Critique du film Une Nuit au Cirque 3D

affiche Une nuit au cirque 3D

Le mois dernier, une étrange invitation nous avait été envoyée : assister à la projection du film Une nuit au cirque 3D d’Olivier Kauffer et Fabien Remblier (sortie en salle ce mercredi 26 mai), au Cirque d’Hiver.

N’étant pas particulièrement amateurs sur Filmgeek du cirque traditionnel, nous n’attendions rien du film lui-même, présenté comme une captation 3D du 18ème Festival du Cirque de Massy. Rien de bien enthousiasmant à première vue.

1ème surprise de cette soirée : reconnaître physiquement (et un peu honteusement) l’un des co-réalisateurs, Fabien Remblier, qui jouait Jérôme dans Premiers Baisers, le sitcom d’AB productions.

2ème surprise, et de taille cette fois-ci : le film en lui-même. Oui bon, rien de révolutionnaire là dessous non plus. On a l’impression de voir la retransmission d’un spectacle de cirque du dimanche après-midi sur France 3, mais en 3D. Dès les premières minutes, on commence sérieusement à se demander pourquoi on est là. On est littéralement plongé dans le kitch, dans les paillettes et les projecteurs, sans aucun point de vue, sans réelle émotion. Et puis au fil des numéros, on se prête au jeu, on se surprend à sourire au numéro des clowns, à sursauter de frayeur lorsque qu’une jeune acrobate rate son saut à la barre russe, à retenir sa respiration pendant les numéros aériens, à se laisser émerveiller par la beauté des fauves et des… contorsionnistes. Le film s’achève dans une sorte d’apothéose avec un superbe numéro de cirque de création de la troupe des Mummies.

Et puis, on enlève ses lunettes et on se dit qu’on a plutôt passé une bonne soirée, malgré tous les vilains préjugés que nous avions avant de voir le film.

Le potentiel filmique et spectaculaire est là, avec une 3D qui peut être intéressante pour ce genre de traitement. Un « vrai » film sur le cirque, du genre Sous le plus grand chapiteau du monde, avec un scénario, un regard critique, une mise en scène, serait somme toute le bienvenu. Ça tombe bien, les réalisateurs ont promis qu’ils travaillaient sur une « suite », qui posséderait une véritable orientation discursive. Bon, n’est pas Cecil B.Demille qui veut non plus… En tout cas, attendez-vous à voir dans les années à venir d’autres films en 3D sur le thème du cirque, de tout genre et de tout horizon possible. Cirque du Soleil, Cirque de Pékin, etc. Les possibilités (esthétiques, techniques, et surtout financières) sont grandes et le public plutôt friand des shows de ces super-productions du spectacle.

Malgré tout, même si j’ai trouvé cette expérience intéressante, il reste que le (bon) cirque est avant tout un spectacle vivant qui s’apprécie en « live » et dans un chapiteau. Finalement, ce film est surtout une expérience technique, mais aussi commerciale, qui fera très certainement le bonheur des enfants des propriétaires de téléviseurs 3D relief, quand il sortira en blu-ray à Noël…

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