Critique de Chaque jour est une fête…

affiche chaque jour est une fete

Chaque Jour est une Fête…
Un film de Dima El-Horr, le 27 janvier au cinéma.

J’ai rencontré Dima il y a plusieurs mois comme collègue doctorante, sans saisir tout de suite qu’elle terminait son premier long métrage. C’est au détour d’une conversation avec une tierce personne que je le compris : elle expliquait qu’elle revenait de Rome, où elle avait présenté une copie de son film lors d’un festival. Je commençais alors à mesurer l’ampleur de ce projet. Puis elle me donna quelques détails : un long métrage sur trois femmes, qui doivent rejoindre la prison pour hommes, et qui se perdent dans le désert libanais. Un film, avec entre autre, Hiam Abbass. « Hiam Abbass » répétais-je… J’adore cette actrice. Ok, là, avec Dima, on joue dans la cour des grands, réaliser un film avec Hiam Abbass, c’est plutôt ambitieux. A l’époque elle finissait le montage à Berlin et revenait régulièrement sur Paris, à la fois pour préparer la sortie du film, et pour sa thèse, avant de rentrer quelques semaines chez elle à Beyrouth. Discuter avec Dima est passionnant. Voir son film l’est tout autant.

Chaque jour est une fête… est un road movie où trois femmes qui ne se connaissent pas vont devoir s’entraider au milieu d’un arrière-pays d’apparence vide mais où raisonnent des tirs, des explosions, des cris. Le Liban apparaît comme le 4ème personnage, celui d’une terre meurtrie, qui comme ces trois femmes, n’a plus aucun repère et semble, même, ne plus avoir d’espérance. Trois femmes et un pays figés, mélancoliques, apeurés, que tout en devient absurde : c’est là qu’apparaît la poésie, de ces femmes en talons hauts perdues dans le désert, de cette féminité incongrue dans la dureté de la pierre, au milieu de cadavre de tous poils (ou plumes). Une sorte de purgatoire que ces femmes doivent franchir pour atteindre une délivrance, quelle qu’en soit l’issue. Une traversée du désert, au propre comme au figuré, qui fait osciller le récit dans des hallucinations, entre le cauchemar et la réalité. Mais l’essence de survie de ces femmes restent le rire, la complicité, les confidences sur leurs relations avec les hommes, ceux qu’elles vont peut-être pouvoir retrouver en prison.

Chaque Jour est une fête… sort mercredi en salle. Dans trop peu de salles malheureusement. Prenez le temps et la curiosité de découvrir la sensibilité et la tendresse de ce film qui permet de comprendre, un peu à l’image de Caramel, autre film sur la féminité libanaise, ce pays sous un jour nouveau, féminin, moderne et surtout lassé de ces conflits à répétition.

Pour les cinéphiles parisiens, vous pouvez découvrir le film au MK2 BEAUBOURG, au REFLET MEDICIS et au PUBLICIS CINEMA.
Les séances de 20h du mercredi 27 janvier et du vendredi 29 janvier au Reflet Medicis seront suivies d’un débat avec Dima El-Horr, la réalisatrice.
Si vous souhaitez aider le film ou tout simplement en savoir plus sur le projet, vous pouvez cliquer ici.

Chaque jour est une fête…, un film de Dima El-Horr, coécrit avec Rabih Mroué (artiste libanais internationalement reconnu). Avec Hiam Abbas (qu’on ne présente plus), Manal Khader (Intervention Divine) et Raïa Haïdar.

Synopsis : C’est le jour de la fête de l’indépendance du Liban. 3 femmes qui ne se connaissent pas prennent un même bus qui va les emmener à la prison située dans l’arrière-pays. Au milieu de cette terre aride, parsemée de mines et de rêves décapités, le voyage devient la quête de leur propre indépendance.

Caro

Critique du film Mother de Bong Joon-Ho

affiche mother

Mother, un film de Joon-ho Bong

L’histoire : Une mère, veuve, élève seule son fils, Do-joon, devenu adulte mais qui n’a jamais vraiment grandi mentalement. Se sentant coupable de la naïveté et de la conduite immature de son fils, elle le surprotège, agissant avec lui comme s’il était encore un enfant. Un jour, une jeune fille est retrouvée morte. La police accuse Do-joon et l’arrête. La mère est persuadée que son fils est innocent et mène sa propre enquête pour le prouver.

L’idée générale : Mother est le dernier film de Bong Joon-ho, réalisateur sud coréen qui a à son actif Memories of Murder et The Host. Il signe avec Mother un drame intimiste et intense, où le rôle de la mère est sublimement interprété par l’actrice sud-coréenne Kim Hye-Ja, véritable star dans son pays. Beaucoup de ses compatriotes la redoutaient dans ce rôle, qui pouvait « salir » son immense carrière. Pourtant, ce personnage intriguant porte le film sur ses frêles épaules avec une force rare, transcendé par la mise en scène de Bong Joon-ho, faite d’une alternance de plans très rapprochés et très larges, renforçant la détermination de cette mère mais aussi son isolement dans ce combat pour sauver son fils. Plusieurs fois j’ai ressenti dans ce film l’ombre d’Almodovar, autant dans la mise en scène que dans le récit, qui se déroule doucement mais avec une destinée implacable. La place de l’humour, comme dans tous les films de Bong Joon-ho, est importante, humour aigre doux, où le spectateur est amené à sourire malgré un contexte dramatique.

Le bon : Le personnage de la mère donc, sublime, proche de la folie dans cette relation fusionnelle qu’elle entretient avec son fils. La mise en scène mature, simple et puissante à la fois, avec des travellings qui restent en tête longtemps après la vision du film.

Le moins bon : le personnages du fils, qui, comme le héros de The Host, peut avoir tendance à énerver tant leur bêtise est grande et souvent, surjouée. Le rythme un peu trop lent, mais c’est ce qui caractérise aussi le cinéma sud-coréen.

Bilan : un film bouleversant et poétique, qui confirme le jeune Bong Joon-ho comme l’un des meilleurs réalisateurs de sa génération.

Caro

Critique de Max et les Maximonstres

max et les maximonstres

Un nouveau film de Spike Jonze est toujours un événement. Brillant réalisateur dont le talent « clippesque » n’a jamais eu à être remis en doute, cinématographiquement parlant, Spike Jonze prend son temps : c’est son troisième long-métrage, 10 ans après le très culte « Being John Malkovich » (oui… je sais… le coup de vieux que l’on prend d’un coup) et 6 ans après le trop méconnu Adaptation.
Being John Malkovich et Adaptation doivent être vu comme une continuité (Adaptation étant une sorte de mise en abime du travail scénaristique de Charlie Kaufman après le tournage de Being John Malkovich). Avec l’absence de Charlie Kaufman dans ce projet : Max et le Maximonstres propose un univers nouveau chez le cinéaste, loin des névroses sur l’identité et la condition humaine des artistes (et de la place de l’homme dans une société féminisée).

En décidant d’adapter il y a 5 ans l’œuvre littéraire enfantine de l’américain Maurice Sendak « Where The Wild Things Are », Spike Jonze révélait un changement de cap majeur dans son univers cinématographique. Les premières bandes-annonces et surtout les affiches étaient particulièrement prometteuses d’une richesse visuelle et émotionnelle. Ne connaissant pas le livre avant de voir le film, je n’étais pas dans une attente de la restitution de l’œuvre originale : je voulais surtout que monsieur Jonze me fasse rêver avec ses Maximonstres.

De ce fait, le film combla entièrement mes attentes : commençant avec des séquences particulièrement violentes mais paradoxalement jouissives sur les jeux d’enfants (Max poursuivant – harcelant – son chien, déguisé en loup, et une scène de bataille de boules de neige), Spike Jonze met le ton : ce n’est pas un film pour les enfants. Il propose un film sur l’imaginaire d’un petit garçon, sur son désir violent de s’échapper de ce monde réel et tellement « adulte » qu’il ne comprend pas. Quel sens a véritablement la vie si on ne s’y amuse pas ?

De cette magie de l’enfance apparaissent les Maximonstres, des grosses bêtes monstrueuses à la bonté généreuse que Max tente de « soumettre » à ses désirs en devenant leur Roi. Ce que Max veut, c’est simplement s’amuser avec eux, courir dans les bois, dormir « empilés » et construire une cabane gigantesque. Bien entendu la chose se révèlera plus compliquée et Max devra changer son comportement. Car comme dans pratiquement toutes les histoires « initiatiques » contées depuis la nuit des temps, Max et les Maximonstres a pour thème la transformation, la métamorphose.

Le film le représente en douceur, alternant de magnifiques scènes poétiques et contemplatives sur les paysages et les créatures fantastiques des Maximonstres (surtout la tendre KW), les scènes de colère et de frustration de Max et de son alter ego « monstrueux » Carol et les jeux spectaculaires organisés entre Max et ses nouveaux amis (notamment l’exceptionnelle bataille de boules de terre qui nous transporte littéralement avec eux).
Tout le talent de mise en scène de Spike Jonze est mis en valeur dans ce film, sublimé par le jeu incroyable de Max Record, jeune acteur qui nous en fera voir d’autres dans les prochaines années tant sa présence est puissante à l’écran. Les monstres et les effets visuels ne sont pas en reste, alliant crédibilité et poésie, ainsi que la très belle musique de Carter Burwell et de Karen O de Karen O and the Kids (et des Yeah Yeah Yeah), rappelant avec légèreté certains titres des Arcade Fire (que l’on entend d’ailleurs dans la bande-annonce).

Bref, certains diront que le film est long, sans intérêt, sans… histoire. Ce seront ceux qui auront oublié leurs rêveries d’enfant, où allongés dans leur chambre ou dans l’herbe de leur jardin, s’inventaient des vies extraordinaires, peuplées de mille détails, de milles évènements tout aussi puissants qu’insignifiants les uns des autres.

Donc oui, le film a des longueurs et une approche narrative atypique par sa simplicité, laissant le spectateur dans toute sa liberté de réflexion (est-ce la réalité, est-ce un rêve, il y a t’il vraiment un enjeu à tout ça ?), ce qui est toujours déstabilisant vu que la plupart des films « prémâchent » l’imagination du public pour le guider sur des chemins qu’il connaît déjà, pour ne pas le perdre dans ses sentiments, le rassurer sur ce qu’il voit, le cajoler dans ses certitudes.

Mais voilà, Max et les Maximonstres, sous son apparence innocente, est bien plus complexe. C’est un film sur l’imaginaire, le jeu, la manipulation, mais aussi sur la confiance et la méfiance, la tendresse et la haine que l’on éprouve pour ceux que l’on aime. Max et les Maximonstres est tout simplement un film sur la vie, sur la force quasi-guerrière qu’il faut pour ressentir et pour profiter de la vie dans toute sa beauté, dans toute sa complexité, dans les moments de joie comme dans les moments de doutes et de colère, ou tout simplement, dans ces moments d’ennuis que redoute tellement Max… et que nous pouvons tous combler par la force de notre imaginaire !

Caro

Festival Franco Coréen du Film

Après le Festival du Film Asiatique que nous avons pu découvrir il y a quelques mois à Deauville, cette semaine avait lieu le 4ème Festival Franco Coréen du Film, qui avait lieu au cinéma parisien l’Action Christine (du 4 au 17 novembre). A l’Action Christine, mais pas que… un petit cinéma peuplé d’irréductibles cinéphiles banlieusards a pu proposer une soirée exceptionnelle dans le cadre de ce festival. Je parle bien entendu du Bijou, à Noisy le Grand, devenu la deuxième maison de l’équipe Filmgeek.

festival franco coréen du film

Notamment grâce à Hwarim Cho et à l’Université de Marne la Vallée, nous avons pu voir mardi soir trois films et rencontrer leur réalisateur sud-coréen Lee Myung-Se. Les films étaient choisis sous la thématique de l’Amour. Histoire sûrement de contrebalancer ce cliché d’un cinéma coréen violent… Et puis ça tombe bien, en ce moment je suis d’humeur fleur bleue… Continuer la lecture de « Festival Franco Coréen du Film »

Sin Nombre, entretien avec Cary Fukunaga

affiche sin nombre

Sin Nombre sort demain. Ce film intense est peut-être un des meilleurs films que j’ai vu cette année mais je ne vais pas en faire ici la critique (qui ne serait que dithyrambique), je vais vous parler de ma rencontre avec son réalisateur, Cary Fukunaga.

Filmgeek a beaucoup de lectrices, avec un clin d’œil appuyé, j’insiste beaucoup sur le fait que je l’ai rencontré en tête à tête, merci Cinéfriends et Diaphana 😉 Je ne sais pas ce qui m’a le plus marqué dans cet entretien : le talent et l’intelligence de ce réalisateur, ou sa beauté, sa gentillesse et sa disponibilité. Bref, une de ses rencontres qui sortent largement du lot et qui impressionnent fortement. Il en reste, plusieurs semaines après, la très belle impression que j’ai eu de la chance en le rencontrant à ses débuts car il est incontestable que ce jeune homme a une carrière prometteuse qui s’annonce.

Cary Fukunaga

Voici dans la suite, un compte-rendu de la vingtaine de minutes passée en sa compagnie : Continuer la lecture de « Sin Nombre, entretien avec Cary Fukunaga »

Critique du film Les Derniers Jours du Monde

les derniers jours du monde
La fin du monde est proche, guerres, virus, menaces nucléaires, pollution rythment les derniers jours des humains, qui essayent tant bien que mal de profiter de leurs derniers instants sur Terre. C’est le cas de Robinson, qui a l’inverse de tous, part à la recherche de la femme de sa vie, Lae(ticia), disparue quelques mois auparavant. C’est avec elle –et seulement elle- qu’il veut mourir. Entre présent et souvenirs, les derniers jours de Robinson ne sont qu’une ode à l’amour, au plaisir, aux rencontres et aux retrouvailles « de tous poils ».

L’idée générale :

Le titre est très évocateur, n’ayez aucun espoir, clairement, nous ne sommes pas dans un film américain, ou de Luc Besson (à l’antithèse du 5ème Elément donc). Pour créer le suspense, le film s’articule sur un montage alterné de flashbacks et de faits présents, soit un an environ avant la fin du monde, et les derniers jours avant celui-ci. Le basculement socio-écolo-médico-politico-économique qui entraine vers cette fin du monde reste très silencieuse. Ce qui est représenté à l’écran, c’est le basculement amoureux que connaît Robinson, en rencontrant cette femme énigmatique qu’est Laeticia et quittant femme et enfant pour elle. Entre les souvenirs et le présent, deux détails d’importance s’imposent dès les premières minutes et permettent de fluidifier la compréhension de la temporalité du récit: Laeticia n’est plus là et Robinson a perdu un bras. L’un et l’autre étant lié, le suspense du film se base en grande partie sur les réponses qui y seront apportées par la suite.

La fin du monde, quant à elle, est inévitable. Les humains, fatalistes, l’acceptent et tentent de jouir, dans tous les sens du terme, de leurs derniers instants de vie. Le spectateur se fait vite à l’idée aussi. Car aucune solution n’est apportée ici, qu’elle soit politique ou surnaturelle. Ce qui compte, c’est l’histoire de Robinson et son amour pour Lae. On est donc dans la science-fiction pure et dure, mais très loin du regard américain. Car Les derniers jours du Monde est avant tout un film d’auteurs, intimiste, caractéristique d’un cinéma à la française, mais où le genre fantastique apporte de nouvelles facettes de réflexion et surtout de mise en scène, sublimant d’une certaine façon un récit et des acteurs à leur juste niveau. Nous ne sommes pas loin Des Fils de l’Homme (Alfonso Cuarón) et de Blindness (Fernando Meirelles), le budget en moins.

les derniers jours du monde 3

Le bon :

Les acteurs justement. Un casting osé que les réalisateurs ont réussi à sortir des sentiers battus, notamment concernant Catherine Frot (superbes scènes de Pamplelune et du théâtre de Toulouse) et Karin Viard (où comment évoquer le pire pendant une scène d’amour rarement vue au cinéma). Mathieu Amalric, omniprésent à l’écran, est dans son élément. Son personnage semble être en continuité avec celui qu’il interprétait dans De la guerre. Sans parler de Sergi Lopez, dont chaque apparition coupe le souffle. On regrettera d’ailleurs que son rôle ne soit pas plus détaillé, car le duo avec Amalric tombe sous le sens : pourquoi n’ont-ils pas joués ensemble plus tôt ? Certaines séquences sont impressionnantes de virtuosité dans la mise en scène : la fête de Pamplelune, avec les plans de foule semblant « avaler » Catherine Frot et Mathieu Amalric, la ville de Toulouse assiégée, l’hôtel et la très belle séquence dédiée au personnage de Clotilde Hesme. La nudité et l’intimité des couples, ne sont jamais dérangeantes. Les frères Larrieu savent filmer pudiquement l’impudeur et ne s’en privent pas.

les derniers jours du monde 2

Le moins bon :

Il faut s’accrocher le long de la première demi-heure car l’intrigue tarde à démarrer et l’on ressent une sorte de contre rythme entre les acteurs et l’action du film. Les effets spéciaux mal gérés au début (Biarritz et les « cendres ») renforcent cette impression de voir un film inabouti et mal monté, pour heureusement trouver un rythme et permettre au spectateur de s’imprégner de l’inquiétante atmosphère de ces derniers jours du monde. Certains souvenirs de Robinson sont un peu long, voire inutile et freine avec un léger agacement le « bon » déroulement des derniers jours avant la Fin. Car les souvenirs de Robinson sont tous liés à Laeticia, incarnée à l’écran par l’actrice novice Omahyra Mota. Le décalage de son jeu avec ceux des acteurs confirmés est lui aussi un brin énervant, mais permet de représenter l’originalité du personnage et la motivation de Robinson de la retrouver avant de mourir. La séquence du Château, tellement clichée, est aussi un peu décevante, avec une apparition de Sabine Azema dispensable.

les derniers jours du monde 1

Le bilan :

Un film français audacieux dans la forme et dans le fond, servi par un très beau casting et des beaux décors du sud de la France et de l’Espagne. Un sujet difficile dont se sortent particulièrement bien les réalisateurs. Un film qui devrait inspirer le cinéma hollywoodien en arrivant à mêler de front des genres bien différents, comme l’avaient fait avant les frères Larrieu des cinéastes comme Godard (Alphaville), Truffaut (Fahrenheit 451) ou plus récemment Robin Campillo (avec l’excellent Les Revenants).

Caro

Notre compte-rendu du Festival du Film Asiatique de Deauville 2009

Fest cine asia Deauville (9 sur 34)

Le 11ième Festival du Film Asiatique de Deauville est fini depuis belle lurette et c’est donc sur le tard que nous écrivons et publions ce compte-rendu du samedi 14 mars, mais il fallait nous laisser du temps pour nous remettre de cette journée particulièrement exceptionnelle : un temps magnifique, la mer, des rencontres et discussions sympathiques et joyeuses, des films « exotiques » très intéressants, bref, du dépaysement à 100% que nous devons tout particulièrement à Charles et à Orange.

Partis à 8h en bus de porte maillot avec d’autres blogueurs dont notre « hôte » Charles et Chandleyr, nous arrivons à 10H30 pour le début d’une projection d’un film en compétition : Claustrophobia, de Ivy HO (Hong-Kong). La salle du C.I.D est quasiment pleine et très rapidement, j’entre dans le film : l’image est superbe, les couleurs et les lumières noctures principalement me transportent littéralement. L’actrice principale est belle et touchante, le scénario simple, peut-être un peu trop mais les sensations sont là. Ça commence plutôt bien.

En sortant vers 12h30, un soleil radieux nous attend, ainsi qu’une faim tenace ! Nous profitons avec Flo pendant quelques heures du bord de mer, des planches et des spécialités locales. Une impression de vacances qui nous manquait bien dans la grisaille parisienne ! Sandra, d’In the mood for cinéma, qui sort d’une projection, nous retrouve au restaurant et nous fait un compte-rendu de ce qu’elle a déjà vu tout au long du festival, ainsi que de ses pronostics pour le palmarès.

Nous allons voir ensuite ensemble un film sud-coréen Members of the Funeral de Seung-bin BAEK. La digestion se fait la plus forte et nous somnolons Flo et moi pendant le film. Il faut dire que le rythme est assez lent, malgré une première partie très prometteuse. Je me perds dans les méandres scénaristiques et fini par m’ennuyer ferme. Déception car le synopsis me faisait de belles promesses…

Sandra part profiter du soleil pendant que nous retrouvons Charles et Chandleyr pour la projection de The Sniper de Dante Lam, au cinéma du Casino, en sélection pour Action Asia. Avant que le film ne commence nous sommes déjà surpris par la salle elle-même, plus qu’inconfortable. Je ne vois que la moitié de l’écran. Heureusement, le réalisateur est très content de pouvoir présenter son film et met l’ambiance. Puis le film commence, et en moins de 10 minutes je m’endors sans avoir à résister. Ce n’est pas du tout mon genre de film, et… il accumule clichés sur clichés. Il en devient presque drôle (enfin, pour le peu que j’ai pu en voir). J’aurai tellement préféré voir The Chaser, qui n’était malheureusement pas présenté ce jour-là, quel dommage !

Après un café pour nous remettre de nos émotions, nous partons ensuite tous retrouver Sandra qui nous attend au C.I.D pour le dernier film de notre journée : The Shaft, film chinois de Chi ZHANG. L’histoire en trois volets des membres d’une famille de mineurs est envoûtante, remarquablement bien interprété, avec un rythme qui donne à savourer chaque plan, chaque intonation. Le travail sonore est sublime, entre douceur et agressivité, tout comme les émotions des personnages. Une excellente note pour finir cette journée (c’est d’ailleurs le seul film que nous ayons vu dans la journée qui ait été récompensé -Lotus du Jury-), avant que le bus nous ramène sur Paris dans une nuit glaciale, mais avec de belles impressions en tête !

Retrouvez aussi toutes nos photos du Festival du Film Asiatique de Deauville ici et le compte-rendu complet de l’intégralité du festival sur le blog de Sandra : http://www.inthemoodfordeauville.com/

Nos Photos du Festival du Film Asiatique de Deauville 2009

Grâce à Charles Liebert et Orange, nous avons pu participer avec Caro au Festival du Film Asiatique de Deauville en compagnie de Sandra et de Chandleyr. Nous avons passé le samedi là-bas, assistant à 4 séances: Claustrophobia, Members of Funeral, The Sniper et The Shaft dont on vous reparlera plus en détails. En attendant, voici les photos prises par Caro :
 

Conférence de presse Watchmen Les Gardiens

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Depuis hier se trouve en France l’équipe du film The Watchmen – Les Gardiens, venue faire la promo (très courtisée) de cet évènement cinématographique 2009.

Avant d’aller voir de mes propres yeux ce soir ce qui reste encore une grande interrogation pour l’ensemble des fans du comicbook et des cinéphiles, j’ai pu, grâce à Paramount, assister à la conférence de presse mardi après-midi.

Étaient présent Zack Snyder, bien entendu, accompagné de sa productrice Debbie Snyder et surtout des acteurs principaux : Jeffrey Dean Morgan (Le Comédien), Billy Crudup (Dr. Manhattan), Malin Akerman (Le Spectre Soyeux II), Patrick Wilson (Le Hibou), Carla Gugino (Le Spectre Soyeux I) et Jackie Earle Haley (Rorschach). Ne manquait donc à l’appel que Matthew Goode alias  Ozymandias.

Sans plus tarder, retrouvez le compte-rendu complet de la conférence de presse française de Watchmen – Les Gardiens ainsi que le diaporama dans la suite !

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Inauguration, visite et réouverture du Forum des Images

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Grâce à Rémy et Yann de Publicis et au blog du Forum des Halles, ainsi qu’au Club 300 d’Allociné, j’ai pu assister aux deux soirées d’inauguration du Forum des Images, sur la toute nouvelle « Rue du cinéma« , au Forum des Halles.

La première soirée, ultra sélect, à en faire des jaloux (mention à Franck C., un de mes anciens profs et maintenant collègue, que j’ai bien nargué de l’autre côté du cordon rouge) était pleine de surprises, de paillettes et de crépitements de flash.

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La première impression du lieu, assez succinte, permet de se faire une idée de la nouvelle ambiance présente au Forum des Images : conviviale et chaleureuse, fun et glossy, moderne et interactive. A l’image des deux invités exceptionnels de cette soirée qui ne l’était pas moins : Michel Gondry et Agnès Varda, ou « le choc des Titans ».

Gondry pour le petit film promotionnel du nouveau Forum, que je vous laisse déguster :

Gondry aime les défis, on le sait. Il se défie donc lui-même après la projection de son court en faisant un discours de moins d’une minute. Il gagne haut la main, nous laissant dans la plus grande frustration, mais qu’importe, mieux vaut de la qualité que de la quantité de la part du maître. Nous parvenons tout de même à apprendre qu’il a dessiné les croquis constituant son film dans la salle où nous sommes installés à ce moment même.

Arrive ensuite accompagnée de Jane Birkin la « Grande » Agnès Varda, sous des applaudissements plutôt émouvants. Elle présente son film, remercie ses enfants, ses petits-enfants, dans la salle pour l’occasion, les acteurs présents ou non, vivants ou décédés qui l’ont accompagnés au fil de sa longue et belle carrière. Elle évoque Jacques Demy et l’intimité de son film. Elle a peur de le montrer à tout ce public de la profession.

Puis le film commence. Les Plages d’Agnès est sublime d’intensité, d’amour, de coup de gueule, de beauté, d’hommage, de respect. Pour avoir suivi il y a quelques années un excellent cours sur la dame, je connais et admire plusieurs de ses films, que Les Plages d’Agnès ne fait que sublimer. Souvent les larmes aux yeux, surtout dans la dernière partie, le sourire aux lèvres, je salue le choix juste et emblématique du Forum des Images d’inaugurer ses nouvelles salles avec une oeuvre si forte. Et même si Agnès ne réapparait pas après le film, je sors du Forum heureuse d’avoir pu assister à cet évènement.

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