[Bilan] Oscars 2012 : Le triomphe Français

L’homme qui trouvait que Saturnin c’était un nom de canard, qui avait comme hobby de «casser» les gens (du nord au sud, ou de l’est à l’ouest ça dépendait des fois), qui aime se battre, qui ne connaît pas 6 en arabe, qui aime se beurrer la biscotte. Celui qui a commencé dans la troupe de comédien des Nous C Nous, qui se faisait appeler Loulou dans Un Gars une Fille. Jean Dujardin est venu conquérir Hollywood et l’a fait de la plus belle des manières en remportant l’oscar du meilleur acteur pour The Artist face à une grosse concurrence.

Dans une soirée, plutôt amusante , présentée par Billy Cristal la 84ème cérémonie des Oscars a vu The Artist et Hugo Cabret rafler la majorité des prix. Les 2 films ont tenu leur rang de favoris avec chacun 5 Oscars pour 10 et 11 nominations.

Nous avons vécu cette nuit quelque chose d’historique avec le premier triomphe de l’histoire d’un film français lors des Oscars. En remportant les statuettes du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur musique et meilleurs costumes, The Artist envoie le cinéma Français dans la stratosphère. Si Michel «Le Grand Détournement» Hazanavicius est le deuxième français à remporter la statuette – après Roman PolanskiJean Dujardin est le tout premier acteur Français à conquérir l’Oscar du meilleur acteur et ponctue par la même occasion son discours par un presque jouissif «Ouah putain génial Merci ! Formidable». Et franchement ça fait énormément plaisir et me met en joie.

Le concurrent le plus sérieux à The Artist était Hugo Cabret qui repart donc également avec 5 Oscars, techniques quant à eux. Le film de Martin Scorsese pouvait faire peur à celui d’Hazanavicius dans la mesure où la cérémonie commençait avec une rafale de prix pour Hugo Cabret, meilleure photographie, meilleur son, meilleurs effets spéciaux, meilleurs décors et meilleur montage sonore, tout y passait tandis que The Artist pointait à peine le bout de son nez avec un prix pour les meilleurs costumes et un pour la meilleure musique pour Ludovic Bource et son accent yaourt. On connaît la suite de l’histoire (surtout parce que je viens de l’écrire un peu plus haut).

Du coté des autres récompenses, Meryl Streep remporte le 3ème oscar de sa carrière pour son rôle de Margaret Tatcher dans le pourtant mauvais La Dame de Fer. Octavia Spencer repart avec celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour La Couleur des Sentiments et Christopher Plummer, meilleur second rôle masculin pour Beginners.

Le grand perdant de la soirée est The Descendants qui n’obtient qu’un seul Oscar, celui du meilleur scénario adapté. Au vu des résultats des Golden Globes il y a quelques semaines on aurait pu penser que le film allait offrir une sérieuse concurrence à The Artist. Et pourtant, même George Clooney n’a pas fait le poids face à Jean Dujardin.

Tout ceci est bien gentil mais rentrons maintenant dans le vif du sujet avec l’oscar qui a été le plus disputé, où le suspense était à son paroxysme, celui de la meilleure chanson. Avec pas moins de 2 nommés la catégorie était certainement la plus importante de la soirée et a vu Man or Muppet de The Muppet l’emporter dans une féroce bataille face à Real in Rio de Rio. Tout ça présenté par Zach Galifianakis et Will Ferrell jouant avec des cymballes dans une cacophonie assez drôle.

Pour revenir au sérieux, la 9ème présentation des Oscars par Billy Cristal était plus ou moins réussie. Si le petit film d’ouverture était sans surprise et aux effets visuels un peu douteux, son petit numéro de chant était plutôt sympathique, même s’il ne nous fait pas oublier Hugh Jackman. On retiendra aussi les très drôles séquences d’Emma Stone et Ben Stiller où l’actrice savourait pleinement le fait de remettre un prix tandis que ce dernier tentait de l’assagir,  ainsi que Robert Downey Jr qui inventait un documentaire sur sa personne, en compagnie de Gwyneth Paltrow.

Le seul gros point noir de la soirée est venu de Canal + avec ses présentateurs Laurent Weil et Didier Allouche qui semblaient globalement paumés. Ils sont restés sur le tapis rouge durant toute la cérémonie, racontant d’inintéressantes histoires et ne trouvant personne à interviewer.

Palmarès

 

Meilleur film

The Artist

The Descendants
Hugo Cabret
Extrêmement fort et incroyablement près
Minuit à Paris
Cheval de guerre
Le Stratège
The Tree of Life
La Couleur des sentiments

 

Meilleur réalisateur

Michel Hazanavicius (The Artist)

Martin Scorsese (Hugo Cabret)
Alexander Payne (The Descendants)
Woody Allen (Minuit à Paris)
Terrence Malick (The Tree of Life)

 

Meilleur acteur 

Jean Dujardin (The Artist)

Gary Oldman (La Taupe)
Brad Pitt (Le Stratège)
Demian Bichir (A Better Life)
George Clooney (The Descendants)

 

Meilleure actrice

Meryl Streep (La Dame de fer)

Michelle Williams (My Week with Marilyn)
Viola Davis (La Couleur des sentiments)
Rooney Mara (Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes)
Glenn Close (Albert Nobbs)

 

Meilleur acteur dans un second rôle

Christopher Plummer (Beginners)

Kenneth Branagh (My Week with Marilyn)
Nick Nolte (Warrior)
Max von Sydow (Extrêmement fort et incroyablement près)
Jonah Hill (Le Stratège)

 

Meilleure actrice dans un second rôle

Octavia Spencer (La Couleur des sentiments)

Bérénice Bejo (The Artist)
Jessica Chastain (La Couleur des sentiments)
Melissa McCarthy (Mes meilleures amies)
Janet McTeer (Albert Nobbs)

 

Meilleur scénario original

Minuit à Paris (Woody Allen)

The Artist (Michel Hazanavicius)
Une séparation (Asghar Farhadi)
Mes meilleures amies (Kristen Wiig et Annie Mumolo)
Margin Call (J. C. Chandor)

 

Meilleure adaptation

The Descendants (Alexander Payne, Nat Faxon et Jim Rash)

Hugo Cabret (John Logan)
Les Marches du pouvoir (George Clooney, Grant Heslov et Beau Willimon)
Le Stratège (Steven Zaillian, Aaron Sorkin et Stan Chervin)
La Taupe (Bridget O’Connor et Peter Straughan)

 

Meilleure musique

The Artist (Ludovic Bource)

Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (John Williams)
Hugo Cabret (Howard Shore)
Cheval de guerre (John Williams)
La Taupe (Alberto Iglesias)

 

Meilleure chanson

Les Muppets (Bret McKenzie, « Man or Muppet »)

Rio (Sergio Mendes, Carlinhos Brown et Siedah Garrett, « Real in Rio »)

 

Meilleure photographie

Hugo Cabret (Robert Richardson)

Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Jeff Cronenweth)
The Artist (Guillaume Schiffman)
Cheval de Guerre (Janusz Kaminski)
The Tree of Life (Emmanuel Lubezki)

 

Meilleurs décors

Hugo Cabret (Dante Ferretti et Francesca Lo Schiavo)

Harry Potter et les reliques de la mort – partie II (Stuart Craig et Stephenie McMillan)
The Artist (Laurence Bennett et Robert Gould)
Cheval de guerre (Rick Carter et Lee Sandales)
Minuit à Paris (Anne Seibel et Hélène Dubreuil)

 

Meilleurs costumes

The Artist (Mark Bridges)

Jane Eyre (Michael O’Connor)
W.E. (Arianne Phillips)
Anonymous (Lisy Christl)
Hugo Cabret (Sandy Powell)

 

Meilleur montage

Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Angus Wall et Kirk Baxter)

Hugo Cabret (Thelma Schoonmaker)
The Artist (Anne-Sophie Bion et Michel Hazanavicius)
The Descendants (Kevin Tent)
Le Stratège (Christopher Tellefsen)

 

Meilleur montage sonore

Hugo Cabret (Philip Stockton et Eugene Gearty)

Drive (Lon Bender et Victor Ray Ennis)
Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Ren Klyce)
Transformers 3 – La Face cachée de la Lune (Ethan Van der Ryn et Erik Aadahl)
Cheval de Guerre (Richard Hymns et Gary Rydstrom)

 

Meilleur son

Hugo Cabret (Tom Fleischman et John Midgley)

Le Stratège (Deborah Adair, Ron Bochar, David Giammarco et Ed Novick)
Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes (David Parker, Michael Semanick, Ren Klyce et Bo Persson)
Transformers 3 – La Face cachée de la Lune (Greg P. Russell, Gary Summers, Jeffrey J. Haboush, Peter J. Devlin)
Cheval de Guerre (Gary Rydstrom, Andy Nelson, Tom Johnson et Stuart Wilson)

 

Meilleurs maquillages

La Dame de fer (Mark Coulier et J. Roy Helland)

Albert Nobbs (Martial Corneville, Lynn Johnson et Matthew W. Mungle)
Harry Potter et les reliques de la mort – partie II (Nick Dudman, Amanda Knight et Lisa Tomblin)

 

Meilleurs effets visuels

Hugo Cabret (Robert Legato, Joss Williams, Ben Grossmann et Alex Henning)

Real Steel (Erik Nash, John Rosengrant, Danny Gordon Taylor et Swen Gillberg)
La Planète des singes : les origines (Joe Letteri, Dan Lemmon, R. Christopher White et Daniel Barrett)
Transformers 3 – La Face cachée de la Lune (Scott Farrar, Scott Benza, Matthew Butler et Daniel Barrett)
Harry Potter et les reliques de la mort – partie II (Tim Burke, David Vickery, Greg Butler et John Richardson)

 

Meilleur film d’animation

Rango

Une vie de chat
Chico & Rita
Kung Fu Panda 2
Le Chat Potté

 

Meilleur film étranger

Une séparation

Sous terre
Bullhead
Footnote
Monsieur Lazhar

 

Meilleur film documentaire

Undefeated

Hell and Back Again
If a Tree Falls: A Story of the Earth Liberation Front
Paradise Lost 3: Purgatory
Pina

 

Meilleur court métrage

The Shore

Pentecost
Raju
Time Freak
Tuba Atlantic

 

Meilleur court métrage d’animation

The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore

Dimanche
La Luna
A Morning Stroll
Wild Life

 

Meilleur court métrage documentaire

Saving Face

The Barber of Birmingham: Foot Soldier of the Civil Rights Movement
God Is the Bigger Elvis
Incident in New Baghdad
The Tsunami and the Cherry Blossom

 

Romain

Blogs Cinéma : le Best Of de la semaine S05E02

best of blog cinema

Saison 5 Episode 2 : Trois critiques et deux comptes-rendus du Congrès des Exploitants.

Cinefeed : Crazy, stupid love: l’amour de 13 à 44 ans

Holywood & Co : Critique: La Couleur des Sentiments (The Help)

Filmosphere : Un été brûlant, coup de froid sur le cinéma d’auteur.

Cineblogywood : Congrès des exploitants 2011 2/5 – La Vérité, Les Infidèles, Les Seigneurs

Filmgeek : Nouvelles images d’Asterix 4, Sur la piste du Marsupilami, Hugo Cabret, Hollywoo, Nous York…

 

 

Le Congrès des Exploitants, une semaine après, que reste-t-il ?

Il y a une semaine s’est déroulé à Lyon le 66ième congrès des exploitants et en particulier la journée de distributeurs, pendant laquelle, 2200 professionnels de la profession devant lesquels la majorité des distributeurs français sont invités à présenter leur line-up de novembre à 2012.

Soit environ 8h de bandes-annonces, d’extraits exclusifs, promoreel et autres teasers dont certains sont dévoilés pour la première fois et présentés par les équipes. C’est ainsi une sorte de défilé de paons, à celui qui aura la plus belle, la plus grande queue.

A ce petit jeu, certains sont sortis du lot, d’autres ont franchement déçu et nous y revenons, une semaine après, une fois le tout bien décanté, avec quelques images exclusives à partager, pour vous présenter l’ESSENTIEL.

La journée a commencé très fort avec le line-up de StudioCanal : le premières images d’Hollywoo (dont on vous a déjà parlé ici) ont été très efficaces et le speech de Florence Foresti et Jamel Debbouze a achevé de convaincre l’audience. Le FA de La Taupe (8 février 2012) m’a aussi beaucoup plu entre son casting exceptionnel et son ambiance bien pesante, c’est un des films que j’attends le plus pour le premier semestre 2012. Enfin, le teaser de Cloclo (14 mars 2012) dans lequel Jérémie Renier m’a collé des frissons, tout simplement.

Pour le reste on va faire dans l’ordre alphabétique et on continue donc avec la 20th Century Fox dont le line-up est un des plus complets et hétéroclites, on retiendra Time Out, les premières images plutôt convaincantes de Star Wars 3D et l’absence d’image de Prometheus. Sinon le court-métrage annonçant L’Age de Glace 4 marche toujours aussi bien.

Passons à Ad Vitam qui m’a surtout marqué avec les images Take Shelter et Confession d’un enfant du siècle, et son casting original, réalisé par Sylvie Verheyde dont j’avais beaucoup aimé Stella, son précédent film.

Autre « petit » : Epicentre dont je retiendrai le documentaire Les nouveaux chiens de gardes dont on entendra j’espère un peu parler dans les médias puisque c’est le sujet du film.

On arrive maintenant à EuropaCorp qui a sorti la machine de guerre, avec un léger manque de modestie (ce n’étaient pas les seuls) et qui a surtout titillé ma curiosité avec l’adaptation de L’Amour dure 3 ans, par Frédéric Beigbeder himself… après le reste… bref, ça frime beaucoup.

Par contre Eurozoom, qui entre El Chino avec l’excellent Ricardo Darin, le film d’animation Colorful et le docu Freakonomics adapté d’un de mes livre de chevet, a de quoi être fier lui !

De Gaumont on retiendra deux choses : le trailer explosif des Lyonnais (qui jouaient à domicile) et le promoreel de 8 minutes d’Intouchables qui a véritablement conquis l’audience.

Gebeka et Kanibal m’ont alléché respectivement avec Le Tableau et The Black Power Mixtape 1967-1975 qui gagne aussi le prix du titre de film le plus chiant à retenir.

Mars Distribution a scotché tout le monde avec les extraits des Infidèles (dont on vous a déjà parlé là) et rassuré aussi avec du solide : Lioret, Cronenberg, Kahn, Gondry, Allen, Ozon… du très LOURD !

La Metropolitan ne nous a rien montré de nouveau sur Hugo Cabret mais je reste charmé et confiant, mais le reste du catalogue ne m’a guerre emballé à l’exception de Rhum Express dans lequel Depp renoue avec les démons d’Hunter S. Thomson.

MK2 est ma seconde grosse déception : c’est bien simple, à part leurs restaurations (Metropolis, Méliès, Chaplin, Jules et Jim…) rien de nouveau ne m’a vraiment plu.

Copyright / Crédit Photo : © Chez Wam – Nicolas Guiraud

On en vient à Pathé dont le trailer de Sur la piste du Marsupilami ne m’a pas du tout emballé (c’est le moins que l’on puisse) et fut à peine rattrapé par la présentation d’Alain Chabat et Jamel Debbouze.

La surprise est plutôt venue de La Dame de Fer et l’espoir de Nous York qui verra revenir l’équipe de Tout ce qui brille pour transformer l’essai.

Un de mes préférés de la journée a sans doute été Pretty Pictures qui a fait un carton plein pour moi en éveillant ma curiosité et mon envie sur leurs quatre films présentés : A la une du New York Times, Terri, Perfect Sense et surtout Detachment avec Adrian Brody et réalisé par Tony Kaye qui aborde cette fois le thème du système éducatif américain après son brûlant American History X.

Rezo Films a dévoilés un programme varié entre Takashi Miike, Artus de Penguern et le prochain Julie Delpy pour 2 days in New York dont le premier extrait a très bien fonctionné.

SND a du gros encore et bizarrement c’est un petit film qui a cartonné avec L’Irlandais qui a ravi le public avec un Brendan Gleeson en grande forme.

Sony cette année c’était surtout Tintin, Le Stratège et Millenium.

Sophie Dulac a été fidèle a sa réputation et sa ligne de conduite : c’est pas trop ma came mais je conçois parfaitement que cela puisse plaire.

UGC a fait venir Kassovitz pour L’Ordre et la Morale, ça ne compte pas quand-même car on l’a déjà vu cet été et à part un ENORME problème général d’interprétation, le film est très bien réalisé et signe le retour de Kasso aux affaires sérieuses.
Et le reste ? Quel reste ?

Le line-up d’Universal m’a laissé de glace et ne me déçoit pas vraiment puisque je n’en attendais rien, surtout pas Battleship qui a l’air totalement à côté de la plaque.

Walt Disney m’a cueilli avec le trailer de Félins, les fourbes ! Ajoutez à ça : Cheval de Guerre de Spielberg, John Carter et The Avengers. STFU and take my money !

Warner Bros avait peut-être le plus gros catalogue de la journée et ne l’a pas caché. Même Les Seigneurs a convaincu avec son casting en forme de best-of comédie populaire. Mais entre J. Edgar, The Dark Knight Rises, ils n’ont pas trop de soucis à se faire pour les prochains mois.

Wild Bunch était attendu au tournant pour une seule raison : Astérix et Obélix au service de sa majesté. Et ils ont réussi à planter leur trailer. Espérons que ça n’augure pas du pire pour le film dont le scénario était assez bon car là tout le monde faisait cette tête :

Au rayon déception on retiendra donc le teaser pas drôle d’Astérix et Obélix au service de sa majesté et la bande-annonce de Sur la piste du Marsupilami ainsi que les line-up d’EuropaCorp et d’MK2 comparés aux autres.

Ce qu’il reste une semaine après : le solide line-up de Pretty Pictures, le promoreel d’Intouchables et l’accueil très chaleureux de toute la salle, les extraits des Infidèles et ses éclats de rire spontanés ainsi que ceux des extraits de L’Irlandais.

Bonus : Le sac cadeau remis cette année aux participants était un énorme barda militaire remplis de DVD et de bouquins donnant aux quais de la gare de Lyon des airs de départ sur le front.