Critique du film L’Agence tous risques et résumé de la conférence de presse

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L’histoire : Quatre hommes, hyper qualifiés et autrefois membres respectés d’une unité d’élite de l’armée, sont chargés d’une mission classée top-secret destinée à les piéger, et qui les conduit en prison pour un crime qu’ils n’ont pas commis. Mais la somme de leurs talents leur permet une évasion sans accroc. Devenus des rebelles, ils décident de blanchir leurs noms et de retrouver les vrais coupables.

Alors, oui, j’avoue : je n’avais pas envie de voir L’Agence tous risques. Pourquoi ?

–       Parce que la série était certes amusante et bien foutue, mais bon, y’en a un peu marre de ces adaptations à tout va. Sex and the City 2 faisant encore du carnage en salle.

–       Parce que la bande-annonce ne m’annonçait rien qui vaille, genre film à la sauce blockbuster estival parfum testostérone et vide comme un cornet de glace. Un peu comme GI Joe l’année dernière.

Finalement, Florian m’a convaincue de me bouger à la projection parce qu’elle était suivie d’une conférence de presse avec les acteurs du film. Et que voir Liam Neeson, ça n’arrive pas tous les jours.

En soupirant et en grognant, je me lance donc dans ce plan supposé être « sans accroc ». Et l’aventure commence. Et me coupe le souffle. Waouh, franchement ça décoiffe, et la (longue) séquence d’intro est simplement exceptionnelle de rythme, d’action, de style, d’humour. Le ton est posé, chaque personnage prenant sa place avec succès, et finalement c’est avec plaisir qu’on retrouve toute cette nouvelle A-team.

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Hannibal est joué par un Liam Neeson toujours aussi simple et efficace, le cigare et la teinte poivre et sel lui allant plutôt bien ; Futé, incarné par Bradley Cooper est à la fois charmant (voire carrément sexy, histoire d’attirer le chaland féminin –oups, encore une réflexion hétéro-normée qui m’échappe –  ^^ ) et étonnant de maturité ; Quinton « Rampage » Jackson, malgré sa carrure de free fighter, est moins impressionnant que Mister T en Barracuda, mais il apporte à l’équipe un souffle naïf et une dynamique emplie de tendresse plutôt intéressante ; et… Looping. Ah, Looping. C’est LE personnage culte et Sharlto Copley, héros déjà génial de District 9 l’occupe avec une énergie et une dévotion irrésistible : éclats de rire assurés, on en redemanderait presque.

The A-Team

Et pour les petits nouveaux, comme Jessica Biel ou Patrick Wilson (qu’on avait déjà rencontré pour The Watchmen), ils arrivent à tenir correctement la route, mention spéciale à la « Biel » (hou jeu de mot trop pourri) qui apporte non seulement une touche gracieuse et féminine dans ce monde viril, mais dont le rôle dépasse cette simple figuration : une implication militaire (la Défense américaine s’en prend plein la tête en passant, on sent qu’on a dépassé et enterré l’ère Bushienne) renforçant la trame narrative et une ancienne implication sentimentale avec ce brave Futé, donnant lieu à des réparties verbales réjouissantes.

The A-Team

On rigole donc beaucoup devant ce film, autant pour le bagou dont fait preuve cette équipe, mais aussi pour la totale démesure des situations dans lesquels ils se retrouvent. Frôlant parfois le grotesque, l’atteignant malheureusement lors d’une des séquences finales, L’Agence tous risques alterne avec grosses explosions, fusillades spectaculaires, et courses poursuites, souvent les 3 à la fois, surtout quand ça a lieu dans les airs (comme par exemple cette séquence -déjà culte- du tank qui vole au dessus d’un lac allemand). Finalement on arrive à se demander où les scénaristes vont chercher tout ça ?  La première fois que j’avais ressenti ça, c’était devant 2012, où cette démesure qui s’étalait devant mes yeux me faisait férocement réfléchir au pourquoi de la chose, alors que je me cachais, très mal à l’aise, au fond de mon fauteuil, priant pour que le film se termine au plus vite. Devant L’Agence tous risques, au contraire, de cette avalanche de pixels et de pyrotechnie surgit dès les premières minutes un 2nd degré euphorisant avec une écriture intelligente et une mise en scène soignée dans le cadre d’une production de la sorte. Un peu comme avec McTiernan à la grande époque.

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Le réalisateur a pris soin de parfaire chaque détail de son film, s’autorisant même pour certains plans une stylisation plastique intéressante. La patte et les points de vue artistique de Joe Carnahan (le réalisateur et scénariste) et Brian Bloom (le scénariste qui joue aussi l’un des méchants Pike, l’homme au sourcil fou) se ressentent, autant dans les choix visuels que dans la narration imposante : une construction scénaristique complètement éclatée, des enjeux politiques où se mêlent conflit irakien et haute finance, les ressentiments des 4 de l’Agence quand ils ont été trahis et mis en prison. Le spectateur se doit de suivre et d’analyser les ressorts dramatiques (bon rassurez-vous quand même, y’en a pas des masses non plus) pour comprendre les choix des héros et éventuellement, tenter d’anticiper les actions à venir. Finalement, le spectateur c’est peut-être le 5ème gars de l’équipe, mais avec un pot de pop-corn dans la main. N’empêche qu’on évite pas certains clichés et que la séquence d’action finale en fait beaucoup trop, malheureusement.

Donc, pour résumer, L’Agence tous risques, c’est un film pop-corn potache, où l’on en prend plein les yeux et où on n’est pas prit pour un con (ah tiens, j’ai d’ailleurs oublié de souligner que les frères Scott – non pas ceux du feuilleton – Tony et Ridley, sont ici producteurs). L’esprit « cartoonesque » est fidèle à la série d’origine et les acteurs semblent s’y être amusés autant que nous à les regarder. Pour les fans de la série originale, attendez bien la fin du générique pour une petite surprise bonus !

Ce qui nous emmène à la deuxième partie de cet article : la rencontre avec les acteurs ! Je vous fais un résumé de ce qui a été dit dans la suite 🙂

Tout d’abord, leur arrivée à la conférence de presse :

Ils ont ensuite commencé sur des questions concernant les « risques » sur le tournage.

Pour Liam Neeson, le plus grand risque était de faire équipe avec des acteurs qui ne se connaissaient absolument pas entre eux, pour l’adaptation d’une série déjà culte avec un gros budget derrière. C’était aussi un risque car il a arrêté de fumer depuis longtemps, et de passer le tournage avec un cigare aux lèvres pouvait être parfois très difficile !

the A team (7 sur 15)

Pour Bradley Cooper, le risque était que les personnages ne soient pas crédibles car dans une adaptation, il faut forcément faire des changements et donc, prendre le risque d’oser « créer » des nouveaux personnages, ou en tout cas qui ne correspondent pas forcément à ceux de la série TV.

(Bradley qui m’offre un joli regard empli de… jetlag)

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Sharlto Copley quant à lui, voulait jouer le rôle de Murdock (Looping) le plus proche possible de la série, tout en ne voulant pas « copier » Dwight Schultz.

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Pour Quinton « Rampage » Jackson, le plus grand risque était d’arrêter sa carrière de lutteur de combat libre. Il avait un match important pendant le tournage et ne voulait pas décevoir sa propre « team ». Mais il savait que beaucoup d’autres de ses collègues convoitaient le rôle, il a décidé de saisir sa chance et a même failli se battre avec un de ses concurrents pour le garder ! D’autres projets de films se présentent à lui maintenant, mais il souhaite continuer encore le combat libre. Il aimerait trouver un équilibre entre ses deux activités.

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Pour Jessica Biel, le défi était de créer un personnage féminin venant du milieu militaire et que les hommes respectent tout en restant féminine.

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Ils ont tous eu de nombreux entrainements avant le début du tournage, avec un maitre d’armes : cet entrainement a rapproché les acteurs et les faire devenir complices : cela se voit d’ailleurs à l’écran. Liam Neeson a avoué qu’il avait peur des armes [dit le maitre Jedi et celui qui a eu le rôle d’Hannibal grâce à sa prestation dans Taken…] et que cet entrainement avait été bénéfique à tous.

Beaucoup de scènes ont été tournées mais n’ont pas été montées dans le film [chouette, ça annonce une édition dvd/bluray intéressante]. Elles concernent surtout la relation entre Hannibal et Futé, et ces scènes ont aussi su renforcer la cohésion entre les acteurs [c’est vrai que le duo Liam Neeson et Bradley Cooper fonctionne très bien à l’écran].

Liam Neeson a aussi avoué qu’il n’avait jamais été fan de la série originale, contrairement à Quinton « Rampage » Jackson et Sharlto Copley qui ont souvent parié pour savoir qui était le plus grand fan de la série sur Terre entre eux deux. Rampage a alors compris qu’il ne pourrait pas battre Sharlto Copley : en effet, celui-ci connaît la série par cœur, possède tout un tas de gadgets et c’était pour lui un grand honneur de pouvoir jouer dans le film. Il a pu rencontrer Dwight Schultz pour lui parler de sa conception du rôle, il était important pour Copley que Schultz approuve ses choix pour le nouveau personnage. Copley nous a précisé que c’était cet acteur et cette série qu’il lui avait donné envie d’être comédien. Rampage quant à lui regrette énormément de n’avoir pas pu rencontrer Mister T… Il a un grand attachement à la série, qu’il regardait enfant avec son père et ses frères, avant que ses parents ne se séparent : cela n’évoque pour lui que des moments agréables de son enfance.

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Concernant le travail d’interprétation, Liam a expliqué, qu’il avait gardé quelques références par hommage à la série, mais qu’il s’est investi du personnage selon sa propre expérience : ça n’a pas fait de grande différence de travail du jeu par rapport à ses autres films. Rampage a fait un gros travail pour rester lui-même et ne pas être un « double » de Mister T, auquel le personnage de Barracuda est tellement attaché. Bradley Cooper a souligné aussi la force que Rampage a mis dans son interprétation pour parvenir à trouver « son » personnage : il semble particulièrement fier du travail de son collègue.

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Enfin, je vous propose une dernière vidéo, montrant la dernière question qui leur a été posée : chanter le générique de The A-Team !

D’autres photos dans la gallerie ci-dessous :

Caro

0 réflexion sur « Critique du film L’Agence tous risques et résumé de la conférence de presse »

  1. Caro, tu m’as convaincue!

    Spéciale mention à ta très belle photo de Bradley Cooper (je suis jalouse).

    En tout cas, en regardant les vidéos, l’ambiance avait l’air cool et détendue.

    Je t’envie!

  2. Merci pour ce bel article et les chouettes photos/vidéos !

    Je sais pas qui parle pour l’introduction de l’équipe, mais c’est ridicule. Faudra lui dire de regarder comment ça se passe aux States histoire de pas passer pour des guignols…

  3. @Armand: Ah, bah pour la présentation des acteurs, c’est la même nana que d’habitude qui fait toutes les conférences de presse, et elle est IN-SU-POR-TABLE !!! :$

  4. Merci Florian de l’article !

    Je viens de le voir, je suis ressorti soulagé parce que j’avais peur que le film ne soit pas à la hauteur de la série. Et, j’ai été agréablement surpris, l’humour de cette team spéciale était là, j’ai adoré comment Barracuda et Murdock se prennent la tête. Le charme de Futé n’est pas mal non plus, toujours à se foutre dans le pétrin mais le coup de génie qu’il a eu à la fin, offre au film un sacré divertissement digne des années John McTiernan.

    Alors que les femmes ont craqué sur Futé, j’ai craqué sur Jessica Biel absolument envoutante et sublime. Un plan sans accro avec un mélange d’adrénaline, d’action, de cascade, de pyrotechnie et une musique qui cartonne.

  5. J’ai eu la même réaction que toi. Et je ne regrette pas d’être allée voir le film. C’était super. Un peu moins convaincue par Biel que je trouve pas très bien.

  6. Je suis enfin allé le voir hier soir et pour ma part j’ai trouvé ça très moyen. Scènes d’actions too much et pas vraiment convaincantes ni impressionnantes. Rampage manque de charisme et Futé est beaucoup trop « fort » comparé à la série. Quand à Biel, elle fait quand même la potiche de luxe.

    On est très très loin d’un Mc Tiernan, il suffit de revoir Predators ou Piège de Christal pour s’en convaincre. Reste Sharlto Copley, qui m’a bien fait marrer dans ses parodies d’Avatar et Braveheart.

    Un film d’action mineur, nettement moins convaincnant que l’excellent Smokin Aces (2007) du même Carnahan.

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