Festival Franco Coréen du Film

Après le Festival du Film Asiatique que nous avons pu découvrir il y a quelques mois à Deauville, cette semaine avait lieu le 4ème Festival Franco Coréen du Film, qui avait lieu au cinéma parisien l’Action Christine (du 4 au 17 novembre). A l’Action Christine, mais pas que… un petit cinéma peuplé d’irréductibles cinéphiles banlieusards a pu proposer une soirée exceptionnelle dans le cadre de ce festival. Je parle bien entendu du Bijou, à Noisy le Grand, devenu la deuxième maison de l’équipe Filmgeek.

festival franco coréen du film

Notamment grâce à Hwarim Cho et à l’Université de Marne la Vallée, nous avons pu voir mardi soir trois films et rencontrer leur réalisateur sud-coréen Lee Myung-Se. Les films étaient choisis sous la thématique de l’Amour. Histoire sûrement de contrebalancer ce cliché d’un cinéma coréen violent… Et puis ça tombe bien, en ce moment je suis d’humeur fleur bleue…

LEE Myung Se (3 sur 3)

Avec la présence d’un cinéaste aimable et particulièrement disponible auprès de son public à la fin de chaque projection, nous avons vu First Love (Premier Amour) datant de 1993, Their last love affair (L’Amour Fou) de 1996 et M, réalisé en 2007.

Lee Myung-Se est un réalisateur atypique dans ce cinéma coréen. Il l’explique ainsi : « Je sais que l’esthétisme de mes films fait peur car je renverse les valeurs cinématographiques. Je n’aime pas me conformer. En ce sens, ma théorie rejoint celle de Jean Luc Godard. Sinon, en général, à part la jeune génération, il existe des préjugés sur la culture asiatique. Les occidentaux pensent toujours que le cinéma asiatique est violent. Les distributeurs occidentaux participent à la continuité de cette croyance et sélectionnent des films violents. L’année dernière, j’ai beaucoup polémiqué avec le Président du jury du festival Sundance. Il me demandait pourquoi j’inventais un genre à mon gré. Je lui ai dit que ce n’était pas interdit et que j’avais le droit. Pour moi, la diversité du thème cinématographique existe mais la diversité du cinéma n’existe pas. Mais, malgré les préjugés, mes films sont diffusés. Mon prochain film devrait être diffusé sur le marché européen. Il y a une rétrospective de mes films à Londres l’année prochaine. Je m’en réjouis puisque cela permettra de lutter contre ces préjugés. J’ai aussi été ravi de rencontrer le jeune public français ici à Paris et Noisy Le Grand car il rejette les stéréotypes. Je considère la jeune génération comme extrêmement importante pour combattre cela. »

LEE Myung Se (1 sur 3)

Il nous a confié ce que la thématique de l’amour inspirait chez lui : « Pour moi, réaliser un film, c’est comme écrire une lettre d’amour. J’ai remarqué que dans l’amour, on sait ce que l’on avait une fois qu’on l’a perdu. C’est aussi une histoire de rendez vous. Par exemple, dans mon film « Premier amour », l’homme n’est pas venu au rendez vous. Dans un autre de mes films « L’amour fou », c’est l’histoire d’un grand amour. On rêve toujours du grand amour mais dans la réalité, c’est dur, c’est angoissant…On ne peut pas abandonner l’amour à mi chemin. L’amour c’est la signification de la Vérité avec un grand V. C’est l’acte par lequel on s’approche le plus de la vérité. L’amour est un outil qui permet d’ouvrir l’univers avec plus de relations entre les êtres humains. Le cinéaste doit comprendre ce que c’est l’amour. Le processus d’amour c’est comme le processus d’un film. L’artiste se pose toujours des questions sur l’amour, le grand amour. » « Les 2 questions qui m’intéressent sont : c’est quoi le cinéma et c’est quoi l’amour? Quand je regarde mes films avec le public, j’ai l’impression de vivre une expérience sentimentale, comme des amoureux qui marchent bras dessus bras dessous. Je fais des films en tant que films, de l’art pour l’art. Le cinéma d’abord, le cinéma pour lui même. Je veux communiquer directement avec le public. »

LEE Myung Se 2 (1 sur 3)

Cette soirée fut pour moi une belle rencontre avec un esprit du cinéma coréen que je ne soupçonnais pas et qui m’a beaucoup intéressé. Et je remercie monsieur Lee Myung-Se pour sa gentillesse, ainsi que Sylvie, Hwarim et l’équipe du Bijou pour l’organisation de cette soirée et Stéphanie pour l’interview !

Caro

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