Critique du film Le Hobbit, Un Voyage Inattendu, de Peter Jackson

Synopsis :

Quelques heures avant la fête d’anniversaire célébrant ses 111 ans, Bilbon Sacquet commence à écrire pour son neveu Frodon une histoire qu’il ne lui a encore jamais racontée, une histoire qui s’est déroulée 60 ans auparavant, celle qui signa son amitié avec Gandalf le Gris. Au cours de cette aventure, Bilbon aura traversé une partie de la Terre du Milieu accompagné par 13 nains d’Erebor – dont le légendaire guerrier Thorin Ecu-de-Chêne – pour qu’il les aide à récupérer leur trésor détenu par le redoutable dragon Smaug. Il aura aussi affronté des trolls, des gobelins, des orques, des araignées géantes, des sorciers… et, surtout, il aura été marqué par la rencontre de l’étrange Gollum, dont il vola le précieux anneau qui changera par la suite le cours de sa vie, mais aussi le cours de toute l’histoire de la Terre du Milieu…


Il était une fois…

Il était une fois… des studios et un cinéaste qui ne voulaient plus quitter le monde merveilleux de la Terre du Milieu et qui espéraient qu’il en soit de même pour les spectateurs et les fans.

Il était une fois un écrivain anglais qui avait développé une mythologie féérique si riche, à la fois si simple et si complexe, qu’il était dans la logique même que des producteurs et un cinéaste y consacrent le temps, l’argent et l’énergie pour tenter de l’exploiter, de le restituer, de l’approfondir à sa juste mesure.

Il était une fois l’histoire d’un hobbit doux et curieux, partagé entre deux histoires familiales, entre deux philosophies de vie : celle des Sacquet et celle des Touques. L’une était amatrice d’herbe à pipe et de bons repas, l’autre était plutôt du genre à trancher de la tête de gobelin pour l’envoyer dans un terrier au loin (et à inventer le jeu du golf, par la même occasion).

Il était une fois un comédien, Martin Freeman, au jeu si subtil et candide qu’il donnait irrésistiblement envie de voir et d’aimer tous les rôles qu’il incarnait.

Il était une fois une lectrice et une spectatrice passionnée par l’oeuvre de J.R. Tolkien et celle de Peter Jackson, follement addict de l’acteur Martin Freeman et qui devait écrire une critique d’un film qu’elle attendait depuis longtemps… La réussite (du film, de la critique) sera-t-elle atteinte au bout de ce voyage (in)attendu ?


De l’oeilleton d’un trou de hobbit à l’oeil de Smaug…

Qu’est-ce donc que Le Hobbit, Un Voyage Inattendu ? Reprenons quelques points évidents mais importants :
Tout d’abord, il s’agit du premier volet d’une nouvelle trilogie autour de l’univers du Seigneur des Anneaux. Et donc, par conséquent, la possibilité de rapporter à nouveau le pactole pour New Line, MGM et Warner.
Ensuite, c’est l’adaptation du livre qui a fait connaître Tolkien dans le monde entier et qui l’encouragea ensuite à écrire Le Seigneur des Anneaux, oeuvre phare et fondatrice de l’heroic fantasy moderne.
Enfin c’est une oeuvre cinématographique expérimentant une nouvelle technologie de captation et de projection d’images 3D, à 48 images par seconde, le HFR 3D (High Frame Rate), permettant davantage de fluidité et de détails dans l’image (notamment pendant des mouvements de caméra) et donc plus de confort et de spectaculaire pour le regard.

Alors oui, me diront certains (je me fais l’avocat du diable, ou de Sauron) : pourquoi faire de Bilbo le Hobbit – qui est une oeuvre très courte et simple en regard du Seigneur des Anneaux – une trilogie, hormis pour rapporter du pognon, toujours plus de pognon ? Et puis, si c’est pour voir plus ou moins la même chose que Le Seigneur des Anneaux, à quoi bon payer des places hors de prix ? C’est encore une fois prendre le spectateur pour un hobbit naïf qui abuserait de l’herbe à pipe !

L’herbe à pipe, une substance que semble bien apprécier Peter Jackson

Mais voilà, braves hobbits que vous êtes, vous avez vous aussi le goût de l’aventure, certes, mais de l’aventure bien faite, qui se vit confortablement, bien au chaud dans un fauteuil moelleux.

Il est vrai que ce nouveau film peut parfois davantage donner l’impression d’assister à un remake plutôt qu’à une préquelle de La Communauté de l’Anneau : nous retrouvons un contexte équivalent où Frodon est remplacé par Bilbon, avec la même traversée épique de la Terre du Milieu. Mais par le biais de ces aventures qui se regardent en miroir, il s’agit surtout de montrer des héros, appartenant à une même famille tiraillée entre deux extrêmes (le confort du foyer et le danger de l’aventure), qui osent aller au-delà d’eux-mêmes, de comprendre qui ils sont vraiment, de révéler des valeurs nobles qui vont faire d’eux des êtres exceptionnels, qui vont leur permettre de s’intégrer puis de s’imposer comme la force d’un groupe, de les faire s’accepter pour ce qu’ils sont véritablement, avec leurs défauts et leurs qualités, mais sans jugements infondés…

Ce sont des voyages initiatiques en somme, qui placent un individu ordinaire face à une situation extraordinaire, que l’on peut grossièrement résumer en quelques étapes. Tout d’abord l’appel à l’aventure, que le héros doit refuser dans un premier temps pour enfin l’accepter, il va ensuite se heurter à une série d’épreuves qui vont lui permettre de découvrir ses vraies valeurs, cette force psychologique et physique acquise au cours des épreuves va lui permettre d’atteindre l’objectif demandé, ce qui va lui apporter un savoir important, unique, qui lui appartient et qui va le caractériser comme un être exceptionnel. S’opère ensuite son retour dans le monde ordinaire, la confrontation avec sa vie d’avant le voyage et celle d’après et enfin, la manière dont il va utiliser toute l’expérience acquise lors de sa quête.

Cette structure narrative hyper-classique, omniprésente dans nos récits littéraires et cinématographiques, existe depuis des siècles (déjà en partie présente chez Homère, mais aussi dans les légendes germaniques comme l’anneau des Nibelungen, anglo-saxonne comme le mythe arthurien par exemple, ou nordiques comme le mythe de Beowulf, dont Tolkien était spécialiste universitaire). En 1949, l’anthropologue Joseph Campbell a d’ailleurs proposé une très belle analyse de cette structure narrative récurrente, qu’il a nommée le « Voyage du héros », dans son ouvrage sur Le Héros aux mille et un visages (et qui influencera particulièrement Georges Lucas avec Star Wars). 1949, c’était avant la parution du Seigneur des Anneaux (1954), mais bien après celle de Bilbo le Hobbit (1937). Comment ne pas y voir un lien évident : Tolkien, sans en être conscient, semble avoir proposé avec Bilbo le Hobbit une forme d’archétype parfait du Voyage du Héros qu’analysera par la suite Campbell.

Oui, je reviens au film. Cet aparté me semblait juste nécessaire afin d’ancrer le nouveau film de P. Jackson dans le contexte même de l’oeuvre de Tolkien et de tout ce que cela dégage, à bien des niveaux. Bilbo le Hobbit ou L’Histoire d’un aller-retour est une oeuvre très importante, tout aussi importante d’un point de vue littéraire, narratologique et même anthropologique que Le Seigneur des Anneaux, essentiellement lié au fait que Le Hobbit demeure à l’origine un livre pour enfants, peut-être, pour moi et certainement quelques autres, le plus grand livre pour enfants jamais écrit avec Alice au Pays des Merveilles. Qui a lu Bilbo le Hobbit en étant enfant ou adolescent reste profondément imprégné et garde en tête nombre de détails, nombre de situations.

Ce qui m’a marquée, et ce dont je me souvenais avant de voir le film (je n’ai pas relu le livre depuis mes 15 ans, j’en ai bientôt 30), c’était l’arrivée des nains dans le terrier de Bilbon et la panique et l’incompréhension que cela généraient en lui. Et puis cette incroyable scène de rencontre entre Bilbon et Gollum, autour de devinettes au fond d’un gouffre qui, rien qu’en y repensant, me (re)donne des frissons. Et enfin la confrontation avec le redoutable Smaug, dragon magnifique, fier, avide et cruel, tapi dans le Mont Solitaire, veillant âprement sur l’or volé aux Nains d’Erebor. Ce sont de beaux souvenirs de lecture de jeunesse et le film ne les a pas gâchés, bien au contraire.

Certains critiques, après la projection, ont reproché au film d’être trop mièvre, trop simpliste par rapport au Seigneur des Anneaux. J’ai même entendu, de loin, un « mais ce film, c’est Le Seigneur des Anneaux pour les nuls !« . Ce qui m’a plutôt exaspérée sur le coup puisque, évidemment, Le Hobbit et Les Seigneur des Anneaux sont deux oeuvres littéraires différentes, et en même temps, volontairement très proches (en miroir, comme je l’ai déjà écrit). L’une s’adresse à des enfants et l’autre, ensuite, à des adultes. Mais au final, ces critiques démontrent que les adaptations de P. Jackson demeurent avant tout très fidèles à l’esprit des livres et à la pensée de Tolkien.

 

Les autres critiques qui sont ressorties après la projection était sa longueur . C’est vrai que le film est pratiquement aussi long que ma critique ! ^^

S’il y a bien une chose que l’on ne peut reprocher à Peter Jackson, c’est de bâcler ses films. Quand on va voir un film de P. Jackson, on sait TOUJOURS à quoi s’attendre : le film sera long. Voilà, c’est comme ça. James Cameron a bien fait un film de 3h20 sur un naufrage… L’un comme l’autre sont des cinéastes qui font du spectaculaire en prenant leur temps, en construisant progressivement un contexte, une ambiance, une action, etc. C’est rappeler au spectateur qu’il regarde un divertissement, mais qu’il y a aussi une histoire, avec des personnages, des situations, des enjeux auxquels il peut s’identifier et sans lesquels les scènes spectaculaires ne fonctionneraient pas. Ce n’est pas, pour moi, des longueurs inutiles.

Parce que faire 2h45 de film pour quelque chose qui correspond à un début de roman (à peine 100 pages), il fallait le faire, et P. Jackson le fait plutôt bien, ne négligeant aucun détail, que ce soit d’un point de vue formel ou scénaristique. Certes, il y a des longueurs, certes, il développe à sa sauce un grand nombre d’ellipses présentes dans le livre, certes il y ajoute beaucoup de sa touche personnelle pour faire un lien fort avec Le Seigneur des Anneaux (le film s’ouvre avec Bilbon, joué par Ian Holm, qui prépare avec Frodon -Elijah Wood- sa fête d’anniversaire, celle même qui ouvre le premier film du Seigneur des Anneaux ; s’y ajoute le Conseil Blanc, permettant de retrouver Galadriel, Saroumane et Elrond).

Mais Peter Jackson pétrie et étire la matière narrative à son maximum sans pour autant créer l’ennui : il y a toujours un petit quelque chose qui permet de conserver l’attention ou de la capter à nouveau. A travers toute cette matière que P. Jackson déploie, c’est aussi notre propre mémoire que nous étirons : nous avons le temps de faire des parallèles, des correspondances avec ce que nous connaissons déjà de l’univers. En étirant ainsi le temps et la matière, il pousse le spectateur à devenir actif, à réfléchir à ce qu’il voit, à ce qu’il connait déjà, à ce qu’il comprend, il nous pousse constamment à nous remémorer, à tirer des liens d’une oeuvre à l’autre, sans pour autant sortir de la contemplation. Et pour ceux qui ne connaissent ni les livres, ni les précédents films, il profite de cette matière élastique pour créer l’atmosphère féérique emblématique et donner ainsi la possibilité aux néophytes de plonger et de se perdre dans la découverte et la complexité de cet univers merveilleux.

Tous les personnages (le toujours aussi formidable Ian McKellen en Gandalf le Gris, l’intriguant et burlesque Magicien Brun Radagast, interprété par Sylvester McCoy, connu aussi comme le 8ème Docteur dans Docteur Who, et l’éternel Christopher Lee en Saroumane le Blanc), mais aussi les décors et les paysages, les accessoires (les épées elfes que trouvent les nains sont absolument sublimes), la plupart des effets spéciaux (numériques ou non) et la musique (reprenant les grands thèmes du Seigneur des Anneaux et proposant de nouvelles variations) s’incrivent dans la magie féérique omniprésente de l’univers. Celle-ci renvoie finalement à la magie des contes de fées, à la magie de la littérature fantastique et du cinéma spectaculaire capable de nous transporter dans les fabuleuses contrées de l’Imaginaire…

Je pourrais néanmoins discuter le fait qu’il y ait beaucoup -peut-être trop- de mouvements de caméra, parfois fatigants pour les yeux et l’esprit (sur quoi doit-on se concentrer ?), mais qui donnent toujours plus à découvrir de ce monde merveilleux. Le fait que je n’ai pu voir le film en 24 images/seconde participe peut-être à cette désagréable impression. J’attends donc avec impatience de me faire éventuellement une autre opinion sur la question avec une projection en HFR 3D. Je tiens par contre à souligner qu’il y a une 3D relief très belle, sans extravagance, avec des jeux de profondeur de champ efficaces, qui donnent là aussi beaucoup de choses à voir.

Il y a donc ici un aspect plus enfantin que dans Le Seigneur des Anneaux, lié au ton originel du roman et à l’omniprésence des nains (et qui dit nains chez Tolkien, dit rarement finesse et subtilité), mais finalement, le trouble et le malaise du spectateur adulte devant certaines situations (les enfants eux riront certainement) s’accordent très bien à ceux de Bilbon, qui découvre ce peuple gras et gouailleur et qui en devient vite effrayé et dégouté puis fasciné et admiratif). Au moins, ça nous évite les ralentis grotesques et exaspérant sur Aragorn dont Jackson avait été beaucoup trop friand -à mon goût- dans la précédente trilogie. Par contre, on peut tout à fait regretter le maquillage parfois limite des nains…

 

Enfin, j’en arrive à ce qui m’a particulièrement plu dans le film (oui, encore plus que tout le reste) :

Tout d’abord les retrouvailles avec Gollum. Andy Serkis nous offre une performance qui prend à nouveau au corps et au coeur, une habileté à donner vie à Gollum qui tire vers une certaine élégance, une gracilité qui n’enlève rien, bien au contraire, à la sournoiserie, à la dépendance, à la schizophrénie, à la folie et donc au danger permanent qui entourent ce personnage devenu mythique. La tension de la scène du jeu des devinettes entre Gollum et Bilbon est aussi remarquable que celle du livre. Si Gollum gagne, il mange Bilbon, si Bilbon gagne, ce dernier retrouvre sa liberté. Cette scène est donc aussi savoureuse que paraît Bilbon à Gollum et aussi effroyable que la présence de Gollum face à Bilbon.

 

Voici enfin le grand point fort du film, et même, de cette nouvelle trilogie : Martin Freeman. Alors, comme je l’ai présenté en introduction de cette critique, je ne partais pas neutre envers l’appréciation de ce comédien, que j’adore depuis des années et dont je ne me lasse pas de voir les prestations, notamment dans La Ronde de Nuit de Peter Greenaway, H2G2 : le guide de voyageur galactique et dans la série de la BBC Sherlock, où il joue le Docteur John Watson. Il émane de lui une présence charmante, sympathique et chaleureuse, emprunte d’une douceur et d’une délicatesse sans pareil, pleine d’humour et de mélancolie. Il incarne un Bilbon parfait, incroyablement juste et sensible. A croire que le personnage et le rôle aient été écrits pour lui… et la ressemblance avec Ian Holm en est presque troublante !
Peter Jackson a d’ailleurs eu la bonne idée d’associer à Martin Freeman son acolyte (de) Sherlock, puisque Benedict Cumberbatch interprète pas moins de deux rôles dans la trilogie du Hobbit (essentiellement des voix et de la performance capture) : celui du Nécromancien (autrement dit, Sauron) et celui de Smaug, que l’on devrait surtout voir dans le prochain volet du Hobbit. Ni plus, ni moins… Cela annonce certainement beaucoup de belles choses à venir pour la suite !

Donc pour le moment, j’approuve complètement le choix de P. Jackson et des studios de faire du Hobbit une trilogie. Je n’ai pas envie d’y voir uniquement une motivation pécuniaire, mais plutôt l’idée qu’ils aient en main et avec eux une histoire solide, une équipe technique et artistique déjà bien aguerrie et des comédiens d’une telle densité qu’il serait réellement dommage de ne pas en (faire) profiter pleinement.

Et puis… pour beaucoup de fans, Le Seigneur des anneaux, que ce soit au cinéma, ou à la télé, ou sur dvd/bluray, cela symbolise en quelque sorte les fêtes de fin d’année. Se retrouver en famille ou avec des amis devant une nouvelle aventure adaptée des histoires de Tolkien, c’est comme se retrouver avec un chocolat ou un vin chaud devant une cheminée, après un bon repas, alors qu’il vente à l’extérieur. Il y a un petit quelque chose de joyeux, de stimulant et de réconfortant qui ressort de l’expérience…

Pour conclure et pour devancer d’éventuelles questions, je n’ai pas parlé de la technologie HFR (le fameux 48 images par seconde) car la projection de presse s’est déroulée dans le cadre classique d’une projection 3D en 24 images par seconde. Cependant, l’équipe de Filmgeek compte bien se faire son propre avis sur la question dès le weekend prochain, un edit de l’article sera donc proposé pour apporter quelques précisions et avis sur le sujet.

Caro

[Analyse] Licences Américaines Billionnaires.

Salut,

Ca faisait un bail.


Le cinéma, c’est de l’art et du business. Enfin dans l’autre sens. Ou pas.

Pour comprendre le succès d’un film, notamment aux USA, on pense à comparer son budget et ses recettes. Quand on n’est pas dans le biz, c’est difficile d’apprécier ce succès quand on ne connaît pas la somme mise en jeu dans le marketing.
C’est encore plus difficile quand certains comparent un film sortant en 2012 et un film sorti 15 ans avant. Pour vraiment comprendre une carrière de film sur le territoire US, il faut prendre en compte l’inflation. In fine, on se retrouve donc à comparer les choses vraiment comparable, à l’instar des sommes du nombre d’entrées sur le territoire français.

Dans cette « analyse », j’aimerais remettre en perspective les séries ou licences qui ont dépassé le billion (ou milliard) de dollars en recettes cumulées sur le territoire américain. Cela permet de comprendre parfois pourquoi les producteurs s’attachent ou s’acharnent à faire (re-)vivre certaines licences malgré des chiffres à priori décevants pour les derniers opus.

Les chiffres qui suivent sont issus de boxofficemojo (dont la mise à jour est un bonheur pour tout fan de dollars), en regardant les recettes cumulées, le nombre de films de la franchise (sans y ajouter les ressorties).
Ces chiffres sont virtuels, ils reflètent le nombre de places vendues pour chaque film, multiplié par le prix d’une place en 2011. Les sommes engrangées ne sont donc pas réelles mais le ratio budget/recettes est sans doute pertinent. Les plus curieux iront voir sur le site pré-cité; il comporte moultes comparaisons et autres informations budgétaires.
Si l’ensemble paraît évident, il y a tout de même quelques surprises, en tout cas je l’espère.

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De la 3D réaliste, mais pas trop !

La semaine dernière, la nouvelle bande annonce des aventures de Tintin réalisées par Steven Spielberg et produites par Peter Jackson a frappé le net.
Nous avions eu l’occasion de voir quelques images, mais pour la première fois, nous avons pu avoir une idée de ce à quoi le film allait ressembler. Et ce que l’on peut remarquer immédiatement, c’est un style graphique étonnant qui ressemble à de la 3D réaliste, mais pas trop.
En effet, à l’instar d’un Rango sorti en salles voici quelques mois, les deux réalisateurs de génies, que sont Spielberg et Jackson ont pris le parti de mettre en images les aventures du jeune reporter dans un style au rendu réaliste, sur des personnages qui eux, de par leurs visages, ou expressions, le sont beaucoup moins.
Et cela, croyez-moi, n’est pas une mince affaire !

Lorsque l’on voit un Toy Story, un Monster Inc, ou un Kung Fu Panda, nous sommes dans des univers graphiques très marqués, au style et au design bien définis, établis après un long travail de concepts, de recherches, et d’études de couleurs.
On est loin d’une reproduction de la réalité, que ce soit dans les textures des objets, leurs formes, les décors, les animations de personnages, ou la lumière environnante.
Dans Tintin, ou dans Rango, si l’on enlève les personnages, on pourrait parfois se croire dans un film réel tant la lumière qui baigne la scène, les ombres, les couleurs, les réflexions et les details sont réalistes. Pourtant, il reste ce petit truc en plus qui nous fait savoir que l’on est face à un film d’animation.

L’année dernière, j’ai eu la chance de travailler sur le film Rango, je me suis occupé d’un plan d’extérieur, une vue d’ensemble du désert, sous un coucher de soleil, ou l’on voyait les personnages courir sur leurs drôles d’autruches. La consigne pour créer ce plan etait de faire quelque chose de réaliste, mais pas trop, d’un peu stylisé, mais qui utilisait surtout des photos…
C’est la première fois que je recevais ce genre de brief, et pour cause, cela va à l’encontre de ce que l’on fait d’habitude. C’est assez déroutant.
Lorsque l’on fabrique un décor de toute pièce, comme dans Toy Story, on n’utilise aucune photographie, tout est peint à la main, en utilisant des couleurs bien définies, sur des géométries au style plus ou moins cartoon. On souhaite enlever tous les petits details futiles, les erreurs, les accidents, pour présenter une version édulcorée, magnifiée, ou infantilisée du lieu.
Dans un film en revanche, c’est l’inverse, on essaye de peindre un minimum de choses pour au contraire utiliser des photos qui nous permettrons, par la présence de toutes ces petites imperfections, de renforcer le coté naturel et vrai de l’environnement. On est en recherche de ce petit detail qui fera oublier le trucage et permettra au spectateur de complètement oublier qu’il est en face d’un décor créé de toute pièce.
C’est donc un vrai challenge que de produire des images dans ce nouveau type de film d’animation. Il faut toujours peser ce qui fait vrai, enlever ce qui le fait trop, magnifier sans dénaturer, et c’est un vrai casse tête.

Il en est de même pour les personnages eux mêmes, en particulier leur animation. Lorsque l’on voit le visage de Haddock, on voit bien qu’il ne s’agit pas d’un vrai acteur. Ses proportions, son nez, ou ses yeux ne sont pas réalistes. Pourtant, son animation, les expressions de son visage, elles, le sont. On utilise des technique de motion capture pour reproduire des mouvements réalistes, tirés de vrais acteurs jouant la scène, et on les calque sur des personnages qui eux ne sont pas réalistes. On se retrouve dans le même paradoxe que pour les décors. Il faut que cela fasse vrai, mais pas trop.
L’Uncanny Valley est une hypothèse dont on se sert dans la robotique, et dans l’animation. On s’est en effet rendu compte que lorsqu’on reproduisait presque parfaitement un humain, mais qu’il n’était pas réaliste a 100%, il faisait peur et provoquait dégoût et répulsion.

Voila quelques années, des films comme Polar Express, Final Fantasy ou Beowulf tentaient de s’approcher au maximum de la réalité. Et c’est à cause du dégoût que certain ont eu à l’encontre de ces personnages qui semblaient plus morts que vivants, que le secteur de l’animation a choisi de revenir à un style plus cartoon dans ses personnages, quitte à leurs laisser des mouvements réalistes, mais en redonnant un coté stylisé à leur visage.
Dans Rango, aucun soucis, les héros sont des animaux, mais dans Tintin, on voit bien qu’on n’a pas cherché à faire de véritables humains.

Ludovic

Bande-annonce Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne

La voici, la voilà, la première vraie bande-annonce des Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne, produit par Steven Spielberg et Peter Jackson et avec un casting de fou : Jamie Bell, Simon Pegg, Nick Frost, Andy Serkis, Daniel Craig et j’en oublie !

Tintin, notre intrépide reporter, son fidèle compagnon Milou et son inséparable ami le Capitaine Haddock partent à la recherche d’un trésor enfoui avec l’épave d’un bateau “la Licorne”, commandé autrefois par un ancêtre du Capitaine Haddock.

Blogs Cinéma : le Best Of de la semaine S04E21

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Petite semaine chez FG, mais pas mal de news chez nos collègues du best-of, donc ça compense :

The Black Swan, feat The Chemical Brothers à la BO

Le prochain et très attendu film de Darren Aronofsky, The Black Swan, s’est doté d’une BO sympathique, comprenant une série de tracks composés pour l’occasion.
Outre la collaboration habituelle entre le réalisateur et le compositeur Clint Mansell (le score de The Fountain est fantastique), on y retrouve une série de petites perles dont un nouveau track des Chemical Brothers qui peut être partiellement découvert sur youtube:

Le film lui même semble donner dans le thriller fantastique, un genre auquel le réalisateur de Requiem for a Dream ne s’est pas encore frotté. Alors que le projet de reboot de Robocop est passé à la trappe suite à la banqueroute de MGM (restructurée et focalisée sur le remake de l’Aube Rouge et du Hobbit sous la houlette de Peter Jackson), Black Swan reste dans la veine plutôt intimiste d’Aronofsky. Portée par Natalie Portman qu’on retrouvera l’année prochaine dans le blockbuster Thor, The Black Swan est un des films que j’attends avec une impatience grandissante en cette fin d’année.

Armand

Blogs Cinéma : le Best Of de la semaine S03E24

best of blog cinema

Cette semaine Rob revient sur la polémique de la bouffe et des policiers dans les UGC, Anderton se fait un rétro Star Wars et Jérome défend Peter Jackson. De notre côté, on fait la promo d’un pote qui touche en SFX 😉

Blogs Cinéma : le Best Of de la semaine S03E20

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Au menu cette semaine le prochain film de James Cameron : Laser Cats 5, le succès d’Invictus, l’échec de Lovely Bones et enfin les Nominations au Césars 2010 et notre choix 🙂

Ze 3D takeover

2009 aura été à la fois le test et la validation de la rentabilité de la 3D au cinéma, principalement grace à l’Age de Glace 3 et Avatar, 2010 serait celle du 3D à la maison avec un débarquement massif de bluray 3D couplés aux écrans 3D (nécessitant les lunettes) tant pour le salon que sur PC.
La platine bluray la plus répandue au monde, la PS3 de Sony, sera compatible avec ces Blu-Ray 3D.

robinhood

Lucrative, la 3D est pour l’instant un excellent moyen pour contrer (mais pas endiguer) le piratage des blockbusters. Après le succès d’Avatar, tous les studios hollywoodiens se lancent dans la course à la 3D avec des films initialement 2D qui demandent une rallonge pour ajouter une dimension. Pour un film tourné en numérique, le passage en 3D ne prendrait que quelques semaines pour un surcout d’une dizaine de millions de dollars. Ainsi, Le Choc des Titans devrait passer en 3D tout comme le prochain Robin des Bois de Ridley Scott pour lequel le réalisateur a demandé 8 millions de dollars au studio (Universal). Il y a fort à parier que Besson sera le premier français à s’y frotter pour nous sortir un Transporteur 12 avec des morceaux de banlieue en 3D…

Outre une multiplication des sorties 3D en salles, les oeuvres plus anciennes passeront aussi à la moulinette 3D. C’était une évidence, George Lucas s’y mets et l’hexalogie live Star Wars profitera d’une ressortie en 3D avec, on l’espère, des petites gâteries visuelles d’ILM comme en 1997. Jackson annonce sa trilogie du Seigneur des Anneaux d’ici 2013, lorsque le Hobbit sera terminé et on aurait même le droit à du Matrix sauce 3D. Honnêtement, revoir Star Wars, Matrix et La Communauté de l’Anneau en 3D, ça serait quand même le pied intégral. WETA a déjà fait des tests de bataille 3D et apparemment, ça fonctionne plutôt bien.

Je sais pas vous mais moi j’ai plutôt hâte d’en (sa-)voir plus !

Source
Armand 

Critique du film District 9

affiche district 9

L’idée Générale :

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre…Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire…Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s’occuper de leur transfert. L’un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9…

Le Bon :

Dans le genre film attendu et D9 se pose là et ce pour plusieurs raisons : premier film de Neill Blomkamp prolongement de son court-métrage très remarqué Alive in Joberg, le tout produit par Peter Jackson et poussé par à une campagne marketing exemplaire, distillant petit à petit des élements de l’univers de Neill.

Alors forcèment y avait de quoi être très déçu et autant le dire tout de suite : il n’en est rien, le film est énorme.

On commence l’aventure dans le registre de la comédie façon The Office, avec un film d’entreprise qui introduit son personnage principal interprété par l’excellent Sharlto Copley. Puis on découvre petit à petit le contexte et les problèmatiques liées. On passe alors au style reportage, l’action se muscle, on arrive dans le coeur du sujet : le District 9. Au fur et à mesure le tableau social s’esquisse, par touches d’extraits d’interviews ou d’archives de la télé sud-africaine, la sauce prend, on y croit.

La base est solidement fixée. On peut donc shooter dans le tas et commencer à s’amuser avec la dernière phase, celle de l’action bourrine, plus classique d’accord, mais diablement efficace car amenée de main de maître.

Le Moins Bon :

On peut se plaindre de la métaphore un peu trop appuyée par moment, du design des crevettes, un peu trop proche des humains ou bien du changement de genre radical du dernier tier du film, mais quand on prend le métrage dans sa globalité il y a une cohérence et c’est le principal.
Alors effectivement ce n’est pas une révolution attendue, mais ça n’en fait pas un mauvais film loin de là.

Le Bilan :

Croisement entre Cloverfield et Redacted (pour simplifier), les émotions sont aussi variées que les genres abordés. Blomkamp jongle tour à tour avec la comédie, le film d’action en passant par le reportage de guerre. Il en resulte un film très riche, visuellement impressionnant pendant le lequel on ne s’ennuie pas une seconde jusqu’à sa dernière demi-heure jouissive.

Le film est ambitieux et spéctaculaire sans jamais nous prendre pour des imbéciles même sur la fin qui laisse la porte grande ouverte pour une suite et je suis très curieux de voir ce que Neill va bien pouvoir en faire ! (et je fantasme sur ce qu’il aurait pu faire d’Halo…)