Critique du film 9 mois ferme d’Albert Dupontel

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L’excellent acteur et réalisateur Albert Dupontel est de retour sur nos écrans, véritable électron libre du cinéma comique français. Il faut l’avouer le gars s’est un peu assagi, la narration est plus fluide, le scénario plus nourri et mieux construit, le rythme beaucoup moins étourdissant que dans ces précédents films… mais il reste le maître de la comédie punk. Son grain de folie est toujours présent, prêt à surgir au tournant de n’importe quelle scène. Dupontel a le don pour inventer des histoires abracadabrantesques dont seul lui à le secret mais toujours emprunt d’une réalité sociale. D’ailleurs, dans la paysage ultra-formaté de la comédie française, Dupontel détonne, c’est le surdoué qui s’ingénie à rester le mauvais élève de la classe, qui dynamite les codes éculés de ce genre. Contrairement à son compatriote Danny Boon, qui lui n’a guère de talent si ce n’est de toucher 7,5 millions d’euros pour ses films (le triste record français pour un réalisateur-scénariste-acteur), Albert Dupontel nous délecte avec ses comédies de moeurs déviantes et corrosives! Et puis cette fois-ci, il a convoqué la géniale Sandrine Kiberlain pour camper le rôle principale, une des rares actrices à pouvoir mêler comédie et drame. Elle est formidable et rien que pour ça le film vaut le coup d’oeil!

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Ariane Felder est une juge d’instruction intraitable, droiture, sérieux et abnégation sont ces préceptes. Et dans sa vie de quarantenaire célibataire, pas grand chose d’autre que son boulot. Pas le temps pour sortir s’éclater ou flirter. Mais le soir du 31 décembre, une énorme fête est donnée dans les murs luxueux du Palais de Justice de Paris. Et oui les avocats, juges et consorts ont bien le droit de faire la fête aussi. Profitant de cette débauche organisée, les collègues d’Ariane dont le collant De Bernard, l’embarquent. Dans cette ambiance débilitante, elle s’alcoolise plus que de raisons, il faut au moins ça pour supporter tous ces abrutis pense-t-elle… Le juge Felder s’y emploie avec le sérieux qui la caractérise, siffle flûte après coupe, tant et si bien que c’est au radar qu’elle quitte le tribunal, après minuit, après avoir été contrainte de souhaiter une bonne année à toute cette bande d’andouilles… Bref une soirée à oublier vite fait, et on se remet au travail…Six mois plus tard, notre juge apprend qu’elle est enceinte. Bien décidé à garder le contrôle de sa vie et de son corps, elle veut se débarrasser de l’intrus, mais légalement elle ne peut rien faire. Après avoir effectué des analyses ADN, il s’avère que c’est Bob Nolan, un cambrioleur multi-récidiviste, le coupable de ce crime odieux. Le délinquant est enfermé en prison pour avoir, lors d’un vol, tué le vieux proprio de la baraque et gobé ses yeux (un globophage d’après les experts!). Le chemin pour comprendre ce qui s’est passé et se confronter au terrible Bob sera loin d’être une sinécure.

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Autour du formidable duo Kiberlain-Dupontel, le reste de la distribution est impeccable, avec mentions spéciales à l’avocat bègue et parfaitement incompétent de Bob, joué par Nicolas Marié, sa prestation est à mourir de rire! On retrouve également Bouli Lanners en vidéo-surveilleur zélé et Jean Dujardin en traducteur télé en langue des signes, beau programme. Albert s’est amusé a insérer plein de cameo de ses potes dans le film… On y retrouvera avec grand plaisir Terry Gilliam, Yolande Moreau, Jan Kounen ou Gaspar Noé. D’ailleurs la mise en scène maîtrisé de Dupontel, est largement influencé par Gilliam, voir même de Kounen et Noé. Et pour la petite histoire, la juge qui préside le procès dans le film n’est autre que Michelle Bernard-Requin, véritable magistrate dans la vie qui était la protagoniste principale dans le doc 10e chambre – Instants d’audiences de Raymond Depardon. Elle a également été d’une grande aide en le conseillant sur les incohérences de son scénario sur la réelle procédure juridique. Dupontel explique d’ailleurs que c’est après avoir vu ce remarquable documentaire qu’il a eu l’idée de départ de 9 mois ferme.

Stephen

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9 mois ferme
Écrit et réalisé par Albert DUPONTEL
France 2013 1h22
avec Avec Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Philippe Uchan, Philippe Duquesne, Bouli Lanners…

Raoul au Festival de Cannes 2012 – Day 6

Raoul est une nouvelle fois notre super envoyé spécial pour le Festival de Cannes, vous pouvez suivre ses aventures en direct ici : http://www.twitter.com/Filmgeek_fr et ses comptes-rendus sur Filmgeek.

Côté cinéma, journée sous le signe de la comédie.
Côté fête, deux apéros et une énorme fiesta pour le film « Le grand soir ». Un super concert des Wampas, qui jouent également dans le film. En dix ans de festival, je n’avais jamais vu une ambiance comme ça sur la croisette. On mettra des liens par la suite car un pote à filmer tout ça. Bon c’est pas tout ça mais je vais me coucher, j’ai tout donné dans « la fosse » !


La part des anges – Sélection officielle (compétition)
Nouveau film de Ken Loach qui se déroule en Écosse.  De jeunes branleurs découvrent le plaisir de la dégustation du whisky écossais.  Une comédie sur fond social comme seul Loach sait le faire. C’est très drôle et réussi, j’en reprendrais bien un verre !


Cogan – La mort en douce – Sélection officielle (compétition)
Après « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », Andrew Dominik s’attaque au polar. Beaucoup de dialogues interminables et un sous-contexte politique totalement à côté de la plaque. C’est du déjà vu et déjà fait, il n’y a pas grand chose d’original. La mise en scène est quand même pas mal foutu mais ça s’arrête là. Du sous-Tarantino qui ne propose rien de neuf. C’était attendu et c’est loupé


Le Grand Soir – Un certain regard
Nouveau film des trublions Benoît Delépine et Gustave Kervern après les excellents « Louise-Michel » et « Mammuth ». Deux frangins que tout oppose, l’un étant commercial pour un magazin de literie et l’autre le plus vieux punk à chien d’Europe se retrouve chez leurs parents (Brigite Fontaine et Areski Bellacem excellents) qui tiennent une pataterie, resto dont les plats sont à base de patate… tout un programme. Le duo Poolvoerde-Dupontel est génial. Fidèle à leurs valeurs, les réalisateurs signent une critique de le société de consommation. Un vrai film de punk bien fendard ! J’adore !!!
Bonus : Ouverture de la soirée feat. Didier Wampas.


Operation Libertad – Quinzaine des réalisateurs
Première fiction de Nicolas Wadimoff après avoir fait du doc, dont son dernier très bon sur la Palestine, « Aisheen ».
Le film raconte l’opération Libertad, mené par un groupe de révolutionnaires pendant les années 70. Histoire totalement fictive mais tournée comme un documentaire, on a droit aux habituelles problèmes qui existent dans ces groupes. Les dissensions en son sein apportent une note comique au film mais la voix-off omniprésente du réalisateur-caméraman est de trop. Ça reste du déjà vu et l’essai n’est pas complètement convaincant.

Louise Michel récompensé à Sundance

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La bonne nouvelle du jour vient d’outre-atlantique, avec la récompense du World Cinema Special Jury Prize for Originality attribuée au film Louise-Michel de Gustave de Kervern et Benoît Delépine lors du Festival de Sundance 2009.

Le film a donc fait forte impression, Jane Lynch évoquant même « that damn sexy Louise-Michel » lors de la cérémonie.

A noter enfin que c’est la seconde fois qu’un film avec Bouli Lanners est récompensé à Sundance, après J’ai toujours rêvé d’être un gangster et je suis certain qu’Eldorado avait aussi ses chances dans le pays du road-movie.

Bref, si avec ça, vous n’avez toujours pas envie de voir le meilleur film français actuellement à l’affiche, voici encore treize bonnes raisons :

Yolande Moreau
Bouli Lanners
Benoît Poelvoorde
Francis Kuntz
Mathieu Kassovitz
Gustave Kervern
Christophe Salengro
Sine
Catherine Hosmalin
Albert Dupontel
Philippe Katerine
Aurélia Petit
Benoît Delépine

La sélec du mercredi #16

En ce mercredi 30 avril 2008 sortent 18 films, soit vraiment beaucoup trop, voici donc La Sélec de Filmgeek selon les règles afin de vous aider à faire votre choix.

  • Premier feu
    Iron Man
    De Jon Favreau et avec Robert Downey Jr., Terrence Howard
  • 2h à tuer ?
    Deux jours à tuer
    De Jean Becker et avec Albert Dupontel, Marie-Josée Croze
  • Régression
    15 ans et demi
    De François Desagnat et avec Daniel Auteuil, Juliette Lamboley
  • Le Grand Plagiat
    Le Grand alibi
    De Pascal Bonitzer et avec Miou-Miou, Lambert Wilson
  • Père Castor, raconte nous une histoire ! Père Castor…
    Mèche Blanche, les aventures du petit castor
    De Philippe Calderon et avec André Dussollier
  • Le comble serait qu’il se fasse plaquer 😉
    L’Amour de l’or
    De Andy Tennant et avec Matthew McConaughey, Kate Hudson
  • Les Choristes version QHS
    Les Hauts murs
    De Christian Faure et avec Carole Bouquet, Catherine Jacob

Les autres et les reprises :

  • Ciao Stefano
    De Gianni Zanasi et avec Valério Mastandrea, Caterina Murino
  • L’Un contre l’autre
    De Jan Bonny et avec Matthias Brandt, Victoria Trauttmansdorff
  • Des temps et des vents
    De Reha Erdem et avec Elit Iscan, Ali Bey Kayali
  • Joshua
    De George Ratliff et avec Sam Rockwell, Vera Farmiga
  • Marié(s) ou presque
    De Franck Llopis et avec Bernard Le Coq, Emma Colberti
  • L’An 01
    De Jacques Doillon et avec Cabu, François Cavanna
  • La Soif du mal
    De Orson Welles et avec Charlton Heston, Janet Leigh
  • Il va pleuvoir sur Conakry
    De Cheick Fantamady Camara et avec Alexandre Ogou, Moussa Keita
  • Le Gaucher
    De Arthur Penn et avec Paul Newman, Lita Milan
  • Mai 68
    De Gudie Lawaetz
  • La Dernière tentation du Christ
    De Martin Scorsese et avec Willem Dafoe, Harvey Keitel

Encore un mercredi surchargé en sorties, difficile pour les petits films de se faire une place, certain gros vont certainement se vautrer aussi. A ce petit jeu Iron Man devrait cartonner (grosse licence, grosse promo, grosse armure, gros casting…) et après… Perso, je suis toujours tenter par un Dupontel, malgré mon allergie à Jean Becker et sinon on peut toujours voir et revoir La Soif du Mal en souvenir de Charlton Heston.