu’il n’y est pas un happy-end à l’américaine.

Quand on adapte un roman graphique, une bande dessinée, il y a parfois des éléments qui se révèlent perturbants. Est-ce que, dans un film, on les enlève pour être plus grand public ou, au contraire, on essaie de les conserver ?

Vous avez tout à fait raison, certaines choses ont été simplifiées dans le film mais, en même temps, d’autres horizons auraient pu être explorés, mais il fallait que ça tienne dans un seul film. Donc, c’est vrai, comme je vous l’ai dit, j’aurai aimé que l’on montre les clones en train de faire l’amour. Parce qu’on en parle, c’est bien beau mais on le voit jamais. Il y a aussi ces espèces de tube de Frank, un peu bizarre, et qu’on aurait pu enlever. Mais en fait, cela ne concerne que moi, j’aurai assez aimé avoir une scène de gladiateurs, avec 2 clones qui s’affrontent, qui se démembrent, qui se déchirent et qui s’éclatent. Et plus de gladiateurs encore qui arrivent dans cette arène. C’est en tout cas ce que j’aurai aimé voir aussi.


Merci à Mathias et Kévin pour ce compte-rendu complet.

0 réflexion sur « Conférence de Presse de Bruce Willis pour Clones »

  1. Il dit beaucoup « c’est vrai que »
    Sinon pour avoir vu le film il y a 2 semaines au ciné, si vous choisissez d’y aller, c’est uniquement pour apprécier le jeu de Bruce Willis qui vaut le coup, le reste n’est pas folichon, assez prévisible et j’en suis sorti complètement détaché. Aussitôt vu aussitôt oublié hélas.

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