[Critique] Tron l’Héritage

Déjà sorti depuis presque 2 mois aux States et dans quelques autres pays, la suite tant attendue de Tron débarque sur les écrans Français.

Si Tron est un film geek culte, il n’a pas été un succès en salles. Véritablement révolutionnaire, Tron est l’un des premiers sinon le premier long métrage à utiliser de manière importante des images générées par ordinateur (CGI). Sorte de fable sur les mondes éléctroniques, Tron résonne aujourd’hui de manière particulière tant notre société est connectée (MMO, Facebook, etc).

L’univers de Tron est unique, caractérisé par une quasi bichromie, flashy et identifiable entre toutes. 28 ans après, Tron l’Héritage était sensé apporter tout le poids des CGI modernes.

De fait, Tron l’Héritage doit vraiment se prendre comme une expérience cinématographique, mettant à contribution les yeux et les oreilles. De ce dernier point de vue, saluons le travail de Daft Punk qui a réussi à s’approprier les canons mélodiques actuels sans pervertir leur son électronique. On préférera tout de même leurs compositions purement clubbiennes telles que Derezzed, qui habille à merveille une scène de combat.
Visuellement, le travail effectué par Disney et Digital Domain est phénoménal. Tron 2010 est à voir sur le plus grand écran possible et en 3D. Si toute l’introduction a été tourée en 2D, les gens du studio se sont abstenus de toute conversion en post-production. La transition 2D/3D est de fait vraiment tangible mais reste plus appréciable que les artéfacts que l’on pouvait trouver dans Le Choc des Titans. Les scènes 3D sont fort bien réalisées avec quelques passages très impressionnants, parfois même plus immersifs que dans Avatar. La colorimétrie Tron est bien évidemment là, les lightcycles aussi, mais le nombre de véhicules a fort heureusement été enrichi avec des véhicules terrestres et aériens pour quelques scènes jouissives.

Du point de vue technique, donc, pas beaucoup de reproches, si ce n’est un double digital de Jeff Bridges vraiment en deçà du reste du film. On avait vu mieux chez Fincher.

La technique ne fait pas tout et la faiblesse du film réside sans doute dans son scénario à la fois trop simplistes pour les familiers de Tron et peut-être trop abstrait pour  les néophytes.
C’est là que la notion d’expérience sensorielle entre en jeu.

Les faiblesses du scénario sont mises en évidence dans la plupart des écrits qui me sont tombés sur les yeux. N’habitant pas en France, j’ai pu profiter du métrage lors de sa sortie majeure, mi-décembre et si je n’en parle que maintenant c’est pour avoir eu le temps de me forger une opinion définitive à froid…

Si pour vous le scénario est le coeur d’un long métrage, passez votre chemin. Le scénario de Tron l’Héritage n’est pas spécialement remarquable, les personnages manquent sans doute d’épaisseur et certaines phases du déroulement sont insipides. Quelques grosses références visuelles à Star Wars ou Blade Runner peuvent être trouvées mais c’est tout.
Si vous êtes plutôt du genre à aduler Tron, Matrix, Speed Racer ou autres délires visuels, le manque de consistance du scénario ne sera pas gênant. Il est logique, il est bien rythmé et l’univers électronique de Tron est bien présent.

Je reste surpris de l’ambition et des moyens fournis par Disney qui s’est montré plutôt frileux pour vendre les dernières productions Bruckheimer (croutage prévisible de Prince of Persia et l’Apprenti Sorcier) et l’abandon de Narnia à la Fox. Avec 170 millions de dollars et comme seule acteur connu Jeff Bridges, le studio américain prenait un gros risque. Sans être un carton, le film est déjà rentabilisé en salles (plus de 330 millions de dollars cumulés en exploitation).

Pour terminer ce billet, quelques mots sur les acteurs. Hormis un Bridges impérial (comme souvent), les jeunes  Garrett Hedlund et Olivia Wilde s’en sortent vraiment bien.

Tron l’Héritage, c’est peut être le blockbuster de 2010 qui m’a donné le plus de sensations, le plus de rêve (oui, plus qu’Inception). C’est une expérience visuelle et auditive unique qui mérite vos euros.

Armand

3 réflexions sur « [Critique] Tron l’Héritage »

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