Critique du film Twixt, de Francis Ford Coppola

Synopsis :

Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des Etats-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin. Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui. Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle.

 

Critique :

Soyons d’accord, Francis Ford Coppola n’a plus rien à prouver et le revendique haut et fort depuis des années. Ce qui l’intéresse à présent, c’est de conserver cette envie de (re)trouver une forme d’innocence dans le cinéma, de (re)découvrir les joies d’expérimenter de nouvelles variations stylistiques – narratives et esthétiques – mais aussi techniques. Ce qui l’intéresse donc, c’est simplement l’envie de s’amuser. C’est-à-dire, de réaliser des films avec peu de moyens, mais de les réaliser avec beaucoup de plaisir. Francis Ford Coppola n’est au final qu’un grand facétieux, qui a débuté sa carrière en signant des chefs d’œuvres de maître, et la termine avec des créations étudiantes. Et pourtant, il reste une grande cohérence sur l’ensemble de son œuvre.

TWIXT est un film atypique, curieux, boiteux, baroque et minimaliste. TWIXT, c’est un petit peu tout et rien à la fois. C’est un film complet et inabouti, c’est un regard d’auteur acéré sur le monde de la création et du cinéma, qu’il tourne en ridicule autant dans le fond que dans la forme, mais c’est aussi un film où l’auteur tombe dans son propre piège. C’est une oeuvre qui est – en creux – ambiguë, paradoxale, complexe, présentant d’innombrables strates de lectures et d’interprétations. Mais, c’est aussi une œuvre qui paraît en substance immanquablement creuse, si l’on ne fait pas l’effort de regarder au travers, pour en apprécier toutes les nuances et les reflets.

TWIXT est un film joyeux, burlesque, intriguant, tendre, émouvant, effrayant, hypnotisant. TWIXT, c’est un film décalé, construit sur du vide. C’est même, en quelque sorte, l’apologie du vide. Ce qui pourrait être considéré comme un nanar bénéficie du génie de son auteur et s’inscrit davantage comme un essai expérimental, restituant avec un enthousiasme enfantin le rêve idiot d’un cinéaste qui n’a jamais perdu son humour et son ironie sur le monde de l’industrie du spectacle et sur le monde de la création.

TWIXT est un film qui a été écrit d’après un rêve, par une chaude nuit d’été alcoolisée, à Istanbul. C’est une expérience qui donc, se vit comme un rêve et qui s’oublie comme un rêve. Ce qui reste après la projection, ce sont comme des filaments de songe, qui s’évanouissement pour réapparaitre un instant et où se révèlent toute l’évanescence qui caractérise finalement le film. Coppola nous invite ainsi, de manière très intime et confidentielle, a entré dans son monde onirique et imaginaire. Que l’on aime ou pas cette incursion, nous ne pouvons rester que respectueux de cet univers et de son hôte.

Le spectateur a ainsi plusieurs choix : soit plonger dans le vide du film et parvenir à planer, soit plonger pour s’écraser, soit se retenir furieusement au bord. Pour apprécier ce moment, il faut donc accepter de lâcher prise et se laisser flotter au gré des images et des sons, quitte à ne pas combattre le sommeil qui peut nous attendre au tournant de quelques scènes. A l’image du héros, incarné par un Val Kilmer autant imposant que sensible, qui ne cherche sa vérité que dans ses rêves. Car en définitive, des rêves ou de la réalité, de la vie ou de la mort, tout se confond, et c’est en cela que ce film de Coppola est bouleversant.  C’est une jolie interprétation de la célèbre citation de La Tempête de Shakespeare : « Nous sommes faits de la même étoffe que les songes, et notre petite vie, un somme la parachève ».

Sur ce, faites de beaux rêves, plein d’adolescentes vampires et d’appareils dentaire…

Time Out – Critique et Conférence de Presse

Cela faisait bien longtemps que ce cher Andrew Niccol ne nous avait pas montré quelque chose au cinéma (6 ans exactement depuis Lord of War). Et le voici revenu sur un thème qui l’a fait découvrir au grand monde : la science-fiction « réaliste ».

Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l’argent. Génétiquement modifiés, les hommes ne vieillissent plus après 25 ans. Mais à partir de cet âge, il faut « gagner » du temps pour rester en vie. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d’années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d’échapper à la mort. Un homme, accusé à tort de meurtre, prend la fuite avec une otage qui deviendra son alliée.

Pour être direct, mon avis sur le film est assez mitigé.

Andrew Niccol ayant signé certainement un des meilleurs films de Science Fiction réaliste des 20 dernières années avec Bienvenue à Gattaca, et avec cette idée de monétisation du temps, je n’étais qu’impatient de voir ce qui allait en retourner. Bien qu’ancré dans le futur, le film nous présente une critique bien acerbe de notre société actuelle : le refus de prendre une ride, la volonté de gagner toujours plus d’argent, le mépris que les hautes classes sociales peuvent avoir sur le peuple d’en bas. Et par dessus tout, le fait que nous courons aujourd’hui toujours contre le temps tous les jours.

Mais le problème selon moi dans le film c’est que les protagonistes passent leur temps justement à courir. Tel des robins des bois, nous sommes en présence d’un couple qui semble être un mix en Roméo et Juliette et Bonnie & Clyde, mais qui au lieu de nous faire découvrir en profondeur cette société qui ne fait clairement pas rêver, on ne reste qu’à la surface à la manière d’un The Island de Michael Bay.

De plus contrairement à Bienvenue à Gattaca, qui avait modifié les éléments d’architecture et d’environnement où évoluent les personnages, ici on se retrouve dans un futur qui n’est pas différent du notre : les voitures, les bâtiments ne sont que des éléments qu’on trouve aujourd’hui simplement maquillés. De mon point de vue ce n’est pas un détail qui peut être laissé de côté, car au final on essaye de nous montrer ce à quoi peut ressembler le futur : là on a plus l’impression d’être dans un monde parallèle qui a juste évolué différemment. Le film axe donc l’histoire sur de l’action « pure », alors qu’il laisse de côté toute la partie la plus intéressante pouvant expliquer pourquoi à un moment donnée la société a préféré remplacer le billet vert par le temps.

Je donne peut-être l’impression d’être un peu dur avec le film, mais c’est aussi parce que j’en attendais beaucoup : c’est loin d’être un navet, on se retrouve juste à un film d’action somme toute très correcte dans registre, mais il ne m’apparait juste pas à la hauteur ce qu’est capable de faire la réalisateur.

En bonus, vous trouverez l’enregistrement de la conférence de presse du film qui eu lieu début novembre à Paris en présence de Justin Timberlake et Amanda Seyfried, ainsi que quelques photos.


Time Out – Conférence de presse PARIS 04/11/2011 par FilmGeek-TV

 

 

 

 

[Critique] The Troll Hunter (Trolljegeren)

En octobre 2010 sortait sur les écrans norvégiens Trolljegeren, alias The Troll Hunter à l’international. Alors que le film commence sa tournée de festivals internationaux (Gérardmer en tête) et que le DVD/Bluray inonde les bacs norvégiens (sortie officielle aujourd’hui), revenons sur une petite perle du fantastique.

Ah, petite précision: ne regardez pas le trailer officiel international, mais le norvégien sous-titré anglais. Ca évitera trop de spoil…

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Avant-propos de la critique d’Harry Potter et les Reliques de la mort, partie 1

Aujourd’hui, je vais voir Harry Potter et les Reliques de la mort, partie 1.

Avant la critique, que je publierai dans la journée (si on m’en donne le droit), je souhaite proposer, pour les courageux du lundi matin, une petite analyse réceptive du phénomène Harry Potter, en prenant comme exemple, ma propre passion pour ce dernier.

Donc oui, j’avoue, « j’aime bien » Harry Potter, que ce soient les livres, les films, ou même les fanfictions qui mériteraient une réflexion digne d’une thèse en elle-même.

Je considère Harry comme un « ami qui me veut du bien » depuis plus de 10 ans maintenant, à l’époque où les 3 premiers livres venaient d’être publiés en poche en France et qu’on se les prêtait sous le manteau dans la cours du lycée en assurant que, même si c’était pour les enfants, c’était vraiment de la bonne. Pas de la grande littérature, mais ça proposait un incroyable trip fantaisy, intemporel, égalant presque, (le style en moins) le pilier du genre : Le Seigneur des anneaux.

Et d’ailleurs, en 2001, apparaissent sur les écrans les premières adaptations cinématographiques de ces deux phénomènes de littérature. Autant le premier opus filmique du Seigneur des Anneaux m’avait plongé dans un spectacle virtuose proche de la frénésie que j’avais ressenti dans ma lecture, autant celui d’Harry Potter, de Chris Colombus, m’avait franchement déçue. Une mise en scène soignée mais loin d’être transcendante, une adaptation ne prenant en compte que la ligne de lecture enfantine. La réalisation du 2ème tome à l’écran m’avait laissée la même amertume, me permettant d’en déduire que, malgré les progrès des effets visuels, une adaptation réussie d’Harry Potter n’était tout bonnement pas imaginable : le pouvoir de l’imaginaire littéraire était tout simplement le plus fort.

C’était sans compter l’arrivée d’Alfonso Cuaron pour le troisième tome, et l’interprétation à l’écran de Sirius Black par Gary Oldman. Enfin, une fantasmagorie cinématographique assumée, avec une mise en scène radicalement adulte, effrayante, lorgnant vers une ambiance Burtonienne parfois absurde qui apparaissait, enfin, comme du « vrai » cinéma, et non simplement comme une mise en image des romans « jeunesse ». Et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à distinguer la qualité des films de la qualité des livres. Continuer la lecture de « Avant-propos de la critique d’Harry Potter et les Reliques de la mort, partie 1 »

Critique du film L’Autre Monde et rencontre avec le réalisateur Gilles Marchand

Aujourd’hui sort le deuxième film de Gilles Marchand, L’Autre Monde, sept ans après Qui a tué Bambi  ?, son premier film.

l autre monde

Synopsis : C’est l’été dans le sud de la France. Gaspard (Grégoire Leprince-Ringuet ) est un adolescent heureux qui partage son temps avec ses amis et sa copine, Marion. Mais Gaspard va rencontrer Audrey et sa vie va basculer. Car Audrey (Louise Bourgoin) est belle, sombre et double. Sur un jeu en réseau elle se fait appeler Sam et cherche un partenaire pour mourir. Pour tenter de l’approcher, Gaspard se crée lui aussi un avatar, Gordon, et part la retrouver dans Black Hole.

black hole

L’autre Monde a pour sujet l’adolescence, le désir, la féminité, les univers virtuels sociaux, le suicide : ce mélange atypique sur le papier prend vie de façon parfois maladroite à l’écran mais n’enlève rien à l’originalité de ce film, qui oscille entre les amours adolescentes du Conte d’Eté de Rohmer et le fantasme de la femme fatale de certains films noirs d’Hitchcock ou Lang. Sans prétention aucune, Gilles Marchand propose dans ce récit une structure narrative simple s’inscrivant dans un cadre plus complexe, et finalement, plutôt ambitieux pour la famille de ce cinéma français plutôt intimiste à laquelle il appartient (rappelons qu’il est l’ami et le co-scénariste de cinéastes comme Dominik Moll –qui a co-scénarisé d’ailleurs L’Autre Monde- Laurent Cantet ou encore Cédric Kahn, et qu’ils ont fait la FEMIS ensemble).

poupaud bourgoin

Outre son intérêt scénaristique, le film propose de belles compositions d’acteurs, Louise Bourgoin en tête, débordante de charme et de mystère et dont le jeu troublant est renforcé par la présence de Melvil Poupaud. Celui-ci bénéficie d’un rôle ambigu, peut-être trop peu exploité au long du film, malgré son ampleur dramatique et ténébreuse majeure qui contraste avec le personnage de Grégoire Leprince-Ringuet. Ce dernier, que l’on voit quasiment à chaque plan, dégage pour le rôle de Gaspard une personnalité d’une grande justesse, oscillant entre la force mature de l’homme adulte et les faiblesses du jeune garçon qui peine à quitter ses illusions naïves du monde des « grands ».

Les défauts du film résident essentiellement dans la mise en scène, hésitante et manquant souvent de cohésion. Le monde virtuel, Black Hole, repose sur des clichés de représentation, s’appuyant surtout sur des fantasmes des univers virtuels, gothiques et sadomasochistes, qui feront crisser les dents de plus d’un geek. Seule la « plage noire » de Black Hole propose une idée particulièrement pertinente et poétique de cet univers, où « l’autre monde », n’est finalement pas celui que l’on croit.

audrey gaspard

En bref, L’Autre Monde est un film difficilement classifiable, où résonne le mystère d’un univers noir et dérangeant dans le monde réaliste des premiers émois adolescents et de la perte de la naïveté. Au creux des chaleurs estivales, vous pourrez vous laisser tenter sans aucun déplaisir par la fraicheur sensuelle qui émane de cet Autre Monde…

Filmgeek a pu rencontrer Gilles Marchand (merci à Haut et Court de cette sympathique opportunité) avec quelques autres bloggeurs et aborder avec lui quelques points de son film. Je vous en propose un petit résumé :

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La première question a porté sur la participation du site web « tous coprod » dans la production du film. Les producteurs du film se sont intéressés au site essentiellement pour l’aspect communautaire qui s’en dégageait, et permettre ainsi de donner accès aux coulisses ou aux avant-premières aux « collaborateurs » : ce n’était donc pas une volonté de financement mais plus une idée de communication. Pour Gilles Marchand, cette démarche était plaisante mais ne le concernait pas directement : il n’avait pas à discuter des choix artistiques avec les collaborateurs de « tous co-prod ».

La seconde question s’est orientée sur la place de la femme fatale dans le film, qui pouvait être vu comme un hommage au film noir. Gilles Marchand se retrouve dans cette étiquette du film noir pour L’Autre Monde : il a aimé jouer avec les codes du genre, même si de façon générale, il s’est inspiré de films qui s’intéressent à l’âme humaine, à l’attraction, à l’attirance.

Et comment lui est venue l’idée du film ? Tout simplement à partir d’une expérience quotidienne (un joueur dans un lieu public). Il a commencé à imaginer la vie privée du joueur et la vie de son avatar. Il a relié l’idée avec le fantasme du suicide qui reste très lié à cet univers. Il avait  envie de confronter aussi les esthétiques du virtuel et du réel, de façon très distincte : pas en incrustant les éléments réels dans l’image « réelle » (hybridation) mais au contraire en jouant sur le contraste d’un monde purement virtuel et un autre uniquement réel : tout est bien séparé à l’image et c’est la puissance de l’imaginaire du spectateur qui peut rendre ainsi le virtuel poreux au réel, et réciproquement : c’est l’engagement mental qui crée le trouble, et non les jeux de représentations des images du film.

Au-delà de l’histoire, voulait-il viser un public ou faire une critique des dangers du virtuel ? Il a voulu montré une histoire ayant comme thème l’attirance des choses obscures. C’est un film assez autobiographique, même si dans son adolescence, Gilles Marchand ne pouvait connaitre les jeux en réseaux, il pratiquait la passion du cinéma. Pour lui, son film n’est pas réac’ mais ça l’intéresse qu’on puisse l’interpréter de différentes façons : plus que le jeu en soi, c’est l’attirance elle-même, autant sexuelle que morbide, qui est le sujet du film : il ne voulait pas mettre en cause les jeux virtuels mais plutôt les malentendus et la manipulation.

A propos de ses casquettes de scénariste et de réalisateur : il ne s’est jamais senti dans une case précise. Il prend énormément de plaisir à écrire sur les projets des gens qu’il apprécie : il aime visiter la tête des autres. Dans ses propres films, il doit visiter sa propre tête. Non sans humour, il nous a précisé à ce moment qu’il était plus facile de prendre du plaisir avec les autres que tout seul.

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Et l’expérience Cannoise, qu’il commence à bien connaitre ? C’est un grand 8 émotionnel, qui lui a donné beaucoup de plaisir avec ses amis cinéastes, mais aussi en tant que réalisateur avec Bambi ou comme spectateur (il y va tous les ans, pendant toute la durée du festival). Il aime aussi le côté festif de cet évènement.

Enfin, concernant le casting, il a expliqué qu’il écrivait ses scénarios sans penser à des acteurs précis : les personnages doivent déjà vivre sur le papier. Il a ensuite choisi le rôle de Garpard et le choix de Grégoire Leprince-Ringuet a été évident pour la question d’équilibre qu’apportait le jeune acteur au personnage. Louise Bourgoin a été présentée par les productrices du film, elle venait de finir le tournage de La Fille de Monaco et celui d’Adèle Blanc-Sec n’avait pas encore commencé. Gilles Marchand avait été hésitant au départ, mais après les premières rencontres, il a été agréablement surpris et a été convaincu par l’enthousiasme de Louise pour le film (au premier rendez-vous, elle lui avait parlé de ses aventures sexuelles sur Second Life…) et la palette émotionnelle qu’elle dégageait aux essais. Elle possédait le mystère qu’il recherchait. Pour Melvil Poupaud, le rôle était difficile et pour Gilles Marchand, cet acteur était l’un des seuls à correspondre physiquement et mentalement parlant : tout est lisible dans le film, sauf ce personnage finalement.

Caro

Critique du film Une Nuit au Cirque 3D

affiche Une nuit au cirque 3D

Le mois dernier, une étrange invitation nous avait été envoyée : assister à la projection du film Une nuit au cirque 3D d’Olivier Kauffer et Fabien Remblier (sortie en salle ce mercredi 26 mai), au Cirque d’Hiver.

N’étant pas particulièrement amateurs sur Filmgeek du cirque traditionnel, nous n’attendions rien du film lui-même, présenté comme une captation 3D du 18ème Festival du Cirque de Massy. Rien de bien enthousiasmant à première vue.

1ème surprise de cette soirée : reconnaître physiquement (et un peu honteusement) l’un des co-réalisateurs, Fabien Remblier, qui jouait Jérôme dans Premiers Baisers, le sitcom d’AB productions.

2ème surprise, et de taille cette fois-ci : le film en lui-même. Oui bon, rien de révolutionnaire là dessous non plus. On a l’impression de voir la retransmission d’un spectacle de cirque du dimanche après-midi sur France 3, mais en 3D. Dès les premières minutes, on commence sérieusement à se demander pourquoi on est là. On est littéralement plongé dans le kitch, dans les paillettes et les projecteurs, sans aucun point de vue, sans réelle émotion. Et puis au fil des numéros, on se prête au jeu, on se surprend à sourire au numéro des clowns, à sursauter de frayeur lorsque qu’une jeune acrobate rate son saut à la barre russe, à retenir sa respiration pendant les numéros aériens, à se laisser émerveiller par la beauté des fauves et des… contorsionnistes. Le film s’achève dans une sorte d’apothéose avec un superbe numéro de cirque de création de la troupe des Mummies.

Et puis, on enlève ses lunettes et on se dit qu’on a plutôt passé une bonne soirée, malgré tous les vilains préjugés que nous avions avant de voir le film.

Le potentiel filmique et spectaculaire est là, avec une 3D qui peut être intéressante pour ce genre de traitement. Un « vrai » film sur le cirque, du genre Sous le plus grand chapiteau du monde, avec un scénario, un regard critique, une mise en scène, serait somme toute le bienvenu. Ça tombe bien, les réalisateurs ont promis qu’ils travaillaient sur une « suite », qui posséderait une véritable orientation discursive. Bon, n’est pas Cecil B.Demille qui veut non plus… En tout cas, attendez-vous à voir dans les années à venir d’autres films en 3D sur le thème du cirque, de tout genre et de tout horizon possible. Cirque du Soleil, Cirque de Pékin, etc. Les possibilités (esthétiques, techniques, et surtout financières) sont grandes et le public plutôt friand des shows de ces super-productions du spectacle.

Malgré tout, même si j’ai trouvé cette expérience intéressante, il reste que le (bon) cirque est avant tout un spectacle vivant qui s’apprécie en « live » et dans un chapiteau. Finalement, ce film est surtout une expérience technique, mais aussi commerciale, qui fera très certainement le bonheur des enfants des propriétaires de téléviseurs 3D relief, quand il sortira en blu-ray à Noël…

Critique du film Camping 2

critique live-tweet camping 2

Alors que je suis forcé de voir ce réchauffé de pellicule gachée, j’ai choisi de le prendre avec le sourire et de réagir positivement en tentant d’expérimenter formellement et de vous faire ainsi vivre cette aventure de l’intérieur en direct de la salle.

Et quel meilleur outil que twitter pour rendre-compte minute par minute des états d’âme ? Alors voici sans plus attendre l’intégralité de ma critique live-tweet de Camping 2 à laquelle j’ai ajouté quelques liens :

  • Le livetweet de #Camping2 va commencer 🙂
  • Dans la salle pour Camping 2 : seul et à jeun. #pourlascience
  • J’ai donc pris un ticket pr Mammuth mais je suis bien dans la salle de Camping2 : je ne financerai pas la piscine de Franck
  • ça commence 🙂 http://twitpic.com/1j6bnh
  • L’action debute dans un cabinet d’assurance a Clermont-Ferrand : on est dans l’ambiance http://twitpic.com/1j6czd
  • Pastis des Flots Bleus, Pastis délicieux ! http://twitpic.com/1j6dhl
  • Patrick is back ! http://twitpic.com/1j6drq
  • Alysson Paradis est dedans… Quel gachis 🙁
  • 06 25 24 63 06 c’est le numero de Patrick Chirac et il est celibataire : tout est écrit sur sa voiture.
  • Avec une BO de Jean-Claude Borelly, rien que ça !
  • J’arrête un peu parce que là je vais vomir
  • Il mérite tellement mieux Anconina même si on peut en douter là, il mérite vraiment de faire son Tchao Pantin
  • Tout tombe chez Mathilde Seigner : le visage, le menton, les seins, les fesses…
  • Sans dec y a eu une idée de réalisation ! Les paroles du karaoké incrustées à l’ecran.
  • Oh la reference à Moïse et le 10 commandements ! http://twitpic.com/1j6s0p
  • Putain c’est aussi long que laid 🙁
  • L’experience est terminée : sans surprise c’était aussi long que laid que chiant que pas drôle http://twitpic.com/1j6vyz

Afin de ne pas polluer les timelines (1 tweet toutes les 6 minutes de film)  j’ai livetwitté en privé à Caro, mais il y a quand-même eu quelques réactions sur twitter et facebook :

critique camping 2 livetweet

livetweet critique camping 2 facebook

PS : Exceptionnellement, je ne mettrai pas l’affiche du film qui est trop hideuse et qui spoile donc le film.

Critique du film Le Choc des Titans (2010)

affiche choc des titans

Il n’aura pas fallu attendre longtemps avant d’avoir la seconde grosse déception de 2010 (après Alice) : Le Choc des Titans, version 2010/Louis Leterrier/3D. J’ai attendu 2 jours pour tenter de digérer mais malheureusement, ça me reste sur l’estomac.

Pour remettre dans le contexte : je ne suis pas un fan absolu de la version 1981, même si je l’avais apprécié, je m’en souviens à peine, je me rappelle du charme désuet des SFX. Le bestiaire m’avait surtout marqué : la chouette dorée, le Kraken et surtout Méduse. A part ça, je ne suis pas particulièrement attaché à cette oeuvre et donc plutôt ouvert à une nouvelle vision du mythe.

Malheureusement, de nouvelle vision il n’y a pas : on assiste ici à un patchwork indigeste de séquences sans lien, fourre-tout d’SFX allant du médiocres au très bons de temps en temps, scènes d’action illisibles entrecoupées de plans larges de jolis paysages naturels.

Parlons-en justement de ces paysages : ils sont magnifiques et donnent un peu de répit avec leur côté « Seigneur des Anneaux ». Malheureusement, on ne s’y attardent jamais, soit les plans sont trop courts, soit la caméra bouge tellement que le souffle épique n’arrive jamais. Enfin, effet secondaire regrettable : leur beauté éphémère rend les plans truqués, en particulier ceux des cités antiques, très très laids.
Ajoutez à cela un design des monstres plus que classique (Méduse=Angelina Jolie dans Beowulf, Kraken=Godzilla façon Emmerich, Scorpions=arachnides de Starship Troopers, etc.) et une intégration douteuse compliquée par une mise en scène des séquences d’action peu inspirée et vous obtenez un truc assez désagréable visuellement.

Bon, en écoutant la promo de Louis, il ne réalisait pas un film d’action mais avait souhaité se concentrer avant tout sur les humains. Admettons, le choix du casting va dans ce sens : Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes, Jason Flemyng, Gemma Arterton, Mads Mikkelsen, Ashraf Barhom

Mais voilà, le plus gros gâchis se révèle être finalement le casting : il y avait pourtant tant à faire. Peut-être pas au niveau de Sam Worthington (arnaque ou réel potentiel, je commence à désespérer) qui n’a pas non plus aidé par ses lignes de dialogues faméliques, mais surtout pour Liam « Pimp My Armure/je te passe un coup de polish » Neeson, Ralph « je m’emmerde comme un rat mort et ça se voit » Fiennes et Gemma « potiche ou plutôt amphore » Arterton, etc. qui sont ici à la frontière du cachetonnage et de l’ennui mortel.

Même les phrases chocs tombent à plat (« Release the fucking Kraken FF$!!!« ) et passent sans la moindre vibration.

(Petit parenthèse sur la prestation honteuse de Mouloud : ce n’est pas tout de vouloir faire jouer ses potes, mais encore faut-il qu’ils ne soient pas trop mauvais, au point de réussir à flinguer les 12 mots qu’ils ont à sortir en 1h30. Vraiment, j’avais honte pour lui.)

Et encore, je ne vous parle pas de l’affreuse version 3D qui renvoie aux pires souvenirs de la mode des 80s, le film n’ayant pas été conçu pour cet effet au départ, elle est ici complètement inutile et empire même les choses.

Bref, c’est un film sans âme et ni coeur, un comble pour un film « humain » !

Il aurait fallu se poser un problème dès le départ : soit faire un remake de la version de 1981 en essayant de garder sa simplicité/naïveté et son esprit, soit faire un reboot en modernisant le mythe d’origine (en relief pourquoi pas ?).
Leterrier, lui, ne s’est pas posé ses questions à temps, il nous offre là un objet bâtard, le cul entre deux chaises, avec un scénario d’un autre temps mâtiné d’une bouillie visuelle.
On en ressort frustré, devant un tel potentiel gâché, en fin de compte, Louis Leterrier n’aura réussi qu’une chose : créer le Complexe de Persée.

A Single Man, un film de Tom Ford

affiche a single man

Aujourd’hui sort en salle la première œuvre cinématographique de Tom Ford (qui en est à la fois scénariste, réalisateur et producteur). Tom Ford, c’est le couturier texan qui remit sur pied Gucci dans les années 90, donna un souffle nouveau à la maison Yves Saint Laurent dont il fut le directeur artistique au début des années 2000 et qui décida, au sommet de sa gloire de styliste, de se mettre au cinéma.

tom ford
Tom Ford
propose régulièrement pour ses produits des campagnes de pub « porno-chic » parfois censurées car pas toujours du meilleur goût (je vous laisse faire un tour sur google images pour apprécier par vous-même).

A Single Man est l’adaptation d’une nouvelle de Christopher Isherwood, Un Homme au Singulier (en français), publié en 1964, qui traite d’un professeur homosexuel qui ne parvient pas à faire le deuil de son compagnon. Christopher Isherwood est aussi connu pour avoir écrit la nouvelle « Adieu à Berlin » en 1939, que Bob Fosse adapta en 1972 avec son flamboyant Cabaret.
Le film est aussi produit par Chris Weitz (connu entre autres pour American Pie, The Golden Compass, Twilight 2).

On aurait pu s’attendre à ce que tous ces éléments nous offrent un film trivial, frivole, outrancier.
A Single Man
est un film sensible, maitrisé, élégant. Continuer la lecture de « A Single Man, un film de Tom Ford »

Blogs Cinéma : le Best Of de la semaine S03E16

best of blog cinema

Bonjour à tous ! Au menu du best-of dominical des blogs ciné des pères, un Avatar et des aventures extraordinaires !

Eh oui ! Encore de l’Avatar au menu, alors qu’après ma seconde vision, je ne sais toujours pas quoi en penser exactement tellement le film oscille entre les extrèmes, j’espère pouvoir coucher tout ça sur le clavier avant 2010 ^^