Critique de Chaque jour est une fête…

affiche chaque jour est une fete

Chaque Jour est une Fête…
Un film de Dima El-Horr, le 27 janvier au cinéma.

J’ai rencontré Dima il y a plusieurs mois comme collègue doctorante, sans saisir tout de suite qu’elle terminait son premier long métrage. C’est au détour d’une conversation avec une tierce personne que je le compris : elle expliquait qu’elle revenait de Rome, où elle avait présenté une copie de son film lors d’un festival. Je commençais alors à mesurer l’ampleur de ce projet. Puis elle me donna quelques détails : un long métrage sur trois femmes, qui doivent rejoindre la prison pour hommes, et qui se perdent dans le désert libanais. Un film, avec entre autre, Hiam Abbass. « Hiam Abbass » répétais-je… J’adore cette actrice. Ok, là, avec Dima, on joue dans la cour des grands, réaliser un film avec Hiam Abbass, c’est plutôt ambitieux. A l’époque elle finissait le montage à Berlin et revenait régulièrement sur Paris, à la fois pour préparer la sortie du film, et pour sa thèse, avant de rentrer quelques semaines chez elle à Beyrouth. Discuter avec Dima est passionnant. Voir son film l’est tout autant.

Chaque jour est une fête… est un road movie où trois femmes qui ne se connaissent pas vont devoir s’entraider au milieu d’un arrière-pays d’apparence vide mais où raisonnent des tirs, des explosions, des cris. Le Liban apparaît comme le 4ème personnage, celui d’une terre meurtrie, qui comme ces trois femmes, n’a plus aucun repère et semble, même, ne plus avoir d’espérance. Trois femmes et un pays figés, mélancoliques, apeurés, que tout en devient absurde : c’est là qu’apparaît la poésie, de ces femmes en talons hauts perdues dans le désert, de cette féminité incongrue dans la dureté de la pierre, au milieu de cadavre de tous poils (ou plumes). Une sorte de purgatoire que ces femmes doivent franchir pour atteindre une délivrance, quelle qu’en soit l’issue. Une traversée du désert, au propre comme au figuré, qui fait osciller le récit dans des hallucinations, entre le cauchemar et la réalité. Mais l’essence de survie de ces femmes restent le rire, la complicité, les confidences sur leurs relations avec les hommes, ceux qu’elles vont peut-être pouvoir retrouver en prison.

Chaque Jour est une fête… sort mercredi en salle. Dans trop peu de salles malheureusement. Prenez le temps et la curiosité de découvrir la sensibilité et la tendresse de ce film qui permet de comprendre, un peu à l’image de Caramel, autre film sur la féminité libanaise, ce pays sous un jour nouveau, féminin, moderne et surtout lassé de ces conflits à répétition.

Pour les cinéphiles parisiens, vous pouvez découvrir le film au MK2 BEAUBOURG, au REFLET MEDICIS et au PUBLICIS CINEMA.
Les séances de 20h du mercredi 27 janvier et du vendredi 29 janvier au Reflet Medicis seront suivies d’un débat avec Dima El-Horr, la réalisatrice.
Si vous souhaitez aider le film ou tout simplement en savoir plus sur le projet, vous pouvez cliquer ici.

Chaque jour est une fête…, un film de Dima El-Horr, coécrit avec Rabih Mroué (artiste libanais internationalement reconnu). Avec Hiam Abbas (qu’on ne présente plus), Manal Khader (Intervention Divine) et Raïa Haïdar.

Synopsis : C’est le jour de la fête de l’indépendance du Liban. 3 femmes qui ne se connaissent pas prennent un même bus qui va les emmener à la prison située dans l’arrière-pays. Au milieu de cette terre aride, parsemée de mines et de rêves décapités, le voyage devient la quête de leur propre indépendance.

Caro

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