Avant-propos de la critique d’Harry Potter et les Reliques de la mort, partie 1

Aujourd’hui, je vais voir Harry Potter et les Reliques de la mort, partie 1.

Avant la critique, que je publierai dans la journée (si on m’en donne le droit), je souhaite proposer, pour les courageux du lundi matin, une petite analyse réceptive du phénomène Harry Potter, en prenant comme exemple, ma propre passion pour ce dernier.

Donc oui, j’avoue, « j’aime bien » Harry Potter, que ce soient les livres, les films, ou même les fanfictions qui mériteraient une réflexion digne d’une thèse en elle-même.

Je considère Harry comme un « ami qui me veut du bien » depuis plus de 10 ans maintenant, à l’époque où les 3 premiers livres venaient d’être publiés en poche en France et qu’on se les prêtait sous le manteau dans la cours du lycée en assurant que, même si c’était pour les enfants, c’était vraiment de la bonne. Pas de la grande littérature, mais ça proposait un incroyable trip fantaisy, intemporel, égalant presque, (le style en moins) le pilier du genre : Le Seigneur des anneaux.

Et d’ailleurs, en 2001, apparaissent sur les écrans les premières adaptations cinématographiques de ces deux phénomènes de littérature. Autant le premier opus filmique du Seigneur des Anneaux m’avait plongé dans un spectacle virtuose proche de la frénésie que j’avais ressenti dans ma lecture, autant celui d’Harry Potter, de Chris Colombus, m’avait franchement déçue. Une mise en scène soignée mais loin d’être transcendante, une adaptation ne prenant en compte que la ligne de lecture enfantine. La réalisation du 2ème tome à l’écran m’avait laissée la même amertume, me permettant d’en déduire que, malgré les progrès des effets visuels, une adaptation réussie d’Harry Potter n’était tout bonnement pas imaginable : le pouvoir de l’imaginaire littéraire était tout simplement le plus fort.

C’était sans compter l’arrivée d’Alfonso Cuaron pour le troisième tome, et l’interprétation à l’écran de Sirius Black par Gary Oldman. Enfin, une fantasmagorie cinématographique assumée, avec une mise en scène radicalement adulte, effrayante, lorgnant vers une ambiance Burtonienne parfois absurde qui apparaissait, enfin, comme du « vrai » cinéma, et non simplement comme une mise en image des romans « jeunesse ». Et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à distinguer la qualité des films de la qualité des livres.

Car les livres et les films sont deux objets différents qu’il ne faut surtout pas tenter de comparer au risque d’être sérieusement déçu devant la sécheresse qu’engendrent forcément les films face aux détails proposés par les romans.

Cependant, les films ont de cela de passionnant qu’ils répondent parfaitement à la conception d’un cinéma imaginaire, d’un « cinéma des attractions » tel qu’il fut proposé par Georges Méliès lui-même, avec les thèmes de prédilection (la féérie et la fantasmagorie, héritées elles-mêmes des spectacles de lanterne magique et du théâtre magique), que l’inventeur du spectacle cinématographique avait mis en place dès la fin du 19ème siècle.
(Allez, j’en profite et je fais un coucou à mes étudiants qui me liront peut-être et qui se farcissent mes cours sur Méliès 😉 ).

Les personnages (Dumbledore et Voldemort en tête), les décors (Poudlard évidemment), les costumes, et bien sûr, le rôle constant de la magie, entretiennent un relationnel fusionnel évident avec le cinéaste-magicien qui, soyons-en convaincus, aurait été le premier à vouloir adapter les aventures du petit anglais à lunettes s’il en avait eu la possibilité.

[D’ailleurs, un exemple parmi beaucoup d’autres révélant l’importance de ce cinéma-spectacle des premiers temps et des dispositifs optiques du 19ème siècle dans les films « Harry Potter » : vous pouvez admirer dans Le Prisonnier d’Azkaban (le troisième tome, celui d’Alfonso Cuaron), une magnifique lanterne magique qu’utilise le professeur Rogue/Snape pour montrer les transformations des loups-garous. Oui, bon, il m’en faut peu pour que je craque, mais voilà, j’adore, c’est simple et efficace, et ça montre que ces films sont réfléchis et parlent aussi aux cinéphiles avertis.]

Les livres et les films Harry Potter répondent à l’idée d’Edgar Morin sur « L’Homme imaginaire » et d’un cinéma où se croisent le quotidien et le fantastique et donc, le réel et l’imaginaire. Dans l’univers mis en place par J.K. Rowling, cette distinction est par une certaine approche, révélée au pied de la théorie émise par le sociologue en 1958 :  le monde des moldus (à priori sans magie) et le monde des sorciers (avec magie), chacun très présent d’une façon ou d’une autre, dans chaque livre et film.

De cette croisée du réel et de l’imaginaire apparaît simplement la base même du spectacle cinématographique, base d’un spectacle populaire, qui, depuis Méliès, n’a pas fini d’émerveiller les différentes générations de public. Les lecteurs et les spectateurs apprécient les oeuvres comme Harry Potter et les transforment en phénomènes de société, parce qu’elles révèlent, d’une forme à l’autre, un imaginaire social et collectif profondément enfoui dans la culture de notre société moderne, imaginaire existant depuis des siècles et faisant de chacun d’entre nous un être doué de rêves et de poésie :
« L’imaginaire est l’au-delà multiforme et pluridimensionnel de notre vie, dans lequel nous sommes tous immergés. C’est l’infini principe virtuel qui accompagne ce qui est actuel, c’est-à-dire unique, limité, et fini dans le temps. C’est la structure antagoniste et complémentaire de ce qui se dit réel, et sans laquelle, indubitablement, il n’y aurait pas de réalité pour l’homme, ou mieux, de réalité humaine » (Edgar Morin, p.84 Le Cinéma ou l’Homme imaginaire).

Bien entendu, cette théorie s’applique à un nombre infini d’exemples cinématographiques en tout genre, mais dont Harry Potter, tout comme Avatar (J.Cameron), L’Imaginarium du docteur Parnassus (T. Gilliam) ou autres objets cinématographiques d’une hybridité réelle/virtuelle du fond et de la forme, en sont les nouveaux symboles.

Je vais découvrir dans quelques minutes la première partie de l’adaptation du dernier tome d’Harry Potter. C’est un film que j’attends et redoute à la fois depuis des mois, des années. Non parce qu’il peut être mauvais, mais parce qu’il annonce la fin d’un rêve dans lequel je me suis délectablement immergée et dans lequel j’ai eu la sensation de « co-écrire » l’histoire à chaque parution de tome, à chaque sortie de film. Et puis, finalement, ce qui comptait, c’était l’attente entre chaque livre et film, qui nourrissait d’autant plus mon propre imaginaire et ceux de mes proches, fans comme moi. L’été prochain, quand le dernier film sortira, je sais qu’une (petite) page de l’histoire de notre culture imaginaire moderne se tournera, mais aussi, une (petite mais sentimentale) page de ma propre vie.

19 réflexions sur « Avant-propos de la critique d’Harry Potter et les Reliques de la mort, partie 1 »

  1. Je suis entièrement d’accord. Quand Warwick Davis écrivait sur Twitter que les prises de vue étaient terminées il y a quelques mois, un petit sentiment de tristesse j’ai éprouvé…

  2. Ca me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à être triste de voir la fin d’Harry Potter arriver. On a beau être des adultes, il a réussi à nous toucher ce petit Potter, de par son histoire et surtout, comme tu le dis si bien, par sa féérie, sa magie.
    Une longue page se tourne. Peux-tu nous dire s’il existe un équivalent aussi long, qui ait touché autant de monde sur une décennie?

  3. Ca me rassure de savoir que je ne suis pas la seule à être triste de voir la fin d’Harry Potter arriver. On a beau être des adultes, il a réussi à nous toucher ce petit Potter, de par son histoire et surtout, comme tu le dis si bien, par sa féérie, sa magie.
    Une longue page se tourne. Peux-tu nous dire s’il existe un équivalent aussi long, qui ait touché autant de monde sur une décennie?

  4. @ Armand : je me souviens du post que tu avais fait sur filmgeek, j’avais aussi été toute émue !
    A voir par contre si JK Rowling craquera pour un 8ème tome, comme elle l’a à moitié annoncé à l’avp de Londres…

    @ Merci miss B pour ta lecture et ton com ! Est-ce qu’il existe un équivalent ? Mis à part Star Wars et le Seigneur des anneaux, Matrix et actuellement Twilight, je vois pas trop… Mais, de façon toute personnelle, je placerai bien HP au sommet de tous ses phénomènes, parce que c’est peut-être le plus accessible, le plus universel de tous. ça se confirmera ou non dans quelques décennies 😉

  5. @ Armand : je me souviens du post que tu avais fait sur filmgeek, j’avais aussi été toute émue !
    A voir par contre si JK Rowling craquera pour un 8ème tome, comme elle l’a à moitié annoncé à l’avp de Londres…

    @ Merci miss B pour ta lecture et ton com ! Est-ce qu’il existe un équivalent ? Mis à part Star Wars et le Seigneur des anneaux, Matrix et actuellement Twilight, je vois pas trop… Mais, de façon toute personnelle, je placerai bien HP au sommet de tous ses phénomènes, parce que c’est peut-être le plus accessible, le plus universel de tous. ça se confirmera ou non dans quelques décennies 😉

  6. HP a clairement marqué une voire deux générations. En films et livres de sorciers, je ne suis pas sûre qu’on est fait mieux.
    Matrix aussi, mais ça n’a malheureusement pas duré aussi longtemps. Toutefois, qui n’a jamais voulu ressembler à Neo ou Trinity. Avec Potter, c’est pareil. À quand l’invention de la baguette magique?!
    En revanche, JK Rowling envisage d’écrire un 8è tome?! Ca serait génial, mais faut qu’elle fasse attention, elle peut pas se planter!
    Est-ce que toi aussi, quand tu lisais les bouquins, tu prenais ton temps pour ne pas les terminer rapidement?

  7. HP a clairement marqué une voire deux générations. En films et livres de sorciers, je ne suis pas sûre qu’on est fait mieux.
    Matrix aussi, mais ça n’a malheureusement pas duré aussi longtemps. Toutefois, qui n’a jamais voulu ressembler à Neo ou Trinity. Avec Potter, c’est pareil. À quand l’invention de la baguette magique?!
    En revanche, JK Rowling envisage d’écrire un 8è tome?! Ca serait génial, mais faut qu’elle fasse attention, elle peut pas se planter!
    Est-ce que toi aussi, quand tu lisais les bouquins, tu prenais ton temps pour ne pas les terminer rapidement?

  8. @ Bobby : Il y a quelques rumeurs pour un 8ème tome; En tout cas, elle a dit dans une interview récente qu’il ne fallait jamais dire jamais (ou un truc du genre). Bref, à suivre! De toute façon le monde d’HP est suffisamment riche pour continuer d’écrire autour, même si ce n’est pas sur Harry lui-même.
    Ensuite, concernant les lectures, non, je suis plutôt du genre à dévorer le tome en une nuit, et à le relire quelques mois plus tard à tête plus reposée.

    @ MG et Flo : mais n’imp’! 😉 un truc écrit sur un coup de tête à 1h du mat’, au lieu de préparer mes cours ^^

  9. @ Bobby : Il y a quelques rumeurs pour un 8ème tome; En tout cas, elle a dit dans une interview récente qu’il ne fallait jamais dire jamais (ou un truc du genre). Bref, à suivre! De toute façon le monde d’HP est suffisamment riche pour continuer d’écrire autour, même si ce n’est pas sur Harry lui-même.
    Ensuite, concernant les lectures, non, je suis plutôt du genre à dévorer le tome en une nuit, et à le relire quelques mois plus tard à tête plus reposée.

    @ MG et Flo : mais n’imp’! 😉 un truc écrit sur un coup de tête à 1h du mat’, au lieu de préparer mes cours ^^

  10. vous nous soulez avec votre harry potter c’est mediocre sans interet sans recherche et le hero est un gros boulet!! en plus voldemort ouah le gros mechant il est si cruel!! qu elle originalité!! pourquoi il est devenu comme ça?? si ça serait expliqué ça remonteré le niveau de ce bouquin mediocre stereostype et mamicheen c’est à dire les gentils cons d un côté et les vilains pas beaux!! bouh! quel originalité n importe qu ‘elle idiot peu en ecrire autant!! en plus les humains sont des moldus on est mechants et ridicules selon les sorciers ouah ils ont pas frequantés beaucoup d humains eux! et oui on est de pauvres creatures sans super pouvoir !donc harry met toi un balaie dans le cul et casse toi!

  11. vous nous soulez avec votre harry potter c’est mediocre sans interet sans recherche et le hero est un gros boulet!! en plus voldemort ouah le gros mechant il est si cruel!! qu elle originalité!! pourquoi il est devenu comme ça?? si ça serait expliqué ça remonteré le niveau de ce bouquin mediocre stereostype et mamicheen c’est à dire les gentils cons d un côté et les vilains pas beaux!! bouh! quel originalité n importe qu ‘elle idiot peu en ecrire autant!! en plus les humains sont des moldus on est mechants et ridicules selon les sorciers ouah ils ont pas frequantés beaucoup d humains eux! et oui on est de pauvres creatures sans super pouvoir !donc harry met toi un balaie dans le cul et casse toi!

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