Critique du film Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 1

Synopsis :

Le pouvoir de Voldemort s’étend. Celui-ci contrôle maintenant le Ministère de la Magie et Poudlard. Harry, Ron et Hermione décident de terminer le travail commencé par Dumbledore, et de retrouver les derniers Horcruxes pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Mais il reste bien peu d’espoir aux trois sorciers, qui doivent réussir à tout prix.

Critique :

Une fois n’est pas coutume, je vais essayer de m’atteler à une critique courte pour deux raisons (edit : non en fait c’est raté, et en plus je spoile un tantinet, attention donc si vous n’avez pas lu les livres et que vous souhaitez chastement préserver vos yeux). La première raison étant celle-ci, la seconde raison étant que le film est tout simplement bon. Sans aucun doute le meilleur de la série, extrêmement adulte, noir, terrifiant.

Les séquences d’introduction prennent aux tripes et plongent les spectateurs dans le ton. Et oui, on est bien loin de la féérie des débuts, mais plutôt dans le cauchemar pur. Enfin bon, d’un autre côté, avec un titre aussi évocateur que les « Reliques de la mort », vous vous doutez que vous n’allez pas voir « Harry Potter au Royaume des gentilles fées et des licornes ».

Dans ce film, Harry, Hermione et Ron sont en fuite et ne peuvent plus compter sur personne pour les protéger, leurs parents et amis s’enfoncent dans une résistance cachée dangereuse (le « Losers » de Neville face aux Mangemorts annonce bien du bon pour la 2ème partie!), Voldemort est plus inhumain que jamais et en proie à une surpuissance quasi sans limite. Même les Mangemorts les plus proches de lui le craignent, hormis peut-être Rogue/Snape et la toujours aussi extrême Bellatrix. Lucius Malefoy -pernicieusement émasculé de sa baguette magique- et son fils Draco en parviennent même à douter de leur véritable place dans toute cette histoire.

Tout est corrompu, même le monde des moldus, les « sang de bourbe » sont avidement recherchés et éliminés par les « Rafleurs », milice sous les ordres d’une pseudo justice représentée par l’ancien professeur Ombrage elle-même, toujours toute de rose vêtue.
Oh tiens, mais ça me rappelle une période sombre de l’histoire tout ça… Mais à quand Harry Potter dans les écoles au lieu de la lettre de Guy Mocquet ?…  Oui bon, passons et revenons à l’essentiel.

David Yates, dans L’Ordre du Phoenix et Le Prince de Sang-Mêlé s’était contenté d’une mise en scène efficace mais classique, se limitant au strict essentiel pour que la « magie opère » mais laissant derrière lui le charme faussement fouillis de la narration des romans et notamment des personnages secondaires, ceux-ci se contentant à de la simple figuration (pauvre Neville Londubat, bien invisible dans Le Prince de Sang-Mêlé alors qu’il aurait pu lui aussi être l’Elu!).

Cependant, coup financier ou pas, la division en deux films des Reliques de la mort offre enfin la chance au réalisateur de révéler ce dont il est réellement capable : de mettre en scène un grand et beau film fantastique, où les émotions sont soignées, les rôles étoffés et les détails de l’intrigue conservés avec minutie et (re)proposés avec intelligence. Il s’autorise même à développer certains évènements seulement évoqués dans le livre, comme par exemple cette scène extraordinaire de sensibilité où Hermione lance un sortilège à ses propres parents, effaçant toute trace de leur fille unique de leurs mémoires et leurs vies, afin de les protéger des Mangemorts.

Ce sacrifice de l’innocence et l’enfance, ce sera le fil conducteur du film. Les trois héros ne peuvent pas retourner à Poudlard, ni dans tout endroit connu des sorciers, ils doivent fuir sans cesse dans la forêt, tel des maquisards.

Hermione se rattache en permanence aux souvenirs qu’elle a de sa famille : les lieux choisis comme cachette sont toujours en rapport avec ses parents, façon de rappeler aux deux garçons l’importance de son sacrifice pour parvenir à restaurer la liberté dans les peuples des sorciers et des moldus. Elle qui est née de parents moldus (une « sang de bourbe », expression qui sera d’ailleurs cruellement gravée à l’intérieur de son avant-bras… autre référence à cette période sombre de notre Histoire bien réelle) et qui est considérée comme extrêmement dangereuse par les nouvelles autorités. Hermione, qui est continuellement présente, sensible, attentive, rusée, prouve qu’elle sait être exceptionnellement intelligente hors des ses livres et de Poudlard, tout en restant féminine (son sac sans fond, hommage lorgnant plus du côté de Mary Poppins que de Merlin l’Enchanteur)… et amoureuse.

Car c’est là que réside aussi la grande réussite de ce film : les trois héros doivent combattre des évènements qui les dépassent complètement, et n’en restent pas moins des adolescents qui découvrent et expérimentent les sentiments amoureux dans des situations qui ne s’y prêtent absolument pas. Pourtant, ici prend place la légèreté qui apporte l’équilibre nécessaire du film. On rit autant qu’on tremble dans ce Harry Potter.

Une scène est particulièrement intéressante pour illustrer cette ambiguïté de style et de ton, entre rire, larmes et frissons : une danse entre Harry et Hermione, où l’instant de quelques notes de musique grésillantes d’un poste de radio -n’annonçant que de mauvaises nouvelles mais restant leur seul lien avec le monde extérieur- l’innocence et la gaieté semblent de nouveau flotter entre les jeunes adolescents.

Des adolescents qui, en quelques semaines, sont devenus par obligation des adultes bien plus responsables que ceux qu’ils ont auparavant côtoyés. Plus responsables que le Ministre de la Magie (joué par Bill Nighy), les Aurors ou même Dumbledore lui-même. Le seul être qui égale le courage et le sens du sacrifice des trois adolescents est sans aucun doute l’elfe de maison libéré Dobby, toujours un brin énervant mais dont l’importance est primordiale, à bien des niveaux…

Ron, personnage habituellement naïf et comique, faire-valoir du « Héros » Harry Potter, développe ici une personnalité complexe, courageuse, tendre et obscurcie par la jalousie et l’envie. Un personnage entier dont la dimension adopte une toute autre ampleur, et révélant que tout comme la liberté, l’amour et l’amitié sont des sentiments pour lesquels il faut se battre continuellement. La scène marquant à jamais son heure de gloire est sublime à mes yeux, les effets visuels choisis accentuant magistralement le déchirement qui s’opère au fond de son être et de ses peurs enfantines et adolescentes qu’il doit définitivement abandonner pour avancer, dans sa vie d’homme libre.

Harry, Ron et Hermione apparaissent souvent dans la mise en scène des films comme un héros unique. L’idée de la Trinité n’est pas un fait nouveau dans la littérature et le cinéma fantastique et de science-fiction, mais la simplicité et la complémentarité de ces trois ados, que l’on a vu grandir, se chamailler et se rapprocher au fil des années, touchent d’autant plus dans cet opus que le combat final menace inexorablement l’existence même du trio.

Ce film, tout comme la première partie du livre, souffre parfois de quelques longueurs, qui me semblent malgré tout nécessaires. A la fois rupture dans le rythme et dans le ton de l’ensemble du récit « Harry Potter » (soit les 7 livres et les 8 films), cette « balade » que mènent les trois héros dans la nature automnale puis hivernale des plaines et des forêts anglaises, est indispensable pour renforcer leurs liens et pour permettre aux spectateurs de les voir évoluer dans un contexte nouveau, livrés à eux-même, avant le grand retour dans le monde de la magie et un Poudlard apocalyptique.

La bataille finale sera, sans aucun doute, à la hauteur de cette première partie des Reliques de la Mort.

35 réflexions sur « Critique du film Harry Potter et les Reliques de la Mort – Partie 1 »

  1. Merci pour cette critique ! Cela donne vraiment envie d’aller le voir, la bande annonce était bien dark, je suis content que le film le soit aussi ! Simple point que tu n’as pas précisé, la 3D est-elle vraiment utile ou est-ce une conversion comme on en voit trop et qui au final n’apporte pas grand chose au film ?

  2. Merci pour cette critique ! Cela donne vraiment envie d’aller le voir, la bande annonce était bien dark, je suis content que le film le soit aussi ! Simple point que tu n’as pas précisé, la 3D est-elle vraiment utile ou est-ce une conversion comme on en voit trop et qui au final n’apporte pas grand chose au film ?

  3. Je n’ai malheureusement pas pu voir le film en 3D ce matin, j’étais la première déçue car les 20 premières minutes en Imax 3D du Prince de Sang-Mêlé m’avait bien convaincue. On ressent malgré tout que la 3D a été pensée lors de la réalisation, mais la 2D ne gâche rien au plaisir de la projection.

  4. Je n’ai malheureusement pas pu voir le film en 3D ce matin, j’étais la première déçue car les 20 premières minutes en Imax 3D du Prince de Sang-Mêlé m’avait bien convaincue. On ressent malgré tout que la 3D a été pensée lors de la réalisation, mais la 2D ne gâche rien au plaisir de la projection.

  5. Ok merci pour vos réponses. Je trouvais que les derniers films marchaient très bien en 2D et j’avais peur de revoir « Le dernier maître de l’air » au niveau qualité 3D.

  6. J’avais peur de lire la critique. J’avais trouvé le dernier Potter tellement décevant. Je comptais tout de même voir celui-là. La critique m’a un peu plus motivée.
    Merci!

  7. J’avais peur de lire la critique. J’avais trouvé le dernier Potter tellement décevant. Je comptais tout de même voir celui-là. La critique m’a un peu plus motivée.
    Merci!

  8. La post-prod 3d bâclée on sait tous ce que ca donne sur le Choc des Titans ou Alice. Je suis fondamentalement contre un film 3D qui n´a pas été tourné en 3D. Si Deathly Hallows pt. 2 n´a pas été shooté en 3D, je n´irai pas le voir au ciné.
    Bordel.

  9. La post-prod 3d bâclée on sait tous ce que ca donne sur le Choc des Titans ou Alice. Je suis fondamentalement contre un film 3D qui n´a pas été tourné en 3D. Si Deathly Hallows pt. 2 n´a pas été shooté en 3D, je n´irai pas le voir au ciné.
    Bordel.

  10. Je n’ai pas encore vu le film, mais je me permets tout de même de te dire que ta critique fine et intelligente ne donne qu’une envie : s’y précipiter. Très intéressant, vraiment…

  11. Je n’ai pas encore vu le film, mais je me permets tout de même de te dire que ta critique fine et intelligente ne donne qu’une envie : s’y précipiter. Très intéressant, vraiment…

  12. J’ai enfin lu ta critique après l’avoir vu cet après-midi. Bien d’accord avec tout ce que tu as pu écrire. Vivement part 2 !

    @armand: tu trouveras bien une salle le diffusant en 2D pour part 2 😉

  13. J’ai enfin lu ta critique après l’avoir vu cet après-midi. Bien d’accord avec tout ce que tu as pu écrire. Vivement part 2 !

    @armand: tu trouveras bien une salle le diffusant en 2D pour part 2 😉

  14. Je suis désolé mais je ne suis pas d’accord avec cette critique. Elle souligne le caractère noir du film, et je vous rejoint sur ce point. Pourtant ce caractère devrait être accompagné d’une atmosphère sombre, froide et oppressante. On ne ressent pas tout cela. De plus, comme le titre le présume, la mort d’un certain nombre de personnes nous laisse présumer que la tristesse sera présente. Je ne m’attendais pas à pleurer non plus, mais au moins à ressentir une part de leur peine. On ne ressent pas ça non plus. Non vraiment, ce film a du mal à communiquer des émotions. C’est pourquoi j’ai été déçu.

  15. Je suis désolé mais je ne suis pas d’accord avec cette critique. Elle souligne le caractère noir du film, et je vous rejoint sur ce point. Pourtant ce caractère devrait être accompagné d’une atmosphère sombre, froide et oppressante. On ne ressent pas tout cela. De plus, comme le titre le présume, la mort d’un certain nombre de personnes nous laisse présumer que la tristesse sera présente. Je ne m’attendais pas à pleurer non plus, mais au moins à ressentir une part de leur peine. On ne ressent pas ça non plus. Non vraiment, ce film a du mal à communiquer des émotions. C’est pourquoi j’ai été déçu.

  16. J’ai adoré ce film, pour moi c’est le meilleur de la saga, le film étant en deux partie à plutôt bien respecté le livre par rapport à l’Ordre du Phénix ou encore Le Prince de Sang-Mêlée. J’ai vraiment hâte de voir la 2ème partie qui s’annonce encore plus dark que la première. Il y avait des longueurs c’est vrai, tout comme dans le livre, les longueurs sont nécessaires, le trio est en « cavale », seul contre tous. La première partie était la pour tout installés, l’atmosphère, la peur des personnages, le combat final qui arriveras, la 2ème partie seras plus dévelloppé pour l’action, les souvenirs de Rogue ect. Le DVD de la partie 1 sort le 20 avril mais l’ayant commander sur internet, je l’aurait le 11.
    A bientôt pour l’avis du dernier et ultime film de la saga Potterienne.

  17. J’ai adoré ce film, pour moi c’est le meilleur de la saga, le film étant en deux partie à plutôt bien respecté le livre par rapport à l’Ordre du Phénix ou encore Le Prince de Sang-Mêlée. J’ai vraiment hâte de voir la 2ème partie qui s’annonce encore plus dark que la première. Il y avait des longueurs c’est vrai, tout comme dans le livre, les longueurs sont nécessaires, le trio est en « cavale », seul contre tous. La première partie était la pour tout installés, l’atmosphère, la peur des personnages, le combat final qui arriveras, la 2ème partie seras plus dévelloppé pour l’action, les souvenirs de Rogue ect. Le DVD de la partie 1 sort le 20 avril mais l’ayant commander sur internet, je l’aurait le 11.
    A bientôt pour l’avis du dernier et ultime film de la saga Potterienne.

  18. moin j’ai vus le film moi il ma plue il et trés bien mais j’ai bien amimer moi si je devait métre un notes a ce film ca serais 20/20……………….

  19. moin j’ai vus le film moi il ma plue il et trés bien mais j’ai bien amimer moi si je devait métre un notes a ce film ca serais 20/20……………….

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