Deuxième Séance : Robin des Bois (2010)

La légende de Robin des Bois a été traitée dans de nombreux films d’aventure, plus ou moins comiques et ce depuis plus de 50 ans. L’ensemble de ces films s’attachait à la période où Robin est un paria, et où il batifole en forêt. Personne n’a parlé des événements se déroulant auparavant. Ridley Scott vient donc s’en occuper dans une fresque épique à 200 millions de dollars dans le pur esprit de Kingdom of Heaven. Après 300 millions de dollars de recettes en salles, chiffre un peu décevant par rapport à Gladiator, mais nettement meilleur que Kingdom of Heaven, Robin Hood s’apprète à débarquer en DVD et bluray.

Kingdom of Heaven est à mes yeux le meilleur film de costumes sorti depuis au moins 15 ans. Images extraordinaires, musiques enivrantes, fond historique documenté et intéressant, interprétation de premier ordre (ouais bon, y a Legolas quand même).
Reprendre la même approche pour Robin des Bois (raconter un moment de l’Histoire et croiser quelques destins) était intéressante voire attrayante, mais la sauce ne prends que peu ou prou. Si du point de vue de la mise en scène, Scott livre une partition sans fausse note; si l’image est d’une beauté renversante et parfaitement mise en valeur pas une édition bluray impeccable; c’est au niveau du rythme et surtout de l’ambiance sonore que ça se complique.

Robin Hood se rapproche plutôt de Braveheart dans le making : une histoire longue et lente, des intrigues plus ou moins lisibles et quelques scènes de bataille épiques qui ne constituent pas le fond de l’oeuvre, mais qui donnent du peps. En sus, un Mel Gibson impérial et un James Horner particulièrement inspiré qui transcende le film et apporte l’émotion. Deux choses absentes de Robin des Bois.

D’une part, la musique est vraiment ratée. Streitenfeld est un mec sympa (je l’avais brièvement recontré l’année dernière à Gand), à l’aise dans l’intimiste et dans les mélodies simples mais absolument pas dans le Zimmer-like de bas étage. Aucun thème intéressant, une pauvreté musicale affligeante, qui ne suit même pas l’action. Difficile de se sentir porté par les notes de Streitenfeld donc. Au niveau du scénario, Helgeland semble hésiter et commets quelques maladresses dans le timing de l’évolution des personnages, leurs relations et, surtout, dans des dialogues qui sonnent parfois affreuseument creux. Avec une interprétation générale correcte sans plus (à l’exception d’un Mark Strong vraiment maléfique), il devient très difficile de se passionner pour ces aventures tronquées de Robin desquelles sont absentes tant le fun qu’un potentiel souffle épique. C’est d’autant plus dommageable que les images sont vraiment très très belles.

Robin des bois version Scott/Crowe est donc un échec pas forcément complet, mais surtout un gâchis grandement imputable à un plantage musical qui fait ressortir tous les défauts narratifs du film. Je ne vois pas en quoi la désormais traditionnelle version longue de Scott pourrait y changer quoi que ce soit.

Armand

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