[Festival] Paris International Fantastic Film Festival : Suite et fin

Comme dirait un certain Jean Louis-Aubert Voilà c’est fini, la première édition du PIFFF s’est achevé dimanche soir avec le film Détention de Joseph Kahn. Malgré quelques problèmes de ponctualité le festival s’est parfaitement déroulé dans une très bonne ambiance et aura accueilli 4600 spectateurs durant ces 5 jours. Ce succès assure  dès maintenant une seconde édition pour novembre 2012. On a hâte.

Après les micro-critiques de A Lonely Place to Die et Blind Alley voici celles des films restant du festival. Il proposait un programme diversifié à l’ensemble finalement enthousiasment. Pour être honnête j’avais un peu peur après la journée de samedi où aucun des films ne m’avaient passionné.

Avec Extraterrestre, réalisé par Nacho Vigalondo (Timescrimes), on se retrouve devant, peut être, la comédie de l’année. Julio (JulianVillagran) se réveille chez une jeune femme, Julia (Michelle Jenner), après une soirée certainement très (trop) arrosée. Il ne se souvient de rien et ne sait pas où il se trouve, il va alors devoir cohabiter avec elle, son copain et un voisin envahissant pendant qu’une invasion extraterrestre se prépare. Cette comédie romantique, aux dialogues intelligemment écrits, n’utilise le coté science fiction seulement comme une couverture servant aux nombreux quiproquos que nous offre le film. Extraterrestre utilise à merveille le jeux des différents acteurs en usant de tout leur talent comique, nous donnant alors des scènes tordantes. Comme cette scène lors d’un repas avec un jeu de regards habilement mis en scène.

Retreat, de Carl Tibbetts, est, malgré son casting, une véritable déception. Un couple (Cillian Murphy et Thandie Newton) décide de passer quelques jours dans une maison de campagne sur une île, loin de tout, pour fuir leurs problèmes. Tout se passe plutôt bien jusqu’à ce qu’un homme (Jamie Bell), blessé, débarque sur l’ile et est recueilli dans la maison. A partir de là le soldat va mettre la maison en quarantaine en leur annonçant qu’un virus a décimé la population. La difficulté des huis clos réside généralement dans le savoir faire de la tension et du jeu des acteurs (Puisque généralement ils doivent tenir le film à eux seuls), et là nous n’avons ni l’un, ni l’autre. Dans un premier temps, la tension n’est jamais vraiment palpable, la faute à de multiples rebondissements qui cassent à chaque fois un peu plus le rythme et nous sortent du film peu à peu (dans le cas où nous y étions déjà, ce qui n’est pas vraiment le cas). Le suspense n’est jamais vraiment présent et le scénario semble s’étirer en longueur, alors que certaines idées, bonnes à la base, ne sont jamais exploitées. Thandie Newton en fait des caisses, jouant une femme devenant de plus en plus histérique et finissant par être ridicule aux agissements semblant assez incohérents. Reste alors Cillian Murphy, qui, dans un rôle à contre emploi, s’en sort bien et Jamie Bell plutôt impressionnant qui porte le film quasiment à lui seul dans le rôle d’un soldat ayant les nerfs à vif et prêt à tout pour atteindre son but.

 

The Dead est un film de zombies des Frères Ford. L’histoire se situe en Afrique, où après le crash d’un avion le lieutenant Brian Murphy, seul survivant, doit survivre dans les plaines et désert d’un continent infesté par des zombies. Il tente de trouver un moyen de rentrer chez lui et retrouver sa famille. Il croisera la route de Daniel Dembele, un militaire local à la recherche de son fils. Le film a pour originalité de se dérouler en Afrique, dans des contrées encore jamais vues dans le genre Zombies. Malheureusement, avec quelques plans sublimes et un photo plutôt jolie, c’est le seul vrai bon point à retenir du film. The Dead s’avère beaucoup trop long pour ce qu’il raconte et semble étirer au maximum certaines scènes. On peut rajouter à ça un vrai manque de tension, dû en partie à la lenteur des revenants et d’un manque de mise en danger des protagonistes. Les frères Ford ont voulu faire ce film en pensant également à une ambiance Western plutôt lourde et quelque peu oppressante. Finalement peu efficace et un peu trop long, The Dead est également bien trop premier degré pour pouvoir fonctionner.


Après House of the Devil, le jeune réalistateur Ti West revient avec The Inkeepers, une histoire de fantôme se déroulant dans un hôtel condamné à devenir un parking dans les jours suivants. Lors de leur dernière nuit de garde Claire (Sara Paxton) et Luke (Pat Healy) partent à la chasse aux fantômes dans cet hôtel considéré comme l’un des plus hantés du pays. Le film mélange humour et horreur sans pour autant réussir à nous accrocher vraiment. On se retrouve un peu le cul entre deux chaises en attendant qu’il se passe réellement quelque chose. Malheureusement cette attente est vaine, la fin ne nous proposant aucune surprise. Ti West a voulu détourner les codes du genre sans que ça ne paraisse véritablement efficace.

Cassadaga de Anthony DiBlasi, raconte l’histoire d’une jeune professeur d’école déménageant dans la ville de Cassadaga en Floride après la mort accidentelle de sa petite soeur. Elle va essayer d’entrer en contact avec son esprit mais va attirer un autre esprit, celui d’une victime d’un tueur psychopathe. Le film alterne le fantastique et le thriller, entre apparition de l’au delà, visions subliminales et enquête sur le tueur fanatique. Anthony DiBlasi, après avoir adapté Dread et produit Midnight Meat train, tous deux de l’auteur Clive Barker, revient avec ce scénario original, qui, malheureusement, ne fonctionne que très rarement. Si il y a de bonnes idées elle sont sous exploitées. Une de ces bonnes idées,  l’héroïne est sourde, sait parler parfaitement mais n’entend absolument rien de ce qu’il se passe autour d’elle, n’est finalement pas vraiment utilisé, que ce soit comme effet de réalisation ou dans l’histoire, mise à part peut être une scène où elle cherche des indices et fait tomber son téléphone sans s’en rendre compte. Malheureusement la scène semble déjà vue et n’amène pas véritablement de tension. Le film n’arrive pas à gérer ce mélange des genres et se termine dans un grand n’importe quoi sans consistance.

Rejetée lors d’une audition une jeune actrice se vois proposer de passer un entretient pour rejoindre une école privée pour comédiens. Ecole qui révélera certaines méthodes assez marginales. Masks, Giallo allemand, réalisé par Andreas Marschall rend hommage au Suspiria de Dario Argento (La scène où l’héroïne arrive à l’école de théatre en est d’ailleurs directement inspirée). En plus de son ambiance malsaine, perverse, crade, le coté allemand amène d’intéressants jeux d’ombres inspiré de l’expressionnisme. On rajoute à ça une assez bonne tension pendant une grosse partie du film et un whodunit efficace et on a un des meilleurs films du festival. Prix du Public et prix du meilleur film pour Ciné + Frisson

Ensuite, Bellflower. Gros coup de coeur, je ne l’attendais pas forcément et il m’a très agréablement surpris. On est dans un genre assez hybride, de par son histoire et son esthétique. On se retrouve dans un film « pré-apocalyptique » où deux potes, influencés par Mad Max veulent construire un lance flamme et une voiture suffisamment puissante pour être un peu les « rois » en cas de fin du monde, à la Mad Max, donc. Bien sûr on est loin de l’apocalypse, et on est là à suivre leurs mésaventures. A coté de ça on à l’histoire d’amour destructrice de Woodrow (Evan Glodell, également réalisateur et scénariste. Il a décidé de faire ce film après une histoire d’amour qui s’est très mal terminée). Finalement le coté apocalypse du film se trouve dans la caractérisation des personnages, qui se trouvent dans une sorte de cycle autodestructeur. On sent beaucoup de générosité de la part du réalisateur dans cette oeuvre et le résultat est plutôt grandiose. A voir absolument. Prix du jury (Jaume Balaguero, Christophe Gans, Roger Avary et Lucile Hadzihalilovic).

4:44 Last Day On Earth de Abel Ferrara. Celui là j’en attendais rien et c’était clairement un film d’auteur chiant où il ne se passe pas grand chose. Et finalement très bonne surprise ! On se fait chier pourtant pendant les 10, 15 premières minutes mais d’un coup sans trop savoir pourquoi l’atmosphère change et on s’intéresse à ce couple, se déchirant, se réconciliant, essayant de régler leur problème à quelques heures de la fin du monde. Assez bonne perfomance de Willem Defoe, acteur fétiche de Ferrara.

Et enfin, le film de cloture Détention de Joseph Kahn, le réalisateur du très mauvais Torque. Alors là gros délire, une sorte de Scott Pilgrim sous acide qui se passe dans un lycée, mêlant slasher, voyage dans le temps, teen movies. C’est avant tout une comédie totalement nawak, sous ses airs pop qui se fout de la gueule d’absolument tout et d’abord de lui même (il se bâche avec Torque). Si Scott Pilgrim jouait sur les références des jeux vidéos, Détention joue sur celles de… Tout. Des films, de la musique, des modes, etc… C’est ultra référencé et vraiment bien construit. Kahn, qui a lui même écrit le film, arrive à chaque fois à retomber sur ses pattes malgrè un scénario assez dense. Long story short, on s’éclate devant ce film totalement barge et hilarant.

[Festival] Paris International Fantastic Film Festival : A Lonely Place to Die – Blind Alley

Depuis mercredi 23 Novembre (et jusqu’au dimanche 27) se tient à Paris, et plus précisément au Gaumont Capucines à Opéra, le PIFFF. Ce drôle de sigle est celui du Paris International Fantastic Film Festival.

La cérémonie d’ouverture du festival s’est faite avec le nouveau film de Jaume Balaguero, Malveillance. Le réalisateur de La Secte Sans Nom et co-réalisateur de REC 1 & 2 revient cette fois ci avec un thriller brillamment orchestré, à l’ambiance assez crade et malsaine emmené par un fascinant Louis Tosar. On notera également que ce film est hors compétition.

FilmGeek y est présent, par mon intermédiaire, et essayera de voir le plus de films possible. A noter que celui de minuit The Violent Kind, samedi 26 est déjà proscrit. Sinon je ne pourrais pas rentrer chez moi, ce serait bête.

Le premier film en compétition était A Lonely Place To Die

Quatrième film du réalisateur Julian Gilbey, A Lonely Place To Die nous place dans les vertigineuses montagnes des Highlands en Ecosses. Cinq randonneurs avides de sensations fortes vont voir leur escapade en montagne tournée au drame lorsqu’ils viendront en aide à une petite fille séquestrée.

Commence alors la partie survival du film, avec une course poursuite effrénée dans les montagnes. Les deux kidnappeurs veulent récupérer la fille et sont prêt à tout pour ça. Partie extrêmement efficace où Julian Gilbey sait nous surprendre par des séquences assez spectaculaires et où les spectateurs ayant le vertige en prendront pour leur grade. Il sait manier sa caméra et ça se voit, notamment lors des scènes de courses poursuites en forêt où on savoure la lisibilité de l’action. Cette première partie arrive à nous surprendre, plusieurs fois et comme je le disais, de manière efficace. Là où ça coince c’est le changement de ton, de genre que prend le film. Après ce coté survival le métrage part du coté du Thriller et abandonne les hautes altitudes pour une zone un peu plus urbaine. Mais ça ne marche pas, la chute de la tension est assez rapide et le film part un peu dans le grand-guignolesque où on sent que Julian Gilbey a voulu mettre en scène tous les genres qu’il aimait. Finalement d’un survival réussi et plein de tension on fini avec un thriller pas très original et maladroit. Dommage, le potentiel était là.

Je vous conseille tout de même d’y aller, le film vaut le coup d’oeil (Aaah ses plans larges magnifiques) et Mélissa George s’en sort plus que bien.

Le second film a entrer en compétition fut Blind Alley

On quitte maintenant les hauteurs d’Ecosse pour rejoindre le lavomatique d’une impasse glaude en Espagne. Rosa, une jeune femme de ménage passant des castings pour être comédienne se retrouve séquestrée (décidément) dans un lavomatique d’une sombre impasse.

Blind Alley est le premier film du scénariste Antonio Trashorras (L’échine du Diable, Agnosia). Il fut d’abord écrit pour être une épisode dans la série Masters Of Horror, et être réalisé par Guillermo Del Toro. Finalement Antonio Trashorras a décidé d’en faire un long métrage (1h15) et ainsi rallongé le scénario, et ça se sent tant le film tire en longueur. Beaucoup de moments sont très longs, pour un si court film c’est le comble !

Le réalisateur a également voulu nous montrer toute sa panoplie de références, mais c’est soit kitch (comme en témoigne le générique), soit lourd. On rajoute à cela un casting qui en fait des caisses (on les sent quasiment en roue libre), des pseudo twists pas efficaces pour un sous, et vous avez Blind Alley.

Bon, on retiendra aussi un peu de positif dans ce film avec une photographie très soignée et des split-screens plutôt bien pensés qui donnent au film un coté pop pas désagréable. Pas désagréable, comme l’actrice principale, Ana de Amas. Oui bon ça va, c’est pas sur toutes mes critiques que je me permet de finir sur une phrase sexiste.

Romain