Critique Alice au Pays des Merveilles, de Tim Burton

alice affiche

Synopsis : Alice (Mia Wasikowska) approche de ses 20 ans, et depuis son enfance, est hantée par des cauchemars d’un monde étrange peuplé par des créatures mystérieuses. Le jour où le jeune et arrogant Hamish Ascot la demande en mariage, elle s’enfuit à la poursuite d’un lapin blanc,  puis bascule dans un terrier qui semble sans fin… Elle atterrit dans le monde de ses rêves. Certaines des créatures la reconnaissent et voient en elle leur sauveuse, pour combattre la Reine Rouge et le Jabberwock.

Notre avis : Un film de Tim Burton est toujours un événement, même si pour beaucoup de fans la déception s’installe de plus en plus à chaque nouvelle réalisation.

Proposer une suite à Alice in Wonderland en adaptant De l’autre côté du miroir était un pari osé, qui, sous les doigts du magicien du cinéma fantasmagorique, pouvait réconcilier le maitre et son art, époque Beetlejuice, Batman, Ed Wood, Edward aux mains d’argent, Mars Attack ou même Sleepy Hollow. Bref, que l’on retrouve un peu de noirceur et de cynisme, mais du vrai, du dur, pas du gothique édulcoré à la Sweeney Todd, pâle caricature de toutes les possibilités créatives du cinéaste.

alice reine rouge

Au début, on y croirait presque : charme et maquillage blafard d’une Alice exquise de décalage dans ce monde victorien si rigide. Et puis l’arrivée dans Wonderland/Underland est une petite merveille en soi, des textures, des couleurs, une luxuriance du décor plaisante à l’œil, mystérieuse à souhait, où l’ambiance est posée : nous sommes dans un Tim Burton semblant renouer avec ses bonnes vieilles traditions, avec même un soupçon d’imaginaire visuel emprunt à Terry Gilliam. Le design plutôt spectaculaire des créatures et de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter) ainsi que le casting 5 étoiles ne faisant que confirmer ces premières impressions.

Et puis… Disney semble avoir arraché les rênes à son réal’ au cours du film, faisant perdre à Alice toute sa splendeur. Oscillant autant visuellement que narrativement entre Narnia et La Boussole d’Or (et parfois Harry Potter, Disney ratisse large), la magie n’opère plus vraiment, si ce n’est à travers les présences fortes heureuses d’un Johnny Depp parfait en Chapelier Fou émouvant et d’une Anne Hathaway « délicate » en Reine Blanche.

chapelier fou

Tout semblait être présent pour déguster pendant presque deux heures un délice cinématographique, mais il manque à cette recette l’assaisonnement nécessaire pour relever le goût et sublimer le parfum. L’intrigue est fade, sans véritable enjeu, sans aucune empathie pour les personnages. Pire, Alice parait s’ennuyer autant que le spectateur par moments (la preuve, cachée derrière mes lunettes 3D, j’ai réussi à m’assoupir quelques instants). L’humour absurde et impertinent, pourtant présent dans les contes de Lewis Carroll et le dessin animé, est quasiment inexistant ici. Et quand il surgit enfin, c’est souvent pour tomber complètement à plat. L’esprit ludique et déjanté du « joyeux non-anniversaire » manque cruellement.

alice armure

Malgré tout, nous sommes dans un film de Tim Burton (je vois bien, fan fidèle, ton désappointement face à la lecture de cette critique amère et je souhaite te rassurer un peu) : Alice au pays des merveilles reste un spectacle cinématographique de bonne facture, mais simplement loin d’être à la hauteur de ce dont est vraiment capable le génie subversif Burtonien. Finalement, il y a 60 ans, Disney, dans son long-métrage d’animation, avait pris plus de risques qu’en 2010.

Un conseil donc : mieux vaut (re)voir le dessin animé avant de se rendre en salle le 24 mars pour apprécier par soi-même ce nouvel « Alice ».

Caro

0 réflexion sur « Critique Alice au Pays des Merveilles, de Tim Burton »

  1. Hum, ce que tu dit là m’attriste au plus haut point -_-‘
    Je pensait qu’ils auraient laissé à Tim Burton tout sa liberté créatrice …
    Tant pis, j’irais quand même le voir, mais je part sur un apriori médiocre (ce qui n’est pas si mal, certains films descendu par des amis se sont avéras plutôt bon, même si je me fait plus trop d’illusions pour celui là -_-‘)

  2. Effectivement, sur l’affiche du film, on reconnait bien l’arbre d’un Sleepy Hollow, mais ce que tu dis du film m’attriste aussi. :S
    Sans compter que la dernière image fait effectivement très Narnia sur ce coup. Tu es fan et tu t’es assoupi ? Arg, ça n’augure pas du bon. :S

  3. Etre prévenu, atténue la déception. Rien de pire que d’aller voir un film dont on attend beaucoup pour s’apercevoir que c’était mieux dans son imagination. Ici, dur de ne pas s’emporter à rêver le film avant de le voir.

    Pourquoi revoir le dessin animé avant? Je préfère ne pas comparer et éviter l’effet déjà vu.

    La dernière image et le synopsis me font craindre un scénario orienté combat des gentils contre les méchants avec une Alice qui se prend pour Jeanne d’arc en armure. J’espère que c’est pas trop ça ?
    Vraiment dommage que Disney l’emporte sur Burton.

    J’ai hâte d’entrer dans cette univers merveilleux!
    Merci pour cette critique superbement écrite.

  4. Merci pour cette super critique.
    Je serais tout de même présent dans une salle obscure pour assiter à une projo 😀
    Je suis fan … que voulez vous 🙂

  5. Et vous avez raison de vouloir aller le voir, je vous y encourage : c’est du Tim Burton décevant, mais ça reste un film fantaisy de qualité, à voir absolument au cinéma.
    Si je conseille de voir le dessin animé avant, c’est aussi que le Alice 2010 est la suite du film d’animation de 1951, c’est mieux de l’avoir en tête pour mieux comprendre les (rares) enjeux de la suite. Et ça reste toujours un grand plaisir de revoir ce dessin animé qui ne vieilli absolument pas… Il n’y aura pas beaucoup d’impression de déjà-vu entre les deux oeuvres, pas d’inquiétude là-dessus 🙂

  6. C’est marrant mais cette critique est celle que je m’attendais à lire, seulement en ayant vu la bande annonce. Burton apporte sa patte a un pré-mix fait par disney, alors qu’un Alice, au pays de Beetlejuice, aurait comme vous le dites, été carrément plus osé. A quand le vrai retour de Tim Burton ?

  7. Et moi qui trépigne depuis des mois et des mois et encore d’autre mois pour ce film, qui ai choisit de na pas voir les extrait ou les bandes annonces (sauf une, la première apparue) pour avoir une grande surprise.
    Bon cet article ne m’empêchera pas d’aller voir Alice in wonderland à la sortie des cours le 24 mais bon…
    Je redoutais justement que l’on prenne trop ce caractère disney pour ados… J’m’en fiche, je suis une adolescente qui adore Burton et Alice au pays des merveilles, je suis la proie idéale pour ce genre de film et j’espère qu’il m’enchantera, enfin, ça m’étonnerait que je m’assoupisse, je ne le fais jamais dans une salle de ciné, même devant Transformers 2… c’est pour dire !

  8. Ce n’est pas la première critique qui parle d’un film un peu décevant que je lis…
    J’avoue que j’attendais beaucoup de ce film, et j’appréhende maintenant de le voir.
    Enfin bon, ca ne peut pas être horrible non plus 🙂

  9. J’attendais ce film avec impatience, Alice au pays des merveilles étant un de mes Walt Disney préférés et Tim Burton un réalisateur que j’ai souvent apprécié. J’ai été très très déçu. Ni les fans du livre/dessin animé ni les fans de Tim Burton ne seront comblés.

  10. Au lendemain de l’avant-première je doit malheureusement admettre que ce film est une déception, j’ai pourtant cherché tout au long du film des éléments enchanteurs auxquels me raccrocher, mais je n’ai pas trouvé ! Je suis resté sur ma faim le film est plat et on ne s’attarde que trop peu sur l’histoire personnelle de chaque protagonistes, comme il est souligné dans la critique, Alice semble s’ennuyer a mourir dans ce monde qu’elle retrouve; on la sent blasée d’être là … et le côté « gueguerre » a la fin ne m’a pas séduit du tout.
    Néanmoins ce film reste un petit bijoux, je dirais même une petite merveille d’un point de vue esthetique, des couleurs chatoyantes des décors riches et somptueux, et des effets spéciaux dignes des plus grands.
    Si je peux donner un conseil, ce film n’est pas à voir en 3D, en effet, le lunettes assombrissent énormément l’image et ne permettent pas de profiter pleinement de sa beauté.

    Pour conclure je dirai que Tim Burton a bel et bien été bridé pour ce film et l’on aurait sans doute dit oui a un peu plus de fantaisie.
    Pour ma part quelques chansons auraient été fort appréciables ainsi qu’une partie de croquet un peu plus détaillée !

    Parce que c’est Tim Burton et Alice, je donnerai 7.5/10 à ce film que j’attend depuis plus de deux ans ; en espérant que Burton nous surprendra d’avantage avec sa prochaine oeuvre

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