[EDIT] Le scénario du film The Social Network de David Fincher

the social network poster

GigaOM, gros blog US se vante d’avoir récupéré le script de The Social Network, le prochain film de David Fincher, scénario sur la création de Facebook écrit par Aaron Sorkin (La Guerre selon Charlie Wilson et surtout la série The West Wing).

Le script viendrait, selon eux, directement d’une source travaillant dans l’industrie du cinéma et dans leur grande mansuétude, ils nous en livrent un extrait de SIX pages, tout en ne manquant pas de nous décrire le reste.

La vérité est qu’il s’agit d’un des premiers traitements d’Aaron Sorkin, datant du 28 mai 2009, faisant 162 pages et qu’il n’y a pas de raison que vous ne le lisiez pas non plus.

Voici donc le scénario dans son intégralité. Je ne l’ai pas encore lu (je me le garde pour lire au bord de la piscine), mais l’extrait de 6 pages correspond parfaitement, ce qui tend à confirmer que le script est authentique, après c’est à vous de juger !

[EDIT] Après la demande expresse de Sony Pictures, nous avons retiré le script de l’article.

Critique du film Night and Day et résumé de la rencontre avec Tom Cruise et Cameron Diaz à Bordeaux

aff night and day

Résumé : Lorsque June rencontre Roy, elle croit que le destin lui sourit enfin et qu’elle a trouvé l’homme de ses rêves. Pourtant, très vite, elle le suspecte d’être un espion et le cauchemar commence. Elle se retrouve traquée avec lui dans une course poursuite à travers la planète qui ne leur laisse aucun répit. Leur vie ne tient qu’à un fil et le danger est partout. Pour avoir une chance de s’en sortir, June et Roy doivent se faire confiance au point de se confier leurs vies. Mais est-ce bien raisonnable ?

Critique : Night and Day, dans lequel résonne le titre original (bien plus convaincant) Knight and Day, est un film estival : sea, sex and sun, mais surtout glamour, action, comédie. Bref, les codes bien rodés d’un film fabriqué pour faire profiter des salles climatisées au plus grand nombre, et où chacun pourra trouver ce qu’il recherche dans les blockbusters : de l’humour, de l’amour, des flingues et des cascades. Et des paysages pittoresques : car l’intrigue est un beau prétexte pour faire parcourir le monde aux deux héros.

night and day tom cruise cameron diaz seville

Mélange savamment dosé de James Bond, de Mission Impossible, de la trilogie Bourne et d’autres à la Mr and Mrs Smith, Night and Day frôle souvent la parodie, déjouant les clichés dont il est lui-même le résultat : c’est donc un film parfois ambigu qui est proposé ici. Sorte de best-of des films grand public qui s’amusent à jouer avec les genres, il tente pourtant, avec parfois une certaine réussite, à évoquer une impression d’originalité rafraichissante. Mais finalement, à vouloir se complaire dans le plus grand mélange des genres et à ne pas se précipiter entièrement dans la parodie (ou du moins dans le total second degré), le film reste le cul entre deux fauteuils (de cinéma) et subit inévitablement une baisse de rythme flagrante, les spectateurs éprouvant un manque de souffle tout comme les deux héros, aux 2/3 de l’histoire.

night and day tom cruise cameron diaz flingue

Les deux héros d’ailleurs, parlons-en un peu : glamour, sexy, drôle : ce film parait comme le second souffle de carrière de Cameron Diaz et de Tom Cruise, ce même souffle qui pourrait rallumer les nouveaux projets et surtout une nouvelle image chez ces comédiens en totale perte de vitesse : l’âge pour la première, la scientologie pour le second. Malheureusement, le film arrive bien 10 ans trop tard pour eux. Car même si Cameron Diaz est très drôle et charmante, n’importe quelle actrice d’Hollywood aurait pu tenir le rôle. Quant à Cruise, le film a clairement été réalisé pour lui et uniquement lui. Entièrement calibré autour de son seul sourire et de son brushing impeccable, le rôle est à sa (dé)mesure et centré principalement sur le sex-appeal qui dégage encore. Et le public (ou en tout cas le critique) n’est pas dupe.

night and day tom cruise cameron diaz bikini

Monsieur Cruise souhaite se racheter une nouvelle image ici, souhaitant convaincre les spectateurs que les dernières années de propagande sectaire et de frasques familiales n’ont altérées en rien sur ce qui a toujours fait son succès d’acteur : du charme et même plus, du charisme, dont il use et abuse ici et dans lequel peuvent se plaire autant les spectateurs que les spectatrices. Finalement, son rôle dans Night and Day complète celui de Les Grossman, qu’il tient depuis Tonnerre sous les tropiques : Tom veut montrer une autre facette de lui-même, plus légère, mais aussi plus distante de tout ce qu’il pu révéler de sa vie privée ces dernières années.

Night and Day n’est probablement pas un film qui marquera l’histoire du cinéma, mais sans bouder son plaisir, il permet de passer un moment agréable, et surprenant même par quelques ressorts scénaristiques singuliers et une mise en scène qui ne manque pas de piquant. Rappelons quand même que derrière tout ça, c’est le réalisateur James Mangold (3h10 pour Yuma, Walk The Line ou Identity) qui tient les commandes.

night and day tom cruise cameron diaz moto

Conférence de presse et tapis rouge : Venons-en à présent à la journée bordelaise du 23 juillet, où un joyeux bordel a été organisé, entre la conférence de presse du film dans le vignoble Smith Haut-Lafitte (magnifique endroit), l’arrivée du Tour de France et le tapis rouge de la projection en avant-première du film pour l’inauguration de cinéma CGR Le Français, nouvellement refait. Fimgeek avait été invité pour cette journée pas banale par la Fox (merci à la Fox !), tout frais compris, avec aller-retour en jet dans la journée et buffet au Régent (grand luxe les amis, Filmgeek pourrait y prendre goût ^^).

La conférence de presse fut sympathique, avec les deux acteurs plutôt proches des journalistes, répondant avec entrain et passion aux questions. Mais questions et réponses étaient finalement très conventionnelles (le traditionnel « ce tournage fut une expérience passionnante », ils ont adoré le mélange des genres et faire les cascades, ils ont aimé rejoué ensemble depuis Vanilla Sky, sans oublier le Tour de France qui était un rêve de gosse pour Tom Cruise, etc.). Aucune question qui fâche ne fut donc proposée et Cruise n’aborda pas de lui-même la scientologie. Il a surtout insisté sur le fait que les médias s’étaient toujours fait une mauvaise opinion de lui et que la perception que les gens avait de lui était très différente de la réalité (je n’apporterai pas de jugement, je ne rapporte que ses propos) : son but est simplement de faire des films et de divertir les gens. Vous pouvez voir ci-dessous la vidéo de la conférence de presse :


Conférence de Presse Night and Day

Et quelques-unes des photos que j’y ai prises, dont quelques photos « lol » (comme quoi un bon placement d’affiche derrière les acteurs est toujours important) :

Night and Day (1 sur 27) Night and Day (2 sur 27) Night and Day (3 sur 27)
Night and Day (4 sur 27) Night and Day (5 sur 27) Night and Day (6 sur 27)
Night and Day (7 sur 27) Night and Day (8 sur 27) Night and Day (9 sur 27)
Night and Day (10 sur 27) Night and Day (11 sur 27) Night and Day (12 sur 27)
Night and Day (13 sur 27) Night and Day (14 sur 27) Night and Day (15 sur 27)
Night and Day (16 sur 27) Night and Day (17 sur 27) Night and Day (18 sur 27)

Même si Cruise se défend de la mauvaise image qui lui colle à la peau, celle-ci reste tenace, comme le prouve cette anecdote que j’ai subi à Bordeaux, devant le l’hôtel du Régent, entre la conférence de presse et le tapis rouge, alors que je discutais avec d’autres journalistes : une femme à vélo s’est arrêtée pour nous agresser violemment sur le fait que nous nous intéressions à un scientologue et que la scientologie était une secte (sans blague ?!). Que répondre ? Rien sur le coup (la surprise passée, la cycliste était déjà repartie), mais en y réfléchissant ensuite, Tom Cruise a marqué le cinéma depuis les années 80, et tout comme John Travolta, il continue d’avoir des projets et ses opinions ne l’ont pas rendu mauvais acteur (quoique Travolta…). Doit-on se désintéresser des acteurs scientologues parce qu’ils sont scientologues, alors qu’aux USA ce n’est pas considéré comme une secte ? Je ne sais pas, j’aurai peut-être pensé oui à une époque. Même si je n’ai jamais été une fan de Tom Cruise, il reste d’une certaine façon une légende, une icône d’Hollywood, avec ses qualités et ses défauts… En le regardant attentivement lors de la conf de presse et du tapis rouge, il apparaissait soit honnête et professionnel, soit perdu comme un petit garçon, soit calculateur avec un sourire carnassier, le tout parfois en quelques secondes d’intervalle. C’est un acteur mais surtout une personnalité ambivalente, qui continuera très certainement à faire parler de lui encore longtemps. Il aime les fans en tout cas, qui le lui rendent bien et « re dorage » d’image oblige, il est très disponible pour les journalistes.

Le tapis rouge était une expérience plutôt curieuse et un peu folle : j’étais coincée avec plusieurs dizaine de journalistes dans un espace plus que restreint, entre une rangée de caméras, des piliers et des barrières, impossible de bouger d’un espace de 30 cm² pendant deux heures, juste pour obtenir 2 minutes d’échange verbal avec les acteurs : j’ai fait des vidéos pour que vous vous en rendiez compte, mais avec un son de très mauvaise qualité malheureusement (on va essayer d’y remédier rapidement avec la vidéo de Tom Cruise). Un merci particulier à Sabine de France 3, (la masse de cheveux blonds qui mange la moitié de l’image sur la vidéo de Cameron, et qui est beaucoup mieux placée pour celle de Tom)  qui s’est occupée de poser les questions pour notre petit groupe de journalistes un peu intimidés par toute cette folie, et qui nous a bien fait rire avec toute son expérience et ses potins :


Tapis Rouge de Night and Day avec Cameron Diaz à Bordeaux



Tapis Rouge de Night and Day avec Tom Cruise à Bordeaux

Et encore quelques photos depuis le tapis rouge :

Night and Day (19 sur 27) Night and Day (20 sur 27) Night and Day (21 sur 27)
Night and Day (22 sur 27) Night and Day (23 sur 27) Night and Day (24 sur 27)
Night and Day (25 sur 27) Night and Day (26 sur 27) Night and Day (27 sur 27)

Et sinon, rien à voir avec Tom Cruise et Cameron Diaz, mais tout aussi important : lors de cette journée bordelaise (la première fois que je mettais les pieds dans cette belle ville), j’ai tout de même pu passer du temps avec mon pote Stephen (Raoul Duke pour les intimes du forum cinéma RNZ), qui m’a fait visiter la ville et SURTOUT l’incroyable cinéma dans lequel il bosse : L’UTOPIA. Amis bordelais ou de passage dans cette région, courrez-y, c’est le plus beau cinéma que j’ai jamais vu. Et la programmation est à tomber !

Caro

[Jeu Vidéo] De Starcraft 2 à DC Universe Online, cinématiques en stock

Depuis quelques semaines, les cinématiques de jeux vidéo toutes plus impressionnantes les unes que les autres sont diffusées.

Nous vous avions déjà fait un article sur celles de l’E3 consacrées à Star Wars, en voici une nouvelle sélection, dont deux nouveautés, qui n’ont rien à envier aux films d’animation de cinéma : tout y est, de l’action à l’émotion, la frontière entre les deux arts est de plus en plus mince.

Voici la plus récente : Starcraft 2 – Wings of Liberty, la suite tant attendue du RTS de Blizzard. Comme d’habitude pour le studio, ils ont mis le paquet dans la cinématique et on n’ose imaginer le résultat sur grand écran pendant 2h.

Ensuite, on change de registre et on passe dans le super-héros avec ce que qui servira certainement de cinématique d’intro de DC Universe Online, le MMORPG de SOE qui veut frapper très fort.

La vidéo suivant est plus ancienne puisque datant de l’E3 mais s’intègre parfaitement dans cette sélection. Cette cinématique de Deux Ex 3 Human Revolution ne cache pas ces inspirations mais parvient à se forger sa propre identité.

Enfin, pour boucler la boucle, voici la dernière bande-annonce de Tron : L’Héritage, la suite du film culte, qui pioche allègrement dans l’univers du jeu vidéo qui s’inspire lui-même du cinéma qui…

Tuesday´s US Box Office Report S02E04

Eh oui, c’est les vacances, mais FilmGeek vous tient tout de même au courant de la vie du marché américain. Quelle conscience professionnelle !
Au menu de cette édition, l’entrée réussie d’Inception, le gros plantage de l’Apprenti Sorcier et les vies lucratives des 3: Toy Story 3 et Twilight 3.

box-office

Continuer la lecture de « Tuesday´s US Box Office Report S02E04 »

INCEPTION – Rencontre avec les acteurs du film

Grâce à Allociné et à la Warner, j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer cinq des acteurs du film Inception de Christopher Nolan : Ellen Page, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Joseph Gordon-Levitt et Tom Hardy.

Ce fut 30 minutes de plaisir, partagé avec mes camarades blogueurs ciné, pour une rencontre exceptionnelle qui restera graver dans ma mémoire.



Plus que deux jours à patienter, en attendant, vous pouvez aussi retrouver sur Filmgeek les impressions de Max sur la projection du film en Imax, toutes mes photos de la conférence de presse, ainsi que la vidéo intégrale et enfin The Cobol Job, la bande-dessinée d’Inception dont l’action se déroule avant le début du film.

INCEPTION en IMAX

affiche-inception

Inception, nouveau film de Christopher Nolan : voilà 6 mots qui pour beaucoup de personnes donnent une très grande envie de rentrer dans une salle de cinéma et moi le premier.

N’étant pas fan des critiques, je vais vous livrer rapidement mes sentiments sur le film puis vous parler de la nouvelle salle IMAX du Pathé Quai d’Ivry à Paris.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vécu d’expérience cinématographique aussi intense au cinéma : certes il y a eu Avatar en 2009, mais avec Inception, on retrouve 11 ans après, le choc que nous a fait Matrix. Et même au-delà : scénario original, bien conçu et bien expliqué, de l’action bien dosée (qui par moment m’a fait pensé à du Michael Mann). A cela un casting aux petits oignions, même si je me demande pourquoi notre chère Marion nationale à autant de succès à Hollywood, alors qu’à chaque fois que je la vois sur un écran je me demande si elle n’est pas juste joli…

On ressort avec les interrogations qui auront une part (certainement pas complète) de réponses lors d’un second visionnage, mais on ressort content et sans avoir l’impression de s’être fait rouler dans la farine.

Ce qui n’est pas le cas de la salle IMAX au Pathé quai d’Ivry… Je m’explique.

J’avais découvert l’expérience IMAX il y a déjà deux ans avec The Dark Night, au Gaumont Disney Village. Et ce fût l’une des plus grosses claques que j’ai eu au cinéma : le film étant déjà d’une grande qualité, les séquences tournées au format IMAX rendaient une impression d’immersion inégalable ,le tout servi par une qualité de son et d’image extra. La pellicule montrait alors tout son potentiel et sa supériorité par rapport au numérique.

Bon maintenant, aller au Disney Village pour voir un film en IMAX, vu le coût global de la sortie le film, ça avait intérêt à valoir le coup. Mais depuis juillet, au Pathé Quai d’Ivry, s’est ouverte la deuxième salle IMAX de la Région Parisienne, et ce de l’autre côté du périph. Très bonne initiative à deux bémols prêts :

  • la nouvelle salle est nettement plus petite que celle de Disney. Bon il était difficile d’avoir une salle aussi grande tant l’écran de Disney est énorme (surface de deux terrains tennis), on perd quand-même l’intéret d’avoir une écran géant ;
  • les projecteurs sont numériques (2K = 2048 x 1080 pixels) et non pas argentique. Pourquoi est-ce un problème ? Sur un écran grand comme celui d’un IMAX, avec un projecteur numérique 2K et bien ça pixélise. On perd la netteté et la grande qualité d’image qu’un projecteur IMAX argentique (70mm au lieu d’un projo 35mm classique) proposait et donc tout son interêt.

Donc payer un place de ciné plus cher car IMAX, et avoir une qualité d’image plus faible que dans une salle numérique “classique”, je trouve ça injustifié à part pour la qualité de son car à mon avis avec cette nouvelle salle et le Max Linder il s’agit du meilleur son qu’on puisse trouver sur Paris.

Donc l’expérience Inception oui, courrez-y. En IMAX ? Oui, si vous avez des réductions (comme l’opération d’allociné avec 5€ de moins, jusqu’à fin août). Sinon, je vous déconseille d’autant plus qu’aucune séquence n’est tournée au format IMAX.

P.S. : à noter que la salle IMAX de Disney est elle aussi passée en numérique, donc on ne peut même plus aller s’y refugier 😡

Pour en savoir plus sur le format IMAX, allez lire cet article de Hyacinthe.

Max

INCEPTION – Preview Comic : The Cobol Job

Avant la sortie du film ou des avant-premières de ce soir, découvrez ce qui se passe avant le début du film évènement de cet été avec The Cobol Job, l’introduction en comic-book du film INCEPTION de Christopher Nolan et avec Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Michael Caine, Joseph Gordon-Levitt et Tom Hardy.

Critique du film L’Autre Monde et rencontre avec le réalisateur Gilles Marchand

Aujourd’hui sort le deuxième film de Gilles Marchand, L’Autre Monde, sept ans après Qui a tué Bambi  ?, son premier film.

l autre monde

Synopsis : C’est l’été dans le sud de la France. Gaspard (Grégoire Leprince-Ringuet ) est un adolescent heureux qui partage son temps avec ses amis et sa copine, Marion. Mais Gaspard va rencontrer Audrey et sa vie va basculer. Car Audrey (Louise Bourgoin) est belle, sombre et double. Sur un jeu en réseau elle se fait appeler Sam et cherche un partenaire pour mourir. Pour tenter de l’approcher, Gaspard se crée lui aussi un avatar, Gordon, et part la retrouver dans Black Hole.

black hole

L’autre Monde a pour sujet l’adolescence, le désir, la féminité, les univers virtuels sociaux, le suicide : ce mélange atypique sur le papier prend vie de façon parfois maladroite à l’écran mais n’enlève rien à l’originalité de ce film, qui oscille entre les amours adolescentes du Conte d’Eté de Rohmer et le fantasme de la femme fatale de certains films noirs d’Hitchcock ou Lang. Sans prétention aucune, Gilles Marchand propose dans ce récit une structure narrative simple s’inscrivant dans un cadre plus complexe, et finalement, plutôt ambitieux pour la famille de ce cinéma français plutôt intimiste à laquelle il appartient (rappelons qu’il est l’ami et le co-scénariste de cinéastes comme Dominik Moll –qui a co-scénarisé d’ailleurs L’Autre Monde- Laurent Cantet ou encore Cédric Kahn, et qu’ils ont fait la FEMIS ensemble).

poupaud bourgoin

Outre son intérêt scénaristique, le film propose de belles compositions d’acteurs, Louise Bourgoin en tête, débordante de charme et de mystère et dont le jeu troublant est renforcé par la présence de Melvil Poupaud. Celui-ci bénéficie d’un rôle ambigu, peut-être trop peu exploité au long du film, malgré son ampleur dramatique et ténébreuse majeure qui contraste avec le personnage de Grégoire Leprince-Ringuet. Ce dernier, que l’on voit quasiment à chaque plan, dégage pour le rôle de Gaspard une personnalité d’une grande justesse, oscillant entre la force mature de l’homme adulte et les faiblesses du jeune garçon qui peine à quitter ses illusions naïves du monde des « grands ».

Les défauts du film résident essentiellement dans la mise en scène, hésitante et manquant souvent de cohésion. Le monde virtuel, Black Hole, repose sur des clichés de représentation, s’appuyant surtout sur des fantasmes des univers virtuels, gothiques et sadomasochistes, qui feront crisser les dents de plus d’un geek. Seule la « plage noire » de Black Hole propose une idée particulièrement pertinente et poétique de cet univers, où « l’autre monde », n’est finalement pas celui que l’on croit.

audrey gaspard

En bref, L’Autre Monde est un film difficilement classifiable, où résonne le mystère d’un univers noir et dérangeant dans le monde réaliste des premiers émois adolescents et de la perte de la naïveté. Au creux des chaleurs estivales, vous pourrez vous laisser tenter sans aucun déplaisir par la fraicheur sensuelle qui émane de cet Autre Monde…

Filmgeek a pu rencontrer Gilles Marchand (merci à Haut et Court de cette sympathique opportunité) avec quelques autres bloggeurs et aborder avec lui quelques points de son film. Je vous en propose un petit résumé :

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La première question a porté sur la participation du site web « tous coprod » dans la production du film. Les producteurs du film se sont intéressés au site essentiellement pour l’aspect communautaire qui s’en dégageait, et permettre ainsi de donner accès aux coulisses ou aux avant-premières aux « collaborateurs » : ce n’était donc pas une volonté de financement mais plus une idée de communication. Pour Gilles Marchand, cette démarche était plaisante mais ne le concernait pas directement : il n’avait pas à discuter des choix artistiques avec les collaborateurs de « tous co-prod ».

La seconde question s’est orientée sur la place de la femme fatale dans le film, qui pouvait être vu comme un hommage au film noir. Gilles Marchand se retrouve dans cette étiquette du film noir pour L’Autre Monde : il a aimé jouer avec les codes du genre, même si de façon générale, il s’est inspiré de films qui s’intéressent à l’âme humaine, à l’attraction, à l’attirance.

Et comment lui est venue l’idée du film ? Tout simplement à partir d’une expérience quotidienne (un joueur dans un lieu public). Il a commencé à imaginer la vie privée du joueur et la vie de son avatar. Il a relié l’idée avec le fantasme du suicide qui reste très lié à cet univers. Il avait  envie de confronter aussi les esthétiques du virtuel et du réel, de façon très distincte : pas en incrustant les éléments réels dans l’image « réelle » (hybridation) mais au contraire en jouant sur le contraste d’un monde purement virtuel et un autre uniquement réel : tout est bien séparé à l’image et c’est la puissance de l’imaginaire du spectateur qui peut rendre ainsi le virtuel poreux au réel, et réciproquement : c’est l’engagement mental qui crée le trouble, et non les jeux de représentations des images du film.

Au-delà de l’histoire, voulait-il viser un public ou faire une critique des dangers du virtuel ? Il a voulu montré une histoire ayant comme thème l’attirance des choses obscures. C’est un film assez autobiographique, même si dans son adolescence, Gilles Marchand ne pouvait connaitre les jeux en réseaux, il pratiquait la passion du cinéma. Pour lui, son film n’est pas réac’ mais ça l’intéresse qu’on puisse l’interpréter de différentes façons : plus que le jeu en soi, c’est l’attirance elle-même, autant sexuelle que morbide, qui est le sujet du film : il ne voulait pas mettre en cause les jeux virtuels mais plutôt les malentendus et la manipulation.

A propos de ses casquettes de scénariste et de réalisateur : il ne s’est jamais senti dans une case précise. Il prend énormément de plaisir à écrire sur les projets des gens qu’il apprécie : il aime visiter la tête des autres. Dans ses propres films, il doit visiter sa propre tête. Non sans humour, il nous a précisé à ce moment qu’il était plus facile de prendre du plaisir avec les autres que tout seul.

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Et l’expérience Cannoise, qu’il commence à bien connaitre ? C’est un grand 8 émotionnel, qui lui a donné beaucoup de plaisir avec ses amis cinéastes, mais aussi en tant que réalisateur avec Bambi ou comme spectateur (il y va tous les ans, pendant toute la durée du festival). Il aime aussi le côté festif de cet évènement.

Enfin, concernant le casting, il a expliqué qu’il écrivait ses scénarios sans penser à des acteurs précis : les personnages doivent déjà vivre sur le papier. Il a ensuite choisi le rôle de Garpard et le choix de Grégoire Leprince-Ringuet a été évident pour la question d’équilibre qu’apportait le jeune acteur au personnage. Louise Bourgoin a été présentée par les productrices du film, elle venait de finir le tournage de La Fille de Monaco et celui d’Adèle Blanc-Sec n’avait pas encore commencé. Gilles Marchand avait été hésitant au départ, mais après les premières rencontres, il a été agréablement surpris et a été convaincu par l’enthousiasme de Louise pour le film (au premier rendez-vous, elle lui avait parlé de ses aventures sexuelles sur Second Life…) et la palette émotionnelle qu’elle dégageait aux essais. Elle possédait le mystère qu’il recherchait. Pour Melvil Poupaud, le rôle était difficile et pour Gilles Marchand, cet acteur était l’un des seuls à correspondre physiquement et mentalement parlant : tout est lisible dans le film, sauf ce personnage finalement.

Caro

INCEPTION – Vidéo de la conférence de presse en intégralité

Vendredi 9 juillet 2010, a eu lieu la conférence de presse du film INCEPTION en présence de toute l’équipe du film : Christopher Nolan, Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Michael Caine, Joseph Gordon-Levitt, Tom Hardy et Emma Thomas la productrice du film. En voici l’intégralité en vidéo :

Vous pouvez aussi retrouver toutes nos photos ici : http://filmgeek.fr/2010/07/10/inception-photos-de-la-conference-de-presse/

INCEPTION – Photos de la conférence de presse

Grâce à Allociné et à la Warner, j’ai eu la chance d’assister à la projection de presse et la conférence de presse d’INCEPTION avec Christopher Nolan, Leonardo DiCaprio, Marion Cotillard, Ellen Page, Cillian Murphy, Ken Watanabe, Michael Caine, Joseph Gordon-Levitt,  Tom Hardy et Emma Thomas la productrice du film. Avant de vous montrer la vidéo, voici mes petites photos 😉