[Série TV] Les Revenants

FilmGeek a eu l’occasion de voir en avant première la nouvelle création originale de Canal +, Les Revenants. Créée, réalisée et scénarisée par Fabrice Gobert, la série est librement inspirée du film du même nom de Robin Campillo, sorti en 2004. Dans ce long métrage, des milliers de morts revenaient à la vie dans le monde entier, et la difficile question de la réinsertion dans les familles de ces personnes décédées se posait. Fabrice Gobert nous livre une série bien plus intimiste et place son intrigue dans un petit village de montagne.

De mon point de vue, Les Revenants possède le meilleur pilote de série en cette saison 2012/2013 tous pays confondus. Rien que ça ! La concurrence n’était pas des plus difficiles mais ça fait bien longtemps qu’une série française ne m’avait pas fait cet effet là. D’une écriture périlleuse mais juste, à une réalisation léchée, la série se place comme un modèle du genre. Mais quel genre ? Les Revenants ne rentre pas véritablement dans une case précise. Un drame humain, teinté de fantastique, de mystères à l’atmosphère assurément inquiétante. Si Twin Peaks est une des références évidentes de la série, Lost ou encore Les 4 400 viennent également frapper à la porte.

Elle place l’individu au centre de son récit. Ou plutôt les individus. Les Revenants se place comme une série chorale, centrant chacun de ses 8 épisodes sur un protagoniste différent et dévoilant leur histoire. Camille et Simon pour les deux premiers. Les acteurs, pour la plupart inconnus, incarnent avec justesse leur personnage. Exercice qui s’avère délicat sur le papier, puisque la série aurait pu vite partir dans un pathos excessif, ou dans une  trop grande mélancolie malvenue. Mais les acteurs s’en sortent très bien et réussissent à rendre leurs personnages touchants. Que ce soit Camille (Yara Pilartz), jeune fille de 15 ans retrouvant ses parents et sa soeur 4 ans après son accident de car, Adèle (Clotilde Hesms) voyant son amour de jeunesse, Simon (Pierre Perrier), revenir 10 ans après, ou encore Julie (Céline Sallette), infirmière au passé trouble accueillant Victor (Swann Nambotin), un petit garçon énigmatique. On mentionnera également la sublime musique signée Mogwai qui, si elle est trop présente lors du premier épisode, se marie parfaitement avec l’ambiance créée par Fabrice Gobert.

Tout au long de ses 8 épisodes Les Revenants soigne son histoire, et l’aura mystérieuse qui l’entoure. Le téléspectateur se retrouve devant un brouillard qui, s’il s’éclaircit au fil des révélations, arrive à maintenir un flou constant. Pourquoi sont-ils revenus ? Comment ? Pourquoi eux ? Sont-ils liés par quelque chose ? Des réponses qui n’arriveront, espérons le, qu’après 8 épisodes passionnants.

 

Romain

Images : Canal + ©