Critique de la série Xanadu

 

Ce soir est diffusée sur Arte la série française Xanadu. J’ai été invité, dans les locaux d’Arte, il y a 10 jours à la projection en avant première des deux premiers épisodes de la série.

Créée par Séverine Bosschem, Xanadu traite d’une famille régnant sur l’empire du porno avec leur société Xanadu. Le problème étant qu’un nouveau genre venu, le gonzo, affaiblit considérablement l’aura de Xanadu, eux qui sont spécialisés dans le film porno à scénario, à beaux costumes et décors grandioses.

Alex Valadine, patriarche de cette famille dysfonctionnelle, dirige cet empire mais se voit dépassé par toute cette nouveauté. Pourtant il peine à passer la main à ses enfants mais son fils Laurent va prendre les devants et à l’aide de son petit frère, Lapo, essayer de remettre à flot l’entreprise en perdition. Mais c’est à ce moment que la fille d’Alex, Sarah décide de revenir du Quebec et va se retrouver dans cet immense imbroglio.

La série ne se veut pas une critique du monde du porno, elle n’y fait aucun jugement de valeur. La série n’est pas racoleuse, loin de là. S’il y a quelque chose de nuisible ce n’est pas dans le porno qu’il faut le chercher mais dans cette famille. Depuis la mystérieuse disparition de la première femme d’Alex, ancienne égérie de Xanadu, les choses vont mal. Cette cause touche soit directement les relations, comme Sarah qui a accusé son père, soit indirectement avec la relation autodestructrice et malsaine de Laurent avec sa femme.

La série mélange séquences de rêves et de réalité mais l’écriture fait que certaine fois nous ne savons pas si nous sommes dans la réalité ou dans un rêve. Cela pourrait être une fausse note pour la série mais il s’avère que ça marche plutôt bien et donne une certaine poésie a des scènes de sexe pur.

La réalisation de Podz lors de ces deux premiers épisodes est intéressante et l’utilisation de flous lors des changements de scènes sert à la vision réalité/rêve. On retiendra aussi le magnifique plan séquence de 4 minutes à la fin d’un épisode 1 d’une grande tension.

S’il y a une chose qui m’a dérangé dans ces deux épisodes c’est certaines ruptures de ton, passant d’un humour – souvent grinçant – à une noirceur un peu plus sérieuse. C’est dommage mais c’est heureusement assez rare puisque la plupart des notes d’humour sont réussies, notamment grâce au personnage de Brandon Hard-On.

Finalement Xanadu se place dans le haut du panier des séries françaises, par une écriture et une réalisation stylisées et rend l’ensemble fascinant. Il faudra évidemment juger sur l’ensemble de la série mais ces deux premiers épisodes donnent envie de continuer la série et découvrir comment cette famille réussira à s’en sortir.

 

Romain