Critique du film Iron Man 3 de Shane Black, avec Robert Downey Jr et Gwyneth Paltrow

Synopsis officiel

Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?

Commentaire et critique

Après avoir frôlé la mort à New-York (dans The Avengers), Tony Stark n’a plus goût à la fête. Enfermé dans son labo avec Jarvis et son équipement toujours plus hightech, renfermé sur lui-même, il ne dort plus, il doute de lui-même et compense en se vouant corps et âme à la création d’armures toujours plus perfectionnées. Rappelez-vous, dans The Avengers, il portait la Mark 7. Au début de Iron Man 3, l’ennui et la dépression lui ont donné le temps et les moyens de travailler sur bien d’autres modèles, puisqu’il met alors à l’essai le prototype de la Mark… 42. Cette dernière est une armure surpuissante et surprenante, mais encore imparfaite et incontrôlable, à l’image de son créateur. Mark 42 est son obsession, sa fuite… C’est le masque qui lui permet d’éviter de se confronter à la réalité de ce qu’il vit et ressent… En effet, il se pourrait bien que le désinvolte, le narcissique, le flamboyant Tony Stark ait un coeur, caché, là encore, sous l’électro-aimant qui lui permet de vivre. Mais entre (sur)vivre pour soi et vivre avec les autres, Tony devra faire un choix : celui de tomber le costume (de fer)…

Kiss Kiss Blank Blank ? :

Le meilleur ennemi de Tony Stark ne serait-il pas Iron Man (et réciproquement) ? Bien évidemment la question a été déjà posée et largement développée, dans Iron Man 2 comme dans The Avengers. Rien de bien nouveau encore ici, si ce n’est que cette fois-ci, Tony n’est plus seul. Ou du moins, il comprend enfin qu’il n’est désormais plus seul…

Pepper l’aime et vit avec lui, elle lui fait aveuglement confiance et le comprend comme aucun(e) autre (hormis peut-être le docteur Bruce Banner, mais ça, c’est une autre histoire que je fantasme). Quand Pepper est en danger, il n’est plus du tout question de rigoler. Tony s’inquiète, s’émeut, se déchaine… ce qui donne lieu à quelques séquences plus sensibles et subtiles que d’autres, mais aussi quelques répliques bien senties et parfois des réactions étonnantes…

Happy a pris du grade, puisqu’il n’est plus son garde du corps (Iron Man n’a pas besoin de garde du corps) mais désormais son chef de la sécurité ; cependant, l’amitié et la complicité entre les 2 n’en demeurent pas moins tendres et fraternelles. Et puis ils sont fans de Downton Abbey. Et ça, c’est sacré.

War Machine, qui avait largement pointé le bout de son masque dans le 2, revient ici en Iron Patriot, customisé par U.S. Air Force aux couleurs subtiles du drapeau américain. Donnant lieu à un certain nombre de plaisanteries et d’un second degré « patriotique » plutôt bienvenu (déjà bien présent dans Captain America et The Avengers), on regrettera pourtant que le personnage du Colonel Rhodes (Don Cheadle) soit si peu approfondi, ne servant que de faire valoir moral au puéril et excentrique Tony Stark. C’est peut-être ici le point faible du film concernant la « consolidation » de l’entourage proche de Stark/Iron Man : en effet, le traitement Rhodey/War Machine/Iron Patriot est malheureusement assez expéditif et approximatif, frustrant donc.

Cette frustration nous la retrouvons aussi largement en la présence du second rôle féminin interprété par Rebacca Hall, Maya Hansen, qui aurait pu être absolument géniale, si son rôle n’avait pas été si bêtement illustratif. Une jolie fille sympa qui serait AUSSI un génie scientifique ? ça annonçait du très bon dès la 1ère séquence du film (un peu à l’image de l’excellente Scarlett Johansson/Natasha Romanoff dans Iron Man 2), mais sur la longueur, les scénaristes (et les monteurs ?) ont dû trouvé cela trop peu crédible aux yeux des spectateurs et l’ont progressivement rangée dans le placard à plantes vertes. Certainement le plus grand gâchis du film…

Heureusement, les personnages d’Aldrich Killian (Guy Pearce, plutôt bon, bien que trop formaté) et surtout celui du Mandarin (Ben Kingsley, comme vous ne l’avez certainement jamais vu) permettent la construction d’une intrigue plus efficace que celle d’Iron Man 2 et moins risible que celle de The Avengers. Entre expérimentation militaire, nanotechnologies, complot d’envergure (inter)national et terrorisme anarchique, l’intrigue fait surtout appel à Extremis, sorte de virus permettant de transformer des hommes et des femmes en super-mercenaires quasi invincibles et indestructibles (et très enragés). On est très loin du serum de Captain America… Et cette nouvelle forme d’ennemis, on s’en doute, ne peut que donner du fil à retordre à Tony, qui va à nouveau devoir faire preuve d’intelligence et de tactiques de combat et de défense plus ou moins improvisées, donnant souvent lieu à des scènes particulièrement surprenantes et spectaculaires. Et ça tombe plutôt bien, c’est aussi pour ça qu’on va voir un film comme Iron Man.

Iron(ic) Man :

Un des points forts du film est certainement le personnage de ce petit garçon, Harley, qui va aider Tony à un moment où Mark 42 et Jarvis décident inopinément de prendre un peu de repos dans un trou perdu des Etats-Unis, après une scène de destruction remarquablement bien foutue (et presque émouvante) que je vous laisserai découvrir par vous-même. Alors, là aussi, rien de bien exceptionnel dans l’écriture de ce duo Tony/Harley, mais on y retrouve une « Shane Black Touch » plutôt réjouissante. C’est surtout dans ce moment du film que le buddy movie se fait sentir, évitant que le film traine en longueur à ce moment de l’intrigue contre Extremis et le Mandarin. Le détournement que Shane Black fait de sa propre marque de fabrique devient ainsi tout aussi drôle que grinçante, avec quelques répliques savoureuses.

Et alors donc, la grande question : Shane -L’Arme Fatale 1 et 2, Le Dernier Samaritain, Last Action Hero, Kiss Kiss Bang Bang- Black, ça vaut vraiment quoi, ici ? Reconnaissons que tout ce qui fait le nouvel intérêt d’Iron Man 3 – le petit plus à la recette qui ne change pourtant pas – c’est bien l’arrivée de Shane Black aux commandes. Enfin, aux commandes… La franchise parait parfois comme une armure vide géante tirée par les grosses ficelles des studios.

Mais… Shane Black, grâce à qui Robert Downey Jr avait ressuscité dans le génial Kiss Kiss Bang Bang (2005), a réussi à placer quelques fils supplémentaires là où généralement on ne trouvait plus grand chose. Jon Favreau et Joss Whedon, malgré tous leur mérites (un travail d’écriture plutôt sympa au niveau des interactions entre les personnages pour The Avengers, notamment), avaient malheureusement bien trop disparus derrière de grosses blagues potaches (efficaces, certes) et des idées visuelles marquantes, mais rongées par un excès d’effets en tout genre qui perdait le spectateur et le sens même du film.

Alors, soyons (voyons) clair, ce n’est pas non plus la panacée avec Shane Black, mais il s’en tire plutôt honorablement, même dans les scènes d’action. Comme dans les autres films, le climax est toujours aussi spectaculaire et virevoltant, dans l’excès permanent, mais ici, nous restons face à un excès « sous contrôle ». En effet, contrairement à la fin d’Iron Man 2 et de The Avengers où l’on bascule très vite dans un excès grotesque involontaire, ici, la mise en scène et l’écriture des scènes d’action parviennent à rester dans une certaine maîtrise (toute relative) du spectaculaire. L’écriture et la mise en scène de Shane Black permet ainsi au spectateur de toujours se situer dans l’espace et le déroulement des actions plus qu’impressionnantes, sans jamais perdre (ou presque) le contrôle de ce qu’il est en train de regarder et comprendre de la situation. Vous en aurez plein les yeux (surtout avec la 3D relief, très efficace), mais sans être pour autant aveuglé par le feu d’artifice permanent. Et c’est suffisant rare pour que cela soit souligné.

A coeur ouvert :

La sortie d’un nouveau film de chez Marvel, c’est la promesse d’un bon divertissement grand public, cool et spectaculaire : c’est par excellence la sortie entre potes et la sortie familiale (enfants, parents, grands-parents,…). La sortie d’un nouvel Iron Man (inclus The Avengers), c’est aussi la promesse d’un show inégalable de Robert Downey Jr, décomplexé à souhait, réjouissant d’extravagance, d’impertinence et d’auto-dérision. Un acteur (et un personnage) qui se veut, bien évidemment, davantage charismatique que Thor, Captain America et autres Hulk. Iron man 3 se lance ainsi assez fièrement au sommet de l’ensemble des derniers Marvels, plaçant la barre haut, barre que certainement seul The Avengers 2 cherchera à atteindre.

Rien de nouveau cependant sous le soleil de la franchise : la recette est toujours la même (mais elle fonctionne, pourquoi la modifier ?), cependant ici, quelques surprises et coups de théâtre (des spoilers sur lesquels je n’insisterai pas, vous verrez bien par vous-mêmes) permettent d’ajouter une saveur nouvelle, saveur un peu piquante que certains adoreront, que d’autres oublieront très vite après l’avoir goûtée.

Malgré la participation appréciée de Shane Black, l’intrigue d’Iron Man 3 aurait pu être davantage consolidée, mais dans le genre, on a rarement vu mieux. Alors le temps de la projection, ne boudons surtout pas notre plaisir ! Et promis, Robert Downey Jr réussira toujours à vous tirer un paquet de sourires et même quelques éclats de rire sincères et spontanés 🙂

Caroline

Vidéo de la conférence de presse parisienne d’Iron Man 3

2ième jour de notre semaine Iron Man 3 avec la vidéo intégrale de la conférence de presse de Robert Downey Jr. et Gwyneth Paltrow, ainsi que la version audio pour écouter tranquilou au bureau avant la sortie du film demain et notre critique.

Photos de la conférence de presse française d’Iron Man 3

Mercredi sortira le 3ième opus de la saga Iron-Man qui lance officiellement la phase 2 de l’Univers cinématographique Marvel.

A cette occasion nous avons pu assister à l’avant-première privée du film au Grand Rex en présence de Robert Downey Jr. et Gwyneth Paltrow ainsi qu’à la conférence de presse.

A évenement exceptionnel, dispositif exceptionnel : nous allons donc faire une semaine Iron Man avec aujourd’hui les photos exclusives de la conférence de presse et l’avant-première du film, suivies de la vidéo intégrale demain et de la critique du film mercredi.

#DIRTYLAUNDRY

Avant la future claque TDKR, que l’on découvrira mercredi, on a décidé de s’échauffer un peu après plus d’un mois de vacances.

Depuis plusieurs mois, Caro et moi, nous nous intéressons aux productions du fandom (fanfiction, fanfilm, fanzine, etc.) particulièrement autour de Sherlock ou Twilight.

Ce qui suit vient tout juste de sortir, inspirer du Marvelverse, avec un joli casting. Il s’agit d’un court-métrage de 10 minutes, intitulé #DIRTYLAUNDRY et diffusé à l’occasion du Comic Con de San Diego.
On ne vous en dit pas plus, à part que c’est un poil violent et donc vivement déconseillé aux enfants.

« I wanted to make a fan film for a character I’ve always loved and believed in – a love letter to Frank Castle & his fans. It was an incredible experience with everyone on the project throwing in their time just for the fun of it. It’s been a blast to be a part of from start to finish — we hope the friends of Frank enjoy watching it as much as we did making it. »

Thomas Jane

Critique du film Avengers de Joss Whedon

Synopsis : Lorsque Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., l’organisation qui préserve la paix au plan mondial, cherche à former une équipe de choc pour empêcher la destruction du monde, Iron Man, Hulk, Thor, Captain America, Hawkeye et Black Widow répondent présents. Les Avengers ont beau constituer la plus fantastique des équipes, il leur reste encore à apprendre à travailler ensemble, et non les uns contre les autres, d’autant que le redoutable Loki a réussi à accéder au Cube Cosmique et à son pouvoir illimité…

Après 4 ans de mise en place et 5 films, Marvel sort enfin ce qui s’apparente à son plus gros projet jamais fait, The Avengers le film. Et pour cela ils ont confié les rênes à Joss Whedon. Et si il y a bien quelqu’un qui peut faire cohabiter autant de super-héros dans un film sans que celui ci se casse la gueule, c’est bien lui.

S’il y a bien une chose dont on pouvait avoir peur c’était de savoir comment allait être géré tous ces égos à l’écran, on connaît par exemple le coté très narcissique et grande gueule de Tony Stark (Robert Downey Jr) a.k.a Iron Man, qui aurait pu tout à fait éclipser tous les autres à l’écran. Mais ce ne fut, heureusement, pas le cas grâce à l’énorme travail d’écriture de ce cher Joss Whedon. En effet, le créateur de Buffy contre les Vampires (et Angel, et Firefly, et Dollhouse, que de grandes séries), très grand scénariste (il n’y a aucun débat là dessus, je pense), a su parfaitement faire exister chacun des super-héros Marvel, leur donnant notamment 1 ou 2 plans/scènes d’iconisations chacun. Il en est de même pour les personnages qu’on connaît un peu moins, Hawkeye (Jeremy Renner), Black Widow (Scarlett Johansson) ou encore Maria Hill (Cobie Smulders), qui ont au moins une scène les mettant en valeur, notamment un plan sur Hawkeye absolument sublime. On connaît le sens du dialogue de Whedon et là il imprègne totalement le film de sa patte, punchlines, références geeks, doubles sens, tout y passe. Sur ce point il n’y avait aucun doute à avoir, quand on voit son travail sur la série Buffy on se dit que ce monsieur sait écrire ses histoires et leur donner toutes leurs grandeurs. Durant 2h20 on sent qu’il maîtrise ses personnages, il les connaît et il arrive à leur donner plus de consistance que dans chacun de leur film. Il n’hésite pas un instant à faire passer ses figures héroïques par des moments de doutes les rendant presque humains, ou disons, moins surhumains.

Si l’univers cinématographique que Marvel a mis en place depuis l’Incroyable Hulk commençait légèrement à piquer du nez avec, malgré la réussite de Captain America (joué par Chris Evans), un très décevant Iron Man 2 et un anecdotique Thor (la moitié du film était un assez gros raté), The Avengers lui redonne toute sa grandeur. On ne s’ennuie même pas devant sa longue exposition avant un dernier act totalement jouissif, sur le fond et sur la forme (notamment un immense plan séquence suivant chacun héros au combat, sublime). Parlons en de la forme, s’il y a un point sur lequel on pouvait douter c’est la façon dont Whedon allait diriger sa caméra et pourtant le réalisateur s’en sort plutôt bien, s’il n’y a rien de transcendant il se permet quelques fulgurances et des moneyshots à tomber par terre. Si ILM s’occupe de la plupart des plans à effets spéciaux c’est bien sous les directives de Whedon.

On retrouve un casting composé d’acteurs qui auront fait, plus ou moins, la part belle aux films précédents des studios Marvel, avec cependant une modification. Bruce Banner/Hulk est cette fois ci joué par Mark Ruffalo, éclipsant sans moindre mesure Edward Norton et Eric Bana tant il s’approprie le personnage dès la première seconde du film. Et après avoir vu The Avengers on espère tous un troisième volet d’Hulk avec Mark Ruffalo. On retiendra aussi le reste du casting interprétant leurs personnages avec une grande justesse, grâce, encore une fois, à Whedon qui dirige d’une main de maître ses acteurs.

On assiste là à un film généreux, jouissif, enthousiasment, maîtrisé. Joss Whedon a réussi le pari de faire de ce The Avengers un très grand blockbuster là où les sceptiques pensaient que le film allait se casser la gueule. Les fans de comics et autres symboles de la pop-culture seront aux anges tant les références geeks fusent à toute allure. Le film mets une gentille claque à ces blockbusters se prennant un peu trop au sérieux et n’assumant qu’à moitié leur coté fun. Car il s’agit bien de ça, un film totalement fun, s’approchant par moment des meilleurs gags de Tex Avery. Un petit point noir est à relever, le grand méchant du film, Loki (demi frère du dieu Thor), est en retrait et ne semble pas être une grande menace, traité de façon pas vraiment sérieuse, s’il reste dans le ton du film il est simplement dommage que ses actes ne suivent pas son discours. Malgré ce petit accrochage le bolide Avengers nous ferait presque monter au ciel et nous faisant retrouver nos yeux d’enfant découvrant un fascinant cadeau de Noël sous le sapin. Merci Joss Whedon.

Romain

PS : Nos amis de CinéComics organisent un concours de ouf avec à la clef l’Arc reactor de Stark, le bouclier de Cap et le Mjolnir !

Blogs Cinéma : le Best Of de la semaine S05E10

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Cette semaine, la part belle est faîte aux sagas : Harry Potter, Hunger Games, Marvel, le tout saupoudré de Box Office US :

Cinefeed : [box-office US] démarrage du 09/03 : Le Lorax toujours en tête
Cineblogywood : Les Coulisses de Harry Potter – le sphotos de l’attraction
Filmosphere : Hunger Games, le film pas si phénoménal
Rencontre: Questions à Ryan Meinerding, artiste chez Marvel Studios
Filmgeek : Critique du film Hunger Games

[Analyse] Licences Américaines Billionnaires.

Salut,

Ca faisait un bail.


Le cinéma, c’est de l’art et du business. Enfin dans l’autre sens. Ou pas.

Pour comprendre le succès d’un film, notamment aux USA, on pense à comparer son budget et ses recettes. Quand on n’est pas dans le biz, c’est difficile d’apprécier ce succès quand on ne connaît pas la somme mise en jeu dans le marketing.
C’est encore plus difficile quand certains comparent un film sortant en 2012 et un film sorti 15 ans avant. Pour vraiment comprendre une carrière de film sur le territoire US, il faut prendre en compte l’inflation. In fine, on se retrouve donc à comparer les choses vraiment comparable, à l’instar des sommes du nombre d’entrées sur le territoire français.

Dans cette « analyse », j’aimerais remettre en perspective les séries ou licences qui ont dépassé le billion (ou milliard) de dollars en recettes cumulées sur le territoire américain. Cela permet de comprendre parfois pourquoi les producteurs s’attachent ou s’acharnent à faire (re-)vivre certaines licences malgré des chiffres à priori décevants pour les derniers opus.

Les chiffres qui suivent sont issus de boxofficemojo (dont la mise à jour est un bonheur pour tout fan de dollars), en regardant les recettes cumulées, le nombre de films de la franchise (sans y ajouter les ressorties).
Ces chiffres sont virtuels, ils reflètent le nombre de places vendues pour chaque film, multiplié par le prix d’une place en 2011. Les sommes engrangées ne sont donc pas réelles mais le ratio budget/recettes est sans doute pertinent. Les plus curieux iront voir sur le site pré-cité; il comporte moultes comparaisons et autres informations budgétaires.
Si l’ensemble paraît évident, il y a tout de même quelques surprises, en tout cas je l’espère.

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Critique de Captain America de Joe Johnston

 

En terme de Super Héros l’année 2011 a été bien remplie. Après Thor, X-Men ou encore Green Lantern c’est au tour de Captain America de voir son film sortir au cinéma.

Captain America: First Avenger nous plonge dans les premières années de l’univers Marvel. Steve Rogers, frêle et timide, se porte volontaire pour participer à un programme expérimental qui va le transformer en un Super Soldat connu sous le nom de Captain America. Allié à Bucky Barnes et Peggy Carter, il sera confronté à la diabolique organisation HYDRA dirigée par le redoutable Red Skull.

Leader des Avengers (réalisé par Joss Whedon et qui sortira pendant l’été 2012) Captain America est le dernier à apparaitre au cinéma après Iron Man 1 et 2, Hulk ou encore Thor cette année et honnêtement on pouvait craindre le pire. D’une part parce que les précédents films Marvel s’avèrent seulement moyens biens et on avait peur que le Cap’ suive cette route. Et d’autre part parce que le bonhomme s’appelle tout de même Captain America, plus symbolique il n’y a pas et la peur d’un trop fort patriotisme se faisait ressentir. Pourtant il n’y a rien de tout ça puisque Captain America est la meilleure adaptation de Marvel à ce jour.

L’une des raisons de cette réussite c’est que le film ne se contente pas d’introduire son personnage, Steve Rogers, en seulement quelques minutes. La psychologie et le caractère de ce dernier sont vraiment travaillés pour bien faire comprendre ses motivations. On comprend que malgré son statut de gringalet, sa motivation, son courage et sa détermination vont s’avérer payant puisqu’il va intégrer l’armée et devenir un Super Soldat.

L’autre raison est l’époque dans laquelle se déroule le long métrage. Si les autres films estampillés Marvel se situaient dans notre époque celui ci se situe dans le passé. Puisqu’il faut creuser les origines du héros autant le faire bien et à fond. C’est pourquoi nous ne sommes pas en 2011 mais en 1941 en pleine seconde guerre mondiale. Et comme je le disais plus haut, le film ne son contente pas d’une petite introduction du personnage à cette époque, non. Le film se déroule intégralement dans les années 40 (On notera tout de même que les 2 premières minutes du film et les 5 dernières se passent à notre époque).

Ici il n’est pourtant pas question d’affronter les Nazis mais plutôt une sorte de succursale du régime nazi, l’HYDRA, dirigée par Red Skull (Hugo Weaving). Ce dernier est à la recherche du cube cosmique, que l’on retrouve à la toute fin de Thor (les liens continuent de se tisser). Si Captain America n’est pas d’une originalité folle – son histoire étant basiquement la même que tout film de super héros, où ce dernier doit détruire son ennemi qui est prêt à tout pour prendre le pouvoir – l’histoire nous offre tout de même de bons moments et ce coté aventure qu’on ne trouvait pas dans les précédents films Marvel.

Il faut dire qu’à la direction ce n’est pas n’importe qui puisque Joe Johnston a travaillé en tant que directeur artistique sur la trilogie Star Wars et sur Les Aventuriers de l’Arche Perdue. Il a également réalisé Jumanji et Rocketeer, film de super héros dans les années 90. Johnston sait donc ce qu’il nous amène sur le tapis.

Le fait de placer l’intrigue dans le passé aurait pu s’avérer difficile mais l’atmosphère est parfaitement retranscrite, que ce soit dans les décors extérieure, les habitudes des personnages, les costumes, etc…

Le casting y est également pour beaucoup. Chris Evans nous fait très vite oublié son dernier passage chez les super héros des 4 Fantastiques tant il sublime le personnage du Captain. Entre bonhomme chétif et leader incontesté, il est crédible dans tout ce qu’il entreprend dans le film. Hayley Atwell joue le rôle de Peggy Carter, officier dans l’armée aidant au recrutement de Steve Rogers. L’actrice se trouve être parfaite pour le rôle. Le fait qu’elle ne soit pas vraiment connue est un vrai plus qui donne une grosse crédibilité au personnage. Personnage féminin qui n’est pas ici la potiche de service mais une femme de caractère qui ne se laisse pas faire et qui sait ce qu’elle veut. D’autant plus qu’il y a une forte alchimie entre ces deux acteurs et personnages. Hugo Weaving qui retrouve Joe Johnston après Wolfman joue donc Red Skull (ou Crâne Rouge en français) et qui se trouve être assez convaincant en grand méchant du film. On retrouve également Tommy Lee Jones en colonel Chester Philips qui va tout d’abord en faire baver à Steve Rogers pour finalement montrer son grand coeur et rallier sa cause. La présence du personnage d’Howard Stark est une surprise pour moi, ne sachant pas du tout qu’il allait apparaître dans le film. Cette surprise s’est vite transformé en satisfaction en voyant que Papa Stark (interpreté par un Dominic Cooper ressemblant fortement à notre Tony Stark) n’était pas seulement là pour faire de la figuration mais a un véritable rôle à jouer.

Malgré quelques effets spéciaux ratés, notamment les explosions, Captain America par son audace et son casting parfait se retrouve dans le haut du panier des adaptations de tous super héros confondus. Entre clins d’oeil et hommages le film apporte un charme inédit dans ce genre d’adaptation. On se ravira du fait que le patriotisme n’est en aucun cas exacerber malgré toute la symbolique du personnage. L’action y est bien présente et peut se croire devant un film de guerre plus qu’une film de super héros, donnant encore plus de consistance aux personnages. En attendant les Avengers l’année prochaine on peut se réjouir d’une telle réussite.

Romain

Critique du film X-Men : Le Commencement de Matthew Vaughn

Après un X-Men 3 et un X-Men Origins : Wolverine, on peut le dire, désastreux, un nouveau projet estampillé X-Men avait de quoi faire peur. Alors que Bryan Singer avait quitté la saga après l’excellent X-Men 2 il revient en tant que producteur sur ce dernier opus et ça se ressent puisque avec Matthew Vaughn (Stardust, Kick Ass) en plus à la réalisation le film est une véritable réussite.

L’histoire se place tout d’abord en 1944 en pleine 2nd Guerre Mondiale avec le petit Erik Lehnsherr qui se voit séparé de ses deux parents emmenés par l’armée nazi.

Après cette introduction maîtrisée où les premiers enjeux du film sont mis en place, on fait un bond dans le temps pour se retrouver en pleine Guerre Froide où nous n’allons pas tarder à découvrir le dessein d’un certain Sebastian Shaw interprété avec plein de classe par un Kevin Bacon épatant.

Car si l’histoire a pour objectif de définir la première rencontre et la relation entre les jeunes Charles Xavier et Erik Lehnsherr, il ne faut pas oublier Sebastian Shaw qui – en plus de vouloir créer une 3ème Guerre Mondiale et asseoir son pouvoir sur le monde – est le déclencheur de ce qui amènera plus tard le duel fratricide entre Professeur X et Magneto.

Le film produit par la 20 Century Fox se veut moins bavard que les productions Marvel (Thor ou Iron Man), je dirais même mieux maîtrisé. D’une part au vu d’un casting bien choisi avec mention très bien pour James McAvoy et Michael Fassbender. Ce dernier pourrait même truster la place de star du métrage tant le film s’intéresse particulièrement à son évolution et comment Magneto va apparaitre. Mais le film réussit tout aussi bien les multiples intrigues de ce prequel et n’oublie pas de faire la part belle aux seconds rôles en nous invitant à la découverte de leurs pouvoirs et nous entraîne dans une séquence d’entraînement fort joliment montée et rythmée.

X-Men : Le Commencement se place alors dans le haut du panier des films de Super-Héros grâce à un casting impeccable, une mise en scène et un scénario maîtrisés ne nous perdant jamais, même si quelques puristes râleront des anachronismes liées à certains mutants. Le film redore le blason de la sage et on espère que ça ne s’arrêtera pas là.

PS : Il n y a aucune scène post-générique.

Romain

 

Critique du film Thor de Kenneth Branagh

Synopsis : Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires déclenchent une guerre ancestrale. Banni et envoyé sur Terre, par son père Odin, il est condamné à vivre parmi les humains. Mais lorsque les forces du mal de son royaume s’apprêtent à se déchaîner sur la Terre, Thor va apprendre à se comporter en véritable héros…

 

Alors que les différents trailers, teaser et photos sortis laissaient entrevoir le pire pour le film, il s’avère que Thor est une bonne surprise.

Il faut savoir que Thor fait partie des Avengers dont les studios Marvel mettent en place, depuis le premier Iron Man, la rencontre de tous les super-héros dans The Avengers en 2012. La tache était donc ardue pour Kenneth Branagh qui réalise là son premier blockbuster. Mais on comprend pourquoi il a été choisi, du fait de ses liens étroits avec l’univers Shakespearien, dont regorge Thor.

Pourtant il réussit plutôt bien son exercice et fait découvrir au monde un personnage peu connu, tout du moins bien moins connu que les Iron Man, Spiderman and co. Il fallait donc en plus de revenir aux origines de ce personnage, sensiblement différent des super-héros classiques, les rendre accessible à tous. Parce que le film c’est ça, les origines de la mythologie de Thor, son bannissement sur Terre par son père.

Kenneth Branagh et les scénaristes ne se sont pas vraiment embêtés avec l’introduction des Avengers, c’est simple mis à part un caméo de Hawkeye le film n’évoque jamais cette alliance de super-héros (même si la présence de l’agent Coulson est assez notable). Comme l’a dit le réalisateur lors de la conférence de presse, il a été embauché pour sa vision de Thor et seulement ça. Evidemment l’aspect Avengers n’est pas totalement oublié donc restez bien jusqu’à la fin pour la petite scène, maintenant habituelle, post-générique.

 

Concernant l’histoire elle peut être séparée en deux segments : la Terre et le Royaume d’Asgard. Deux segments traités de façons différentes, si Asgard est abordé sous un angle plus dramatique, les scènes sur Terre, elles, sont plutôt légères la plupart du temps avec la découverte de ce tout nouveau monde par Thor. Ce mélange drame – comédie est je trouve vraiment réussi et bien géré.

Un bémol tout de même, les combats se déroulant sur Asgard et la planète des géants de glace sont une vraie réussite, celui sur Terre est un peu décevant l’ambiance changeant radicalement de ton un peu abruptement. De ce fait le combat semble un peu bâclé.

Une autre réussite du film sont les acteurs, si des doutes pouvaient exister quant à l’interprétation de Chris Hemsworth du dieu Thor ceux ci s’envolent complètement après quelques minutes du film. L’acteur remplit très bien son rôle du dieu arrogant et plein de muscles. Natalie Portman joue une Jane Foster convaincante même si l’actrice semble en deçà de ses réelles capacités. Une des grandes forces du film c’est l’alchimie entre ces deux acteurs, on voit qu’ils ont pris beaucoup de plaisir à jouer ensemble. Mais je donnerai une mention spéciale à Tom Hiddleston jouant Loki le frère de Thor, habitué aux séries télé cet acteur sublime son personnage.

Si l’aspect esthétique était décrié au vu des premières images et notamment l’utilisation de la 3D celle ci trouve toute son importance dans les scènes se déroulant à Asgard. Alors que je ne suis pas adepte de la 3D, cette dernière est réussie et nous plonge dans le monde de Thor par des plans beaux et vertigineux.

Malgré un rythme pas toujours soutenu c’est un film donc plutôt bien réussi qui permet de découvrir ce personnage qu’est Thor et de s’inscrire dans l’univers que Marvel met en place.

 

Romain