Critique du film Night and Day et résumé de la rencontre avec Tom Cruise et Cameron Diaz à Bordeaux

aff night and day

Résumé : Lorsque June rencontre Roy, elle croit que le destin lui sourit enfin et qu’elle a trouvé l’homme de ses rêves. Pourtant, très vite, elle le suspecte d’être un espion et le cauchemar commence. Elle se retrouve traquée avec lui dans une course poursuite à travers la planète qui ne leur laisse aucun répit. Leur vie ne tient qu’à un fil et le danger est partout. Pour avoir une chance de s’en sortir, June et Roy doivent se faire confiance au point de se confier leurs vies. Mais est-ce bien raisonnable ?

Critique : Night and Day, dans lequel résonne le titre original (bien plus convaincant) Knight and Day, est un film estival : sea, sex and sun, mais surtout glamour, action, comédie. Bref, les codes bien rodés d’un film fabriqué pour faire profiter des salles climatisées au plus grand nombre, et où chacun pourra trouver ce qu’il recherche dans les blockbusters : de l’humour, de l’amour, des flingues et des cascades. Et des paysages pittoresques : car l’intrigue est un beau prétexte pour faire parcourir le monde aux deux héros.

night and day tom cruise cameron diaz seville

Mélange savamment dosé de James Bond, de Mission Impossible, de la trilogie Bourne et d’autres à la Mr and Mrs Smith, Night and Day frôle souvent la parodie, déjouant les clichés dont il est lui-même le résultat : c’est donc un film parfois ambigu qui est proposé ici. Sorte de best-of des films grand public qui s’amusent à jouer avec les genres, il tente pourtant, avec parfois une certaine réussite, à évoquer une impression d’originalité rafraichissante. Mais finalement, à vouloir se complaire dans le plus grand mélange des genres et à ne pas se précipiter entièrement dans la parodie (ou du moins dans le total second degré), le film reste le cul entre deux fauteuils (de cinéma) et subit inévitablement une baisse de rythme flagrante, les spectateurs éprouvant un manque de souffle tout comme les deux héros, aux 2/3 de l’histoire.

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Les deux héros d’ailleurs, parlons-en un peu : glamour, sexy, drôle : ce film parait comme le second souffle de carrière de Cameron Diaz et de Tom Cruise, ce même souffle qui pourrait rallumer les nouveaux projets et surtout une nouvelle image chez ces comédiens en totale perte de vitesse : l’âge pour la première, la scientologie pour le second. Malheureusement, le film arrive bien 10 ans trop tard pour eux. Car même si Cameron Diaz est très drôle et charmante, n’importe quelle actrice d’Hollywood aurait pu tenir le rôle. Quant à Cruise, le film a clairement été réalisé pour lui et uniquement lui. Entièrement calibré autour de son seul sourire et de son brushing impeccable, le rôle est à sa (dé)mesure et centré principalement sur le sex-appeal qui dégage encore. Et le public (ou en tout cas le critique) n’est pas dupe.

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Monsieur Cruise souhaite se racheter une nouvelle image ici, souhaitant convaincre les spectateurs que les dernières années de propagande sectaire et de frasques familiales n’ont altérées en rien sur ce qui a toujours fait son succès d’acteur : du charme et même plus, du charisme, dont il use et abuse ici et dans lequel peuvent se plaire autant les spectateurs que les spectatrices. Finalement, son rôle dans Night and Day complète celui de Les Grossman, qu’il tient depuis Tonnerre sous les tropiques : Tom veut montrer une autre facette de lui-même, plus légère, mais aussi plus distante de tout ce qu’il pu révéler de sa vie privée ces dernières années.

Night and Day n’est probablement pas un film qui marquera l’histoire du cinéma, mais sans bouder son plaisir, il permet de passer un moment agréable, et surprenant même par quelques ressorts scénaristiques singuliers et une mise en scène qui ne manque pas de piquant. Rappelons quand même que derrière tout ça, c’est le réalisateur James Mangold (3h10 pour Yuma, Walk The Line ou Identity) qui tient les commandes.

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Conférence de presse et tapis rouge : Venons-en à présent à la journée bordelaise du 23 juillet, où un joyeux bordel a été organisé, entre la conférence de presse du film dans le vignoble Smith Haut-Lafitte (magnifique endroit), l’arrivée du Tour de France et le tapis rouge de la projection en avant-première du film pour l’inauguration de cinéma CGR Le Français, nouvellement refait. Fimgeek avait été invité pour cette journée pas banale par la Fox (merci à la Fox !), tout frais compris, avec aller-retour en jet dans la journée et buffet au Régent (grand luxe les amis, Filmgeek pourrait y prendre goût ^^).

La conférence de presse fut sympathique, avec les deux acteurs plutôt proches des journalistes, répondant avec entrain et passion aux questions. Mais questions et réponses étaient finalement très conventionnelles (le traditionnel « ce tournage fut une expérience passionnante », ils ont adoré le mélange des genres et faire les cascades, ils ont aimé rejoué ensemble depuis Vanilla Sky, sans oublier le Tour de France qui était un rêve de gosse pour Tom Cruise, etc.). Aucune question qui fâche ne fut donc proposée et Cruise n’aborda pas de lui-même la scientologie. Il a surtout insisté sur le fait que les médias s’étaient toujours fait une mauvaise opinion de lui et que la perception que les gens avait de lui était très différente de la réalité (je n’apporterai pas de jugement, je ne rapporte que ses propos) : son but est simplement de faire des films et de divertir les gens. Vous pouvez voir ci-dessous la vidéo de la conférence de presse :


Conférence de Presse Night and Day

Et quelques-unes des photos que j’y ai prises, dont quelques photos « lol » (comme quoi un bon placement d’affiche derrière les acteurs est toujours important) :

Night and Day (1 sur 27) Night and Day (2 sur 27) Night and Day (3 sur 27)
Night and Day (4 sur 27) Night and Day (5 sur 27) Night and Day (6 sur 27)
Night and Day (7 sur 27) Night and Day (8 sur 27) Night and Day (9 sur 27)
Night and Day (10 sur 27) Night and Day (11 sur 27) Night and Day (12 sur 27)
Night and Day (13 sur 27) Night and Day (14 sur 27) Night and Day (15 sur 27)
Night and Day (16 sur 27) Night and Day (17 sur 27) Night and Day (18 sur 27)

Même si Cruise se défend de la mauvaise image qui lui colle à la peau, celle-ci reste tenace, comme le prouve cette anecdote que j’ai subi à Bordeaux, devant le l’hôtel du Régent, entre la conférence de presse et le tapis rouge, alors que je discutais avec d’autres journalistes : une femme à vélo s’est arrêtée pour nous agresser violemment sur le fait que nous nous intéressions à un scientologue et que la scientologie était une secte (sans blague ?!). Que répondre ? Rien sur le coup (la surprise passée, la cycliste était déjà repartie), mais en y réfléchissant ensuite, Tom Cruise a marqué le cinéma depuis les années 80, et tout comme John Travolta, il continue d’avoir des projets et ses opinions ne l’ont pas rendu mauvais acteur (quoique Travolta…). Doit-on se désintéresser des acteurs scientologues parce qu’ils sont scientologues, alors qu’aux USA ce n’est pas considéré comme une secte ? Je ne sais pas, j’aurai peut-être pensé oui à une époque. Même si je n’ai jamais été une fan de Tom Cruise, il reste d’une certaine façon une légende, une icône d’Hollywood, avec ses qualités et ses défauts… En le regardant attentivement lors de la conf de presse et du tapis rouge, il apparaissait soit honnête et professionnel, soit perdu comme un petit garçon, soit calculateur avec un sourire carnassier, le tout parfois en quelques secondes d’intervalle. C’est un acteur mais surtout une personnalité ambivalente, qui continuera très certainement à faire parler de lui encore longtemps. Il aime les fans en tout cas, qui le lui rendent bien et « re dorage » d’image oblige, il est très disponible pour les journalistes.

Le tapis rouge était une expérience plutôt curieuse et un peu folle : j’étais coincée avec plusieurs dizaine de journalistes dans un espace plus que restreint, entre une rangée de caméras, des piliers et des barrières, impossible de bouger d’un espace de 30 cm² pendant deux heures, juste pour obtenir 2 minutes d’échange verbal avec les acteurs : j’ai fait des vidéos pour que vous vous en rendiez compte, mais avec un son de très mauvaise qualité malheureusement (on va essayer d’y remédier rapidement avec la vidéo de Tom Cruise). Un merci particulier à Sabine de France 3, (la masse de cheveux blonds qui mange la moitié de l’image sur la vidéo de Cameron, et qui est beaucoup mieux placée pour celle de Tom)  qui s’est occupée de poser les questions pour notre petit groupe de journalistes un peu intimidés par toute cette folie, et qui nous a bien fait rire avec toute son expérience et ses potins :


Tapis Rouge de Night and Day avec Cameron Diaz à Bordeaux



Tapis Rouge de Night and Day avec Tom Cruise à Bordeaux

Et encore quelques photos depuis le tapis rouge :

Night and Day (19 sur 27) Night and Day (20 sur 27) Night and Day (21 sur 27)
Night and Day (22 sur 27) Night and Day (23 sur 27) Night and Day (24 sur 27)
Night and Day (25 sur 27) Night and Day (26 sur 27) Night and Day (27 sur 27)

Et sinon, rien à voir avec Tom Cruise et Cameron Diaz, mais tout aussi important : lors de cette journée bordelaise (la première fois que je mettais les pieds dans cette belle ville), j’ai tout de même pu passer du temps avec mon pote Stephen (Raoul Duke pour les intimes du forum cinéma RNZ), qui m’a fait visiter la ville et SURTOUT l’incroyable cinéma dans lequel il bosse : L’UTOPIA. Amis bordelais ou de passage dans cette région, courrez-y, c’est le plus beau cinéma que j’ai jamais vu. Et la programmation est à tomber !

Caro

Critique du film L’Autre Monde et rencontre avec le réalisateur Gilles Marchand

Aujourd’hui sort le deuxième film de Gilles Marchand, L’Autre Monde, sept ans après Qui a tué Bambi  ?, son premier film.

l autre monde

Synopsis : C’est l’été dans le sud de la France. Gaspard (Grégoire Leprince-Ringuet ) est un adolescent heureux qui partage son temps avec ses amis et sa copine, Marion. Mais Gaspard va rencontrer Audrey et sa vie va basculer. Car Audrey (Louise Bourgoin) est belle, sombre et double. Sur un jeu en réseau elle se fait appeler Sam et cherche un partenaire pour mourir. Pour tenter de l’approcher, Gaspard se crée lui aussi un avatar, Gordon, et part la retrouver dans Black Hole.

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L’autre Monde a pour sujet l’adolescence, le désir, la féminité, les univers virtuels sociaux, le suicide : ce mélange atypique sur le papier prend vie de façon parfois maladroite à l’écran mais n’enlève rien à l’originalité de ce film, qui oscille entre les amours adolescentes du Conte d’Eté de Rohmer et le fantasme de la femme fatale de certains films noirs d’Hitchcock ou Lang. Sans prétention aucune, Gilles Marchand propose dans ce récit une structure narrative simple s’inscrivant dans un cadre plus complexe, et finalement, plutôt ambitieux pour la famille de ce cinéma français plutôt intimiste à laquelle il appartient (rappelons qu’il est l’ami et le co-scénariste de cinéastes comme Dominik Moll –qui a co-scénarisé d’ailleurs L’Autre Monde- Laurent Cantet ou encore Cédric Kahn, et qu’ils ont fait la FEMIS ensemble).

poupaud bourgoin

Outre son intérêt scénaristique, le film propose de belles compositions d’acteurs, Louise Bourgoin en tête, débordante de charme et de mystère et dont le jeu troublant est renforcé par la présence de Melvil Poupaud. Celui-ci bénéficie d’un rôle ambigu, peut-être trop peu exploité au long du film, malgré son ampleur dramatique et ténébreuse majeure qui contraste avec le personnage de Grégoire Leprince-Ringuet. Ce dernier, que l’on voit quasiment à chaque plan, dégage pour le rôle de Gaspard une personnalité d’une grande justesse, oscillant entre la force mature de l’homme adulte et les faiblesses du jeune garçon qui peine à quitter ses illusions naïves du monde des « grands ».

Les défauts du film résident essentiellement dans la mise en scène, hésitante et manquant souvent de cohésion. Le monde virtuel, Black Hole, repose sur des clichés de représentation, s’appuyant surtout sur des fantasmes des univers virtuels, gothiques et sadomasochistes, qui feront crisser les dents de plus d’un geek. Seule la « plage noire » de Black Hole propose une idée particulièrement pertinente et poétique de cet univers, où « l’autre monde », n’est finalement pas celui que l’on croit.

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En bref, L’Autre Monde est un film difficilement classifiable, où résonne le mystère d’un univers noir et dérangeant dans le monde réaliste des premiers émois adolescents et de la perte de la naïveté. Au creux des chaleurs estivales, vous pourrez vous laisser tenter sans aucun déplaisir par la fraicheur sensuelle qui émane de cet Autre Monde…

Filmgeek a pu rencontrer Gilles Marchand (merci à Haut et Court de cette sympathique opportunité) avec quelques autres bloggeurs et aborder avec lui quelques points de son film. Je vous en propose un petit résumé :

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La première question a porté sur la participation du site web « tous coprod » dans la production du film. Les producteurs du film se sont intéressés au site essentiellement pour l’aspect communautaire qui s’en dégageait, et permettre ainsi de donner accès aux coulisses ou aux avant-premières aux « collaborateurs » : ce n’était donc pas une volonté de financement mais plus une idée de communication. Pour Gilles Marchand, cette démarche était plaisante mais ne le concernait pas directement : il n’avait pas à discuter des choix artistiques avec les collaborateurs de « tous co-prod ».

La seconde question s’est orientée sur la place de la femme fatale dans le film, qui pouvait être vu comme un hommage au film noir. Gilles Marchand se retrouve dans cette étiquette du film noir pour L’Autre Monde : il a aimé jouer avec les codes du genre, même si de façon générale, il s’est inspiré de films qui s’intéressent à l’âme humaine, à l’attraction, à l’attirance.

Et comment lui est venue l’idée du film ? Tout simplement à partir d’une expérience quotidienne (un joueur dans un lieu public). Il a commencé à imaginer la vie privée du joueur et la vie de son avatar. Il a relié l’idée avec le fantasme du suicide qui reste très lié à cet univers. Il avait  envie de confronter aussi les esthétiques du virtuel et du réel, de façon très distincte : pas en incrustant les éléments réels dans l’image « réelle » (hybridation) mais au contraire en jouant sur le contraste d’un monde purement virtuel et un autre uniquement réel : tout est bien séparé à l’image et c’est la puissance de l’imaginaire du spectateur qui peut rendre ainsi le virtuel poreux au réel, et réciproquement : c’est l’engagement mental qui crée le trouble, et non les jeux de représentations des images du film.

Au-delà de l’histoire, voulait-il viser un public ou faire une critique des dangers du virtuel ? Il a voulu montré une histoire ayant comme thème l’attirance des choses obscures. C’est un film assez autobiographique, même si dans son adolescence, Gilles Marchand ne pouvait connaitre les jeux en réseaux, il pratiquait la passion du cinéma. Pour lui, son film n’est pas réac’ mais ça l’intéresse qu’on puisse l’interpréter de différentes façons : plus que le jeu en soi, c’est l’attirance elle-même, autant sexuelle que morbide, qui est le sujet du film : il ne voulait pas mettre en cause les jeux virtuels mais plutôt les malentendus et la manipulation.

A propos de ses casquettes de scénariste et de réalisateur : il ne s’est jamais senti dans une case précise. Il prend énormément de plaisir à écrire sur les projets des gens qu’il apprécie : il aime visiter la tête des autres. Dans ses propres films, il doit visiter sa propre tête. Non sans humour, il nous a précisé à ce moment qu’il était plus facile de prendre du plaisir avec les autres que tout seul.

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Et l’expérience Cannoise, qu’il commence à bien connaitre ? C’est un grand 8 émotionnel, qui lui a donné beaucoup de plaisir avec ses amis cinéastes, mais aussi en tant que réalisateur avec Bambi ou comme spectateur (il y va tous les ans, pendant toute la durée du festival). Il aime aussi le côté festif de cet évènement.

Enfin, concernant le casting, il a expliqué qu’il écrivait ses scénarios sans penser à des acteurs précis : les personnages doivent déjà vivre sur le papier. Il a ensuite choisi le rôle de Garpard et le choix de Grégoire Leprince-Ringuet a été évident pour la question d’équilibre qu’apportait le jeune acteur au personnage. Louise Bourgoin a été présentée par les productrices du film, elle venait de finir le tournage de La Fille de Monaco et celui d’Adèle Blanc-Sec n’avait pas encore commencé. Gilles Marchand avait été hésitant au départ, mais après les premières rencontres, il a été agréablement surpris et a été convaincu par l’enthousiasme de Louise pour le film (au premier rendez-vous, elle lui avait parlé de ses aventures sexuelles sur Second Life…) et la palette émotionnelle qu’elle dégageait aux essais. Elle possédait le mystère qu’il recherchait. Pour Melvil Poupaud, le rôle était difficile et pour Gilles Marchand, cet acteur était l’un des seuls à correspondre physiquement et mentalement parlant : tout est lisible dans le film, sauf ce personnage finalement.

Caro

Critique du film Twilight Chapitre 3 : Hésitation – Eclipse

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Résumé : La fin du lycée approche et Bella n’a pas oublié la promesse qu’Edward lui a faite : la transformer en vampire après la remise des diplômes, mais uniquement si elle accepte de se marier avec lui. Sauf que Bella trouve l’idée du mariage définitivement démodée, que son père ne supporte pas Edward, que Jacob continue de compter pour elle, que les Quileutes et les Cullen se vouent toujours une haine ancestrale, que Victoria cherche encore à se venger de la mort de James et qu’une armée de vampires nouveaux-nés décident de s’en prendre aux Cullen, sous les regards attentifs des Volturi. Bella fait-elle le bon choix en préférant Edward et la vie vampirique ?

Avant de me lancer dans la critique du film, je souhaite faire un point sur le phénomène Twilight et vous expliquer l’intérêt que je lui porte depuis plusieurs mois (attention, séquence « je me confie sur le divan face à Jean-Luc Delarue et Mireille Dumas réunis »).

J’ai vu Twilight : Fascination au cinéma, sous le conseil de plusieurs ami(e)s : à l’adolescence, j’étais passionnée par le mythe du vampire romantique (Dracula, Anne Rice, Angel et Buffy contre le vampires, etc.) et on m’avait convaincue alors que Twilight pouvait me plaire vu mes goûts de l’époque : et effectivement, je me suis sentie replonger dans mes émois adolescents, et même si les vampires de Stephenie Meyer sont incongrus (briller au soleil, être végétariens et non-violents oO ?!), que Robert Pattinson n’était définitivement pas mon genre d’homme, et que les effets spéciaux étaient cheap au possible, j’étais plutôt sous le charme de la romance des protagonistes et de la famille Cullen. Peu avant la sortie de New Moon (Tentation) dans les salles, j’ai moi-même cédé à la tentation de lire les bouquins. Bien mal m’en a pris : tout à fait consciente que j’étais loin de lire de la grande littérature, j’ai complètement accroché au récit de Bella, et telle une droguée, j’ai lu les 5 tomes de la saga en 6 jours (oui, 5, en comptant Midnight Sun, le roman inachevé de Stephenie Meyer qui raconte Fascination mais du point de vue d’Edward). Et quelques semaine plus tard, je les ai relu, en anglais (car la traduction française est plutôt pénible). Oui, je suis faible. Avec le temps et le recul, je ne comprends toujours pas l’effet obsédant que cette saga a eu sur moi : à croire qu’elle parle directement aux hormones. Au moins, je ne me suis sentie ni Team Edward, ni Team Jacob. Peut-être la team Switzerland ou encore la Team Tyler’s Van qui m’a toujours fait rire.

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« 107 ans et toujours puceau »

Stephenie Meyer n’est pas vraiment un (bon) écrivain et elle ne s’est jamais considérée comme telle : elle écrit pour se faire plaisir et ça marche, tant mieux pour elle. Pour Twilight, elle n’a jamais cherché à faire autre chose que de la littérature jeunesse, ciblée pour les adolescentes et les jeunes adultes, même si le tome 4, Breaking Dawn (Révélation), est déconseillé aux USA aux moins de 17 ans. Pour la défendre un peu, oui, elle est mormone mais jamais elle n’aborde la religion dans ses romans, le personnage de Bella est athée, pour la pratique du sexe avec Edward, contre le mariage et devenir un vampire sans être devenue mère ne la tracasse pas plus que ça. Edward par contre, est torturé par le monstre qui est en lui et par son passé de tueur (il n’a pas toujours été végétarien), refuse que Bella perde son âme en devenant un vampire et souhaite qu’elle vive ses expériences d’humaine, comme se marier et avoir des enfants. On peut dire que dans les relations humaines, Edward est conservateur, alors que Bella est plutôt libérale. (Attention spoiler : La question de l’avortement qui est posée dans le tome 4 peut de nouveau soulever un débat éthique, mais Meyer évite les écueils religieux ou moraux trop abruptes, prônant davantage pour une liberté de choix et inversant les positionnements entre Bella et Edward. fin du spoiler)

La morale pro-abstinence avant le mariage est certes présente in fine tout au long de la saga, mais n’apparait que comme un choix désuet d’Edward, qu’il n’imposerait jamais à Bella s’il ne risquait pas de la tuer à chaque baiser approfondi. Mais c’est sans compter sur le fait que Bella aime jouer avec le feu (ou plutôt la glace ici), et qu’elle cherche sans cesse à lui faire changer d’avis. C’est beau la confiance, tellement beau que c’est une des raisons qui poussent Edward à fuir dans New Moon : céder à la tentation signifie faire du mal à Bella. Elle, ce qu’elle veut, c’est être transformée en vampire pour enfin s’éclater au pieu –ahah- avec celui qu’elle aime et être enfin égale à Edward, sans que celui-ci n’ait toujours à la (sur)protéger. Tout l’enjeu de la saga repose sur ce simple fait : l’égalité, la confiance et la communication dans le couple. Un conte de fée moderne quoi.

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L’addiction que crée la saga est difficilement compréhensible mais elle répond à une attente d’un certain public (essentiellement féminin) en demande de romantisme, de héros proches de la réalité. Oui, j’ai bien écrit proche de la réalité, car même si Edward apparait comme un Apollon ou un prince charmant aux yeux de Bella, il est loin d’être parfait (jaloux, vicieux, colérique) et Bella est souvent à claquer dans ses prises de décisions allant à l’encontre de toutes réflexions censées. Bref, les deux se sont bien trouvés et c’est sûrement pour ça qu’ils peuvent être attachants : on s’identifie tous un peu dans leurs défauts et leurs qualités, on a tous vécu un semblant de situation dans lesquelles ils se retrouvent, même si celles-ci sont fantasmées par le genre fantastique.

Mais je reprends mon histoire : un peu honteuse de m’être faite piégée par mes sentiments « fleur bleue » qui ressurgissaient après tant d’années de positionnement culturel plutôt « élitiste », je suis allée voir New Moon à sa sortie au cinéma, pour passer un bon moment, malgré les nombreux défauts qui le rythmaient (justement, aucun rythme dans ce film et une Kristen Stewart carrément mauvaise). C’est alors que ma nature de chercheuse universitaire a pris les dessus, et pendant plusieurs mois, je me suis intéressée à la réception transmédia d’un phénomène comme Twilight, qui peut aussi s’appliquer d’une certaine façon à Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux ou encore Star Wars. La place et le rôle des fans dans la saga Twilight, qu’ils soient au niveau des livres ou bien des films sont tout bonnement fascinants à observer et étudier. Loin d’être les prépubères hystériques décrites dans les médias, elles ont une véritable réflexion critique sur l’univers développé par la saga, qu’elles alimentent avec des fanfictions souvent matures (les fameux « lemons ») ou des analyses pertinentes des thèmes soulevés par les livres. Mais là est un autre sujet d’étude que je prendrai peut-être le temps de développer un jour, quand j’aurai vraiment du temps à consacrer à tout ça (et ce n’est pas demain la veille).

[C’est là que la critique du film commence vraiment]- Continuer la lecture de « Critique du film Twilight Chapitre 3 : Hésitation – Eclipse »

Critique du film L’Agence tous risques et résumé de la conférence de presse

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L’histoire : Quatre hommes, hyper qualifiés et autrefois membres respectés d’une unité d’élite de l’armée, sont chargés d’une mission classée top-secret destinée à les piéger, et qui les conduit en prison pour un crime qu’ils n’ont pas commis. Mais la somme de leurs talents leur permet une évasion sans accroc. Devenus des rebelles, ils décident de blanchir leurs noms et de retrouver les vrais coupables.

Alors, oui, j’avoue : je n’avais pas envie de voir L’Agence tous risques. Pourquoi ?

–       Parce que la série était certes amusante et bien foutue, mais bon, y’en a un peu marre de ces adaptations à tout va. Sex and the City 2 faisant encore du carnage en salle.

–       Parce que la bande-annonce ne m’annonçait rien qui vaille, genre film à la sauce blockbuster estival parfum testostérone et vide comme un cornet de glace. Un peu comme GI Joe l’année dernière.

Finalement, Florian m’a convaincue de me bouger à la projection parce qu’elle était suivie d’une conférence de presse avec les acteurs du film. Et que voir Liam Neeson, ça n’arrive pas tous les jours.

En soupirant et en grognant, je me lance donc dans ce plan supposé être « sans accroc ». Et l’aventure commence. Et me coupe le souffle. Waouh, franchement ça décoiffe, et la (longue) séquence d’intro est simplement exceptionnelle de rythme, d’action, de style, d’humour. Le ton est posé, chaque personnage prenant sa place avec succès, et finalement c’est avec plaisir qu’on retrouve toute cette nouvelle A-team.

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Hannibal est joué par un Liam Neeson toujours aussi simple et efficace, le cigare et la teinte poivre et sel lui allant plutôt bien ; Futé, incarné par Bradley Cooper est à la fois charmant (voire carrément sexy, histoire d’attirer le chaland féminin –oups, encore une réflexion hétéro-normée qui m’échappe –  ^^ ) et étonnant de maturité ; Quinton « Rampage » Jackson, malgré sa carrure de free fighter, est moins impressionnant que Mister T en Barracuda, mais il apporte à l’équipe un souffle naïf et une dynamique emplie de tendresse plutôt intéressante ; et… Looping. Ah, Looping. C’est LE personnage culte et Sharlto Copley, héros déjà génial de District 9 l’occupe avec une énergie et une dévotion irrésistible : éclats de rire assurés, on en redemanderait presque.

The A-Team

Et pour les petits nouveaux, comme Jessica Biel ou Patrick Wilson (qu’on avait déjà rencontré pour The Watchmen), ils arrivent à tenir correctement la route, mention spéciale à la « Biel » (hou jeu de mot trop pourri) qui apporte non seulement une touche gracieuse et féminine dans ce monde viril, mais dont le rôle dépasse cette simple figuration : une implication militaire (la Défense américaine s’en prend plein la tête en passant, on sent qu’on a dépassé et enterré l’ère Bushienne) renforçant la trame narrative et une ancienne implication sentimentale avec ce brave Futé, donnant lieu à des réparties verbales réjouissantes.

The A-Team

On rigole donc beaucoup devant ce film, autant pour le bagou dont fait preuve cette équipe, mais aussi pour la totale démesure des situations dans lesquels ils se retrouvent. Frôlant parfois le grotesque, l’atteignant malheureusement lors d’une des séquences finales, L’Agence tous risques alterne avec grosses explosions, fusillades spectaculaires, et courses poursuites, souvent les 3 à la fois, surtout quand ça a lieu dans les airs (comme par exemple cette séquence -déjà culte- du tank qui vole au dessus d’un lac allemand). Finalement on arrive à se demander où les scénaristes vont chercher tout ça ?  La première fois que j’avais ressenti ça, c’était devant 2012, où cette démesure qui s’étalait devant mes yeux me faisait férocement réfléchir au pourquoi de la chose, alors que je me cachais, très mal à l’aise, au fond de mon fauteuil, priant pour que le film se termine au plus vite. Devant L’Agence tous risques, au contraire, de cette avalanche de pixels et de pyrotechnie surgit dès les premières minutes un 2nd degré euphorisant avec une écriture intelligente et une mise en scène soignée dans le cadre d’une production de la sorte. Un peu comme avec McTiernan à la grande époque.

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Le réalisateur a pris soin de parfaire chaque détail de son film, s’autorisant même pour certains plans une stylisation plastique intéressante. La patte et les points de vue artistique de Joe Carnahan (le réalisateur et scénariste) et Brian Bloom (le scénariste qui joue aussi l’un des méchants Pike, l’homme au sourcil fou) se ressentent, autant dans les choix visuels que dans la narration imposante : une construction scénaristique complètement éclatée, des enjeux politiques où se mêlent conflit irakien et haute finance, les ressentiments des 4 de l’Agence quand ils ont été trahis et mis en prison. Le spectateur se doit de suivre et d’analyser les ressorts dramatiques (bon rassurez-vous quand même, y’en a pas des masses non plus) pour comprendre les choix des héros et éventuellement, tenter d’anticiper les actions à venir. Finalement, le spectateur c’est peut-être le 5ème gars de l’équipe, mais avec un pot de pop-corn dans la main. N’empêche qu’on évite pas certains clichés et que la séquence d’action finale en fait beaucoup trop, malheureusement.

Donc, pour résumer, L’Agence tous risques, c’est un film pop-corn potache, où l’on en prend plein les yeux et où on n’est pas prit pour un con (ah tiens, j’ai d’ailleurs oublié de souligner que les frères Scott – non pas ceux du feuilleton – Tony et Ridley, sont ici producteurs). L’esprit « cartoonesque » est fidèle à la série d’origine et les acteurs semblent s’y être amusés autant que nous à les regarder. Pour les fans de la série originale, attendez bien la fin du générique pour une petite surprise bonus !

Ce qui nous emmène à la deuxième partie de cet article : la rencontre avec les acteurs ! Je vous fais un résumé de ce qui a été dit dans la suite 🙂 Continuer la lecture de « Critique du film L’Agence tous risques et résumé de la conférence de presse »

Critique du film Une Nuit au Cirque 3D

affiche Une nuit au cirque 3D

Le mois dernier, une étrange invitation nous avait été envoyée : assister à la projection du film Une nuit au cirque 3D d’Olivier Kauffer et Fabien Remblier (sortie en salle ce mercredi 26 mai), au Cirque d’Hiver.

N’étant pas particulièrement amateurs sur Filmgeek du cirque traditionnel, nous n’attendions rien du film lui-même, présenté comme une captation 3D du 18ème Festival du Cirque de Massy. Rien de bien enthousiasmant à première vue.

1ème surprise de cette soirée : reconnaître physiquement (et un peu honteusement) l’un des co-réalisateurs, Fabien Remblier, qui jouait Jérôme dans Premiers Baisers, le sitcom d’AB productions.

2ème surprise, et de taille cette fois-ci : le film en lui-même. Oui bon, rien de révolutionnaire là dessous non plus. On a l’impression de voir la retransmission d’un spectacle de cirque du dimanche après-midi sur France 3, mais en 3D. Dès les premières minutes, on commence sérieusement à se demander pourquoi on est là. On est littéralement plongé dans le kitch, dans les paillettes et les projecteurs, sans aucun point de vue, sans réelle émotion. Et puis au fil des numéros, on se prête au jeu, on se surprend à sourire au numéro des clowns, à sursauter de frayeur lorsque qu’une jeune acrobate rate son saut à la barre russe, à retenir sa respiration pendant les numéros aériens, à se laisser émerveiller par la beauté des fauves et des… contorsionnistes. Le film s’achève dans une sorte d’apothéose avec un superbe numéro de cirque de création de la troupe des Mummies.

Et puis, on enlève ses lunettes et on se dit qu’on a plutôt passé une bonne soirée, malgré tous les vilains préjugés que nous avions avant de voir le film.

Le potentiel filmique et spectaculaire est là, avec une 3D qui peut être intéressante pour ce genre de traitement. Un « vrai » film sur le cirque, du genre Sous le plus grand chapiteau du monde, avec un scénario, un regard critique, une mise en scène, serait somme toute le bienvenu. Ça tombe bien, les réalisateurs ont promis qu’ils travaillaient sur une « suite », qui posséderait une véritable orientation discursive. Bon, n’est pas Cecil B.Demille qui veut non plus… En tout cas, attendez-vous à voir dans les années à venir d’autres films en 3D sur le thème du cirque, de tout genre et de tout horizon possible. Cirque du Soleil, Cirque de Pékin, etc. Les possibilités (esthétiques, techniques, et surtout financières) sont grandes et le public plutôt friand des shows de ces super-productions du spectacle.

Malgré tout, même si j’ai trouvé cette expérience intéressante, il reste que le (bon) cirque est avant tout un spectacle vivant qui s’apprécie en « live » et dans un chapiteau. Finalement, ce film est surtout une expérience technique, mais aussi commerciale, qui fera très certainement le bonheur des enfants des propriétaires de téléviseurs 3D relief, quand il sortira en blu-ray à Noël…

Critique du film Iron Man 2

iron man 2

Après beaucoup d’attente, de péripéties diverses et quelques déceptions, j’ai enfin pu voir la suite d’Iron Man. Le premier du nom m’avait déjà beaucoup enthousiasmée, et c’est donc sûrement sans grande objectivité que j’ai découvert le 2. Bon, la faute peut-être à Robert Downey Jr et à son charisme parfait dans le rôle de Tony Stark.

Contrairement à Tobey Maguire et son double « numérique » dans Spiderman (rappelant beaucoup une bouillie de pixels), Robert Downey Jr est aussi à l’aise dans son armure de synthèse que dans un smoking.  Iron Man (1) avait réussi le pari (alors énorme pour un film de super-héros) de se défaire du tout CGI pour revenir à une mixité de différentes techniques de VFX permettant d’offrir une meilleure intégration des acteurs dans l’action et les décors. C’est donc naturellement qu’Iron Man 2 continue dans la lancée : mesdames mesdemoiselles messieurs, vous allez vous en prendre plein la vue. Tout est fait pour vous éblouir, quitte à laisser le scénario un peu de côté. Aïe, là ça se complique… Décevant ? Oui un peu, surtout quand on sait que le scénariste Justin Theroux est le génial auteur de Tonnerre sous les Tropiques et qu’il aurait pu largement mieux faire ici. Mais bon, dans Iron Man 2, le spectacle est toujours là, pour tout le monde et on oublie que le récit est un peu faiblard (le premier n’était pas non plus à tomber de son fauteuil, faut bien se l’avouer aussi). Donc pour vous :

Mesdames, Tony fait les yeux encore plus doux à Pepper et se découvre l’âme d’un romantique, Mesdemoiselles, le fessier d’Iron Man (avec ou sans armure) est toujours très bien mis en valeur. Messieurs, les ironettes, les jambes de Pepper et Nathalie et la combinaison de Black Widow vous feront pétiller les yeux.

Sans oublier nos amis fidèles les geeks, à qui Tony offre une belle démonstration de son environnement software et d’assemblage « hardware » ; ainsi que nos amis fidèles les mélomanes, qui seront ravis de l’excellente bande musicale (avec un petit mix Queen/Daft Punk pendant un combat Iron Man / War Machine particulièrement réjouissant).

D’ailleurs, ne soyez pas trop déçus, il y a bien du AC/DC, mais nous sommes loin d’une bande son entièrement composée par le groupe, contrairement à ce qu’a pu annoncer la promo.

Et sinon, l’intérêt de la suite me demanderez-vous ? Et bien, tout simplement, est-ce que Tony Stark a gagné en maturité dans Iron Man 2 ? Pour y répondre, l’enjeu de ce deuxième opus repose principalement sur les relations qu’il développe avec les autres personnages :

PepperGwyneth Paltrow qui offre une nouvelle fois un duo de choc (un peu) et de charme (surtout) avec Tony Stark/RD Jr, et une mention particulière pour la scène dans l’avion, touchante dans l’inversion des rôles…

Rhodey – incarné par un Don Cheadle convaincant en remplaçant de Terrence Howard mais plutôt sous exploité, malgré la forte présence de War Machine !

Nathalie « Black Widow » – magnifique Scarlett Johansson qui connaît malheureusement le même sort que Don Cheadle, mais qui permet de renforcer l’intérêt du SHIELD pour Tony… ça annonce subtilement The Avengers 😉

Nick Fury –  à qui Samuel L. Jackson offre un rôle plus développé, tout aussi euphorisant que dans les dernières secondes du premier Iron Man, et apportant enfin du sens dans la vie de Tony.

Justin HammerSam Rockweel – qui s’en sort plutôt bien en concurrent loser de Stark !

Ivan Vanko « Whiplash » – le grand méchant incarné par Mickey Rourke, – qui à défaut de donner le meilleur de lui-même s’imprègne sympathiquement du personnage et semble même parfois s’amuser un peu.

Mais la relation la plus forte est celle que Tony développe avec lui même. Son narcissisme est encore plus exacerbé et agaçant que dans le premier, le rendant aussi plus fragile, plus en retrait avec les autres, se demandant même s’il pourra survivre à Iron Man : il s’empoisonne lentement, de son cœur qui déraille mais aussi de tout ce qu’il a avoué et  surtout de tout ce qu’il n’avoue pas. Il s’empoisonne de sa trop grande confiance en lui et du manque de confiance en les autres. Tony Stark est un grand sensible, rongé par la solitude et le chagrin dû à un père trop peu présent dans son enfance. Solitude et chagrin qu’il noie, soit dans la construction de nouvelles armures, soit dans l’alcool.

L’alcool, son grand vice, qui l’entraine d’ailleurs à chaque fois dans des incidents « WTF », la scène de la soirée d’anniversaire atteignant le sommet du grand n’importe quoi. Car oui, Iron Man 2, reprend forcément ce qui avait fait le succès du premier titre avec du pur divertissement où priment l’action et l’humour et où une certaine conception de l’action « 6ème degré » est appliquée à plusieurs reprises. Certains spectateurs déjà réfractaires au genre s’offriront certainement une petite palmface de temps à autre, d’autres hurleront leur jouissance. De ce fait, le rythme est plutôt irrégulier, alternant majoritairement entre pure action, pure déconnade (voire les deux) ou pure déprime de Tony qui tente de communiquer son mal-être d’une façon ou d’une autre, déprime qui permet cependant d’étoffer finement ce super héros milliardaire, génie adulescent qui ne supporte aucune contrainte de la vie.

De toute façon, Iron Man 2, comme le 1er et à l’image de Tony Stark, ne se prend pas au sérieux. Même si parfois, certains pétages de câble de Tony Stark rappellent Peter Parker dans Spiderman 3 (oui, là je sais, ça fait plutôt mal comme comparaison), il reste une liberté de ton, une vision délirante du mythe du super héros qui permet de hisser cette suite dans la catégorie des (plutôt) bonnes adaptations de comics. Si vous aviez adoré le 1, prenez tout de même en compte que l’effet de surprise ne fonctionne plus ici, il y aura donc des déçus mais le plaisir de retrouver Tony Stark est quand même bien là. L’énergie et la passion devant et derrière la caméra de Jon Favreau et de Robert Downey Jr y sont pour beaucoup, grâce à cette présence de l’humour un peu absurde, mais aussi de respect pour le dandy en armure.

Caro

Critique Alice au Pays des Merveilles, de Tim Burton

alice affiche

Synopsis : Alice (Mia Wasikowska) approche de ses 20 ans, et depuis son enfance, est hantée par des cauchemars d’un monde étrange peuplé par des créatures mystérieuses. Le jour où le jeune et arrogant Hamish Ascot la demande en mariage, elle s’enfuit à la poursuite d’un lapin blanc,  puis bascule dans un terrier qui semble sans fin… Elle atterrit dans le monde de ses rêves. Certaines des créatures la reconnaissent et voient en elle leur sauveuse, pour combattre la Reine Rouge et le Jabberwock.

Notre avis : Un film de Tim Burton est toujours un événement, même si pour beaucoup de fans la déception s’installe de plus en plus à chaque nouvelle réalisation.

Proposer une suite à Alice in Wonderland en adaptant De l’autre côté du miroir était un pari osé, qui, sous les doigts du magicien du cinéma fantasmagorique, pouvait réconcilier le maitre et son art, époque Beetlejuice, Batman, Ed Wood, Edward aux mains d’argent, Mars Attack ou même Sleepy Hollow. Bref, que l’on retrouve un peu de noirceur et de cynisme, mais du vrai, du dur, pas du gothique édulcoré à la Sweeney Todd, pâle caricature de toutes les possibilités créatives du cinéaste.

alice reine rouge

Au début, on y croirait presque : charme et maquillage blafard d’une Alice exquise de décalage dans ce monde victorien si rigide. Et puis l’arrivée dans Wonderland/Underland est une petite merveille en soi, des textures, des couleurs, une luxuriance du décor plaisante à l’œil, mystérieuse à souhait, où l’ambiance est posée : nous sommes dans un Tim Burton semblant renouer avec ses bonnes vieilles traditions, avec même un soupçon d’imaginaire visuel emprunt à Terry Gilliam. Le design plutôt spectaculaire des créatures et de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter) ainsi que le casting 5 étoiles ne faisant que confirmer ces premières impressions.

Et puis… Disney semble avoir arraché les rênes à son réal’ au cours du film, faisant perdre à Alice toute sa splendeur. Oscillant autant visuellement que narrativement entre Narnia et La Boussole d’Or (et parfois Harry Potter, Disney ratisse large), la magie n’opère plus vraiment, si ce n’est à travers les présences fortes heureuses d’un Johnny Depp parfait en Chapelier Fou émouvant et d’une Anne Hathaway « délicate » en Reine Blanche.

chapelier fou

Tout semblait être présent pour déguster pendant presque deux heures un délice cinématographique, mais il manque à cette recette l’assaisonnement nécessaire pour relever le goût et sublimer le parfum. L’intrigue est fade, sans véritable enjeu, sans aucune empathie pour les personnages. Pire, Alice parait s’ennuyer autant que le spectateur par moments (la preuve, cachée derrière mes lunettes 3D, j’ai réussi à m’assoupir quelques instants). L’humour absurde et impertinent, pourtant présent dans les contes de Lewis Carroll et le dessin animé, est quasiment inexistant ici. Et quand il surgit enfin, c’est souvent pour tomber complètement à plat. L’esprit ludique et déjanté du « joyeux non-anniversaire » manque cruellement.

alice armure

Malgré tout, nous sommes dans un film de Tim Burton (je vois bien, fan fidèle, ton désappointement face à la lecture de cette critique amère et je souhaite te rassurer un peu) : Alice au pays des merveilles reste un spectacle cinématographique de bonne facture, mais simplement loin d’être à la hauteur de ce dont est vraiment capable le génie subversif Burtonien. Finalement, il y a 60 ans, Disney, dans son long-métrage d’animation, avait pris plus de risques qu’en 2010.

Un conseil donc : mieux vaut (re)voir le dessin animé avant de se rendre en salle le 24 mars pour apprécier par soi-même ce nouvel « Alice ».

Caro

Critique du film La Rafle, de Roselyne Bosch

la rafle

Le 21 janvier dernier, j’ai été invitée par Gaumont (merci Pingoo) avec une petite dizaine d’autres blogueurs à aller découvrir La Rafle et sa réalisatrice Roselyne Bosch. J’avais vu la bande-annonce au cinéma et j’avais trouvé l’idée ambitieuse et originale. Avant de voir le film, Roselyne Bosch, qui finalisait le mixage avec son équipe, prit le temps de nous expliquer le sujet de son film : montrer la rafle du Vel’ d’Hiv’, qui n’avait jamais été abordée au cinéma français. Son choix de départ était de prendre le point de vue d’un enfant qui avait vécu la rafle, le Vel d’Hiv’, les camps français, mais qui avait échappé aux camps de la mort. Après des années de recherches auprès des rares survivants, elle trouva celui qu’elle cherchait dans un enregistrement d’émission télé : Joseph Weismann. Il y expliquait qu’il avait pu fuir le camp français juste avant que les autorités ne les envoient dans les camps d’extermination. L’idée de départ de la réalisatrice pouvait se concrétiser et bénéficier de toute la crédibilité d’une histoire vraie. La passion de la réalisatrice pour son projet était très communicative et c’était avec un grand respect et beaucoup de curiosité que je voulais découvrir son film.

Malheureusement, j’ai plus eu les larmes aux yeux en écoutant Roselyne Bosch qu’en regardant La Rafle. Alors oui, c’est toujours gênant d’avouer qu’on a pas aimé un film sur la shoah. En fait, ce n’est pas la première fois que ça arrive. Je n’ai pas aimé La Liste de Schindler et La Vie est Belle. Voilà c’est dit. Certains pourront peut-être penser que je suis un monstre insensible mais à un moment, il faut distinguer Cinéma et Histoire. Et La Rafle, comme tant d’autres films sur le sujet, est en déséquilibre complet entre sa volonté de représenter la terrible Histoire dans toute sa vérité tout en reprenant tous les codes de mises en scène et d’écriture d’une œuvre de fiction.

Alors oui, il y a des scènes très intéressantes dans La Rafle, parce qu’inédites : le Vel d’Hiv, sublimement reconstitué et le rôle des infirmières françaises (comme Annette, jouée par Mélanie Laurent), des médecins juifs (Dr. Sheinbaum, joué par Jean Reno, excellent dans ce rôle) et des pompiers (notamment le Capitaine Pierret, joué par Thierry Frémond) jusqu’à l’arrivée dans le camp français. Ces deux scènes m’ont captivée et émue, elles m’ont interrogée et m’ont donnée envie d’en apprendre plus. Mais ces deux scènes ne durent tout au plus qu’une demi-heure du film (alors qu’elles en sont pourtant le sujet même).

Le reste n’est que mise en scène clichée et « tire-larmes » alternant scènes intimes et empathiques des familles juives et des Justes et fausses images d’archives d’Hitler avec sa famille (écoutant du Wagner…) et de Pétain et Laval complotant dans leur bureau parisien. Le pire arrivant dans les dernières secondes du film, où je me suis rarement sentie aussi mal à l’aise dans une salle de cinéma : colère, non pas à cause du sujet traité dans le film (je ressens cette colère depuis l’adolescence à travers les livres et les documentaires sur les sujets concernant l’holocauste) mais dans ce choix cinématographique jurant comme une ultime fausse note dans une partition déjà bien hésitante. Pourquoi ? Dans quels buts ? Je ressens encore une grande colère pour ce film qui est passé à côté de quelque chose de grand, se réduisant qualitativement parlant à un téléfilm de France Télévisions. On ressent le travail documentaire de la réalisatrice, mais celui-ci est submergé par les vagues de pathos trop présentes, trop… grand public. Ce que je reproche finalement aussi à La Liste de Schindler et La Vie est Belle. Il y a des choses qu’on ne peut qu’évoquer, pas représenter.

Pourtant, tout comme ses prédécesseurs, je sais que ce film est nécessaire, et que le public se déplacera en masse, notamment les profs accompagnés de collégiens et lycéens. Le devoir de mémoire, que ce soit sous une forme ou une autre, est trop important pour condamner trop durement ce film. Et c’est peut-être tout simplement ça qui me met en colère : qu’on ait encore besoin de faire des films pareils, uniquement pour ne pas « oublier »…

Caro

A Single Man, un film de Tom Ford

affiche a single man

Aujourd’hui sort en salle la première œuvre cinématographique de Tom Ford (qui en est à la fois scénariste, réalisateur et producteur). Tom Ford, c’est le couturier texan qui remit sur pied Gucci dans les années 90, donna un souffle nouveau à la maison Yves Saint Laurent dont il fut le directeur artistique au début des années 2000 et qui décida, au sommet de sa gloire de styliste, de se mettre au cinéma.

tom ford
Tom Ford
propose régulièrement pour ses produits des campagnes de pub « porno-chic » parfois censurées car pas toujours du meilleur goût (je vous laisse faire un tour sur google images pour apprécier par vous-même).

A Single Man est l’adaptation d’une nouvelle de Christopher Isherwood, Un Homme au Singulier (en français), publié en 1964, qui traite d’un professeur homosexuel qui ne parvient pas à faire le deuil de son compagnon. Christopher Isherwood est aussi connu pour avoir écrit la nouvelle « Adieu à Berlin » en 1939, que Bob Fosse adapta en 1972 avec son flamboyant Cabaret.
Le film est aussi produit par Chris Weitz (connu entre autres pour American Pie, The Golden Compass, Twilight 2).

On aurait pu s’attendre à ce que tous ces éléments nous offrent un film trivial, frivole, outrancier.
A Single Man
est un film sensible, maitrisé, élégant. Continuer la lecture de « A Single Man, un film de Tom Ford »

Critique de Sherlock Holmes de Guy Ritchie

affiche sherlock holmes poster

Sherlock Holmes, un film de Guy Ritchie, le 3 février au cinéma.

Exit Bella et Edward, Jack Sully et Neytiri, le plus beau couple de ces derniers mois au cinéma, c’est Holmes et Watson. Ça tombe bien, puisque qu’entre I love you, man (sorti récemment en dvd) et I love you Philip Morris (bientôt au cinéma), les couples masculins ont la vedette. Un peu plus qu’une bromance, un peu moins qu’un amour fou, le film de Guy Ritchie met tout de même le ton : Watson doit « quitter » Holmes pour se marier avec sa fiancée Mary. Le détective ne l’entend pas de cette oreille et tente par tous les moyens de le retenir auprès de lui, dans leur petite routine au 221b Baker Street. Pour cela, quoi de mieux que de se plonger dans une nouvelle enquête, comme celle de la possible « résurrection » du Lord Blackwood, pourtant officiellement constaté mort par Watson lui-même.

En y regardant bien, tout le rythme du film se crée, non pas autour de l’enquête elle-même, mais autour de la relation fusionnelle qui unie Holmes et Watson. Et ça fonctionne plutôt bien, en tout cas dans la première heure, où l’on s’amuse vraiment de ce drôle de couple, des réparties plutôt cinglantes qu’ils s’envoient constamment, et de leurs regards et gestes qui révèlent une profonde affection/dépendance l’un à l’autre. C’est plutôt touchant et joli à voir, à l’image des deux acteurs, Robert Downey Jr et Jude Law exquis et irrésistibles (et sexy) dans les rôles et qui parviennent à inscrire une sincère complicité à l’écran.

Ce qui pêche finalement, c’est qu’en dehors d’eux, plus rien n’a réellement de relief, mis à part le second rôle de l’Inspecteur Lestrade (joué par l’excellent Eddie Marsan), la musique de Hans Zimmer, parfaite et la mise en scène de Guy Ritchie, efficace, qui dépoussière le mythe tout en préservant son état d’esprit original (et certaines séquences sont de véritables leçons de cinéma, retenez notamment la scène de boxe et celle de l’explosion).

Les personnages féminins (Mary Morstan, interprétée par Kelly Reilly et Irene Adler par Rachel Mc Adams) manquent de contrepoids, et Lord Blackwood (Mark Strong) aurait mérité de bénéficier d’avantage de nuances et ne convient pas tellement comme méchant ici. Il n’est pas à la hauteur de Sherlock, il semble être là uniquement comme un entrainement, en attendant le vrai affrontement avec le professeur Moriarty, futur ennemi juré de Holmes. Et ce qui fait le plus défaut, finalement, c’est l’enquête elle-même, trop classique, un peu vaine, qui n’accroche pas véritablement le spectateur. D’où un sentiment d’ennui qui peut quasiment apparaître dans la deuxième partie du récit, sans parler du climax mal ficelé et décevant, tant les enjeux dramatiques peuvent manquer de ressort. Heureusement que l’annonce d’une suite un peu plus excitante dans les dernières minutes, et le générique, très beau, permettent de sortir du film sur une note malgré tout positive.

Sherlock Holmes par Guy Richie est finalement une bonne mise en place des personnages et des lieux (belle reconstitution du Londres victorien, entre misère et révolution industrielle, apportant une ambiance assez noire à l’ensemble), mais voilà, un peu comme Batman Begins annonçait The Dark Knight, on attend à présent d’entrer dans le vif de l’action, avec un vrai méchant et une enquête à la hauteur des capacités de Holmes.

En attendant, ne vous fiez pas à la bande-annonce, plutôt déstabilisante, qui ne vend pas le film tel qu’il est vraiment : Sherlock Holmes est bel et bien un hommage plutôt fidèle au héro de Conan Doyle (je vais d’ailleurs me replonger dans les nouvelles), un divertissement qui manque parfois de souffle certes, mais avec suffisamment de finesse et d’intelligence pour le placer dans la catégorie supérieure des blockbusters.

Caro