Tournage d’Hunger Games 3 à Noisy le Grand

Ce dernier mois a été  bizarre… J’ai visité pour la première fois les studios de cinéma mythiques de Bry sur Marne situés à quelques centaines de mètres de chez moi et j’ai appris par la même occasion que ce dernier allait fermer ses portes à la rentrée non sans avoir accueilli la suite du plus gros carton au box-office US de 2013 : Hunger Games 3.

Et là, comme si ça ne suffisait pas, je pars en vadrouille ce soir et de retour chez moi à Noisy le Grand, je vois un attroupement inhabituel à l’entrée de mon parking, je ralentis par curiosité, mais je ne vois rien à part quelques dizaines d’ados et quelques voitures. Je continue donc mon chemin et avant de lancer les matchs de playoffs de cette nuit je fais un tour sur ma TL et que vois-je ? Des photos de l’immeuble situé à côté l’entrée de mon parking maquillé en bâtiment de Panem et accueillant Jennifer LawrenceJosh Hutcherson et Liam Hemsworth ainsi que des soldats et des figurants d’Hunger Games 3. Normal.

© @Rachida_Hammou @laetitia_rlr @OuffissHim

Comment dire… Pas de regret ? (Bon un peu quand-même). Le tournage du film Seashore – nom de code du film – est fermé, inaccessible de l’extérieur pour le moment. Les seules photos ont donc été prises par les habitants de l’immeuble et leurs invités pour l’occasion.

Pour l’anecdote, le Palacio et le Théâtre de Ricardo Bofill ainsi que les espaces d’Abraxas avaient déjà servi de décor il y a 30 ans au Brazil de Terry Gilliam :

A priori, ils tourneront encore lundi et jeudi. Il y aura donc certainement d’autres images sympas à partager.

Hunger Games : Interview des acteurs

Autour d’une table ronde, entouré de quatre autres blogueurs, FilmGeek a rencontré Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Josh Hutcherson et Elizabeth Banks, les acteurs d’Hunger Games de passage en France pour la promotion du film. Nous avons pu leur poser quelques questions. Malheureusement, interdit de vidéo et de photos, l’interview ne prend la forme que d’une retranscription écrite.

Liam, dans ce premier film vous n’apparaissez que très peu, mais aurez plus de temps de vous faire voir lors des deux prochaines suites. Qu’elles sont les scènes que vous attendez le plus ?

Liam Hemsworth : J’aime les 3 livres mais le premier livre est mon préféré, mon personnage grandi à travers les 3 et est évidemment plus présent pendant le dernier durant la révolution, le soulèvement. Ce sera vraiment génial à tourner, je pense que ce sont ces scènes là dont j’ai le plus hâte.

Jennifer, Le roman est au point de vue de Katniss, on connaît ses pensées, ses réflexions ou analyses, comment avez vous approché cet aspect du personnage pour préparer votre rôle ?

Jennifer Lawrence : Je ne me suis pas trop posée de question, je suis entrée dans le personnage comme dans chaque film, jouer un personnage déjà pré-existant n’est pas si différent que de jouer un rôle original, même s’il est question ici d’un personnage que tous les fans connaissent avant même d’avoir vu le film. Tout était très clair dans le scénario de Gary (Ross, ndlr), on laisse de coté le livre et on se plonge dans le personnage écrit dans le scénario.

Vous apparaissez dans 2 grosses franchises actuellement, X-Men et Hunger Games, et vous jouez deux personnages féminins à la fois fortes et complexes, y’a t-il des actrices ou des héroïnes qui vous ont inspiré pour ces rôles ?

Jennifer Lawrence : Je suis toujours inspirée par des acteurs ou actrices, mon actrice préférée a toujours été Charlize Theron depuis que j’ai 14 ans, mais je ne crois pas m’être basée dessus pour mes personnages.

Elizabeth, qu’est ce qui vous a attiré dans le personnage d’Effie ? Et n’était-ce pas trop difficile de ne pas trop aller dans les extrêmes au regard de ce personnage assez excentrique ?

Elizabeth Banks : Il y a une mince frontière à ne pas traverser avec Effie, Suzanne Collins a écrit un personnage assez comique, excentrique, très maniérée et ayant un drôle d’accent, j’ai vraiment voulu capturer tout ça. Elle a beaucoup d’empathie en elle malgré le fait qu’elle travaille pour le Capitole, ce sont ses patrons. Avec Gary Ross on a beaucoup parlé d’un équilibre à trouver, du ton à employer pour jouer ce personnage.

Romain

Critique : Hunger Games de Gary Ross

Alors autant être honnête dès le départ, je n’ai pas lu le livre. Je connaissais l’histoire et savais qu’il était écrit à la première personne, du point de vue du personnage principal, Katniss, mais c’est tout.

Pour situer l’histoire, nous nous trouvons dans une Amérique du nord post-apocalyptique, du nom de Panem, où un puissant gouvernement appelé Le Capitole contrôle 12 Districts. Après une rébellion du district 13, qui sera anéanti, les 12 districts se voient obligés de participer à un jeu télévisé, les Hunger Games, où ils doivent envoyer à chaque éditions deux tributs, un garçon et une fille entre 12 et 18 ans. Ces 24 participants, enfermés dans une arène, s’affrontent dans un combat à mort et seul le dernier survivant est déclaré vainqueur. Lors de la 74ème édition la jeune Primrose Everdeen est choisi pour ce participer à ce macabre jeu, mais afin de la sauver sa grande soeur Katniss (Jennifer Lawrence) se porte volontaire et la remplace.

The Hunger Games qui fait un véritable raz-de-marée avec 30 millions de livres vendus dans le monde est la nouvelle grande saga à être adapté au cinéma, après Harry Potter et Twilight. Si la hype autour de ce film peut rappeler celle de Twilight – la cible visée se trouvant être le public jeune et accessoirement fan de Twilight – la saga écrite par Suzanne Collins se veut un peu plus violente, un peu moins niaise, un peu moins con-con oserais-je dire.

Afin d’éviter de la redondance et une narration trop lourde, Gary Ross – qui réalise le film – a décidé de ne pas reprendre la forme du livre, on ne vit pas le film à travers le regard de Katniss. De ce fait le scénario (co-écrit par Suzanne Collins) touche alors véritablement le coté dictatorial de l’histoire, de ce monde au gouvernement répressif. Que ce soit dans cette société, ou dans le jeu, tout est contrôlé. Toute moralité semble avoir été annihilé. Disons que quand on en arrive à célébrer un jeu dans lequel 23 jeunes doivent mourir il n’y a plus de question à se poser sur ça. Cette approche de l’histoire est très intéressante et nous permet de voir une critique de notre société actuelle, bercée par une télé-poubelle adulée par des milliers de gens.

Il est dommage que l’instinct de survie, même si présent dans le film, soit survolé, nous ne sommes pas dans les pensées de Katniss, nous ne savons pas réellement ce qu’elle ressent. De ce fait son coté calculateur est totalement mis de coté, ses actes sont dictés par son mentor Haymitch, en dehors de l’arène. Il est aussi dommage que ce manque réduise considérablement l’intensité du film, l’intensité de l’action dans l’arène, ainsi que l’empathie que l’on peut avoir pour des personnages bien trop creux. Katniss, pourtant décrite comme un personnage fort, indépendant, s’occupant quasiment seule de sa soeur et de sa mère rongée par le décès de son mari, semble presque manquer de caractère tant son personnage est… survolé. Malgré tout, Gary Ross a choisi de se rapprocher du livre dans le sens où, dans l’arène, nous ne voyons que ce que Katniss voit, entendons que ce qu’elle entend. L’action des autres participants n’est seulement évoqué que par des coups de canon annonçant la mort de participants.

Dans cette histoire pleinement ancrée dans la science fiction l’esthétique a été travaillée, on sent une véritable recherche sur la photographie qui alterne un ton froid, terne collant à la nature pauvre et rude du District 12 ainsi qu’à l’atmosphère de l’arène, et des couleurs vives, festives collant parfaitement à la festivité et l’enthousiasme des habitants stéréotypés, caricaturaux et superficiels du Capitole pour ces jeux annuels. Même si certains effets lors de la présentation des participants peuvent paraître un peu over-the-top.

Les acteurs ont pleinement rempli leurs rôles, chacun semblait vraiment prendre du plaisir, notamment Elizabeth Banks interprétant Effie, femme excentrique, à la solde du gouvernement ayant tiré au sort Katniss et Peeta lors de la moisson au district 12, ne se retrouvant jamais trop dans l’excès. On retrouve également un excellent Woody Harrelson – malgré cette étrange chevelure blonde –  dans le rôle d’Haymitch, mentor de Katniss et Peeta.

Si un sentiment positif se dégage d’Hunger Games, le coté édulcoré et le manque de tension fait qu’on ne se sent jamais vraiment immergé. Paradoxalement le réalisateur fait de nous, spectateurs, partie intégrante de ces Hunger Games lorsqu’il abat le 4ème mur avec les interventions de Ceasar (Stanley Tucci) et son acolyte Claudius (Toby Jones). En tant que commentateurs ils se trouvent face caméra à nous expliquer quelques éléments du jeu, notamment la dangerosité des abeilles. On a alors l’impression d’être spectateur d’une télé-réalité que l’on verrait à la télévision tranquillement assis chez nous dans notre canapé, comme un simple Big Brother. Simplement ici on découvre également l’envers du décors et les manipulations des game-makers, rappelant aux participants qu’ils n’ont le contrôle sur rien. Si leur survie dépend de leur habilité à échapper aux autres, ce n’est pas eux qui ont leur destin entre leurs mains… Enfin presque.

Romain