Critique : Hunger Games de Gary Ross

Alors autant être honnête dès le départ, je n’ai pas lu le livre. Je connaissais l’histoire et savais qu’il était écrit à la première personne, du point de vue du personnage principal, Katniss, mais c’est tout.

Pour situer l’histoire, nous nous trouvons dans une Amérique du nord post-apocalyptique, du nom de Panem, où un puissant gouvernement appelé Le Capitole contrôle 12 Districts. Après une rébellion du district 13, qui sera anéanti, les 12 districts se voient obligés de participer à un jeu télévisé, les Hunger Games, où ils doivent envoyer à chaque éditions deux tributs, un garçon et une fille entre 12 et 18 ans. Ces 24 participants, enfermés dans une arène, s’affrontent dans un combat à mort et seul le dernier survivant est déclaré vainqueur. Lors de la 74ème édition la jeune Primrose Everdeen est choisi pour ce participer à ce macabre jeu, mais afin de la sauver sa grande soeur Katniss (Jennifer Lawrence) se porte volontaire et la remplace.

The Hunger Games qui fait un véritable raz-de-marée avec 30 millions de livres vendus dans le monde est la nouvelle grande saga à être adapté au cinéma, après Harry Potter et Twilight. Si la hype autour de ce film peut rappeler celle de Twilight – la cible visée se trouvant être le public jeune et accessoirement fan de Twilight – la saga écrite par Suzanne Collins se veut un peu plus violente, un peu moins niaise, un peu moins con-con oserais-je dire.

Afin d’éviter de la redondance et une narration trop lourde, Gary Ross – qui réalise le film – a décidé de ne pas reprendre la forme du livre, on ne vit pas le film à travers le regard de Katniss. De ce fait le scénario (co-écrit par Suzanne Collins) touche alors véritablement le coté dictatorial de l’histoire, de ce monde au gouvernement répressif. Que ce soit dans cette société, ou dans le jeu, tout est contrôlé. Toute moralité semble avoir été annihilé. Disons que quand on en arrive à célébrer un jeu dans lequel 23 jeunes doivent mourir il n’y a plus de question à se poser sur ça. Cette approche de l’histoire est très intéressante et nous permet de voir une critique de notre société actuelle, bercée par une télé-poubelle adulée par des milliers de gens.

Il est dommage que l’instinct de survie, même si présent dans le film, soit survolé, nous ne sommes pas dans les pensées de Katniss, nous ne savons pas réellement ce qu’elle ressent. De ce fait son coté calculateur est totalement mis de coté, ses actes sont dictés par son mentor Haymitch, en dehors de l’arène. Il est aussi dommage que ce manque réduise considérablement l’intensité du film, l’intensité de l’action dans l’arène, ainsi que l’empathie que l’on peut avoir pour des personnages bien trop creux. Katniss, pourtant décrite comme un personnage fort, indépendant, s’occupant quasiment seule de sa soeur et de sa mère rongée par le décès de son mari, semble presque manquer de caractère tant son personnage est… survolé. Malgré tout, Gary Ross a choisi de se rapprocher du livre dans le sens où, dans l’arène, nous ne voyons que ce que Katniss voit, entendons que ce qu’elle entend. L’action des autres participants n’est seulement évoqué que par des coups de canon annonçant la mort de participants.

Dans cette histoire pleinement ancrée dans la science fiction l’esthétique a été travaillée, on sent une véritable recherche sur la photographie qui alterne un ton froid, terne collant à la nature pauvre et rude du District 12 ainsi qu’à l’atmosphère de l’arène, et des couleurs vives, festives collant parfaitement à la festivité et l’enthousiasme des habitants stéréotypés, caricaturaux et superficiels du Capitole pour ces jeux annuels. Même si certains effets lors de la présentation des participants peuvent paraître un peu over-the-top.

Les acteurs ont pleinement rempli leurs rôles, chacun semblait vraiment prendre du plaisir, notamment Elizabeth Banks interprétant Effie, femme excentrique, à la solde du gouvernement ayant tiré au sort Katniss et Peeta lors de la moisson au district 12, ne se retrouvant jamais trop dans l’excès. On retrouve également un excellent Woody Harrelson – malgré cette étrange chevelure blonde –  dans le rôle d’Haymitch, mentor de Katniss et Peeta.

Si un sentiment positif se dégage d’Hunger Games, le coté édulcoré et le manque de tension fait qu’on ne se sent jamais vraiment immergé. Paradoxalement le réalisateur fait de nous, spectateurs, partie intégrante de ces Hunger Games lorsqu’il abat le 4ème mur avec les interventions de Ceasar (Stanley Tucci) et son acolyte Claudius (Toby Jones). En tant que commentateurs ils se trouvent face caméra à nous expliquer quelques éléments du jeu, notamment la dangerosité des abeilles. On a alors l’impression d’être spectateur d’une télé-réalité que l’on verrait à la télévision tranquillement assis chez nous dans notre canapé, comme un simple Big Brother. Simplement ici on découvre également l’envers du décors et les manipulations des game-makers, rappelant aux participants qu’ils n’ont le contrôle sur rien. Si leur survie dépend de leur habilité à échapper aux autres, ce n’est pas eux qui ont leur destin entre leurs mains… Enfin presque.

Romain

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