Critique du film Le Hobbit, Un Voyage Inattendu, de Peter Jackson

Synopsis :

Quelques heures avant la fête d’anniversaire célébrant ses 111 ans, Bilbon Sacquet commence à écrire pour son neveu Frodon une histoire qu’il ne lui a encore jamais racontée, une histoire qui s’est déroulée 60 ans auparavant, celle qui signa son amitié avec Gandalf le Gris. Au cours de cette aventure, Bilbon aura traversé une partie de la Terre du Milieu accompagné par 13 nains d’Erebor – dont le légendaire guerrier Thorin Ecu-de-Chêne – pour qu’il les aide à récupérer leur trésor détenu par le redoutable dragon Smaug. Il aura aussi affronté des trolls, des gobelins, des orques, des araignées géantes, des sorciers… et, surtout, il aura été marqué par la rencontre de l’étrange Gollum, dont il vola le précieux anneau qui changera par la suite le cours de sa vie, mais aussi le cours de toute l’histoire de la Terre du Milieu…


Il était une fois…

Il était une fois… des studios et un cinéaste qui ne voulaient plus quitter le monde merveilleux de la Terre du Milieu et qui espéraient qu’il en soit de même pour les spectateurs et les fans.

Il était une fois un écrivain anglais qui avait développé une mythologie féérique si riche, à la fois si simple et si complexe, qu’il était dans la logique même que des producteurs et un cinéaste y consacrent le temps, l’argent et l’énergie pour tenter de l’exploiter, de le restituer, de l’approfondir à sa juste mesure.

Il était une fois l’histoire d’un hobbit doux et curieux, partagé entre deux histoires familiales, entre deux philosophies de vie : celle des Sacquet et celle des Touques. L’une était amatrice d’herbe à pipe et de bons repas, l’autre était plutôt du genre à trancher de la tête de gobelin pour l’envoyer dans un terrier au loin (et à inventer le jeu du golf, par la même occasion).

Il était une fois un comédien, Martin Freeman, au jeu si subtil et candide qu’il donnait irrésistiblement envie de voir et d’aimer tous les rôles qu’il incarnait.

Il était une fois une lectrice et une spectatrice passionnée par l’oeuvre de J.R. Tolkien et celle de Peter Jackson, follement addict de l’acteur Martin Freeman et qui devait écrire une critique d’un film qu’elle attendait depuis longtemps… La réussite (du film, de la critique) sera-t-elle atteinte au bout de ce voyage (in)attendu ?


De l’oeilleton d’un trou de hobbit à l’oeil de Smaug…

Qu’est-ce donc que Le Hobbit, Un Voyage Inattendu ? Reprenons quelques points évidents mais importants :
Tout d’abord, il s’agit du premier volet d’une nouvelle trilogie autour de l’univers du Seigneur des Anneaux. Et donc, par conséquent, la possibilité de rapporter à nouveau le pactole pour New Line, MGM et Warner.
Ensuite, c’est l’adaptation du livre qui a fait connaître Tolkien dans le monde entier et qui l’encouragea ensuite à écrire Le Seigneur des Anneaux, oeuvre phare et fondatrice de l’heroic fantasy moderne.
Enfin c’est une oeuvre cinématographique expérimentant une nouvelle technologie de captation et de projection d’images 3D, à 48 images par seconde, le HFR 3D (High Frame Rate), permettant davantage de fluidité et de détails dans l’image (notamment pendant des mouvements de caméra) et donc plus de confort et de spectaculaire pour le regard.

Alors oui, me diront certains (je me fais l’avocat du diable, ou de Sauron) : pourquoi faire de Bilbo le Hobbit – qui est une oeuvre très courte et simple en regard du Seigneur des Anneaux – une trilogie, hormis pour rapporter du pognon, toujours plus de pognon ? Et puis, si c’est pour voir plus ou moins la même chose que Le Seigneur des Anneaux, à quoi bon payer des places hors de prix ? C’est encore une fois prendre le spectateur pour un hobbit naïf qui abuserait de l’herbe à pipe !

L’herbe à pipe, une substance que semble bien apprécier Peter Jackson

Mais voilà, braves hobbits que vous êtes, vous avez vous aussi le goût de l’aventure, certes, mais de l’aventure bien faite, qui se vit confortablement, bien au chaud dans un fauteuil moelleux.

Il est vrai que ce nouveau film peut parfois davantage donner l’impression d’assister à un remake plutôt qu’à une préquelle de La Communauté de l’Anneau : nous retrouvons un contexte équivalent où Frodon est remplacé par Bilbon, avec la même traversée épique de la Terre du Milieu. Mais par le biais de ces aventures qui se regardent en miroir, il s’agit surtout de montrer des héros, appartenant à une même famille tiraillée entre deux extrêmes (le confort du foyer et le danger de l’aventure), qui osent aller au-delà d’eux-mêmes, de comprendre qui ils sont vraiment, de révéler des valeurs nobles qui vont faire d’eux des êtres exceptionnels, qui vont leur permettre de s’intégrer puis de s’imposer comme la force d’un groupe, de les faire s’accepter pour ce qu’ils sont véritablement, avec leurs défauts et leurs qualités, mais sans jugements infondés…

Ce sont des voyages initiatiques en somme, qui placent un individu ordinaire face à une situation extraordinaire, que l’on peut grossièrement résumer en quelques étapes. Tout d’abord l’appel à l’aventure, que le héros doit refuser dans un premier temps pour enfin l’accepter, il va ensuite se heurter à une série d’épreuves qui vont lui permettre de découvrir ses vraies valeurs, cette force psychologique et physique acquise au cours des épreuves va lui permettre d’atteindre l’objectif demandé, ce qui va lui apporter un savoir important, unique, qui lui appartient et qui va le caractériser comme un être exceptionnel. S’opère ensuite son retour dans le monde ordinaire, la confrontation avec sa vie d’avant le voyage et celle d’après et enfin, la manière dont il va utiliser toute l’expérience acquise lors de sa quête.

Cette structure narrative hyper-classique, omniprésente dans nos récits littéraires et cinématographiques, existe depuis des siècles (déjà en partie présente chez Homère, mais aussi dans les légendes germaniques comme l’anneau des Nibelungen, anglo-saxonne comme le mythe arthurien par exemple, ou nordiques comme le mythe de Beowulf, dont Tolkien était spécialiste universitaire). En 1949, l’anthropologue Joseph Campbell a d’ailleurs proposé une très belle analyse de cette structure narrative récurrente, qu’il a nommée le « Voyage du héros », dans son ouvrage sur Le Héros aux mille et un visages (et qui influencera particulièrement Georges Lucas avec Star Wars). 1949, c’était avant la parution du Seigneur des Anneaux (1954), mais bien après celle de Bilbo le Hobbit (1937). Comment ne pas y voir un lien évident : Tolkien, sans en être conscient, semble avoir proposé avec Bilbo le Hobbit une forme d’archétype parfait du Voyage du Héros qu’analysera par la suite Campbell.

Oui, je reviens au film. Cet aparté me semblait juste nécessaire afin d’ancrer le nouveau film de P. Jackson dans le contexte même de l’oeuvre de Tolkien et de tout ce que cela dégage, à bien des niveaux. Bilbo le Hobbit ou L’Histoire d’un aller-retour est une oeuvre très importante, tout aussi importante d’un point de vue littéraire, narratologique et même anthropologique que Le Seigneur des Anneaux, essentiellement lié au fait que Le Hobbit demeure à l’origine un livre pour enfants, peut-être, pour moi et certainement quelques autres, le plus grand livre pour enfants jamais écrit avec Alice au Pays des Merveilles. Qui a lu Bilbo le Hobbit en étant enfant ou adolescent reste profondément imprégné et garde en tête nombre de détails, nombre de situations.

Ce qui m’a marquée, et ce dont je me souvenais avant de voir le film (je n’ai pas relu le livre depuis mes 15 ans, j’en ai bientôt 30), c’était l’arrivée des nains dans le terrier de Bilbon et la panique et l’incompréhension que cela généraient en lui. Et puis cette incroyable scène de rencontre entre Bilbon et Gollum, autour de devinettes au fond d’un gouffre qui, rien qu’en y repensant, me (re)donne des frissons. Et enfin la confrontation avec le redoutable Smaug, dragon magnifique, fier, avide et cruel, tapi dans le Mont Solitaire, veillant âprement sur l’or volé aux Nains d’Erebor. Ce sont de beaux souvenirs de lecture de jeunesse et le film ne les a pas gâchés, bien au contraire.

Certains critiques, après la projection, ont reproché au film d’être trop mièvre, trop simpliste par rapport au Seigneur des Anneaux. J’ai même entendu, de loin, un « mais ce film, c’est Le Seigneur des Anneaux pour les nuls !« . Ce qui m’a plutôt exaspérée sur le coup puisque, évidemment, Le Hobbit et Les Seigneur des Anneaux sont deux oeuvres littéraires différentes, et en même temps, volontairement très proches (en miroir, comme je l’ai déjà écrit). L’une s’adresse à des enfants et l’autre, ensuite, à des adultes. Mais au final, ces critiques démontrent que les adaptations de P. Jackson demeurent avant tout très fidèles à l’esprit des livres et à la pensée de Tolkien.

 

Les autres critiques qui sont ressorties après la projection était sa longueur . C’est vrai que le film est pratiquement aussi long que ma critique ! ^^

S’il y a bien une chose que l’on ne peut reprocher à Peter Jackson, c’est de bâcler ses films. Quand on va voir un film de P. Jackson, on sait TOUJOURS à quoi s’attendre : le film sera long. Voilà, c’est comme ça. James Cameron a bien fait un film de 3h20 sur un naufrage… L’un comme l’autre sont des cinéastes qui font du spectaculaire en prenant leur temps, en construisant progressivement un contexte, une ambiance, une action, etc. C’est rappeler au spectateur qu’il regarde un divertissement, mais qu’il y a aussi une histoire, avec des personnages, des situations, des enjeux auxquels il peut s’identifier et sans lesquels les scènes spectaculaires ne fonctionneraient pas. Ce n’est pas, pour moi, des longueurs inutiles.

Parce que faire 2h45 de film pour quelque chose qui correspond à un début de roman (à peine 100 pages), il fallait le faire, et P. Jackson le fait plutôt bien, ne négligeant aucun détail, que ce soit d’un point de vue formel ou scénaristique. Certes, il y a des longueurs, certes, il développe à sa sauce un grand nombre d’ellipses présentes dans le livre, certes il y ajoute beaucoup de sa touche personnelle pour faire un lien fort avec Le Seigneur des Anneaux (le film s’ouvre avec Bilbon, joué par Ian Holm, qui prépare avec Frodon -Elijah Wood- sa fête d’anniversaire, celle même qui ouvre le premier film du Seigneur des Anneaux ; s’y ajoute le Conseil Blanc, permettant de retrouver Galadriel, Saroumane et Elrond).

Mais Peter Jackson pétrie et étire la matière narrative à son maximum sans pour autant créer l’ennui : il y a toujours un petit quelque chose qui permet de conserver l’attention ou de la capter à nouveau. A travers toute cette matière que P. Jackson déploie, c’est aussi notre propre mémoire que nous étirons : nous avons le temps de faire des parallèles, des correspondances avec ce que nous connaissons déjà de l’univers. En étirant ainsi le temps et la matière, il pousse le spectateur à devenir actif, à réfléchir à ce qu’il voit, à ce qu’il connait déjà, à ce qu’il comprend, il nous pousse constamment à nous remémorer, à tirer des liens d’une oeuvre à l’autre, sans pour autant sortir de la contemplation. Et pour ceux qui ne connaissent ni les livres, ni les précédents films, il profite de cette matière élastique pour créer l’atmosphère féérique emblématique et donner ainsi la possibilité aux néophytes de plonger et de se perdre dans la découverte et la complexité de cet univers merveilleux.

Tous les personnages (le toujours aussi formidable Ian McKellen en Gandalf le Gris, l’intriguant et burlesque Magicien Brun Radagast, interprété par Sylvester McCoy, connu aussi comme le 8ème Docteur dans Docteur Who, et l’éternel Christopher Lee en Saroumane le Blanc), mais aussi les décors et les paysages, les accessoires (les épées elfes que trouvent les nains sont absolument sublimes), la plupart des effets spéciaux (numériques ou non) et la musique (reprenant les grands thèmes du Seigneur des Anneaux et proposant de nouvelles variations) s’incrivent dans la magie féérique omniprésente de l’univers. Celle-ci renvoie finalement à la magie des contes de fées, à la magie de la littérature fantastique et du cinéma spectaculaire capable de nous transporter dans les fabuleuses contrées de l’Imaginaire…

Je pourrais néanmoins discuter le fait qu’il y ait beaucoup -peut-être trop- de mouvements de caméra, parfois fatigants pour les yeux et l’esprit (sur quoi doit-on se concentrer ?), mais qui donnent toujours plus à découvrir de ce monde merveilleux. Le fait que je n’ai pu voir le film en 24 images/seconde participe peut-être à cette désagréable impression. J’attends donc avec impatience de me faire éventuellement une autre opinion sur la question avec une projection en HFR 3D. Je tiens par contre à souligner qu’il y a une 3D relief très belle, sans extravagance, avec des jeux de profondeur de champ efficaces, qui donnent là aussi beaucoup de choses à voir.

Il y a donc ici un aspect plus enfantin que dans Le Seigneur des Anneaux, lié au ton originel du roman et à l’omniprésence des nains (et qui dit nains chez Tolkien, dit rarement finesse et subtilité), mais finalement, le trouble et le malaise du spectateur adulte devant certaines situations (les enfants eux riront certainement) s’accordent très bien à ceux de Bilbon, qui découvre ce peuple gras et gouailleur et qui en devient vite effrayé et dégouté puis fasciné et admiratif). Au moins, ça nous évite les ralentis grotesques et exaspérant sur Aragorn dont Jackson avait été beaucoup trop friand -à mon goût- dans la précédente trilogie. Par contre, on peut tout à fait regretter le maquillage parfois limite des nains…

 

Enfin, j’en arrive à ce qui m’a particulièrement plu dans le film (oui, encore plus que tout le reste) :

Tout d’abord les retrouvailles avec Gollum. Andy Serkis nous offre une performance qui prend à nouveau au corps et au coeur, une habileté à donner vie à Gollum qui tire vers une certaine élégance, une gracilité qui n’enlève rien, bien au contraire, à la sournoiserie, à la dépendance, à la schizophrénie, à la folie et donc au danger permanent qui entourent ce personnage devenu mythique. La tension de la scène du jeu des devinettes entre Gollum et Bilbon est aussi remarquable que celle du livre. Si Gollum gagne, il mange Bilbon, si Bilbon gagne, ce dernier retrouvre sa liberté. Cette scène est donc aussi savoureuse que paraît Bilbon à Gollum et aussi effroyable que la présence de Gollum face à Bilbon.

 

Voici enfin le grand point fort du film, et même, de cette nouvelle trilogie : Martin Freeman. Alors, comme je l’ai présenté en introduction de cette critique, je ne partais pas neutre envers l’appréciation de ce comédien, que j’adore depuis des années et dont je ne me lasse pas de voir les prestations, notamment dans La Ronde de Nuit de Peter Greenaway, H2G2 : le guide de voyageur galactique et dans la série de la BBC Sherlock, où il joue le Docteur John Watson. Il émane de lui une présence charmante, sympathique et chaleureuse, emprunte d’une douceur et d’une délicatesse sans pareil, pleine d’humour et de mélancolie. Il incarne un Bilbon parfait, incroyablement juste et sensible. A croire que le personnage et le rôle aient été écrits pour lui… et la ressemblance avec Ian Holm en est presque troublante !
Peter Jackson a d’ailleurs eu la bonne idée d’associer à Martin Freeman son acolyte (de) Sherlock, puisque Benedict Cumberbatch interprète pas moins de deux rôles dans la trilogie du Hobbit (essentiellement des voix et de la performance capture) : celui du Nécromancien (autrement dit, Sauron) et celui de Smaug, que l’on devrait surtout voir dans le prochain volet du Hobbit. Ni plus, ni moins… Cela annonce certainement beaucoup de belles choses à venir pour la suite !

Donc pour le moment, j’approuve complètement le choix de P. Jackson et des studios de faire du Hobbit une trilogie. Je n’ai pas envie d’y voir uniquement une motivation pécuniaire, mais plutôt l’idée qu’ils aient en main et avec eux une histoire solide, une équipe technique et artistique déjà bien aguerrie et des comédiens d’une telle densité qu’il serait réellement dommage de ne pas en (faire) profiter pleinement.

Et puis… pour beaucoup de fans, Le Seigneur des anneaux, que ce soit au cinéma, ou à la télé, ou sur dvd/bluray, cela symbolise en quelque sorte les fêtes de fin d’année. Se retrouver en famille ou avec des amis devant une nouvelle aventure adaptée des histoires de Tolkien, c’est comme se retrouver avec un chocolat ou un vin chaud devant une cheminée, après un bon repas, alors qu’il vente à l’extérieur. Il y a un petit quelque chose de joyeux, de stimulant et de réconfortant qui ressort de l’expérience…

Pour conclure et pour devancer d’éventuelles questions, je n’ai pas parlé de la technologie HFR (le fameux 48 images par seconde) car la projection de presse s’est déroulée dans le cadre classique d’une projection 3D en 24 images par seconde. Cependant, l’équipe de Filmgeek compte bien se faire son propre avis sur la question dès le weekend prochain, un edit de l’article sera donc proposé pour apporter quelques précisions et avis sur le sujet.

Caro

Comic Con Paris 2011 : Master Class de Steven Moffat

 

Deuxième article sur le Comic Con et celui là concerne THE invité du festival, Monsieur Steven Moffat, scénariste et producteur anglais… Ecossais pardon.

Cette Master Class se concentre exclusivement sur son métier de scénariste et non sur Doctor Who. La conférence qu’il a donné sur Doctor Who aura son compte rendu plus tard sur FilmGeek.

Photo prise par Ceridwen

Il a commencé à travailler pour la télévision en 1989 pour la série Press Gang. Il a ensuite créé la sitcom Coupling, Jekill et Sherlock l’année passée. Il est depuis une saison et demi le showrunner de Doctor Who.

Ce qu’il faut savoir sur ce bourreau de travail c’est qu’avant Sherlock il écrivait tous les épisodes des séries qu’il a créé.

Steven Moffat travaille chez lui où un espace est aménagé à l’étage. Il commence ses journées lorsque la nourrice s’occupe de ses enfants. Il nous dit qu’il n’a pas réellement de journée type puisqu’il occupe plusieurs postes, à la fois producteur et scénariste. Certains jours sont pleinement consacrés à l’écriture, d’autres à son rôle de producteur où il doit assister à diverses réunions.

Ce compte rendu se fera en plusieurs parties, chaque partie sera consacrée à une série sur laquelle il travaille ou a travaillé.

Press Gang


Steven Moffat nous explique que la série se concentre sur des adolescents écrivant pour un journal appelé «Junior Gazette». Comme dit plus haut Il en a écrit entièrement les 43 épisodes de la série. Il s’est dit désolé que la série ne soit pas du tout connue en France mais qu’il n’est jamais trop tard pour la découvrir.

Coupling

Il nous déclare ensuite que la série Coupling est basée sur sa vie, sur sa rencontre avec sa femme Sue. De ce fait il pense que personne n’aurait pu écrire des épisodes à part lui parce que c’est une série à propos de sa vie. Coupling est une très bonne série parce que c’est lui qui écrit la série sur sa propre vie. Alain Carrazé et Romain Nigita lui parle ensuite du lien évident entre sont couple (Steven et Sue et les personnages Steve et Susanne et il répond alors que la presse à l’époque, avec toute sa perspicacité, ne s’était rendu compte de rien.

Même si certaines fois il est dans l’obligation d’écrire des épisodes dans le désordre par rapport à la diffusion, à cause d’emploi du temps des acteurs par exemple, il préfère écrire dans le bon ordre, suivre la trame de l’histoire.

«On commence avec un plan mais il peut changer en cours de route de ce fait on finit toujours avec un plan mais pas le même»

A l’instar de The Office, Coupling a eu droit à un remake américain. Mais contrairement à The Office Coupling US n’a pas du tout fonctionné et a été annulée après seulement 3 épisodes. La raison qu’a évoqué Steven Moffat, en blaguant à moitié, sur le succès de The Office et le non-succès de Coupling US est tout simplement parce que la première est très bonne et le seconde pas si bonne. Plus sérieusement il nous dit ensuite qu’il avait vu un montage des épisodes avant que ce soit diffusé et c’était très drôle. Cependant le network a décidé de remonter les épisodes et les diffuser avec ce nouveau montage et ce fut beaucoup moins drôle.

Alain Carrazé a ensuite fait remarquer que la série a eu droit à une adaptation Grecque dont Steven Moffat ne se souvient plus exactement si il a vu des épisodes, mais il se souvient très bien avoir voyagé gratuitement là bas et pris quelques jours de vacances. D’ailleurs il accepterait n’importe qu’elle adaptation d’un pays si il a droit à un voyage gratuit de quelques jours dans ce pays. Il a totalement raison, pourquoi ne pas mêler travail et plaisir surtout si c’est dans un beau pays !

Si il y a une chose dont il est fan c’est de jouer avec le temps. On le voit bien dans Doctor Who mais également dans Coupling. Un rapide exemple avec des épisodes ou deux personnages racontent ce qu’il s’est passé quelques heures plus tôt avec chacun leur point de vue. Pour lui quand vous vivez des choses, ça ne se passe jamais vraiment dans l’ordre, quand vous racontez les choses à vos amis par exemple vous ne les racontez jamais vraiment dans l’ordre, vous essayez de vous souvenir de tout mais certaines fois revenez sur des faits antérieurs à des faits juste raconté l’instant d’avant.

Jekyll

Il a décidé d’écrire Jekyll dans une réalité où le monde connaît la nouvelle L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde.

A l’instar de Sherlock le but est de moderniser une icône britannique, mais c’est une  pure coïncidence que Sherlock et Jekyll, qui sont des personnages Victoriens, arrivent tout deux en si peu de temps. Il blague ensuite sur le fait que sa prochaine adaptation sera la Reine Victoria sous le titre de Queen Victoria Investigations !

De ces 3 séries il est créateur, producteur et scénariste. Pour lui ce n’est pas si différent d’écrire pour sa propre création ou pour une autre série puisqu’il faut écrire, pour ces dernières, comme si l’histoire, les personnages lui appartenaient. Il faut vraiment s’approprier le personnage et l’histoire. C’est pourquoi il dit aux scénaristes qui écrivent sur Doctor Who par exemple qu’ils sont responsables de leur propre épisode.

D’ailleurs il dit que Doctor Who tire bénéfice de l’écriture de plusieurs scénaristes puisque chacun apporte son propre style et ses propres idées. Certaines fois Steven Moffat leur impose ses idées, d’autres fois ceux sont eux qui lui proposent leurs idées.

Il affirme qu’être scénariste n’est pas une chose facile, quand tu écris un scénario que tu crois excellent il ne l’est pas forcément, il faut persévérer jusqu’à trouver l’histoire parfaite. Ecrire un personnage est tout autant difficile car il faut faire en sorte que le public s’attache au personnage, crée un lien avec, que le personnage soit crédible.

Sherlock

Mark Gatis et lui aimaient beaucoup Sherlock Holmes et avaient l’idée d’une adaptation. Mais quand ils ont vu le film de Guy Richie sortir au cinéma ils étaient agacés par le fait que quelqu’un leur ai piqué l’idée. C’était sans compter sa femme qui lui a dit de le faire quand même.

Concernant les 90 min par épisodes c’est le meilleur choix pour eux car ça leur laisse beaucoup de temps pour développer leur histoire et surtout la relation entre Sherlock et Watson. Ils ne voulaient pas la compresser. Ce format de 3x 90 min (Et non 6 épisode comme l’a annoncé Alain Carrazé qui s’est gentiment fait huer par la foule ^^) lui semble le format parfait pour cette série.

Une question venant du public demandait comment ont été choisi les acteurs. Pour Sherlock Holmes, Benedict Cumberbatch était un choix évident pour Steven Moffat et sa femme après l’avoir vu dans un film. Il a accepté dès la lecture du scénario. En ce qui concerne Watson un casting a été fait mais la relation entre Benedict Cumberbatch et Martin Freeman était déjà là, l’alchimie était présente. Petite anecdote, Matt Smith (Le docteur actuel de Doctor Who) avait été pressenti.

Sur les infos sur la saison 2 Steven Moffat a répondu un bon et gros «NO» qui a résonné dans la salle !

Mais dans un élan de gentillesse nous a tout de même donné les 3 titres de cette saison 2 :

– A Scandale in Belgravia

– The Hound of the Baskervilles

– The Reichenbach Fall

Tintin


Enfant il pensait que c’était une bande dessinée britannique, c’était tellement bien écrit et excitant.

Ce fut donc fantastique de travailler dessus surtout avec des grands hommes tels que Steven Spielberg et Peter Jackson. Mais il n’a pas eu beaucoup de contact direct avec eux, il a surtout parlé via web cam, tout le travail qu’il a fait c’était chez lui

Pour écrire l’histoire du film ils ont relus tous les albums pour savoir quels éléments ils allaient utiliser dans le scénario. Des scénaristes européens ont été choisi pour la touche d’humour européenne et la sensibilité qui la caractérise. Evidemment c’est un blockbuster  d’Hollywood mais avec le charme européen conservé.

Cependant avec son travail sur Sherlock et Doctor Who il a du quitter le projet et s’est fait remplacé par Edgar Wright et Joe Cornish. Il a toujours quelques contacts par mail avec l’équipe, Spielberg et Jackson.

Nous n’avons pas eu d’information en plus sur le film, d’autant plus que lui même ne sait pas si ce qu’il a écrit sera présent dans le film.

Projet Adam & Eve

C’est un projet qu’il a proposé et qui a eu le feu vert pour entrer en production mais Sherlock est arrivé et son travail sur cette dernière et Doctor Who était assez gros pour pouvoir s’occuper d’Adam & Eve, de ce fait le projet est resté un peu dans les carton mais il veut qu’un jour la série se fasse.

Il nous a quand même donné l’histoire de la série : 2 personnes qui n’arrivent jamais à se rencontrer au bon moment, ils tombent amoureux d’autres personnes, leur relation n’arrive jamais. Garanti sans happy ending.

Voilà pour cette masterclass qui fut réellement très intéressante devant un public conquis et heureux d’être là, en face de Steven Moffat. Un bon tier de la salle était d’ailleurs déguisé en Docteur, le scénariste a même fait une blague sur deux personnes au premier  rang, l’une habillé en Matt Smith et l’autre en David Tennant, disant que ceci n’arrive que dans les rêves du docteur !

Conférence animée par Alain Carrazé et Romain Nigita.

(la vidéo arrivera plus tard).

Romain