Critique du film Young Ones de Jake Paltrow

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Young Ones
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écrit et réalisé par Jake PALTROW
Avec Michael Shannon, Nicholas Hoult, Elle Fanning, Kodi Smit-McPhee, Aimee Mullins…
USA/Afrique du Sud 2013 1h40

À quoi pourrait ressembler la Terre dans une cinquantaine d’années? Young Ones donne une réponse assez excitante à cette question qu’on est bien obligé de se poser, propose une vision finalement assez plausible de notre futur. Le scénario du film part de l’hypothèse que l’eau va devenir de plus en plus rare. Et c’est malheureusement bien plus qu’une hypothèse puisque de nombreux chercheurs ont depuis longtemps annoncé, études à l’appui, que d’ici 2050, une grande partie de la population mondiale serait confrontée à une très sévère pénurie d’eau. À partir de là, l’anticipation de Jake Paltrow paraît assez crédible. On constate ainsi que les animaux domestiques ont pour la plupart disparu, pas de chiens, de chats ou de chevaux à l’horizon. On imagine bien que faute d’eau, ce furent les premières victimes. Les humains les ont donc remplacés par des machines plus ou moins perfectionnées qui les aident dans leurs tâches quotidienne. Pas de surenchère dans la représentation de cette technologie du futur: contrairement à l’ordinaire des blockbusters actuels, le film ne joue pas les gros bras, reste au contraire le plus sobre et le plus réaliste possible, c’est une de ses forces. Et les paysages d’Afrique du Sud, où s’est déroulée une grande partie du tournage, sont parfaits pour représenter cette Terre aride. Un décor sauvage et sans pitié qui nous rappelle immédiatement les grands westerns. C’est une autre force de Young one: le mélange très réussi des genres, entre western et film d’anticipation.

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L’eau est rare, elle suscite donc convoitise et violence. Dans ce climat hostile – euphémisme –, Ernest Holm (l’excellent Michael Shannon, vu entre autres dans Take shelter) veille sur sa ferme et sur sa famille: sa fille Mary et son fils Jerome. L’épouse et mère est hospitalisée suite à un très grave accident…

Ernest espère pouvoir un jour récupérer de l’eau pour pouvoir relancer la culture sur ses terres, qui sont encore fertiles, il est en persuadé. Ce qui n’est pas le cas de son voisin, Sam Lever, sans doute anciennement grand propriétaire terrien accro à l’agriculture intensive: il a utilisé trop d’engrais, de pesticides et autres produits chimiques qui ont fini par tuer sa terre. Pour lui c’est clair, même s’il a de nouveau accès à l’eau, plus rien ne poussera sur sa terre morte.

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En attendant de pouvoir trouver l’or blanc, Ernest fait du commerce à droite et à gauche pour subvenir aux besoins de sa famille. Parmi ses clients réguliers, il y a les ouvriers d’une mine exploitant de l’eau souterraine. Car oui, il existe encore de l’eau, il y a encore des canalisations qui la font circuler mais l’usage en est réservé aux riches habitants des grandes villes. Ernest fait sa tournée avec son fils et surtout une mule – que beaucoup convoitent dans le coin – qui transporte les précieuses denrées, entre autres de l’alcool fait maison qui a beaucoup d’amateurs. Lors d’une expédition, la pauvre bête se brise une patte et Ernest doit l’achever… Il va donc faire comme tout le monde, acheter une machine pour remplacer l’animal: le Simulit Shadow, un robot à quatre pattes, muni d’un gros panier pouvant supporter de très lourdes charges.

Dans le même temps, Mary flirte avec le jeune et ambitieux Flem Lever, le fils du voisin, contre l’avis d’Ernest qui sent bien que ce gars est un vaurien. Il ne sait pas à quel point il a raison…

Raoul Duke

Critique du film Super 8 de J.J. Abrams

Il y a des films comme ça où avant même leur sortie on sait que l’on va aimer, en rentrant dans la salle de cinéma on sait que le film va être bon, on en est persuadé et arrive la fin de la projection et on a aimé, beaucoup.

Super 8 fait partie de ces films. Dès le premier teaser sorti, qui voyait un train dérailler avec à son bord une mystérieuse créature essayant de fracasser le wagon dans lequel elle est enfermée, la machine était lancée. Ce teaser mystérieux n’était autre que l’oeuvre du surdoué de ces dernières années, J.J. Abrams.

J.J. Abrams est l’une des raisons qui m’a fait aimer le film avant même de l’avoir vu, l’autre raison est Kyle Chandler. Moins connu du grand public, Kyle Chandler a, pendant 5 ans, merveilleusement endossé le rôle du coach Eric Taylor dans la série américaine Friday Night Lights.

Son nom apparu au casting, j’étais alors déjà conquis et il n’a pas déçu, s’il est moins présent que la bande d’enfants héros du film, il reste d’une grande justesse dans son interprétation dans le rôle du shérif adjoint, plus ou moins proche de celui du coach Taylor.

Super 8 se déroule en 1979 dans une petite ville de l’Ohio où une bande de jeunes adolescents tournent un film en super 8 dans une petite gare abandonnée. En pleine prise d’une scène ils sont alors témoins d’un accident spectaculaire d’un train passant à ce moment là. Ils découvriront assez vite que cet accident n’en était pas vraiment un et seront témoins d’événements mystérieux.

Cinéastes amateurs ils vont devenir acteurs d’un scénario qu’ils n’avaient alors pas imaginé. Si le lien avec les Goonies (1985) est évident il est tout autant légitime, une bande de gamins partant seuls à l’aventure c’est du déjà vu certes mais Super 8 se trouve dans une optique année 80 purement assumée. L’association J.J. Abrams et Steven Spielberg rendant hommage aux classiques de ces années là ne pouvait que fonctionner. Si le film n’est alors pas forcément original, il puisse ses forces dans la méticuleuse mise en scène de J.J. Abrams rappelant cette période par certains cadrages ou dans sa direction des acteurs, il joue aussi de son habilité à mélanger action, humour et mystère. On est en plein dedans. Le film se veut un hommage à ces films que furent E.T., les Goonies par exemple et non pas une parodie sans âme.

Le film est servi par un casting excellent avec Joel Courtney, héros du film, interprétant son premier rôle au cinéma, Elle Fanning qui confirme son talent grandissant, ainsi que leurs jeunes amis. Le casting adulte n’est pas en reste avec Noah Emmerich en chef de l’armée prêt à tout pour arriver à ses fins, et bien sûr Kyle Chandler.

J.J. Abrams nous pond un film qui, s’il ne révolutionne pas le cinéma, arrive à nous fixer à notre siège pendant 2h avec une aventure, aux senteurs 80’s, passionnante sans véritable temps mort. Véritable hommage, le film tire ses références de classiques du genre sans jamais en faire trop pour notre plus grand bonheur.

Romain