Deuxième Séance: Harry Brown (2009) – Critique Expresse

J’aime le cinéma.

J’aime le cinéma qui surprend, qui interpelle, qui choque. Alors que j’avais l’impression d’être noyé dans des oeuvres de plus en plus mauvaises et criardes, un petit nuage de fraîcheur arriva sur ma platine bluray avec Harry Brown.

Comparé -à tort- à Gran Torino, Harry Brown est une histoire de vengeance que n’aurait pas reniée Charles Bronson. La moralité est ici ébranlée.

Harry Brown est un petit vieux, dont la femme vient de décéder, et dont le meilleur ami est effrayé par des jeunes drogués qui finissent par le tuer. Harry Brown est seul. Harry Brown est un ancien Marine. Harry Brown va donc s’occuper personnellement des dealers, junkies et autre voyous qui traînent dans les banlieues défavorisées d’Angleterre. Présenté comme ça, le pitch est classique. Trop classique et c’est le principal défaut du film. Bien que le personnage soit vieux et fatigué (Michael Caine extraordinaire et convaincant), il va réussir à éliminer toute une série de jeunes délabrés.

La force du film (et son côté le plus malsain) réside sans sa grande violence et sa mise en scène. L’ouverture, qui met en place le contexte, est filmée en DV à un rythme d’enfer et à la première personne et se termine dans un bain de sang. La peinture sociale délivée par le réalisateur Danier Barber n’est pas des plus glorieuse et semble à peine exagérée. Le montage énergique sans pour autant être épileptique donne une tension constante au métrage. Harry Brown n’est pas agréable à regarder. Il est aussi captivant qu’effrayant et vous laissera un goût amer dans la bouche.

Sans être un film choc sur l’enfer de la drogue et des drogués, le film de Barber ne ménage pas son spectateur. La moralité douteuse du film et une certaine complaisance dans la violence sont autant dérangeants que nécessaires comme véhicule d’une critique du réalisateur vis à vis du manque de contrôle des force de l’ordre sur les traffics de drogue et d’armes dans les banlieues.

Le bluray est d’excellente facture, même si la définition du master met particulièrement en exergue les défauts colorimétriques d’une caméra numérique HD.

Harry Brown, un film violent que j’ai apprécié, mais que je déconseille fortement aux âmes sensibles. A ceux qui auraient un doute, l’ouverture du métrage vous donnera avec justesse le ton.  Harry Brown n’est pas un Gran Torino version UK, il ne partage avec le film d’Eastwood que l’âge du protagonistre principal. C’est un film de vengeance pur jus, sec et salissant.

Armand

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