Critique de Pirates des Caraïbes 4 : La fontaine de Jouvence

Quatre ans après la fin de la trilogie, Pirates des Caraïbes revient avec une 4ème opus avec une nouveauté derrière la caméra puisque c’est Rob Marshall (Nine, Chicago) qui prend la suite de Gore Verbinski.

Ce 4ème film nous emmène à la recherche de la célèbre et tant convoitée fontaine de jouvence. Mais avant d’y arriver Jack Sparrow croisera la route d’un ancien amour, la piquante Angelica (Penélope Cruz), ainsi que du redoutable Barbe Noire (Ian McShane).

Autant le dire tout de suite c’est un vrai plaisir de retrouver le thème musical et surtout le Capitaine Jack Sparrow et ses grimaces. Si le personnage semble moins inspiré que lors des précédents opus le show Jack Sparrow est toujours présent et on sent que Johnny Depp prend toujours autant de plaisir à jouer ce personnage. Personnage qui a d’ailleurs fait des émules avec Ian Somerhalder et son personnage de Damon dans la série The Vampire Diaries qui reprend clairement des grimaces et des gestuelles identiques à celles du Capitaine.

Si le scénario s’avère assez simpliste il ne s’embarque heureusement pas dans de multiples intrigues comme l’avaient fait les épisodes précédents. L’histoire se concentre alors exclusivement sur la recherche de la fontaine de jouvence, que ce soit du coté de Barbosa ou de Barbe Noire et Jack Sparrow. Seule l’histoire d’amour entre le missionnaire (Sam Claflin) et la sirène (Astrid Berges-Frisbey) sort un peu de la quête principale mais elle est au mieux anecdotique, au pire vide d’intérêt.

Une autre partie décevante du film serait le peu de batailles, qu’elles soient peu présentes sur terre ou inexistantes sur mer. On prend tout de même du plaisir durant le combat à l’épée de Jack Sparrow et de son mystérieux usurpateur d’identité (pour ne pas spoiler 😉 ) faisant suite à une sympathique course poursuite dans les rues entre Jack Sparrow et la garde du roi.

On passera sur la 3D qui est – comme à son habitude – parfaitement inutile. Ainsi que sur le renouveau annoncé par le changement de réalisateur, qui finalement n’a pas eu lieu. Mais on ne va pas vraiment s’en plaindre puisque, malgré quelques longueurs – tout de même moins présentes que dans le 3 – le film remplit son rôle de blockbuster divertissant et drôle et c’est bien là tout ce qu’on lui demande.

Et surtout restez bien après le générique avec une scène annonçant très certainement  un cinquième opus qui, selon les déclarations récentes de Johnny Depp, pourrait se faire sans Jack Sparrow. Mais on ose pas trop y croire.

 

Romain

Autour du film Rango

Incipit : Voici le premier post d’une invitée que l’on nommera pour l’instant Bobby et qui je l’espère reviendra écrire sur Filmgeek de temps en temps. Flo

On peut lire ici et là sur internet de vagues synopsis sur Rango, mais celui qui revient souvent : un caméléon dans le désert en quête de lui-même. Dans les faits, c’est un caméléon domestique sans nom, qui par un malheureux accident, va se retrouver perdu au milieu du désert du Nevada. Après une longue marche, il va atterrir dans une petite ville, Poussière, où il devra se faire une place ainsi qu’un nom afin d’aider les habitants renfrognés à l’idée d’accueillir un étranger.

Rango, c’est une quête d’identité contre le rejet sur fond de conquête de l’ouest. Pour ma part, je verrais plutôt l’inverse. Le film est truffé de références cinématographiques entre les westerns spaghetti de Clint Eastwood (qui apparait clairement comme guide spirituel) et Star Wars.


Le film est très bien construit bien que le scénario ne soit pas d’une grande originalité, en effet, le personnage principal devient héros malgré lui pour combattre le complot politique et la différence. Ici, il n’est pas question d’or comme monnaie courante, mais d’eau. On aurait pu percevoir cet aspect comme étant un message écologique, mais pas du tout.
Gore Verbinski avait essentiellement besoin d’une idée pour la trame de son film et c’est ce qu’il a trouvé de mieux. À noter que nous sommes loin du film d’animation purement comique à la Shrek et compagnie, quelques situations se prêtent bien au rire, mais on reste dans un film réfléchis avec une trame qui ressemble davantage à celle d’une fiction que d’un film d’animation. D’ailleurs, le réalisateur a voulu construire ce film telle « une soupe », à savoir ajouter des ingrédients petit à petit : de l’absurde, du vaudeville, du sérieux. À l’instinct.

Graphiquement, rien à redire : grand sens du détail, beaucoup de réalisme, des paysages magnifiques (est-ce des prises de vues réelles ?), une recherche de personnages poussée, chacun ayant un physique et un caractère propre à lui.


L’une des particularités de Rango, c’est sa réalisation. Je ne vous apprends rien sur le fait que les mouvements des personnages sont ceux des acteurs, grâce à des captures et une mise en situation qui se rapproche de la fiction.
Abigail Breslin (Prescilla) a largement vanté les intérêts de ce type de doublage, qui met en exergue le jeu d’acteur et les réactions instantanées, en comparaison à celui en cabine, plus solitaire. Néanmoins, Gore Verbinski a déprécié ce type de travail pour son manque de spontanéité, de cadeaux et d’intuition. Pourtant, sur les trois ans nécessaires à la fabrication, il a su retrouver les caractéristiques d’un tournage classique durant la vingtaine de jours pendant lesquels les acteurs ont fait leur enregistrement.

J’allais oublier un point important : la musique typiquement western qui nous replonge dans les vieux films, interprétée avec brio par quatre hiboux chapeautés de sombreros, faisant un lien direct avec le spectateur, à la fois dans et hors de l’action.

Mon seul regret : le personnage de Rango est bien trop proche de Jack Sparrow. La question étant : Jack Sparrow est-il complètement inspiré de Johnny Depp ? Dans ce cas, Rango EST Johnny Depp.

Critique Alice au Pays des Merveilles, de Tim Burton

alice affiche

Synopsis : Alice (Mia Wasikowska) approche de ses 20 ans, et depuis son enfance, est hantée par des cauchemars d’un monde étrange peuplé par des créatures mystérieuses. Le jour où le jeune et arrogant Hamish Ascot la demande en mariage, elle s’enfuit à la poursuite d’un lapin blanc,  puis bascule dans un terrier qui semble sans fin… Elle atterrit dans le monde de ses rêves. Certaines des créatures la reconnaissent et voient en elle leur sauveuse, pour combattre la Reine Rouge et le Jabberwock.

Notre avis : Un film de Tim Burton est toujours un événement, même si pour beaucoup de fans la déception s’installe de plus en plus à chaque nouvelle réalisation.

Proposer une suite à Alice in Wonderland en adaptant De l’autre côté du miroir était un pari osé, qui, sous les doigts du magicien du cinéma fantasmagorique, pouvait réconcilier le maitre et son art, époque Beetlejuice, Batman, Ed Wood, Edward aux mains d’argent, Mars Attack ou même Sleepy Hollow. Bref, que l’on retrouve un peu de noirceur et de cynisme, mais du vrai, du dur, pas du gothique édulcoré à la Sweeney Todd, pâle caricature de toutes les possibilités créatives du cinéaste.

alice reine rouge

Au début, on y croirait presque : charme et maquillage blafard d’une Alice exquise de décalage dans ce monde victorien si rigide. Et puis l’arrivée dans Wonderland/Underland est une petite merveille en soi, des textures, des couleurs, une luxuriance du décor plaisante à l’œil, mystérieuse à souhait, où l’ambiance est posée : nous sommes dans un Tim Burton semblant renouer avec ses bonnes vieilles traditions, avec même un soupçon d’imaginaire visuel emprunt à Terry Gilliam. Le design plutôt spectaculaire des créatures et de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter) ainsi que le casting 5 étoiles ne faisant que confirmer ces premières impressions.

Et puis… Disney semble avoir arraché les rênes à son réal’ au cours du film, faisant perdre à Alice toute sa splendeur. Oscillant autant visuellement que narrativement entre Narnia et La Boussole d’Or (et parfois Harry Potter, Disney ratisse large), la magie n’opère plus vraiment, si ce n’est à travers les présences fortes heureuses d’un Johnny Depp parfait en Chapelier Fou émouvant et d’une Anne Hathaway « délicate » en Reine Blanche.

chapelier fou

Tout semblait être présent pour déguster pendant presque deux heures un délice cinématographique, mais il manque à cette recette l’assaisonnement nécessaire pour relever le goût et sublimer le parfum. L’intrigue est fade, sans véritable enjeu, sans aucune empathie pour les personnages. Pire, Alice parait s’ennuyer autant que le spectateur par moments (la preuve, cachée derrière mes lunettes 3D, j’ai réussi à m’assoupir quelques instants). L’humour absurde et impertinent, pourtant présent dans les contes de Lewis Carroll et le dessin animé, est quasiment inexistant ici. Et quand il surgit enfin, c’est souvent pour tomber complètement à plat. L’esprit ludique et déjanté du « joyeux non-anniversaire » manque cruellement.

alice armure

Malgré tout, nous sommes dans un film de Tim Burton (je vois bien, fan fidèle, ton désappointement face à la lecture de cette critique amère et je souhaite te rassurer un peu) : Alice au pays des merveilles reste un spectacle cinématographique de bonne facture, mais simplement loin d’être à la hauteur de ce dont est vraiment capable le génie subversif Burtonien. Finalement, il y a 60 ans, Disney, dans son long-métrage d’animation, avait pris plus de risques qu’en 2010.

Un conseil donc : mieux vaut (re)voir le dessin animé avant de se rendre en salle le 24 mars pour apprécier par soi-même ce nouvel « Alice ».

Caro

Le Nouveau Michael Mann : Public Enemies

Lors de la saison des blockbusters, le buzz peut faire basculer un studio dans l’horreur. Lorsqu’un film à 100 millions de dollars doit en ramener 200 pour être considéré comme rentable, le flop est vite arrivé. Universal en paie actuellement les frais avec Land of the Lost, qui se plante complètement aux USA. Bien que le devant de la scène soit occupé par Transformers 2 (seul potentiel réel succès de l’été avec Anges et démons, Up-Là Haut et, dans une moindre mesure Star Trek), Universal craint à juste titre le flop du prochain film de Michael Mann (Public Enemies), surtout aux vues des scores américains de The Taking of Pelham 123 de Tony Scott. Si le succès de Collatéral en 2004 avait rempli les caisses de DreamWorks et Paramount, Miami Vice avait été une déception. Les avis diffèrent, mais perso, le film m’avait complètement emballé au point d’investir dans le HD-DVD.
Cette année, Mann revient avec Public Enemies, film criminel. Porté par un duel opposant Johnny Depp et Christian Bale, le film compte aussi sur une Marion Cotillard auréolée de son oscar et sur des seconds rôles solides portés par Giovanni Risibi, Emilie de Ravin (Lost, La Colline a des Yeux 2006) ou encore Stephen Dorff (Blade).
Le film se déroule dans les années 30 et devrait mélanger à la fois scènes d’action et moments plus intimistes. Lors de l’annonce du film et la vision des images, la buzz-machine en avait parlé comme du Heat version début 1930. Pour ma part, je m’attends plus à un mélange Collatéral-Miami Vice pour le traitement visuel et la part du scénario.

Une petite bande annonce

Fidèle à son esthétique numérique apparue avec Collatéral, le film de Mann devra convraincre dès ses débuts pour espérer un succès en salles. Je sais pas vous, mais moi j’ai vraiment hâte d’en savoir plus.
Le film sort le 3 juillet aux States, le 8 juillet en France. Buzz it !

Armand

Dossier Bioshock

bioshock

Aujourd’hui on va parler un peu d’un des futurs projets de Gore Verbinski. Monsieur « Pirate des Caraïbes » bosse sur deux projets en ce moment. Le premier est un long métrage d’animation intitulé Rango, avec la voix de Johnny Depp, le deuxième est l’adaptation du jeu vidéo Bioshock. Nous aurons l’occasion de revenir sur Rango plus tard car le film est en post-production et sa sortie annoncée pour 2011. Bioshock a récemment fait parler de lui car Universal, possesseur des droits, n’a pas encore l’argent pour produire le film. Estimé à 160 millions de dollars, celui-ci devrait être porté par Wentworth Miller, l’un des héros de Prison Break.
Comme chez FilmGeek, on joue aussi aux jeux vidéos, on connaît bien Bioshock ! Le jeu est sorti tout d’abord en 2007 sur PC et Xbox 360 avant de débarquer sur PS3 en 2008. Il s’agit d’un FPS (First Person Shooter) horrifique se déroulant dans la cité de Rapture. A l’origine, Rapture se voulait le pinacle de la science et de la culture. Bien sûr, les choses dégénèrent et les habitants de la cité, génétiquement modifiés, se sont pour partie transformés en monstres à la recherche de l’Adam. L’Adam, c’est cette substance qui permet d’améliorer les capacités de celui qui le prend. Dans le premier épisode de Bioshock (Bioshock 2 sort en fin d’année sur PC et consoles HD), on interprête Jack, seul survivant d’un crash aérien, qui se retrouve dans Rapture. Bien sûr, il devient la cible des Chrosomes, des ex-humains génétiquement modifiés. Des injections qui permettent d’utiliser des « sorts » de feu, glace etc…, les plasmids, apportent leur lot d’effets visuels et agrémentent un gameplay assez plaisant. Le joueur rencontrera différents types de personnages que l’on vous laissera découvrir tant le jeu de 2K (ex-Irrational Game) est une réussite. Plus qu’un jeu, Bioshock propose une aventure avec une histoire qui sort un peu des sentiers battus et qui se tient bien.

Une petite vidéo pour (re-)découvrir le jeu :


Source de la vidéo : Clubic

Le jeu est visuellement très joli et l’ambiance sonore a été particulièrement travaillée. Il faut un bon PC pour profiter de la quintessence graphique alors que la version Xbox 360 est un peu moins belle, mais fluide. La version PS3 a été adaptée par les gens de Digital Extremes, qui ont l’habitude de travailler sur le moteur graphique utilisé (Unreal Engine 3). Le résultat est un peu moins fin et un peu moins fluide. Néanmoins, le jeu reste agréable car il ne s’agit pas d’une orgie d’action.
Dans Bioshock 2, le jouer interprétera un Protecteur et le gameplay s’en trouvera donc modifié (on espère), avec de nouvelles armes mais toujours les plasmids. 2K a rajouté une partie multiplayer, qui semble des plus classiques.

Quelques images de Bioshock 2

Que feront Universal et Verbinski de Bioshock ? La question se pose car les deux jeux sont très violents. On a vu que Verbinski a sû apporter avec succès une dose de frisson avec Pirates des Caraïbes et le succès de la trilogie (plus de 2 milliards et demi de dollars au cinéma) devrait lui permettre de faire à peu près ce qu’il veut. On attend avec impatience des nouvelles du film, qui marquera peut-être, avec Prince of Persia, la réussite des adaptations cinématographiques de jeux vidéos. FilmGeek consacrera prochainement un petit dossier récapitulatif des adaptations de JV au cinéma ainsi que les projets en cours. Stay Tuned !

L’Empire de Wolverine et Public Enemies

Le dernier numéro d’Empire propose une couverture consacrée au prochain film de Gavin Hood : X-Men Origins: Wolverine avec bien-sûr Hugh Jackman dans le rôle du griffu :

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Ainsi que deux photos de Public Enemies le film d’époque de gangsters de Michael Mann, réunissant Johnny Depp et Christian Bale visibles dans la suite : Continuer la lecture de « L’Empire de Wolverine et Public Enemies »