Premier Teaser Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec

Affiche Les aventures extraordinaires d'Adele Blanc-Sec

On vous en paraît il y a plusieurs mois et voici enfin le premier teaser des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec réalisé par Luc Besson avec Louise Bourgoin, Mathieu Amalric, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche et Frédérique Bel.
J’espère que cette adaptation de Tardi signera le vrai retour de Besson parmi les réalisateurs qui comptent en France (et je ne parlent pas de billets là).

En tout cas le casting est déjà excellent et pour le contenu, voici le pitch :

Dans les années 20, Adèle blanc-Sec, jeune romancière parisienne, est poursuivie par des vampires, des loup-garous, des savants mégalomanes, la bêtise des flics et l’amour de ses nombreux soupirants…

Sortie du film le 14 Avril 2010

Cette petite bande-annonce des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec me donne l’eau à a bouche et j’ai hâte de découvrir de nouvelles images du film 🙂

Critique du film Les Derniers Jours du Monde

les derniers jours du monde
La fin du monde est proche, guerres, virus, menaces nucléaires, pollution rythment les derniers jours des humains, qui essayent tant bien que mal de profiter de leurs derniers instants sur Terre. C’est le cas de Robinson, qui a l’inverse de tous, part à la recherche de la femme de sa vie, Lae(ticia), disparue quelques mois auparavant. C’est avec elle –et seulement elle- qu’il veut mourir. Entre présent et souvenirs, les derniers jours de Robinson ne sont qu’une ode à l’amour, au plaisir, aux rencontres et aux retrouvailles « de tous poils ».

L’idée générale :

Le titre est très évocateur, n’ayez aucun espoir, clairement, nous ne sommes pas dans un film américain, ou de Luc Besson (à l’antithèse du 5ème Elément donc). Pour créer le suspense, le film s’articule sur un montage alterné de flashbacks et de faits présents, soit un an environ avant la fin du monde, et les derniers jours avant celui-ci. Le basculement socio-écolo-médico-politico-économique qui entraine vers cette fin du monde reste très silencieuse. Ce qui est représenté à l’écran, c’est le basculement amoureux que connaît Robinson, en rencontrant cette femme énigmatique qu’est Laeticia et quittant femme et enfant pour elle. Entre les souvenirs et le présent, deux détails d’importance s’imposent dès les premières minutes et permettent de fluidifier la compréhension de la temporalité du récit: Laeticia n’est plus là et Robinson a perdu un bras. L’un et l’autre étant lié, le suspense du film se base en grande partie sur les réponses qui y seront apportées par la suite.

La fin du monde, quant à elle, est inévitable. Les humains, fatalistes, l’acceptent et tentent de jouir, dans tous les sens du terme, de leurs derniers instants de vie. Le spectateur se fait vite à l’idée aussi. Car aucune solution n’est apportée ici, qu’elle soit politique ou surnaturelle. Ce qui compte, c’est l’histoire de Robinson et son amour pour Lae. On est donc dans la science-fiction pure et dure, mais très loin du regard américain. Car Les derniers jours du Monde est avant tout un film d’auteurs, intimiste, caractéristique d’un cinéma à la française, mais où le genre fantastique apporte de nouvelles facettes de réflexion et surtout de mise en scène, sublimant d’une certaine façon un récit et des acteurs à leur juste niveau. Nous ne sommes pas loin Des Fils de l’Homme (Alfonso Cuarón) et de Blindness (Fernando Meirelles), le budget en moins.

les derniers jours du monde 3

Le bon :

Les acteurs justement. Un casting osé que les réalisateurs ont réussi à sortir des sentiers battus, notamment concernant Catherine Frot (superbes scènes de Pamplelune et du théâtre de Toulouse) et Karin Viard (où comment évoquer le pire pendant une scène d’amour rarement vue au cinéma). Mathieu Amalric, omniprésent à l’écran, est dans son élément. Son personnage semble être en continuité avec celui qu’il interprétait dans De la guerre. Sans parler de Sergi Lopez, dont chaque apparition coupe le souffle. On regrettera d’ailleurs que son rôle ne soit pas plus détaillé, car le duo avec Amalric tombe sous le sens : pourquoi n’ont-ils pas joués ensemble plus tôt ? Certaines séquences sont impressionnantes de virtuosité dans la mise en scène : la fête de Pamplelune, avec les plans de foule semblant « avaler » Catherine Frot et Mathieu Amalric, la ville de Toulouse assiégée, l’hôtel et la très belle séquence dédiée au personnage de Clotilde Hesme. La nudité et l’intimité des couples, ne sont jamais dérangeantes. Les frères Larrieu savent filmer pudiquement l’impudeur et ne s’en privent pas.

les derniers jours du monde 2

Le moins bon :

Il faut s’accrocher le long de la première demi-heure car l’intrigue tarde à démarrer et l’on ressent une sorte de contre rythme entre les acteurs et l’action du film. Les effets spéciaux mal gérés au début (Biarritz et les « cendres ») renforcent cette impression de voir un film inabouti et mal monté, pour heureusement trouver un rythme et permettre au spectateur de s’imprégner de l’inquiétante atmosphère de ces derniers jours du monde. Certains souvenirs de Robinson sont un peu long, voire inutile et freine avec un léger agacement le « bon » déroulement des derniers jours avant la Fin. Car les souvenirs de Robinson sont tous liés à Laeticia, incarnée à l’écran par l’actrice novice Omahyra Mota. Le décalage de son jeu avec ceux des acteurs confirmés est lui aussi un brin énervant, mais permet de représenter l’originalité du personnage et la motivation de Robinson de la retrouver avant de mourir. La séquence du Château, tellement clichée, est aussi un peu décevante, avec une apparition de Sabine Azema dispensable.

les derniers jours du monde 1

Le bilan :

Un film français audacieux dans la forme et dans le fond, servi par un très beau casting et des beaux décors du sud de la France et de l’Espagne. Un sujet difficile dont se sortent particulièrement bien les réalisateurs. Un film qui devrait inspirer le cinéma hollywoodien en arrivant à mêler de front des genres bien différents, comme l’avaient fait avant les frères Larrieu des cinéastes comme Godard (Alphaville), Truffaut (Fahrenheit 451) ou plus récemment Robin Campillo (avec l’excellent Les Revenants).

Caro

La Sélec du mercredi – Semaine 40

la selec du mercredi

En ce mercredi 1er octobre 2008, sortent 13 films, soit beaucoup trop et voici donc La de Filmgeek selon les règles afin de vous aider à faire votre choix.

Cette semaine nous avons une tripotée de jolis noms en tête d’affiche mais je pense que je retiendrai surtout

  • Appaloosa
    De et avec Ed Harris, Viggo Mortensen

Parce que les westerns sont trop rares et que celui-là à l’air plutôt bon.

Sinon, vous avez aussi les films suivants, mais rien ne me tente, ça doit être la saison 😉 (quoique, je suis curieux de voir Roschdy Zem et Olivier Gourmet dans un film Europa Corp. mais c’est peut-être mon côté maso qui parle).

  • Go Fast
    De Olivier Van Hoofstadt et avec Roschdy Zem, Olivier Gourme
    t
  • Cliente
    De Josiane Balasko et avec Nathalie Baye, Eric Caravaca
  • Harcelés
    De Neil LaBute et avec Samuel L. Jackson, Kerry Washington
  • Séraphine
    De Martin Provost et avec Yolande Moreau, Ulrich Tukur
  • Vinyan
    De Fabrice Du Welz et avec Emmanuelle – je pose nue dans Elle tous les 2 mois – Béart, Rufus Sewell
  • De la guerre
    De Bertrand Bonello et avec Mathieu Amalric, Asia Argento
  • Afterschool
    De Antonio Campos et avec Ezra Miller, Jeremy White
  • Une histoire de famille
    De et avec Helen Hunt, Colin Firth
  • Les Enchaînés
    De Alfred Hitchcock et avec Cary Grant, Ingrid Bergman
  • Une histoire du tango
    De Caroline Neal et avec Emilio Balcarce, Leopoldo Federico
  • Killer of Sheep
    De Charles Burnett et avec Henry G. Sanders, Kaycee Moore
  • Trois faces
    De Erik Bullot

La sélec du mercredi #19

La 19ième sélec du mercredi 21 mai 2008 est un peu particulière, la faute à Cannes et à son festival qui perturbe les sorties ciné, puisque cette semaine nous n’avons que quatre nouveaux films à l’affiche.

Vous l’aurez deviné, l’événement de la semaine est bien-sûr la sortie d’Indy 4, suivi du dernier film de Desplechin qui a reçu un bon accueil cannois :

  • Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal
    De Steven Spielberg et avec Harrison Ford, Cate Blanchett
  • Nés en 68
    De Olivier Ducastel, Jacques Martineau et avec Laetitia Casta, Yannick Renier
  • Un conte de Noël
    De Arnaud Desplechin et avec Catherine Deneuve, Jean-Paul Roussillon
  • L’Or du Hollandais
    De Delmer Daves et avec Alan Ladd, Ernest Borgnine

J’en profite pour vous signaler la sortie du second numéro des Inrocks consacré au Festival de Cannes, le premier était assez complet et tentait même de rentrer dans la tête du président Sean Penn ! Cette fois la couv’ est sur l’excellent Mathieu Amalric, héros du Desplechin et surtout méchant du prochain James Bond : Quantum Of Solace.

lesinrocks

L’intégralité du discours de Mathieu Amalric aux César 2008

César 2008

Récompensé lors de la 33ième Cérémonie des César, Mathieu Amalric n’a pas pu venir chercher sa compression du meilleur acteur 2008 pour cause de tournage de James Bond.

Il a donc confié à Antoine de Caunes la lourde tache de lire son discours de remerciement.

Ce que l’animateur de la soirée a fait avec talent, mais aussi avec censure a priori puisque d’après un mail de Mathieu Amalric envoyé aux Cahiers du Cinéma, la dernière partie de sa lettre a été oubliée.

Voici donc le discours dans son intégralité :

Message électronique de Mathieu Amalric :

De Panama je t’envoie le texte que j’avais envoyé au dernier moment aux Césars au cas où. Et comme le cas où est arrivé, il a été lu, paraît-il très bien, par De Caunes mais…. pas jusqu’au bout.

Je n’en reviens pas. Je ne savais pas que c’était si simple que ça, la censure.

Antoine, tu le lis avec hésitation et bafouillements

Oui bon ben… euh… alors là on frôle le n’importe quoi :

Lindon ; trois fois nommé, zéro compression
Darroussin ; deux fois… nada
Michel ; quatre fois comme acteur… résultat blanc

Et le pompon, Jean Pierre Marielle. Sept fois nommé !!! Et jamais la fève, même pas pour les Galettes.

Chapeau ! … De Panama, d’où je vous fait un vrai faux-Bon…D.

L’autre vilain de Lonsdale aussi il paraît.

Enfin, mouais, mais… non ce qui fait plaisir, c’est que le Scaphandre, c’est bien la preuve qu’un acteur n’existe qu’à travers, qu’en regard de ses partenaires. Parce que qui voit-on à l’image, qui fait prendre vie au Jean-Do de fiction ?

C’est Chesnais, c’est Ecoffey, Arestrup, Watkins. Ce sont Marie-José, Olatz, Consigny penchées vers lui, vers moi, vers vous, tendres, drôles et attentives. C’est Marina en Vierge Marie, c’est Emmanuelle Seigner qui joue pas la Sainte et qui du coup donne corps, chair et souffrance à Bauby. Ta fille aussi, Emma qui carrément provoque le miracle. Et c’était Jean-Pierre Cassel, doublement.

Le Papillon c’est la preuve que, quand il y a un réalisateur, les techniciens sont des roseaux pensants. Que tout se mélange, que sur un plateau tout est dans tout, qu’on peut être, (ce joli mot), une équipe PAS technique… parce que franchement qui c’est l’Acteur quand c’est Berto, le caméraman qui fait, qui EST le regard. C’est LUI qui, par les mouvements de sa caméra crée les mouvements de la pensée de Jean-Do.

Oui, quand il y a un réalisateur… Julian.

Je pense fort à une autre équipe. Celle, médicale, de l’Hôpital Maritime de Berck-sur-Mer où on a tourné et où Bauby a passé un an et demi. Le vrai et le faux, la réalité et la fiction… on ne savait plus. D’ailleurs c’est drôle, je me souviens. Le décor de la chambre, pour avoir plus d’espace, était reconstituée dans une grande salle au rez de chaussée de l’Hôpital, la salle des fêtes. Avec au dessus de la porte, une enseigne en grosses lettres rouges : CINEMA.

Ça ne s’invente pas.

ET LÀ DE CAUNES S’ARRÊTE

Mais la salle de cinéma. Oui, la SALLE de cinéma, elle, doit pouvoir continuer à s’inventer.

« A lire à la lumière. Et à diriger sur notre nuit » Notre musique.

Insupportable « trompe l’œil » des multiplexes. Les chiffres comme seule ligne d’horizon. Aveuglement, brouillage, gavage, lavage. Et quelle solitude. Vous avez déjà parlé à quelqu’un dans un multiplexe ? Pas moi. D’ailleurs c’est impossible, ce qui compte c’est le flux. « Circulez s’il vous plaît, y’a rien à voir » . Au suivant ! bande de Brel.

Alors que le travail souterrain, patient, divers, dédié au public, aux écoles, aux rencontres que font et on envie de faire tellement d’exploitants de salle se voit de plus en plus nié aujourd’hui.

La Question humaine n’aurait par exemple jamais fait autant d’entrées sans le travail de curiosité des exploitants de province et de l’ACRIF.

Ce tissu de salles, que le monde entier nous envie, est notre cœur, nos poumons.

Sinon…

Sinon on va tous finir devant nos « home cinéma » à se tripoter la nouille…

Bons baisers de Panama…

Mathieu

Palmarès et résultats (convenus) des Césars 2008

César 2008

Cette année a donc été sans aucune surprise avec une cérémonie tantôt lourde, tantôt morbide (heureusement qu’il y avait le poney) mais toujours convenable et convenue à l’image de son palmarès où les habitués ont été récompensés à juste titre :

  • Meilleur film : La graine et le mulet réalisé par Abdellatif Kechiche
  • Meilleure actrice : Marion Cotillard dans La Môme
  • Meilleur acteur : Mathieu Amalric dans Le Scaphandre et le Papillon
  • Meilleur réalisateur : Abdellatif Kechiche pour La graine et le mulet
  • Meilleur scénario original : Abdellatif Kechiche pour La graine et le mulet
  • Meilleur film documentaire : L’avocat de la terreur réalisé par Barbet Schroeder
  • Meilleure actrice dans un second rôle : Julie Depardieu dans Un secret
  • Meilleur acteur dans un second rôle : Sami Bouajila dans Les témoins
  • Meilleur espoir féminin : Hafsia Herzi dans La graine et le mulet
  • Meilleur espoir masculin : Laurent Stocker dans Ensemble, c’est tout
  • Meilleure adaptation : Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud pour Persepolis
  • Meilleur film étranger : La Vie des Autres réalisé par Florian Henckel von Donnersmarck
  • Meilleur montage : Le scaphandre et le papillon
  • Meilleure photo : La Môme
  • Meilleurs décors : La Môme
  • Meilleur son : La Môme
  • Meilleurs costumes : La Môme
  • Meilleure musique : Alex Beaupain pour Les chansons d’amour
  • Meilleur premier film : Persepolis réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud
  • Meilleur court-métrage : Le Mozart des pickpockets réalisé par Philippe Pollet-Villard
  • Césars d’honneur à Jeanne Moreau et Roberto Benigni

Même si les performances (Marion et Mathieu) ont été à l’honneur cette année, les César ne cèdent pas encore totalement à l’Oscarisation de leur palmarès en gardant une place de choix à La Graine et le Mulet et c’est tant mieux !