Critique du film The Dark Knight Rises

Incipit : Cette critique est plus une tentative d’exposition de mon sentiment général sur le film et j’y révèle forcément quelques éléments de l’intrigue afin d’en discuter avec vous après votre vision, car je pense que pour ce film, vous n’attendez pas les critiques pour savoir si vous allez le voir ou non.

[Petits Spoilers Inside]

Il y a huit ans, Batman a disparu dans la nuit : lui qui était un héros est alors devenu un fugitif. S’accusant de la mort du procureur-adjoint Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié au nom de ce que le commissaire Gordon et lui-même considéraient être une noble cause. Et leurs actions conjointes se sont avérées efficaces pour un temps puisque la criminalité a été éradiquée à Gotham City grâce à l’arsenal de lois répressif initié par Dent. Mais c’est un chat – aux intentions obscures – aussi rusé que voleur qui va tout bouleverser. À moins que ce ne soit l’arrivée à Gotham de Bane, terroriste masqué, qui compte bien arracher Bruce à l’exil qu’il s’est imposé. Pourtant, même si ce dernier est prêt à endosser de nouveau la cape et le casque du Chevalier Noir, Batman n’est peut-être plus de taille à affronter Bane…

Tout d’abord, j’ai eu la chance de découvrir le film un semaine avant sa sortie et vierge de tout élément le constituant : je n’ai vu aucun teasers, trailers, extraits, photos… J’ai juste vu quelques affiches et le cast donc, afin de me préserver et de tout me prendre dans la gueule d’un coup, après 4 ans d’attente.

Le film débute donc huit ans après la fin de The Dark Knight et la mort d’Harvey Dent, la paix est revenue sur Gotham City mais tout ceci repose sur un mensonge gigantesque, entretenu par Gordon lui-même et bien-sûr, métaphoriquement, le Mal viendra aussi des fondations de Gotham.

Véritable personnage principale, Gotham City change une nouvelle fois de topographie et d’identité : plus grande, plus lumineuse, on s’éloigne des références de Chicago et du gothique des premiers temps pour tendre vers l’universalité de New York, à peine camouflée.

Cela permet d’y insérer des références visuelles immédiatement identifiables et raisonnant dans l’esprit des spectateurs : Manhattan, Wall Street, etc. dans lesquelles débarquent le nouveau nemesis du Chevalier Noir : Bane.

Interprété par l’excellente Tom Hardy, Bane est un monstre aussi fort qu’intelligent mais surtout supérieur physiquement à Batman. Il réussit ainsi à nous faire craindre le pire par sa carrure, son regard et sa voix.
Nolan en fait un mercenaire, terroriste, organisé, entouré, motivé, inarrêtable, qui se sert ici des grands mouvements de notre siècle pour les retourner contre la population : anti-capitalisme, écologisme, anarchisme.

Si on peut reprocher le port du masque entravant une partie du jeu d’Hardy, ce dernier lui confère une voix vraiment extraordinaire, à l’opposée de l’hystérie du Joker : elle (im)pose le personnage au moins autant que son physique extraordinaire.

Une autre bonne idée de Nolan est de tordre les origines de Bane pour les lier aux intrigues des précédents films, en particulier Begins, en réinterprétant des grands classiques du caped crusader : la ligue des assassins surtout mais aussi le puits de Lazare, qui prouvent une nouvelle fois que le Nolanverse est une adaptation, un point de vue sur la mythologie de Batman et non une transposition simpliste.

Ce nouvel adversaire est introduit par une superbe scène d’action aérienne James Bondienne et va prendre de l’ampleur jusqu’à devenir une menace nationale, déclenchant une véritable guerre dont Gotham est le front.

Autre personnage de poids introduit dans TDKR : Selina Kyle (Catwoman n’est jamais citée), jouée par Anne Hathaway et qui s’intègre plutôt bien dans un contexte difficile. Comme Bane et le Joker, la miss passait après la catwoman culte de Burton et la cat-astrophe de Pitof et, grâce au traitement des scénaristes et à son interprétation, le personnage est franchement réussi, éclipsant par moment la chauve-souris.

Ensuite, à part Marion Cotillard (on y reviendra) et la tripotée de seconds rôles aux-visages-connus-mais-dont-on-ne-se-souvient-jamais-du-nom, le dernier « petit » nouveau est Joseph Gordon-Levitt, dans le rôle de John Blake, qui sert ici de moteur aux personnages. Il représente la relève et vient prêter main forte aux good guys.

Bien-sûr on retrouve les anciens : Gordon en tête, figure de l’incorruptibilité, il est las de porter le mensonge qui le ronge et se battra pendant tout le film pour se racheter. Lucius et Alfred sont aussi de la partie, le premier plus effacé et le second dont on retiendra surtout le peu de scène (on n’a jamais assez de Michael Caine) et qui malgré ses dialogues très lourds (il a la lourde tache d’expliciter chaque conflit intérieur de son patron), arrive à toucher, jusqu’aux larmes, dans au moins deux scènes.

Et pourquoi d’ailleurs je ne parle toujours pas de Batman ou Bruce Wayne : tout simplement parce qu’il est en grande partie absent du film, volontairement mis à l’écart, son absence participe à l’atmosphère oppressante, renforçant l’idée du symbole qu’il représente et de l’espoir qu’il incarne. Les deux sombreront dans les ténèbres, pour mieux s’en élever.

Christian Bale nous sort sa meilleure performance de la trilogie à base de transformations physiques étonnantes, mais cette fois c’est son Bruce Wayne qui s’en sort le mieux. Faible, épuisé, dépressif, il exploite un autre registre et ça fonctionne bien. Son Batman ne domine plus au corps à corps et au sol, ne virevolte plus entre les ennemis et les immeubles, et l’arrivée de son dernier gadget, le Bat, est plutôt bienvenue tout en réjouissant les grands enfants que nous sommes.

Le fan service est aussi bien assuré : flashback, caméo, clin-d’oeil, les références sont nombreuses et les money-shots abondent autant que les rebondissements dont malheureusement certains sont trop mécaniques et laissent transparaître une certaine artificialité, sentiment renforcé par la musique de Hans Zimmer véritablement envahissante.

Car, oui, il y a donc des ombres au tableau (ou à la fresque). En se basant en partie sur Begins et sa faiblesse, son vilain, Nolan partait avec un handicap, sans compter la tache impossible de faire mieux que TDK.

Il a donc choisi de faire différent mais le cahier des charges était trop important. Le film pèche ainsi par son ambition à vouloir développer des enjeux à plus grand échelle que TDK, en faire un film somme du 1 et du 2, l’architecture s’effrite quelque peu sur la fin, expédiant ses figures du mal et ses twists. On ressort de la salle avec l’impression d’un film moins fluide, moins malin, mais aussi plus oppressant : il aurait fait un parfait second opus de trilogie, puisqu’il s’inscrit peut-être plus dans la continuité de Begins que de TDK par son intrigue.

Je ne parle pas non plus des problèmes de rythme, le récit moins bien construit ouvrant la voie à de nombreuses incohérences. Ainsi, à plusieurs reprises les personnages débarquent dans des scènes on ne sait pas comment (eux non plus d’ailleurs), certaines scènes sont aussi montées très maladroitement avec de gros problèmes de temporalité, en particulier dans le dernier tiers du film, à cause de la multiplication des enjeux et la concentration des sous-intrigues à résoudre. Dernier point délicat : Marion Cotillard (on y revient toujours), son perso est crucial, devenant de plus en plus important dans le film, et malheureusement il n’est pas aussi bien traité que John Blake par exemple et elle ne peut rien faire de plus que de tenter de trouver le bon ton de son perso… en vain.

Restent la force, la puissance, l’émotion.

L’ambiance désespérée, ses scènes d’action à l’échelle d’une ville, la progression oppressante de Bane, nous fait ressentir une angoisse comme rarement on a pu le ressentir dans une salle.

Ce dernier opus est donc grandiose, mais aussi fragile que démesuré, et on ne peut pas vraiment lui reprocher ses faiblesses qui sont le fruit de son ambition, à l’exception du final des super-vilains qui n’est pas la hauteur du film et de celui de ses héros.

Ce TDKR est un film hyper-spectaculaire, imparfait mais à l’ambiance pesante et au casting royal, et qui constitue une fin en apothéose (pas si fermée que cela) concluant une trilogie homogène et majeure, certainement la plus grande fresque super-héroïque au cinéma.

Critique Edition Collector DVD The Dark Knight – Le Chevalier Noir

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L’Idée Générale :

Batman aborde une phase décisive de sa guerre au crime. Avec l’aide du lieutenant de police Jim Gordon et du procureur Harvey Dent, Batman entreprend de démanteler les dernières organisations criminelles qui infestent les rues de sa ville. L’association s’avère efficace, mais le trio se heurte bientôt à un nouveau génie du crime qui répand la terreur et le chaos dans Gotham : le Joker

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Le Bon/Le Moins Bon :

Pas la peine de revenir sur le film, il s’agit pour moi d’un des meilleurs films de 2008 : réalisation impressionnante, casting au top et la performance géniale oscarisée d’Heath Ledger (on aurait d’ailleurs pu titré le film Joker Begins), scénario très dense et intense, scènes d’action énormes, tous les bons ingrédients sont ici réunis pour passer 2h30 scotché à son canapé.

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Techniquement :

Pour le film la qualité d’image et sonore sont bonnes mais souffrent forcèment de la comparaison avec l’édition Blu-Ray, en particulier dans les nombreuses scènes de nuit et au niveau des couleurs moins vives).

Il faudra donc privilegier la HD malgré le changement de format pour les scènes en Imax.

Question bonus, l’édition collector DVD est bien fournie, malgré l’absence très regrettable de commentaires audio (pour une future édition incluant Gotham Knight mais aussi une meilleure image ?). On retrouve en vrac Gotham Uncovered : un making-of classique mais assez complet, les 6 séquences en Imax au format 1.43:1, Gotham Tonight les 6 épisodes du talk show de Ghotam ainsi que des photos et autres teasers trailers.

De plus les bonus tournent pas mal autour du Joker, en particulier le passage sur la musique du film et l’élaboration de son thème. Bref, on se retrouve avec des bonus en nombre mais sans grande originalité.
 

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Le Bilan :

On pouvait s’attendre à une édition à la hauteur du film, ce n’est malheureusement pas le cas ici avec le minimum syndical pour patienter jusqu’à une éventuelle édition ultime.

Mais comme on est bien obligé de choisir une édition pour voir et revoir ce grand film et en profiter dans son home-cinéma, je recommanderai l’édition Blu-Ray qui bénéficie d’une bien meilleure image et des quelques bonus supplémentaires en HD :  La Technologie de Batman et Batman Démasqué : La Psychologie du Chevalier Noir.

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Le Palmarès des Oscars 2009 ?

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Au fil du net je suis tombé sur ce scan de ce qui pourrait être la liste des gagnants des Oscars 2009.

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Alors, oui, bien-sûr ce leak est trop énorme pour être vrai et c’est donc certainement un gros fake mais cette liste des winners des Academy Awards 2009 est plutôt sympa et ça ne me dérangerait pas qu’elle se révèle finalement vraie.

En fait, c’est quasiment exactement le palmarès que je souhaiterai voir ^^ attendons de voir ce WE si ces prédictions se réalisent !

MAJ : Comme nous le présagions, il s’agit effectivement d’un gros fake, l’Académie des Oscars a envoyé un démenti pour clarifier les choses. Un leak est quasi-impossible car seulement deux personnes connaissent les résultats avant la cérémonie, ce qui réduit fortement les risques de fuites.

Via

Les Nominations des Oscars 2009

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Après un palmarès des Golden Globes 2009 assez juste, voici donc enfin les nominations pour les Oscars 2009 qui sont elles plutôt décevantes : pas de TDK ou de Wall-E pour la statuette du Meilleur Film, absence de l’Italie dans la catégorie du Meilleur Film Etranger (entre Gomorra et Il Divo, y avait pourtant du très lourd !)  et surtout strictement aucune surprise. Conformisme quand tu nous tiens.

Enfin, réjouissons-nous de la présence de Bons Baisers de Bruges au scénario et de Robert Downey Jr. pour Tropic Thunder, car les deux furent excellents. RDV le 22 février 2009 !

Allez ! C’est maintenant l’heure des pronostics, tous à vos commentaires ! 🙂

Meilleur Long Métrage

  • L’Etrange Histoire de Benjamin Button (Paramount and Warner Bros.)
  • Frost/Nixon (Universal)
  • Howard Milk (Focus Features)
  • The Reader (The Weinstein Company)
  • Slumdog Millionaire (Fox Searchlight)

 

Meilleur acteur

  • Richard Jenkins dans The Visitor
  • Frank Langella dans Frost Nixon, l’heure de vérité
  • Sean Penn dans Harvey Milk
  • Brad Pitt dans L’Etrange Histoire de Benjamin Button
  • Mickey Rourke dans The Wrestler

 

Meilleure actrice

  • Anne Hathaway dans Rachel Getting Married
  • Angelina Jolie dans L’Echange
  • Melissa Leo dans Frozen River
  • Meryl Streep dans Doute
  • Kate Winslet dans Le Liseur

 

Meilleur acteur dans un second rôle

  • Josh Brolin dans Milk
  • Robert Downey Jr. dans Tonnerre sous les Tropiques
  • Philip Seymour Hoffman dans Doute
  • Heath Ledger dans The Dark Knight, le chevalier noir
  • Michael Shannon dans Les Noces Rebelles

 

Meilleure actrice dans un second rôle

  • Amy Adams dans Doute
  • Penelope Cruz dans Vicky Cristina Barcelona
  • Viola Davis dans Doute
  • Taraji P. Henson dans L’Etrange Histoire de Benjamin Button
  • Marisa Tomei dans The Wrestler

 

Meilleur réalisateur

  • David Fincher pour L’Etrange Histoire de Benjamin Button
  • Ron Howard pour Frost Nixon, l’heure de vérité
  • Gus Van Sant pour Harvey Milk
  • Danny Boyle pour Slumdog Millionaire
  • Stephen Daldry pour Le Liseur

 

Meilleur scénario original

  • Courtney Hunt pour Frozen River
  • Mike Leigh pour Be Happy
  • Martin McDonagh pour Bons Baisers de Bruges
  • Dustin Lance Black pour Harvey Milk
  • Andrew Stanton pour Wall-E

 

Meilleur scénario adapté

  • Eric Roth et Robin Swicord pour L’Etrange Histoire de Benjamin Button
  • John Patrick Shanley pour Doute
  • Peter Morgan pour Frost Nixon, l’heure de vérité
  • David Hare pour Le Liseur
  • Simon Beaufoy pour Slumdog Millionaire

 

Meilleur film en langue étrangère

  • La Bande à Baader
  • Entre Les Murs
  • Departures
  • Revanche
  • Valse avec Bashir

 

Meilleur film d’animation

  • Volt, star malgré lui
  • Kung Fu Panda
  • Wall-E

Découvrez le reste des nominations dans la suite : Continuer la lecture de « Les Nominations des Oscars 2009 »

Semaine The Dark Knight : How about a Magic Trick ?

Maintenant que tu as vu ce qui restera certainement comme un des meilleurs films de l’année, tu te repasses dans la tête tes scènes préférées et tu ne peux t’empêcher d’en parler autour de toi avant de retourner le voir ce WE. Je te le confirme : c’est le retour de la Batmania et tu es atteint.

Dans cet état d’excitation permanente, il ne faut pas attraper froid et mieux vaut donc se couvrir.

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Je te propose donc ce joli t-shirt, reprenant une jolie scène du Joker et qui ne manquera pas de faire sourire les autres fans atteint des mêmes symptômes que toi.

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On le trouve ici, sans ordonnance.

Semaine The Dark Knight : Nokia Tube, le téléphone portable de Batman

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Comme 98% des lecteurs de Filmgeek, vous venez de voir The Dark Knight et comme 100% d’entre eux vous avez pris votre pied.

Et maintenant, grâce à une campagne de product placement aussi discrète qu’efficace (par rapport à Casino Royale par exemple), vous aussi vous voulez rouler en Lamborghini, porter des costumes sur mesure siglés Giorgio Armani for Bruce Wayne et jouer avec le même téléphone portable sonar qui tue.

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Bizarrement je crois que le plus facile à avoir sera le mobile du Chevalier Noir qui n’est pas vraiment issu de Wayne Enterprises mais qui est tout simplement un Nokia Tube.

Même si la marque finlandaise le nie, il s’agit bien du Nokia 5800 XpressMusic (ou XpressMedia selon la coque) aussi connu sous le sobriquet de Nokia Tube ici modifié en scanner/sonar par les bons soins de Lucius Fox (quand il n’est pas à l’hôpital à cause d’accidents de voiture).

Fiche technique de la bête :

  • Réseaux GSM, GPRS, EDGE, WCDMA, HSDPA, WLAN, WiFi, Bluetooth 2.0,
  • Système Symbian S60 (5ème édition), Accéléromètre,
  • Ecran Tactile 3,2? (640×360, 16M de couleurs, 16/9), stylet,
  • APN 3 Mp (Lentilles Carl Zeiss, Autofocus, 2 flash LED),
  • Lecteur multimédia, Navigateur GPS,
  • Mémoire interne de 140Mo,
  • Port Carte microSD,
  • Sortie TV, prise casque 3.5mm,
  • Dimensions: 111 × 52 x 14,5mm, Poids: 104g,
  • Sonar en option.

Le mobile du Chevalier Noir doit sortir en septembre et précédé par une telle publicité géante, il risque de faire un carton comme TDK.

Domino’s Pizza The Dark Knight Vault Trailer

Sous ce titre barbare se cache un des derniers trailers diffusé avant la sortie du prochain opus de Batman : The Dark Knight – Le Chevalier Noir.

Cette bande-annonce a été diffusée sur le site promotionnel TDK Vault sponsorisé par la marque de pizzas préférées des Tortues Ninjas et montre pas mal d’images du film, je le déconseille donc à ceux qui voudrait encore avoir quelques surprises à la sortie du film, le 13 Août en France.

Via