Critique de Sherlock Holmes de Guy Ritchie

affiche sherlock holmes poster

Sherlock Holmes, un film de Guy Ritchie, le 3 février au cinéma.

Exit Bella et Edward, Jack Sully et Neytiri, le plus beau couple de ces derniers mois au cinéma, c’est Holmes et Watson. Ça tombe bien, puisque qu’entre I love you, man (sorti récemment en dvd) et I love you Philip Morris (bientôt au cinéma), les couples masculins ont la vedette. Un peu plus qu’une bromance, un peu moins qu’un amour fou, le film de Guy Ritchie met tout de même le ton : Watson doit « quitter » Holmes pour se marier avec sa fiancée Mary. Le détective ne l’entend pas de cette oreille et tente par tous les moyens de le retenir auprès de lui, dans leur petite routine au 221b Baker Street. Pour cela, quoi de mieux que de se plonger dans une nouvelle enquête, comme celle de la possible « résurrection » du Lord Blackwood, pourtant officiellement constaté mort par Watson lui-même.

En y regardant bien, tout le rythme du film se crée, non pas autour de l’enquête elle-même, mais autour de la relation fusionnelle qui unie Holmes et Watson. Et ça fonctionne plutôt bien, en tout cas dans la première heure, où l’on s’amuse vraiment de ce drôle de couple, des réparties plutôt cinglantes qu’ils s’envoient constamment, et de leurs regards et gestes qui révèlent une profonde affection/dépendance l’un à l’autre. C’est plutôt touchant et joli à voir, à l’image des deux acteurs, Robert Downey Jr et Jude Law exquis et irrésistibles (et sexy) dans les rôles et qui parviennent à inscrire une sincère complicité à l’écran.

Ce qui pêche finalement, c’est qu’en dehors d’eux, plus rien n’a réellement de relief, mis à part le second rôle de l’Inspecteur Lestrade (joué par l’excellent Eddie Marsan), la musique de Hans Zimmer, parfaite et la mise en scène de Guy Ritchie, efficace, qui dépoussière le mythe tout en préservant son état d’esprit original (et certaines séquences sont de véritables leçons de cinéma, retenez notamment la scène de boxe et celle de l’explosion).

Les personnages féminins (Mary Morstan, interprétée par Kelly Reilly et Irene Adler par Rachel Mc Adams) manquent de contrepoids, et Lord Blackwood (Mark Strong) aurait mérité de bénéficier d’avantage de nuances et ne convient pas tellement comme méchant ici. Il n’est pas à la hauteur de Sherlock, il semble être là uniquement comme un entrainement, en attendant le vrai affrontement avec le professeur Moriarty, futur ennemi juré de Holmes. Et ce qui fait le plus défaut, finalement, c’est l’enquête elle-même, trop classique, un peu vaine, qui n’accroche pas véritablement le spectateur. D’où un sentiment d’ennui qui peut quasiment apparaître dans la deuxième partie du récit, sans parler du climax mal ficelé et décevant, tant les enjeux dramatiques peuvent manquer de ressort. Heureusement que l’annonce d’une suite un peu plus excitante dans les dernières minutes, et le générique, très beau, permettent de sortir du film sur une note malgré tout positive.

Sherlock Holmes par Guy Richie est finalement une bonne mise en place des personnages et des lieux (belle reconstitution du Londres victorien, entre misère et révolution industrielle, apportant une ambiance assez noire à l’ensemble), mais voilà, un peu comme Batman Begins annonçait The Dark Knight, on attend à présent d’entrer dans le vif de l’action, avec un vrai méchant et une enquête à la hauteur des capacités de Holmes.

En attendant, ne vous fiez pas à la bande-annonce, plutôt déstabilisante, qui ne vend pas le film tel qu’il est vraiment : Sherlock Holmes est bel et bien un hommage plutôt fidèle au héro de Conan Doyle (je vais d’ailleurs me replonger dans les nouvelles), un divertissement qui manque parfois de souffle certes, mais avec suffisamment de finesse et d’intelligence pour le placer dans la catégorie supérieure des blockbusters.

Caro

0 réflexion sur « Critique de Sherlock Holmes de Guy Ritchie »

  1. Effectivement, Sherlock façon Ritchie, ça envoie le bois comme disait feu ma grand-mère. Je n’ai pas tant trouvé que le film s’essoufflait, mais ce sont plutôt les excessifs effets de style de l’ex- de Madonna qui m’ont parfois fatigué. Notamment cette scène d’explosion en slow mo que j’ai trouvée déplacée et inutile car trop visiblement CGI. J’aurais préféré un mélange de brutalité genre Mission: Impossible 3 avec du fast cut puis du slow mo histoire de dynamiser un peu tout ça. D’un autre côté, certaines scènes sont géniales comme l’ouverture sur les pavés avec un plan séquence composite CGI-réel feat traveling. Ca change du Bayisme à outrance.

    Sherlock c’est bon, mangez-en !

  2. Ah la scène de l’explosion m’a beaucoup plu… Je l’ai trouvé au contraire bien foutue techniquement, très intense, avec un enjeu dramatique bien maitrisé : on ressent pour la première fois la faiblesse de Holmes et sa totale non maitrise des évènements. Et puis la musique par dessus, rhâ… encore 🙂 Je la trouve bien brutale dans son genre, plus psychologiquement parlant que dans les boum-boum qui auraient été de mise chez un autre (et puis j’adore JJ mais MI3 non, je peux vraiment pas, c’est pas un bon exemple ^^)

  3. Je n´aime pas spécialement le film mais le dégommage de Cruise au missile m´a bien plu 🙂

    Sinon oui, la BO est excellente, une belle partition de Zimmer qui récidive après le bon boulot sur Anges et Démons. Deux scores complètement différents, mais tous deux originaux et aboutis. Ca nous change des « The Rock »-like.

  4. J’ai très envie de le voir pour la principale raison que tu as invoquée, Caro: la belle histoire complice de Sherlock et sa moitié.
    Je ne sais pas si je bougerais mes fesses de retraitée mais c’est l’intention qui compte…

    Donc Sherlock returns sera du même accabit que Dark knight ? Youhooou ! 😉

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