Critique du Monde Fantastique d’Oz de Sam Raimi

Lorsque Oscar Diggs, un petit magicien de cirque sans envergure à la moralité douteuse, est emporté à bord de sa montgolfière depuis le Kansas poussiéreux jusqu’à l’extravagant Pays d’Oz, il y voit la chance de sa vie. Tout semble tellement possible dans cet endroit stupéfiant composé de paysages luxuriants, de peuples étonnants et de créatures singulières ! Même la fortune et la gloire ! Celles-ci semblent d’autant plus simples à acquérir qu’il peut facilement se faire passer pour le grand magicien dont tout le monde espère la venue. Seules trois sorcières, Théodora, Evanora et Glinda semblent réellement douter de ses compétences…

Grâce à ses talents d’illusionniste, à son ingéniosité et à une touche de sorcellerie, Oscar va très vite se retrouver impliqué malgré lui dans les problèmes qu’affrontent Oz et ses habitants. Qui sait désormais si un destin hors du commun ne l’attend pas au bout de la route ?

Quatre ans après son retour au genre horrifique avec Jusqu’en Enfer, Sam Raimi reprend sa caméra et va conquérir le monde fantastique d’Oz. Produit par Disney, on pouvait craindre la même débâcle arrivée au Alice de Burton, mais il n’en est rien tant Raimi nous offre un formidable divertissement enrichi de son style si particulier, malgré des limites évidentes imposées par Disney.

74 ans après, Sam Raimi rend un vibrant hommage au Magicien d’Oz de Victor Fleming, véritable chef d’oeuvre, aujourd’hui toujours ancré au plus profond de la culture américaine. A commencer par son introduction en noir et blanc. Mais bien plus que ça, Raimi s’intéresse au cinéma des premiers temps et plus particulièrement celui des attractions. Propos qui reviendra tout au long du film à travers ce personnage truqueur, trompeur qu’est Oscar «Oz» Diggs l’illusionniste et qui trouvera son point culminant dans un climax explosif, au sens propre du terme. Après ce premier acte qui se termine sur une spectaculaire scène de tornade, Oz, brillamment interprété par James Franco, se retrouve dans ce monde inconnu, coloré et enchanteur qu’est Oz. De la même façon que Dorothy, le personnage rencontrera ses compagnons de route tout au long de sa quête, qui, malheureusement, manque quelque peu d’ampleur. On part donc à la rencontre de l’hilarant Zach Braff, prêtant sa voix à Finley le singe volant, la touchante Joey King qui double une petite fille de porcelaine, la belle Michelle Williams la douce et vertueuse sorcière Glinda, mais également Mila Kunis et Rachel Weisz dans la peau des deux soeurs Theorodra et Evanora. Sans oublier évidemment le caméo habituel de Bruce Campbell, acteur fétiche de Sam Raimi et légendaire Ash d’Evil Dead.

S’il fallait trouver un défaut au film il faudrait chercher du côté d’un scénario peut être un peu trop simpliste, sans véritable surprise. Pour autant, le film possède une histoire restant limpide et attrayante. D’autant plus que la réalisation est à la hauteur et amène ce divertissement à un autre niveau. Raimi réussi à imposer son style, parcourant tout le film, et nous gratifie de quelques fulgurances horrifiques. Malgré ça, le côté «tout numérique» du film peut être un argument rédhibitoire et certains effets semblent trop visibles. Cependant j’ai envie de me dire que ces truquages apparents sont assumés et trouvent écho directement dans le cinéma des attractions dont Raimi fait l’éloge tout au long des 2h du long métrage. L’utilisation d’un semblant de matte painting sur certains plans et d’une séquence en surimpression pourrait valider cette théorie. La 3D sublime le tout tant elle est réussie et rend certains décors impressionnants de beauté, notamment Chinatown, le village de la petite fille de porcelaine.

Au final Le Monde Fantastique d’Oz est un film intelligent, drôle et mis en scène par un magicien du cinéma. Il dégage un parfum enchanteur et s’avère être un excellent divertissement pour tous. Les amateurs du Magicien d’Oz y trouveront leur compte puisque ce prequel est truffé de références, plus ou moins subtiles.

Romain

2 pensées sur “Critique du Monde Fantastique d’Oz de Sam Raimi”

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