L’Hebdo des Blogs Ciné – Numéro 1

A la Une de notre premier numéro de L’Hebdo des Blogs Ciné : Anna Karenine, Télé Gaucho, Looper, The King of New York et Argo.

Critique du film Argo

[NDLR : Cette critique a été rédigée par une Rédactrice Invitée Anonyme]

En 1979, l’ambassade américaine est prise d’assaut par des révolutionnaires iraniens. Des américains sont fait otages mais six réussissent à s’échapper du chaos et se refugient à l’ambassade du Canada. Pour les rapatrier avant qu’ils ne soient retrouvés et exécutés, la CIA en la personne de Tony Mendez, expert en exfiltration, imagine un plan : les faire passer pour une équipe de tournage canadienne venue en Iran en repérage pour leur film de science fiction ‘Argo’.

Après Gone Baby Gone et The Town, Ben Affleck démontre avec Argo qu’il est un réalisateur au potentiel croissant et impressionnant. À la seconde où Argo débute, on est cueuillis, et on ne lâche pas (on se souviendra longtemps de cette longue scène d’introduction où la caméra énergique se déplace à travers le peuple iranien en furie).

Le film se découpe en trois parties bien distinctes, chacune d’entre elles ayant sa manière propre d’être filmée. Ben Affleck dit s’être inspiré de L’Affaire Thomas Crown (1968) de Norman Jewison ou encore du film Les Hommes du President (1976) de Alan J. Pakula pour toute la partie sur la CIA. Cette stylisation très marquée d’Argo contribue grandement à la réussite du film. Historique de par son point de départ, Affleck joue tout au long du film sur deux tableaux. Celui de l’Iran avec sa révolution et ses prises d’otages mais surtout l’autre qui est la création de la mission. Hollywood et sa capacité à créer de faux films, vendeur de rêves et sauveteur d’otages. L’illustration parfaite est cette scène magistrale de parallèle entre la lecture de scenario du film Argo par les pseudos acteurs et créatures du future du film et le discours anti américain d’une militante iranienne. Mélange donc de réflexion sur le cinéma hollywoodien mais aussi de tensions qui s’entremêlent. L’arrivée en Iran de l’expert, l’explication du plan et enfin l’application de la mission, tourne le film dans une phase terrifiante, tendue et au suspense insoutenable. On a beau connaitre l’histoire et peut être savoir comment ca se finit mais l’important est de voir comment Ben Affleck nous la raconte. À noter aussi les performances des acteurs qui sont tous aussi juste les uns que les autres. Le couple John Goodman et Alan Arkin en pontes d’Hollywood est d’une drôlerie rare, chacune des leurs apparitions fait mouche. Une petite mention spéciale à Bryan Cranston ému aux larmes à la fin du film, immense acteur que nous ne présentons plus (cf Breaking bad) et que nous aimerions voir encore dans des rôles plus importants au cinéma.

On rit, on s’émeut, on s‘accroche à son siège, Argo est un grand film qui nous démontre une troisième fois que Ben Affleck est un des meilleurs metteur en scène de sa génération. Nous ne serons donc pas étonnés de voir le film nommé et voire oscarisé de multiples fois à la prochaine cérémonie.

… Et dans le cas contraire on leur dira: Argofuckyourself !

Rédactrice Anonyme Invitée par Allociné que l’on remercie !

[Festival] Film from the South

Le festival des Films du Sud  se déroule du 04 au 14 Octobre à Oslo. Le festival, qui fête ses 22 ans, a pour objectif de montrer le meilleur du cinéma non-occidental. Le but du festival est d’apporter à notre partie du globe des films uniques et qui font s’agiter et cogiter. En sus des traditionnelles projections, de nombreux événements sont associés au festival tels que des cosplay pour la section manga, des tables rondes sur le co-financement des films en Afrique, des expositions. Plus qu’un festival, FFS se veut un lieu d’échange culturel entre l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique Latine. Plus de 100 films de fiction et documentaires seront diffusés au cours des 10 jours du festival.

Le site officiel: http://www.filmfrasor.no/en/

Pour suivre le déroulement en direct sur twitter (mais en anglais): @thundershelly

Après un démarrage sous le signe du soleil avec un concert brésilien jeudi soir, j’ai participé à l’ouverture de la rétrospective Nikkatsu (le plus vieux studio Japonais), en présence de l’ambassadeur du Japon en Norvège. Quelques films emblématiques du studio seront diffusés tout au long du festival.

Pour l’ouverture de la rétrospective, nous avons pu assister  à la diffusion de A Diary of Chuji’s Travels, chef d’oeuvre muet de 1927! Une diffusion unique qu’il ne fallait rater sous aucun prétexte.

J’essaierai de faire une critique au cours du week end (enfin demain matin). Cet après midi, je vais voir Kokuriko-zaka kara de Goro Miyazaki, avec du Cosplay puis Omar m’a Tuer et My Brother The Devil.

Armand

[Norvège] Flukt

Les films Norvégiens, ça a toujours un nom bizarre. Enfin souvent. Le cinéma Nordique n’arrive pas très souvent en France et pourtant quelques métrages norvégiens ont sû trouver leur chemin vers les écrans hexagonaux. Sortis sur les écrans en 2009 et 2010 respectivement, Dead Snow (Død Snø) ou Troll Hunter (Trolljegeren) ont fait parler d’eux sur le territoire Français. Dernier en date, Kon-Tiki s’est même fendu d’une performance aux Oscars. Le film de genre Norvégien se balade donc hors des frontières de ce petit pays de même pas 5 millions d’habitants.

Vendredi dernier déboulait sur les écrans locaux le nouveau film du réalisateur de Cold Prey et Le Secret de la Montagne Bleue (films assez différents il faut bien le dire), sobrement intitulé Flukt (Escape sur le circuit international).

 

Le pitch:

« Après l’épidémie de Peste Noire qui a ravagé le pays, une famille pauvre cherche un endroit où s’établir. Sur le chemin, elle se fait attaquer par une bande de tueurs sans merci. La seule survivante est Signe, une jeune fille de 19 ans gardée en otage. Elle apprend à ses dépend qu’il y a pire que la mort et que son salut ne peut venir que de la fuite. La chasse est ouverte. »

Les survivals sont peu nombreux et la perspective d’en voir un se dérouler dans les paysages durs de Norvège était bien alléchante. Malheureusement, le film de Roar Uthaug ne parvient pas à convaincre. Alors certes, la photo est jolie, les paysages atypiques, mais c’est loin de suffire pour faire un bon film.

L’argument de vente principal de la campagne marketing était la présence au générique d’Ingrid Bolsø Berdal aperçue dans la série Cold Prey, mais également dans Chernobyl Diaries et au générique du prochain Hansel & Gretel (réalisé par le Norvégien Tommy Wirkola). Vendu aussi sur la présence de Kristian Eivid Espedal plutôt connu comme front-man des groupes de Metal Gorgoroth et God Seed. Dommage pour la jeune Isabel Christine Andreasen, absente de la promo et minuscule sur l’affice alors qu’elle est pourtant au centre de l’histoire.

Le déroulement du métrage est tout à fait convenu et ne parvient pas à susciter le moindre intérêt, la faute à une mise en scène plate et une musique inadéquate largement pompée chez le Hans Zimmer de Gladiator, mais sans le brio et souvent en décalage complet avec les scènes.

Le film ne vaut donc ni par son statut de survival, ni par son origine géographique. Je ne sais pas si le film trouvera un distributeur pour les salles Françaises, mais si quelqu’un dans le biz lis ces lignes, je lui conseille fortement de choisir autre chose. Ou alors d’en faire un DTV.

J’ai fait quelques photos de la première, vous pouvez les trouver >>ici<<

Demain débute à Oslo le Festival des Films du Sud, j’essaierai de vous faire des comptes rendus réguliers vu que j’ai choppé une accréditation presse.

Armand