Compte-rendu du déjeuner de presse du film De l’autre côté du périph, de David Charhon, avec Omar Sy et Laurent Lafitte.

Lundi 10 décembre, j’ai été conviée au déjeuner de presse du film « De l’autre côté du périph« , où, pendant plus d’une heure, j’ai partagé un repas avec les deux comédiens principaux du film : Omar Sy et Laurent Lafitte, ainsi que le réalisateur : David Charhon.

Le film est un sympathique buddy movie, divertissant et un brin désinvolte, mettant en scène deux flics aux méthodes et aux caractères bien trempés mais radicalement différents, François Monge (Laurent Lafitte) et Ousmane Diakité (Omar Sy), révélant deux visages de la région parisienne : Paris et la banlieue. Un film donc sur la différence, sur l’intégrité, mais surtout sur l’amitié.

Le film repose sur deux principales références cinématographiques : Josse Beaumont, le dur-à-cuir(e) incarné par Jean-Paul Belmondo dans Le Professionnel de Georges Lautner et Alex Foley, le flic de Beverly Hills joué par Eddy Murphy. Mais ce sont finalement deux grandes tendances du cinéma policier qui s’entremêlent dans ce film, pour le pire comme pour le meilleur : les films policiers français des années 1970, ceux de Georges Lautner en tête, et tous les buddy movies du cinéma nord-américain des années 1980 à nos jours, des Armes Fatales à la « Bon cop, bad cop ».

D’entrée de repas et de jeu, on nous a servi Laurent Lafitte qui a attaqué très fort la discussion en parvenant à manger une salade de roquette de manière très élégante (ce que je n’ai, personnellement, pas su faire), tout en nous expliquant son rôle dans le film.
Ce qui lui a plu dans le scénario et ce qui lui a fait accepter de jouer son personnage, c’était la potentialité du film à aller au delà des clichés tout en s’y attaquant de front. En effet, le film n’a pas peur de la caricature, les situations de comédies naissant justement de cette confrontation avec les clichés, ce qui permet de les désamorcer habilement par la suite, en les ancrant dans un contexte plus sérieux. Ainsi, le personnage le plus moral n’est pas forcément celui qu’on croit, et inversement, ce qui a permis de créer des personnages complémentaires mais aussi plein de surprises.
Laurent Lafitte est ensuite revenu sur son engagement au sein de la Comédie Française, une situation nouvelle dont il est très fier et qui a modifié de nombreuses choses du côté de l’organisation de ses plannings de tournage, étant donné qu’il doit maintenant faire des demandes de congés pour faire des tournages. Il doit maintenant peser à chaque fois le pour et le contre : tournage ou théâtre ?
Il n’est pas du genre Actors Studio, mais il a expliqué que la présence d’un consultant de la police avait été nécessaire pendant le tournage de certaines scènes, afin qu’il soit sûr que ses gestes, ou ses sommations, soient les plus justes et réalistes possible. Il a aussi dû apprendre à manier une arme, une expérience qu’il a proprement détestée. Il nous a avoué qu’il n’a jamais été à l’aise avec les armes, contrairement à la nudité qui ne lui pose aucun problème (comme le prouvent plusieurs scènes du film).
Il nous a raconté ensuite comment il avait donné corps à son personnage à travers certains gestes. Pour lui, le personnage de François Monge est souvent persuadé d’avoir du style, alors qu’il est simplement ridicule. C’est un film qui fonctionne grâce aux différences et aux oppositions entre les personnages, ils sont souvent grotesques l’un et l’autre et dépassent ainsi les stéréotypes : un cliché (un ridicule) en annule un autre. Les situations de comédie surgissent de la confrontation des contradictions, l’action est pour cela traitée au premier degré, mais elle est toujours là pour nourrir la comédie. C’est un mode d’écriture qui, finalement, n’existe pas ou peu en France et, pour Laurent Lafitte, c’est là que réside la force et l’originalité de ce film français.

Après cette belle entrée en matière, nous sommes passés au plat de résistance, avec un Omar Sy servi sur un plateau (ou presque). Bien entendu, nous attendions tous de discuter avec Omar avec une certaine impatience, la plupart d’entre nous l’ayant déjà rencontré avant le succès d’Intouchables ou pour le S.A.V., c’est-à-dire avant l’explosion fulgurante de sa carrière. Et bien, qu’on se le dise, Omar n’a pas changé, il est toujours le même, aussi drôle et solaire qu’avant son succès international et son César, avant son année folle et son congé sabbatique passé à Los Angeles avec sa famille.
Lui aussi a parfaitement réussi à discuter tout en mangeant une délicieuse volaille sauce morille et ses petits légumes (les stars doivent certainement avoir des séances de coaching pour parvenir à manger de manière si élégante tout en parlant de leur travail en même temps).
Omar nous donc a expliqué que le tournage du film De l’autre côté du périph à commencer le lendemain du jour de sortie d’Intouchables, et qu’il avait accepté de faire ce film avant même le tournage d’Intouchables (ce qui explique que le film présente des similitudes -par anticipation- avec Intouchables). Il nous a confié que le tournage avait été pour lui été une période difficile, mais aussi une sorte de bouclier qui l’avait en quelque sorte « protégé » du déchaînement « Intouchables » : il n’avait pas d’autres choix que d’être aussi prêt que l’étaient David Charhon et Laurent Lafitte chaque matin sur le tournage, même s’il ne pouvait pas agir comme si les chiffres toujours plus hallucinants d’Intouchables n’existaient pas. Ce fut donc pour lui un bon exercice mental, afin de pouvoir garder les pieds sur terre et de continuer à faire la part des choses pour vivre le tout le plus sainement possible. Il savait que le succès lui donnait des ailes, mais il ne voulait surtout pas s’écraser en catastrophe. Ces « ailes », comme il aime appeler le succès, furent aussi et surtout pour lui l’occasion de prendre du temps, pour lui et sa famille, mais aussi de prendre du recul encore et toujours sur cette situation qui ne peut arriver qu’une seule fois au cours d’une vie.
Pour revenir au film en lui-même, il avait trouvé à la lecture du scénario que le projet de De l’autre côté du périph était plutôt moderne et ambitieux, en choisissant comme héros un flic de banlieue et en s’inspirant des comédies policières à l’américaine. Les détournements de clichés l’ont beaucoup amusé et il a expliqué qu’il était heureux d’être arriver dans une période intéressante de production dans le cinéma français qui lui permettaient de jouer de tels rôles. Le regard de la société sur la banlieue est en train de changer et il sait que c’est en partie grâce au cinéma qui en parle, de manière réaliste mais aussi en se moquant des clichés, comme le fait De l’autre côté du périph.
Contrairement à Laurent Lafitte, la manipulation des armes n’a pas été un problème pour lui : cela le renvoyait aux jeux de petits garçons, c’est ce qu’il l’a d’ailleurs le plus motivé à faire ce film : ce plaisir de  » faire semblant » de se bagarrer, de se pourchasser, de se tirer dessus, comme les jeux dans les cours d’école.
Par contre, la nudité lui pose problème car Omar est quelqu’un de très pudique. L’une des séquence de ce film a été la plus difficile à tourner pour lui, sur toute sa carrière (une scène dans un club libertin, où il se trouve en caleçon au milieu de dizaines de comédiens -dont Laurent Lafitte- et de figurants, qui sont complètement nus). Finalement, sa pudeur, qui l’a poussé à insister dans son refus auprès du réalisateur à se mettre lui aussi complètement nu, est devenue une force dans le film, puisque cela permet d’apporter une réelle profondeur au personnage et implique de nouveaux niveaux de lecture dans la psychologie des deux héros.
Il est ensuite revenu sur son prochain gros projet en tant qu’acteur, qui est L’Ecume des Jours de Michel Gondry. Ce film incarne pour lui les vraies conséquences de son succès après Intouchables, et son César. Il appelle d’ailleurs ce film son « premier projet de vrai acteur ». Sauf que travailler avec Michel Gondry est quelque chose de très atypique et le cinéaste est parvenu en quelques heures à démonter toutes les certitudes de jeu qu’Omar s’était construit en l’espace de plusieurs années, déstabilisant ainsi ses zones de confort, ce qu’il a particulièrement adoré comme expérience.
Il nous a expliqué être maintenant très surpris de la diversité des projets qu’on lui propose. Il  aimerait exploiter tous les champs des possibles qu’on lui propose : il n’a aucune limite maintenant (hormis les scènes de nu, donc) et il sait qu’il a le luxe de vraiment choisir ses rôles, en France, comme à l’étranger.

Sur ce, le dessert nous a été apporté avec le réalisateur David Charhon.
Sa première envie pour le film était de créer des personnages forts, afin qu’il y ait une opposition et une complémentarité entre eux ainsi qu’entre la comédie et l’action. Il s’est bien sûr inspiré des buddy movies, mais aussi -et surtout- des films français de Bebel et de Lautner. Il souhaitait créer un savant mélange avec les comédies d’action à l’américaine mais aussi tout le cinéma de divertissement produits en France dans les années 70 et 80. Pour cela, il a mis à l’écran et dans la bande son de nombreuses références implicites et explicites au cinéma français de  cette époque.
Toute la difficulté a été de contourner les clichés volontaires du film pour montrer un sujet de fond sérieux, complexe, avec une réalité sociale forte. Pour y parvenir, il a notamment tenu à tourner en banlieue et à travailler directement avec des jeunes de cité.
Tourner un polar est quelque chose de très contraignant et de très fatiguant. Il le savait mais il a tout de même tenu à tourner un maximum de scènes en extérieur, en plein hiver, afin de retrouver des ambiances qu’il avait adoré dans des films comme Un après-midi de chien, de Sidney Lumet. Il faut cependant savoir que dans le cinéma français, tourner en extérieur en hiver est quelque chose qui ne se fait pratiquement jamais, à cause des journées beaucoup plus courtes et de l’épuisement des acteurs et des équipes techniques/artistiques à rester des heures dans le froid. Mais pour David Charhon, le fait d’avoir ses comédiens subissant réellement le froid et des journées de travail courtes mais très chargées et stressantes, donnent une densité de jeu qui se voient à l’écran et apportent l’authenticité nécessaire à la crédibilité des personnages.
Zabou Breitman incarne un second rôle assez (d)étonnant dans le film, et le rôle n’était pas initialement aussi développé ni même prévu pour elle. C’est Laurent Lafitte qui l’a amenée sur le projet, après que lui et Zabou aient travaillé ensemble pour l’émission parodique « A votre écoute, coûte que coûte » sur France Inter (où était d’ailleurs intervenu Omar, pour une émission des plus fameuses). Zabou a elle-même proposé son personnage à David Charhon, qui a beaucoup apprécié travailler avec cette « guest ».
Le déjeuner s’est conclu avec l’évocation des prochains projets du réalisateur. Si le film fonctionne, David Charhon ne serait pas contre réfléchir à une suite, peut-être moins centrée sur l’action mais davantage sur les personnages, des personnages qu’il aime profondément et pour lesquels il y a encore matière à développer et des comédiens avec qui il apprécierait tourner à nouveau…

Le déjeuner fini, j’ai quitté Paris, ses beaux restaurants et ses décorations lumineuses de Noël, afin d’aller retrouver le béton gris de ma chère banlieue… de l’autre côté du périph’ !

Caro

  [NDLR – Disclaimer] J’ai bossé sur le film, mais je n’ai strictement retouché/imposé/censuré à Caro.
Flo

Télécharger 30 scripts de films de 2012/2013

Alors que la campagne pour les Oscar 2013 bat son plein, les studios US mettent à disposition gracieusement les scénarios des poulains qu’ils aimeraient voir en lice dans les catégories « Meilleur scénario original » et « Meilleur scénario adapté« .

For your consideration, on vous a fait un petit pack avec le 30 scripts réunis : Pack Scripts Oscar 2013 , mais vous pouvez aussi les prendre à la pièce :

  1. Anna Karenina (Focus Features)
  2. Arbitrage (Lionsgate / Summit / Roadside Attractions)
  3. Amour (Sony Classics)
  4. Beasts of the Southern Wild (Fox Searchlight)
  5. The Best Exotic Marigold Hotel (Fox Searchlight)
  6. Celeste And Jess Forever (Sony Classics)
  7. Django Unchained (The Weinstein Co.)
  8. Flight (Paramount Pictures)
  9. Frankenweenie (Walt Disney Pictures)
  10. Hitchcock (Fox Searchlight)
  11. Hyde Park on Hudson (Focus Features)
  12. Les Miserables (Universal Pictures)
  13. Lincoln (Dreamworks)
  14. Looper (TriStar)
  15. The Lorax (Universal Pictures)
  16. The Master (The Weinstein Co.)
  17. Middle of Nowhere (AFFRM via Rope Of Silicon)
  18. Moonrise Kingdom (Focus Features)
  19. ParaNorman (Focus Features)
  20. The Perks Of Being A Wallflower (Lionsgate / Summit / Roadside Attractions)
  21. Promised Land (Focus Features)
  22. Quartet (The Weinstein Co.)
  23. Rust and Bone (Sony Classics)
  24. The Sessions (Fox Searchlight)
  25. The Silver Linings Playbook (The Weinstein Co.)
  26. Smashed (Sony Classics)
  27. Snow White And the Huntsman (Universal Pictures)
  28. Ted (Universal Pictures)
  29. This Is 40 (Universal Pictures)
  30. Wreck-It-Ralph (Walt Disney Pictures)
Et pour les futurs oscarisables, vous avez aussi la fameuse Black List version 2012 qui vient d’être dévoilée : The Black List 2012

Critique du film Le Hobbit, Un Voyage Inattendu, de Peter Jackson

Synopsis :

Quelques heures avant la fête d’anniversaire célébrant ses 111 ans, Bilbon Sacquet commence à écrire pour son neveu Frodon une histoire qu’il ne lui a encore jamais racontée, une histoire qui s’est déroulée 60 ans auparavant, celle qui signa son amitié avec Gandalf le Gris. Au cours de cette aventure, Bilbon aura traversé une partie de la Terre du Milieu accompagné par 13 nains d’Erebor – dont le légendaire guerrier Thorin Ecu-de-Chêne – pour qu’il les aide à récupérer leur trésor détenu par le redoutable dragon Smaug. Il aura aussi affronté des trolls, des gobelins, des orques, des araignées géantes, des sorciers… et, surtout, il aura été marqué par la rencontre de l’étrange Gollum, dont il vola le précieux anneau qui changera par la suite le cours de sa vie, mais aussi le cours de toute l’histoire de la Terre du Milieu…


Il était une fois…

Il était une fois… des studios et un cinéaste qui ne voulaient plus quitter le monde merveilleux de la Terre du Milieu et qui espéraient qu’il en soit de même pour les spectateurs et les fans.

Il était une fois un écrivain anglais qui avait développé une mythologie féérique si riche, à la fois si simple et si complexe, qu’il était dans la logique même que des producteurs et un cinéaste y consacrent le temps, l’argent et l’énergie pour tenter de l’exploiter, de le restituer, de l’approfondir à sa juste mesure.

Il était une fois l’histoire d’un hobbit doux et curieux, partagé entre deux histoires familiales, entre deux philosophies de vie : celle des Sacquet et celle des Touques. L’une était amatrice d’herbe à pipe et de bons repas, l’autre était plutôt du genre à trancher de la tête de gobelin pour l’envoyer dans un terrier au loin (et à inventer le jeu du golf, par la même occasion).

Il était une fois un comédien, Martin Freeman, au jeu si subtil et candide qu’il donnait irrésistiblement envie de voir et d’aimer tous les rôles qu’il incarnait.

Il était une fois une lectrice et une spectatrice passionnée par l’oeuvre de J.R. Tolkien et celle de Peter Jackson, follement addict de l’acteur Martin Freeman et qui devait écrire une critique d’un film qu’elle attendait depuis longtemps… La réussite (du film, de la critique) sera-t-elle atteinte au bout de ce voyage (in)attendu ?


De l’oeilleton d’un trou de hobbit à l’oeil de Smaug…

Qu’est-ce donc que Le Hobbit, Un Voyage Inattendu ? Reprenons quelques points évidents mais importants :
Tout d’abord, il s’agit du premier volet d’une nouvelle trilogie autour de l’univers du Seigneur des Anneaux. Et donc, par conséquent, la possibilité de rapporter à nouveau le pactole pour New Line, MGM et Warner.
Ensuite, c’est l’adaptation du livre qui a fait connaître Tolkien dans le monde entier et qui l’encouragea ensuite à écrire Le Seigneur des Anneaux, oeuvre phare et fondatrice de l’heroic fantasy moderne.
Enfin c’est une oeuvre cinématographique expérimentant une nouvelle technologie de captation et de projection d’images 3D, à 48 images par seconde, le HFR 3D (High Frame Rate), permettant davantage de fluidité et de détails dans l’image (notamment pendant des mouvements de caméra) et donc plus de confort et de spectaculaire pour le regard.

Alors oui, me diront certains (je me fais l’avocat du diable, ou de Sauron) : pourquoi faire de Bilbo le Hobbit – qui est une oeuvre très courte et simple en regard du Seigneur des Anneaux – une trilogie, hormis pour rapporter du pognon, toujours plus de pognon ? Et puis, si c’est pour voir plus ou moins la même chose que Le Seigneur des Anneaux, à quoi bon payer des places hors de prix ? C’est encore une fois prendre le spectateur pour un hobbit naïf qui abuserait de l’herbe à pipe !

L’herbe à pipe, une substance que semble bien apprécier Peter Jackson

Mais voilà, braves hobbits que vous êtes, vous avez vous aussi le goût de l’aventure, certes, mais de l’aventure bien faite, qui se vit confortablement, bien au chaud dans un fauteuil moelleux.

Il est vrai que ce nouveau film peut parfois davantage donner l’impression d’assister à un remake plutôt qu’à une préquelle de La Communauté de l’Anneau : nous retrouvons un contexte équivalent où Frodon est remplacé par Bilbon, avec la même traversée épique de la Terre du Milieu. Mais par le biais de ces aventures qui se regardent en miroir, il s’agit surtout de montrer des héros, appartenant à une même famille tiraillée entre deux extrêmes (le confort du foyer et le danger de l’aventure), qui osent aller au-delà d’eux-mêmes, de comprendre qui ils sont vraiment, de révéler des valeurs nobles qui vont faire d’eux des êtres exceptionnels, qui vont leur permettre de s’intégrer puis de s’imposer comme la force d’un groupe, de les faire s’accepter pour ce qu’ils sont véritablement, avec leurs défauts et leurs qualités, mais sans jugements infondés…

Ce sont des voyages initiatiques en somme, qui placent un individu ordinaire face à une situation extraordinaire, que l’on peut grossièrement résumer en quelques étapes. Tout d’abord l’appel à l’aventure, que le héros doit refuser dans un premier temps pour enfin l’accepter, il va ensuite se heurter à une série d’épreuves qui vont lui permettre de découvrir ses vraies valeurs, cette force psychologique et physique acquise au cours des épreuves va lui permettre d’atteindre l’objectif demandé, ce qui va lui apporter un savoir important, unique, qui lui appartient et qui va le caractériser comme un être exceptionnel. S’opère ensuite son retour dans le monde ordinaire, la confrontation avec sa vie d’avant le voyage et celle d’après et enfin, la manière dont il va utiliser toute l’expérience acquise lors de sa quête.

Cette structure narrative hyper-classique, omniprésente dans nos récits littéraires et cinématographiques, existe depuis des siècles (déjà en partie présente chez Homère, mais aussi dans les légendes germaniques comme l’anneau des Nibelungen, anglo-saxonne comme le mythe arthurien par exemple, ou nordiques comme le mythe de Beowulf, dont Tolkien était spécialiste universitaire). En 1949, l’anthropologue Joseph Campbell a d’ailleurs proposé une très belle analyse de cette structure narrative récurrente, qu’il a nommée le « Voyage du héros », dans son ouvrage sur Le Héros aux mille et un visages (et qui influencera particulièrement Georges Lucas avec Star Wars). 1949, c’était avant la parution du Seigneur des Anneaux (1954), mais bien après celle de Bilbo le Hobbit (1937). Comment ne pas y voir un lien évident : Tolkien, sans en être conscient, semble avoir proposé avec Bilbo le Hobbit une forme d’archétype parfait du Voyage du Héros qu’analysera par la suite Campbell.

Oui, je reviens au film. Cet aparté me semblait juste nécessaire afin d’ancrer le nouveau film de P. Jackson dans le contexte même de l’oeuvre de Tolkien et de tout ce que cela dégage, à bien des niveaux. Bilbo le Hobbit ou L’Histoire d’un aller-retour est une oeuvre très importante, tout aussi importante d’un point de vue littéraire, narratologique et même anthropologique que Le Seigneur des Anneaux, essentiellement lié au fait que Le Hobbit demeure à l’origine un livre pour enfants, peut-être, pour moi et certainement quelques autres, le plus grand livre pour enfants jamais écrit avec Alice au Pays des Merveilles. Qui a lu Bilbo le Hobbit en étant enfant ou adolescent reste profondément imprégné et garde en tête nombre de détails, nombre de situations.

Ce qui m’a marquée, et ce dont je me souvenais avant de voir le film (je n’ai pas relu le livre depuis mes 15 ans, j’en ai bientôt 30), c’était l’arrivée des nains dans le terrier de Bilbon et la panique et l’incompréhension que cela généraient en lui. Et puis cette incroyable scène de rencontre entre Bilbon et Gollum, autour de devinettes au fond d’un gouffre qui, rien qu’en y repensant, me (re)donne des frissons. Et enfin la confrontation avec le redoutable Smaug, dragon magnifique, fier, avide et cruel, tapi dans le Mont Solitaire, veillant âprement sur l’or volé aux Nains d’Erebor. Ce sont de beaux souvenirs de lecture de jeunesse et le film ne les a pas gâchés, bien au contraire.

Certains critiques, après la projection, ont reproché au film d’être trop mièvre, trop simpliste par rapport au Seigneur des Anneaux. J’ai même entendu, de loin, un « mais ce film, c’est Le Seigneur des Anneaux pour les nuls !« . Ce qui m’a plutôt exaspérée sur le coup puisque, évidemment, Le Hobbit et Les Seigneur des Anneaux sont deux oeuvres littéraires différentes, et en même temps, volontairement très proches (en miroir, comme je l’ai déjà écrit). L’une s’adresse à des enfants et l’autre, ensuite, à des adultes. Mais au final, ces critiques démontrent que les adaptations de P. Jackson demeurent avant tout très fidèles à l’esprit des livres et à la pensée de Tolkien.

 

Les autres critiques qui sont ressorties après la projection était sa longueur . C’est vrai que le film est pratiquement aussi long que ma critique ! ^^

S’il y a bien une chose que l’on ne peut reprocher à Peter Jackson, c’est de bâcler ses films. Quand on va voir un film de P. Jackson, on sait TOUJOURS à quoi s’attendre : le film sera long. Voilà, c’est comme ça. James Cameron a bien fait un film de 3h20 sur un naufrage… L’un comme l’autre sont des cinéastes qui font du spectaculaire en prenant leur temps, en construisant progressivement un contexte, une ambiance, une action, etc. C’est rappeler au spectateur qu’il regarde un divertissement, mais qu’il y a aussi une histoire, avec des personnages, des situations, des enjeux auxquels il peut s’identifier et sans lesquels les scènes spectaculaires ne fonctionneraient pas. Ce n’est pas, pour moi, des longueurs inutiles.

Parce que faire 2h45 de film pour quelque chose qui correspond à un début de roman (à peine 100 pages), il fallait le faire, et P. Jackson le fait plutôt bien, ne négligeant aucun détail, que ce soit d’un point de vue formel ou scénaristique. Certes, il y a des longueurs, certes, il développe à sa sauce un grand nombre d’ellipses présentes dans le livre, certes il y ajoute beaucoup de sa touche personnelle pour faire un lien fort avec Le Seigneur des Anneaux (le film s’ouvre avec Bilbon, joué par Ian Holm, qui prépare avec Frodon -Elijah Wood- sa fête d’anniversaire, celle même qui ouvre le premier film du Seigneur des Anneaux ; s’y ajoute le Conseil Blanc, permettant de retrouver Galadriel, Saroumane et Elrond).

Mais Peter Jackson pétrie et étire la matière narrative à son maximum sans pour autant créer l’ennui : il y a toujours un petit quelque chose qui permet de conserver l’attention ou de la capter à nouveau. A travers toute cette matière que P. Jackson déploie, c’est aussi notre propre mémoire que nous étirons : nous avons le temps de faire des parallèles, des correspondances avec ce que nous connaissons déjà de l’univers. En étirant ainsi le temps et la matière, il pousse le spectateur à devenir actif, à réfléchir à ce qu’il voit, à ce qu’il connait déjà, à ce qu’il comprend, il nous pousse constamment à nous remémorer, à tirer des liens d’une oeuvre à l’autre, sans pour autant sortir de la contemplation. Et pour ceux qui ne connaissent ni les livres, ni les précédents films, il profite de cette matière élastique pour créer l’atmosphère féérique emblématique et donner ainsi la possibilité aux néophytes de plonger et de se perdre dans la découverte et la complexité de cet univers merveilleux.

Tous les personnages (le toujours aussi formidable Ian McKellen en Gandalf le Gris, l’intriguant et burlesque Magicien Brun Radagast, interprété par Sylvester McCoy, connu aussi comme le 8ème Docteur dans Docteur Who, et l’éternel Christopher Lee en Saroumane le Blanc), mais aussi les décors et les paysages, les accessoires (les épées elfes que trouvent les nains sont absolument sublimes), la plupart des effets spéciaux (numériques ou non) et la musique (reprenant les grands thèmes du Seigneur des Anneaux et proposant de nouvelles variations) s’incrivent dans la magie féérique omniprésente de l’univers. Celle-ci renvoie finalement à la magie des contes de fées, à la magie de la littérature fantastique et du cinéma spectaculaire capable de nous transporter dans les fabuleuses contrées de l’Imaginaire…

Je pourrais néanmoins discuter le fait qu’il y ait beaucoup -peut-être trop- de mouvements de caméra, parfois fatigants pour les yeux et l’esprit (sur quoi doit-on se concentrer ?), mais qui donnent toujours plus à découvrir de ce monde merveilleux. Le fait que je n’ai pu voir le film en 24 images/seconde participe peut-être à cette désagréable impression. J’attends donc avec impatience de me faire éventuellement une autre opinion sur la question avec une projection en HFR 3D. Je tiens par contre à souligner qu’il y a une 3D relief très belle, sans extravagance, avec des jeux de profondeur de champ efficaces, qui donnent là aussi beaucoup de choses à voir.

Il y a donc ici un aspect plus enfantin que dans Le Seigneur des Anneaux, lié au ton originel du roman et à l’omniprésence des nains (et qui dit nains chez Tolkien, dit rarement finesse et subtilité), mais finalement, le trouble et le malaise du spectateur adulte devant certaines situations (les enfants eux riront certainement) s’accordent très bien à ceux de Bilbon, qui découvre ce peuple gras et gouailleur et qui en devient vite effrayé et dégouté puis fasciné et admiratif). Au moins, ça nous évite les ralentis grotesques et exaspérant sur Aragorn dont Jackson avait été beaucoup trop friand -à mon goût- dans la précédente trilogie. Par contre, on peut tout à fait regretter le maquillage parfois limite des nains…

 

Enfin, j’en arrive à ce qui m’a particulièrement plu dans le film (oui, encore plus que tout le reste) :

Tout d’abord les retrouvailles avec Gollum. Andy Serkis nous offre une performance qui prend à nouveau au corps et au coeur, une habileté à donner vie à Gollum qui tire vers une certaine élégance, une gracilité qui n’enlève rien, bien au contraire, à la sournoiserie, à la dépendance, à la schizophrénie, à la folie et donc au danger permanent qui entourent ce personnage devenu mythique. La tension de la scène du jeu des devinettes entre Gollum et Bilbon est aussi remarquable que celle du livre. Si Gollum gagne, il mange Bilbon, si Bilbon gagne, ce dernier retrouvre sa liberté. Cette scène est donc aussi savoureuse que paraît Bilbon à Gollum et aussi effroyable que la présence de Gollum face à Bilbon.

 

Voici enfin le grand point fort du film, et même, de cette nouvelle trilogie : Martin Freeman. Alors, comme je l’ai présenté en introduction de cette critique, je ne partais pas neutre envers l’appréciation de ce comédien, que j’adore depuis des années et dont je ne me lasse pas de voir les prestations, notamment dans La Ronde de Nuit de Peter Greenaway, H2G2 : le guide de voyageur galactique et dans la série de la BBC Sherlock, où il joue le Docteur John Watson. Il émane de lui une présence charmante, sympathique et chaleureuse, emprunte d’une douceur et d’une délicatesse sans pareil, pleine d’humour et de mélancolie. Il incarne un Bilbon parfait, incroyablement juste et sensible. A croire que le personnage et le rôle aient été écrits pour lui… et la ressemblance avec Ian Holm en est presque troublante !
Peter Jackson a d’ailleurs eu la bonne idée d’associer à Martin Freeman son acolyte (de) Sherlock, puisque Benedict Cumberbatch interprète pas moins de deux rôles dans la trilogie du Hobbit (essentiellement des voix et de la performance capture) : celui du Nécromancien (autrement dit, Sauron) et celui de Smaug, que l’on devrait surtout voir dans le prochain volet du Hobbit. Ni plus, ni moins… Cela annonce certainement beaucoup de belles choses à venir pour la suite !

Donc pour le moment, j’approuve complètement le choix de P. Jackson et des studios de faire du Hobbit une trilogie. Je n’ai pas envie d’y voir uniquement une motivation pécuniaire, mais plutôt l’idée qu’ils aient en main et avec eux une histoire solide, une équipe technique et artistique déjà bien aguerrie et des comédiens d’une telle densité qu’il serait réellement dommage de ne pas en (faire) profiter pleinement.

Et puis… pour beaucoup de fans, Le Seigneur des anneaux, que ce soit au cinéma, ou à la télé, ou sur dvd/bluray, cela symbolise en quelque sorte les fêtes de fin d’année. Se retrouver en famille ou avec des amis devant une nouvelle aventure adaptée des histoires de Tolkien, c’est comme se retrouver avec un chocolat ou un vin chaud devant une cheminée, après un bon repas, alors qu’il vente à l’extérieur. Il y a un petit quelque chose de joyeux, de stimulant et de réconfortant qui ressort de l’expérience…

Pour conclure et pour devancer d’éventuelles questions, je n’ai pas parlé de la technologie HFR (le fameux 48 images par seconde) car la projection de presse s’est déroulée dans le cadre classique d’une projection 3D en 24 images par seconde. Cependant, l’équipe de Filmgeek compte bien se faire son propre avis sur la question dès le weekend prochain, un edit de l’article sera donc proposé pour apporter quelques précisions et avis sur le sujet.

Caro

Chantage d’Alfred Hitchcock : Ciné-concert et Restauration

A l’occasion de sa première édition du festival «Toute la mémoire du monde», du 27 Novembre au 2 Décembre 2012, la Cinémathèque Française proposait pour sa cérémonie de clôture un ciné-concert d’une restauration de la version muette du film Chantage (Blackmail) d’Alfred Hitchcock, réalisé en 1929.

La projection du film était accompagnée d’une musique électro par Chloé Thévenin, jeune DJ et compositrice qui est l’une des figures majeures de la scène électronique française. Par ses sonorités synthétiques la musique a permis d’accroitre avec habilité une atmosphère à la tension déjà palpable. Tout l’intérêt de ce ciné-concert résidait dans ce mariage à première vue étonnant mais finalement très cohérent. En effet, la musique, qui prend le temps de trouver ses marques et son équilibre avec les images, va devenir de plus en plus anxiogène au fur et à mesure que la culpabilité d’Alice s’intensifie.

À Londres, Alice est fiancée à Frank, un détective de Scotland Yard. Un soir, elle accepte de suivre un jeune artiste. Il tente de la violer, elle saisit un couteau et le tue. L’enquête est confiée à Frank.

Outre la présence de la musique électronique, l’ambiance demeure perpétuellement pesante grâce à une mise en scène et un montage parfaitement maîtrisés. Tout d’abord grâce à l’emploi de gros plans, sur les mains notamment, tic Hitchcockien qu’on retrouvera dans la plupart de ses films. La scène du meurtre se déroule en dehors du cadre, cachée par un rideau, agité au rythme de la bataille mortelle qui s’opère entre Alice White et Mr Crewe. Seul le jeu des mains des deux acteurs servent de narration. Alice au prise avec son agresseur cherche à s’en sortir et trouve finalement un couteau qui sonne le glas de son calvaire. Quelques secondes plus tard la main de l’homme sort du rideau, tendue, raide, morte. D’une grande inventivité, Chantage met déjà en lumière les codes du réalisateur. Nous y retrouvons ensuite son amour pour l’expressionnisme Allemand et son jeu d’ombres ainsi que de nombreuses références visuelles et de mouvements de caméras qui nous rappellent qu’il est passé par les studios de Babelsberg et s’est notamment formé auprès de Murnau et Lang.

Chantage est entré dans l’histoire du cinéma, ou tout du moins dans l’histoire du cinéma britannique comme étant à la fois le dernier film muet d’Alfred Hitchcock mais également son premier film parlant. Si l’histoire reste la même entre les deux versions, de légères modifications ont du être faites pour la version parlante. Quelques plans ont ainsi été retournés et des mouvements de caméra ont été rajoutés. Mais la plus grosse difficulté se trouvait du côté de l’actrice Anny Ondra. Tchèque de naissance, l’actrice principale parlait anglais avec un accent très prononcé. Hitchcock du contourner ce problème avec une astuce : l’actrice devait mimer les dialogues pendant qu’une autre interprète, cachée hors du cadre, les lisait. Mais le réalisateur a aussi usé de son ingéniosité par le biais d’un autre artifice, optique cette fois, l’effet Shüfftan, effet déjà utilisé par l’opérateur de même nom qui a notamment collaboré avec Fritz Lang pour son film Metropolis deux ans auparavant, afin de rendre à l’écran des décors grandioses, réalisés grâce à un miroir placé à 45° de la caméra et dont la surface était grattée en des endroits stratégiques, ce qui permettait d’y refléter des maquettes et d’y voir en transparence les comédiens et d’autres éléments « réels » du décor.

Dans Chantage, Hitchcock a utilisé ce procédé lors de la course poursuite entre le suspect et la police dans les décors grandioses du British Museum. Un trompe-l’oeil efficace sur lequel Hitchcock est revenu dans son entretien célèbre avec François Truffaut. Comme il n’y avait pas suffisamment de lumière pour tourner à l’intérieur du musée, lui et son équipe avaient décidé d’utiliser le procédé « Shüfftan » à l’insu des producteurs, qui ne connaissaient pas le trucage et qui, probablement, n’auraient pas eu confiance dans les résultats. Contrairement à l’utilisation du trucage pour le film de Fritz Lang, Hitchcock et son équipe n’utilisèrent pas des maquettes pour refléter le « faux » décor du British Museum dans le miroir, mais des photographies. Elles avaient été prises avec des expositions de trente minutes, et il y en avait neuf en tout, qui représentaient des endroits différents du musée. L’excellente qualité des photographies permettait de les rétro-projeter sur le miroir et de jouer ainsi sur les transparences plus facilement. L’argent du miroir était gratté sur des surfaces précises, comme par exemple, le cadre d’une porte, afin de voir l’arrivée d’un personnage dans le décor « virtuel ».

Concernant la restauration de la version muette du film :

La version qui a été projetée dimanche 2 décembre, pour la clôture de la 1ère édition du Festival International du Film Restauré « Toute la Mémoire du Monde », a été restaurée en 2012 par les Archives Nationales du British Film Insitute (BFI), en association avec Studio Canal. Cette restauration fait partie du plan «Rescue Hitchcock 9», un projet mis en place en 2010 qui a pour but de restaurer les 9 films muets réalisé par Hitchcock entre 1925 et 1929.

Le négatif original de la version muette a été retrouvé dans les archives du BFI, mais à la vue de la dégradation avancée de la pellicule nitrate (certaines scènes étant perdues ou inutilisables), le laboratoire Deluxe 142 a été chargé de prendre les choses en mains. Le négatif a étéscanné en 4K et la restauration s’est faite par tirage à immersion dans un produit à base de trichloréthylène, procédé qui permet de réduire ou d’éliminer les atteintes du temps, en « comblant » notamment les rayures de la pellicule.

Pour corriger les défauts restant, les restaurateurs ont eu recours à la palette graphique utilisée manuellement (avec des outils comme Photoshop) et à des logiciels de nettoyage d’images semi-automatiques (comme les logiciels Diamant ou Combustion). Contrairement à la plupart des négatifs de films muets disposant de «flash titles» (indications à destination des laboratoires quant aux cartons à introduire sur le négatif), celui de Chantage présentait déjà les intertitres. Les originaux ont pu être préservés.

Le British Film Institute, BFI pour les intimes donc, à l’instar de la Cinémathèque Française tend à promouvoir l’accès pour tous à un large choix de films. Britannique, mais aussi de toutes autres origines. L’institut cherche par ailleurs à conserver et restaurer tous documents s’apparentant à l’histoire du cinéma Britannique. S’il encourage pleinement le développement des arts cinématographiques et télévisuels, le BFI organise chaque année deux festivals, le London Film Festival et le London Lesbian and Gay Film Festival. Dans sa grande entreprise de restauration, l’établissement s’est notamment occupé d’un des grands films horrifique de l’histoire, Dracula. Le film de la Hammer a ainsi été projeté en 2007, peu après halloween dans la salle IMAX du BFI.

Deluxe 142 est l’un des plus grands services de restauration, médias numériques et post-production au Royaume-Uni. L’équipe s’occupant de la restauration utilise techniques et technologies de pointe pour apporter les meilleurs moyens de restauration et de conservation possible. Mis à part les 9 films muets d’Alfred Hitchcock, le service a travaillé sur d’autres films. Ainsi, par exemple, dans l’optique du 100ème anniversaire de la tragédie du Titanic, le laboratoire s’est occupé de la restauration du film A Night to Remember, réalisé par Roy Ward Barker en 1958 et relatant le naufrage du célèbre paquebot à travers plusieurs témoignages, en vue d’une projection lors du festival de Cannes 2013. La Passion de Jeanne d’Arc, le chef d’oeuvre de Dreyer, considéré comme l’un des dix meilleurs films de tous les temps selon le magazine Sight & Sound, est également passé entre les mains des techniciens pour la sortie d’une édition Blu-Ray.

Romain & Caro