Le Congrès des Exploitants, une semaine après, que reste-t-il ?

Il y a une semaine s’est déroulé à Lyon le 66ième congrès des exploitants et en particulier la journée de distributeurs, pendant laquelle, 2200 professionnels de la profession devant lesquels la majorité des distributeurs français sont invités à présenter leur line-up de novembre à 2012.

Soit environ 8h de bandes-annonces, d’extraits exclusifs, promoreel et autres teasers dont certains sont dévoilés pour la première fois et présentés par les équipes. C’est ainsi une sorte de défilé de paons, à celui qui aura la plus belle, la plus grande queue.

A ce petit jeu, certains sont sortis du lot, d’autres ont franchement déçu et nous y revenons, une semaine après, une fois le tout bien décanté, avec quelques images exclusives à partager, pour vous présenter l’ESSENTIEL.

La journée a commencé très fort avec le line-up de StudioCanal : le premières images d’Hollywoo (dont on vous a déjà parlé ici) ont été très efficaces et le speech de Florence Foresti et Jamel Debbouze a achevé de convaincre l’audience. Le FA de La Taupe (8 février 2012) m’a aussi beaucoup plu entre son casting exceptionnel et son ambiance bien pesante, c’est un des films que j’attends le plus pour le premier semestre 2012. Enfin, le teaser de Cloclo (14 mars 2012) dans lequel Jérémie Renier m’a collé des frissons, tout simplement.

Pour le reste on va faire dans l’ordre alphabétique et on continue donc avec la 20th Century Fox dont le line-up est un des plus complets et hétéroclites, on retiendra Time Out, les premières images plutôt convaincantes de Star Wars 3D et l’absence d’image de Prometheus. Sinon le court-métrage annonçant L’Age de Glace 4 marche toujours aussi bien.

Passons à Ad Vitam qui m’a surtout marqué avec les images Take Shelter et Confession d’un enfant du siècle, et son casting original, réalisé par Sylvie Verheyde dont j’avais beaucoup aimé Stella, son précédent film.

Autre « petit » : Epicentre dont je retiendrai le documentaire Les nouveaux chiens de gardes dont on entendra j’espère un peu parler dans les médias puisque c’est le sujet du film.

On arrive maintenant à EuropaCorp qui a sorti la machine de guerre, avec un léger manque de modestie (ce n’étaient pas les seuls) et qui a surtout titillé ma curiosité avec l’adaptation de L’Amour dure 3 ans, par Frédéric Beigbeder himself… après le reste… bref, ça frime beaucoup.

Par contre Eurozoom, qui entre El Chino avec l’excellent Ricardo Darin, le film d’animation Colorful et le docu Freakonomics adapté d’un de mes livre de chevet, a de quoi être fier lui !

De Gaumont on retiendra deux choses : le trailer explosif des Lyonnais (qui jouaient à domicile) et le promoreel de 8 minutes d’Intouchables qui a véritablement conquis l’audience.

Gebeka et Kanibal m’ont alléché respectivement avec Le Tableau et The Black Power Mixtape 1967-1975 qui gagne aussi le prix du titre de film le plus chiant à retenir.

Mars Distribution a scotché tout le monde avec les extraits des Infidèles (dont on vous a déjà parlé là) et rassuré aussi avec du solide : Lioret, Cronenberg, Kahn, Gondry, Allen, Ozon… du très LOURD !

La Metropolitan ne nous a rien montré de nouveau sur Hugo Cabret mais je reste charmé et confiant, mais le reste du catalogue ne m’a guerre emballé à l’exception de Rhum Express dans lequel Depp renoue avec les démons d’Hunter S. Thomson.

MK2 est ma seconde grosse déception : c’est bien simple, à part leurs restaurations (Metropolis, Méliès, Chaplin, Jules et Jim…) rien de nouveau ne m’a vraiment plu.

Copyright / Crédit Photo : © Chez Wam – Nicolas Guiraud

On en vient à Pathé dont le trailer de Sur la piste du Marsupilami ne m’a pas du tout emballé (c’est le moins que l’on puisse) et fut à peine rattrapé par la présentation d’Alain Chabat et Jamel Debbouze.

La surprise est plutôt venue de La Dame de Fer et l’espoir de Nous York qui verra revenir l’équipe de Tout ce qui brille pour transformer l’essai.

Un de mes préférés de la journée a sans doute été Pretty Pictures qui a fait un carton plein pour moi en éveillant ma curiosité et mon envie sur leurs quatre films présentés : A la une du New York Times, Terri, Perfect Sense et surtout Detachment avec Adrian Brody et réalisé par Tony Kaye qui aborde cette fois le thème du système éducatif américain après son brûlant American History X.

Rezo Films a dévoilés un programme varié entre Takashi Miike, Artus de Penguern et le prochain Julie Delpy pour 2 days in New York dont le premier extrait a très bien fonctionné.

SND a du gros encore et bizarrement c’est un petit film qui a cartonné avec L’Irlandais qui a ravi le public avec un Brendan Gleeson en grande forme.

Sony cette année c’était surtout Tintin, Le Stratège et Millenium.

Sophie Dulac a été fidèle a sa réputation et sa ligne de conduite : c’est pas trop ma came mais je conçois parfaitement que cela puisse plaire.

UGC a fait venir Kassovitz pour L’Ordre et la Morale, ça ne compte pas quand-même car on l’a déjà vu cet été et à part un ENORME problème général d’interprétation, le film est très bien réalisé et signe le retour de Kasso aux affaires sérieuses.
Et le reste ? Quel reste ?

Le line-up d’Universal m’a laissé de glace et ne me déçoit pas vraiment puisque je n’en attendais rien, surtout pas Battleship qui a l’air totalement à côté de la plaque.

Walt Disney m’a cueilli avec le trailer de Félins, les fourbes ! Ajoutez à ça : Cheval de Guerre de Spielberg, John Carter et The Avengers. STFU and take my money !

Warner Bros avait peut-être le plus gros catalogue de la journée et ne l’a pas caché. Même Les Seigneurs a convaincu avec son casting en forme de best-of comédie populaire. Mais entre J. Edgar, The Dark Knight Rises, ils n’ont pas trop de soucis à se faire pour les prochains mois.

Wild Bunch était attendu au tournant pour une seule raison : Astérix et Obélix au service de sa majesté. Et ils ont réussi à planter leur trailer. Espérons que ça n’augure pas du pire pour le film dont le scénario était assez bon car là tout le monde faisait cette tête :

Au rayon déception on retiendra donc le teaser pas drôle d’Astérix et Obélix au service de sa majesté et la bande-annonce de Sur la piste du Marsupilami ainsi que les line-up d’EuropaCorp et d’MK2 comparés aux autres.

Ce qu’il reste une semaine après : le solide line-up de Pretty Pictures, le promoreel d’Intouchables et l’accueil très chaleureux de toute la salle, les extraits des Infidèles et ses éclats de rire spontanés ainsi que ceux des extraits de L’Irlandais.

Bonus : Le sac cadeau remis cette année aux participants était un énorme barda militaire remplis de DVD et de bouquins donnant aux quais de la gare de Lyon des airs de départ sur le front.

Thomas Langmann est partout

Depuis plusieurs semaines, Thomas Langmann est encore plus présent dans le cinéma français l’accoutumée, pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?

Dans le désordre : Monsieur Langmann a produit et sort en cette rentrée, deux des plus gros films français de l’année mais aussi deux films antipodes artistiques, comme un grand écart cinématographique avec La nouvelle guerre des boutons et The Artist. Deux films tournés vers le passé, mais au traitement diamétralement opposé, pas la peine d’aller dans les détails, l’essentiel étant surtout dans la construction de la filmographie de leur producteur.

Ainsi il jongle depuis ses débuts en produisant ou co-produisant alternativement des films d’auteurs avec des superproductions moins pointues dirons-nous :

  • 1999 : Astérix et Obélix contre César
  • 2002 : Astérix & Obélix: Mission Cléopâtre
  • 2002 : Le boulet
  • 2004 : Blueberry: L’expérience secrète
  • 2004 : Double zéro
  • 2005 : Foon
  • 2006 : Nos jours heureux
  • 2007 : Steak
  • 2008 : Astérix aux jeux olympiques
  • 2008 : L’instinct de mort et L’ennemi public n°1
  • 2010 : Le mac
  • 2011 : Mon père est femme de ménage
  • 2011 : La Nouvelle Guerre des Boutons
  • 2011 : The Artist

Il se construit une filmographie sinusoïdale, tel un métronome, tantôt dans un sens tantôt à son opposé, le box-office suivant sa propre courbe et qu’importe si de temps en temps un collègue produit le même film au même moment.
Le cas de La guerre des boutons ne sera pas le dernier puisqu’il vient d’annoncer son envie de tourner un film sur l’affaire Ilan Halimi alors qu’Alexandre Arcady travaille déjà depuis plusieurs mois sur le sujet. D’ailleurs, il ne se contentra pas de le produire mais il l’écrira et le réalisera, ce qui pourrait surprendre mais il a déjà co-réalisé Astérix 3 et co-écrit LNGDB, alors pourquoi ne pas tout faire pour le prochain (sauf acteur, cette carrière est derrière lui) ?

Et quand il ne produit/écrit/réalise pas, il gagne quand-même de l’argent sur les films qu’il n’a pas produit : de cette manière, la veille de la sortie de LNGDB, il a appris avoir gagné 12 millions d’euros, soit 30% des recettes de Pathé sur le film Rien à déclarer, suite à une décision judiciaire à propos d’un contrat signé par son père, non respecté par la firme au coq.

Son prochain challenge ? Les Oscars, rien que ça, et avec les Weinstein en pilote de la campagne de The Artist, on peut dire qu’il a toutes les chances de son côté.

 

Blogs Cinéma : le Best Of de la semaine S05E01

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Notre grande saga du best-of reprend pour une nouvelle saison, plus en forme que jamais, l’équipe de la saison 4 revient en force avec le retour de Mathieu Kassovitz, la tournée de Glee, le Box-office de la semaine 35 et le compte-rendu de la conf de presse de Real Steel avec des vrais morceaux de Hugh Jackman !

 

Conférence de presse de Real Steel : Hugh Jackman et Shawn Levy

 

Après l’avant première du film Real Steel qui a eu lieu hier soir au Grand Rex, Hugh Jackman et le réalisateur Shawn Levy était présents ce matin dans un hôtel parisien pour la conférence de presse. Compte rendu.

Real Steel est un film qui devrait être un film qui plaît à tout le monde au vu des noms qui y sont associés : Shawn Levy, Hugh Jackman et Steven Spielberg qui produit le film.

Le réalisateur répond – Presque en français ! Mais ce sera pour plus tard – qu’il a reçu un appel du studio et de Steven Spielberg alors qu’il était encore sur la post-production de la comédie Date Night (Crazy Night). Spielberg lui a dit qu’il voulait faire un film de robot, mais qu’il soit différent du reste, c’est à dire donner un coté humain. Faire un film avec de l’action mais pas seulement où les machines se mettent sur la gueule et se détruisent. Faire aussi un film pleins d’émotions qui peuvent toucher tout le public. C’est pour cela que Steven Spielberg a fait appel à Shawn Levy pour la réalisation du film.

Une fois la traduction de la réponse faite, Shawn Levy prend la parole de prononce un plaisant «Je vais essayer de répondre en français comme ça, ça ira plus vite, on pourra faire plus de questions» devant une salle riante.

La deuxième question est adressée à Hugh Jackman, en anglais. Ce dernier le fait remarquer à la traductrice en lui demandant si elle a besoin de traduire la question, ce qui ne manque pas de faire rire Shawn Levy et toute la salle.

La question est donc, comment les enfants de Hugh Jackman ont réagi à la scène de baiser entre Charlie (Hugh Jackman) et Bailey (Evangeline Lilly).

Il répond que c’est la première fois qu’il peut emmener ses enfants à un de ses films parce qu’il n’y a pas de violence pure, de sang, etc. Et il s’est dit qu’il peut le faire pour Real Steel parce qu’en plus il n’y a pas de scène d’amour ou de baiser… Mais en fait si et devant la scène du toit Hugh s’est dit «Ok… Peut être qu’il y en a une finalement». Puis il a regardé sa femme qui regardait leurs enfants. Son fils avait dit sur le moment «wow you’re in trouble», sa fille elle bien qu’étant bouche bée devant, ça ne l’a dérangeait pas vraiment. Il nous dit ensuite que ses enfants ont vraiment adoré le film, sont tombé amoureux du robot, voulaient des robots après ça.

Après une question, Shawn Levy nous explique ensuite, en français (!) que certains combats on été raccourcis durant le film. Et des scènes vraiment émotionnelles ont été coupées où on voit, par exemple, Max avec des papillons reçu de sa mère décédée. Il nous dit qu’il ne faut pas rendre le film trop émotionnel, comme il ne faut pas rendre le film trop violent. Trouver la bonne balance entre les deux.

Ce qui est drôle c’est que pendant ses réponses le réalisateur switch entre l’anglais et le français, toujours dans le sourire. Ca fait toujours plaisir à voir des artistes qui prennent du plaisir à être là et répondre aux questions, en s’amusant presque.

Par la suite Hugh Jackman parle de la relation qu’il avait avec son père par rapport à la boxe. Ce dernier, boxeur, ne laissait pas Hugh et ses frères regarder des matchs de boxe étant plus jeunes. Il explique ensuite que son père va adorer le film parce que pour le film il s’est fait entraîné par Sugar Ray, un grand boxeur.

Ensuite le réalisateur nous dit qu’il y a de la violence dans Real Steel, mais la réaction des personnes ayant vu le film lui ont fait plaisir. Il savait que les hommes allaient aimer le film, mais il s’est aperçu que les femmes ont été très enthousiaste aussi par rapport au film. Elles ont pris du plaisir dans les combats parce que justement il n’y avait pas de sang. Le sang est remplacé par l’huile, le corps par la ferraille des robots.

Le film est véritablement chargé en émotion parce que ce n’est pas simplement une histoire de robot mais il faut aussi croire aux humains qui sont sur le coté aussi.

Hugh Jackman a vraiment été impressionné par le jeune Dakota Goyo qui joue Max, le fils de Charlie. Pour lui il était nécessaire que la relation père/fils fonctionne puisque c’est le colonne vertébrale du film. Et pour lui ce garçon est très différents des autre enfants acteurs et le feeling est passé immédiatement entre les deux.

Pour Shawn Levy Dakota dans la vie de tout les jours est un enfant normal, comme les autres, mais une fois à l’écran il se transcende, il y a de la magie. Ou plutôt «il y a du magique là».

Le réalisateur nous explique ensuite que le film est autant réussi qu’il le voulait et qu’il veut que le film ait l’âme de Rocky et l’immense succès de Transformers. L’idée était de faire un film sportif, un peu dans la lignée de Rocky, Raging Bull, etc… Sans lesquels Real Steel n’aurait peut être pas vu le jour.

Pour Hugh Jackman qui est un grand fan de la franchise Rocky c’était une grosse opportunité pour lui de jouer dans ce film. Le fait que l’histoire parle d’un outsider qui va petit à petit monter les échelons lui a beaucoup plus et la difficulté qu’une histoire comme ça peut avoir.

La dernière question a beaucoup fait rire Hugh Jackman à cause de l’accent du journaliste «I love hear my name in french : Hugues».

Finalement la conférence de presse s’est vraiment bien passée et c’était un véritable plaisir d’y assister quand on voit la bonne humeur des deux invités.

 

Romain