Tuesday´s US Box Office Report S02E04

Eh oui, c’est les vacances, mais FilmGeek vous tient tout de même au courant de la vie du marché américain. Quelle conscience professionnelle !
Au menu de cette édition, l’entrée réussie d’Inception, le gros plantage de l’Apprenti Sorcier et les vies lucratives des 3: Toy Story 3 et Twilight 3.

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Critique du film Twilight Chapitre 3 : Hésitation – Eclipse

affiche twilight 3 hésitation eclipse

Résumé : La fin du lycée approche et Bella n’a pas oublié la promesse qu’Edward lui a faite : la transformer en vampire après la remise des diplômes, mais uniquement si elle accepte de se marier avec lui. Sauf que Bella trouve l’idée du mariage définitivement démodée, que son père ne supporte pas Edward, que Jacob continue de compter pour elle, que les Quileutes et les Cullen se vouent toujours une haine ancestrale, que Victoria cherche encore à se venger de la mort de James et qu’une armée de vampires nouveaux-nés décident de s’en prendre aux Cullen, sous les regards attentifs des Volturi. Bella fait-elle le bon choix en préférant Edward et la vie vampirique ?

Avant de me lancer dans la critique du film, je souhaite faire un point sur le phénomène Twilight et vous expliquer l’intérêt que je lui porte depuis plusieurs mois (attention, séquence « je me confie sur le divan face à Jean-Luc Delarue et Mireille Dumas réunis »).

J’ai vu Twilight : Fascination au cinéma, sous le conseil de plusieurs ami(e)s : à l’adolescence, j’étais passionnée par le mythe du vampire romantique (Dracula, Anne Rice, Angel et Buffy contre le vampires, etc.) et on m’avait convaincue alors que Twilight pouvait me plaire vu mes goûts de l’époque : et effectivement, je me suis sentie replonger dans mes émois adolescents, et même si les vampires de Stephenie Meyer sont incongrus (briller au soleil, être végétariens et non-violents oO ?!), que Robert Pattinson n’était définitivement pas mon genre d’homme, et que les effets spéciaux étaient cheap au possible, j’étais plutôt sous le charme de la romance des protagonistes et de la famille Cullen. Peu avant la sortie de New Moon (Tentation) dans les salles, j’ai moi-même cédé à la tentation de lire les bouquins. Bien mal m’en a pris : tout à fait consciente que j’étais loin de lire de la grande littérature, j’ai complètement accroché au récit de Bella, et telle une droguée, j’ai lu les 5 tomes de la saga en 6 jours (oui, 5, en comptant Midnight Sun, le roman inachevé de Stephenie Meyer qui raconte Fascination mais du point de vue d’Edward). Et quelques semaine plus tard, je les ai relu, en anglais (car la traduction française est plutôt pénible). Oui, je suis faible. Avec le temps et le recul, je ne comprends toujours pas l’effet obsédant que cette saga a eu sur moi : à croire qu’elle parle directement aux hormones. Au moins, je ne me suis sentie ni Team Edward, ni Team Jacob. Peut-être la team Switzerland ou encore la Team Tyler’s Van qui m’a toujours fait rire.

jacob bella edward eclipse

« 107 ans et toujours puceau »

Stephenie Meyer n’est pas vraiment un (bon) écrivain et elle ne s’est jamais considérée comme telle : elle écrit pour se faire plaisir et ça marche, tant mieux pour elle. Pour Twilight, elle n’a jamais cherché à faire autre chose que de la littérature jeunesse, ciblée pour les adolescentes et les jeunes adultes, même si le tome 4, Breaking Dawn (Révélation), est déconseillé aux USA aux moins de 17 ans. Pour la défendre un peu, oui, elle est mormone mais jamais elle n’aborde la religion dans ses romans, le personnage de Bella est athée, pour la pratique du sexe avec Edward, contre le mariage et devenir un vampire sans être devenue mère ne la tracasse pas plus que ça. Edward par contre, est torturé par le monstre qui est en lui et par son passé de tueur (il n’a pas toujours été végétarien), refuse que Bella perde son âme en devenant un vampire et souhaite qu’elle vive ses expériences d’humaine, comme se marier et avoir des enfants. On peut dire que dans les relations humaines, Edward est conservateur, alors que Bella est plutôt libérale. (Attention spoiler : La question de l’avortement qui est posée dans le tome 4 peut de nouveau soulever un débat éthique, mais Meyer évite les écueils religieux ou moraux trop abruptes, prônant davantage pour une liberté de choix et inversant les positionnements entre Bella et Edward. fin du spoiler)

La morale pro-abstinence avant le mariage est certes présente in fine tout au long de la saga, mais n’apparait que comme un choix désuet d’Edward, qu’il n’imposerait jamais à Bella s’il ne risquait pas de la tuer à chaque baiser approfondi. Mais c’est sans compter sur le fait que Bella aime jouer avec le feu (ou plutôt la glace ici), et qu’elle cherche sans cesse à lui faire changer d’avis. C’est beau la confiance, tellement beau que c’est une des raisons qui poussent Edward à fuir dans New Moon : céder à la tentation signifie faire du mal à Bella. Elle, ce qu’elle veut, c’est être transformée en vampire pour enfin s’éclater au pieu –ahah- avec celui qu’elle aime et être enfin égale à Edward, sans que celui-ci n’ait toujours à la (sur)protéger. Tout l’enjeu de la saga repose sur ce simple fait : l’égalité, la confiance et la communication dans le couple. Un conte de fée moderne quoi.

alice rosalie esmé jasper carlisle cullen eclipse

L’addiction que crée la saga est difficilement compréhensible mais elle répond à une attente d’un certain public (essentiellement féminin) en demande de romantisme, de héros proches de la réalité. Oui, j’ai bien écrit proche de la réalité, car même si Edward apparait comme un Apollon ou un prince charmant aux yeux de Bella, il est loin d’être parfait (jaloux, vicieux, colérique) et Bella est souvent à claquer dans ses prises de décisions allant à l’encontre de toutes réflexions censées. Bref, les deux se sont bien trouvés et c’est sûrement pour ça qu’ils peuvent être attachants : on s’identifie tous un peu dans leurs défauts et leurs qualités, on a tous vécu un semblant de situation dans lesquelles ils se retrouvent, même si celles-ci sont fantasmées par le genre fantastique.

Mais je reprends mon histoire : un peu honteuse de m’être faite piégée par mes sentiments « fleur bleue » qui ressurgissaient après tant d’années de positionnement culturel plutôt « élitiste », je suis allée voir New Moon à sa sortie au cinéma, pour passer un bon moment, malgré les nombreux défauts qui le rythmaient (justement, aucun rythme dans ce film et une Kristen Stewart carrément mauvaise). C’est alors que ma nature de chercheuse universitaire a pris les dessus, et pendant plusieurs mois, je me suis intéressée à la réception transmédia d’un phénomène comme Twilight, qui peut aussi s’appliquer d’une certaine façon à Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux ou encore Star Wars. La place et le rôle des fans dans la saga Twilight, qu’ils soient au niveau des livres ou bien des films sont tout bonnement fascinants à observer et étudier. Loin d’être les prépubères hystériques décrites dans les médias, elles ont une véritable réflexion critique sur l’univers développé par la saga, qu’elles alimentent avec des fanfictions souvent matures (les fameux « lemons ») ou des analyses pertinentes des thèmes soulevés par les livres. Mais là est un autre sujet d’étude que je prendrai peut-être le temps de développer un jour, quand j’aurai vraiment du temps à consacrer à tout ça (et ce n’est pas demain la veille).

[C’est là que la critique du film commence vraiment]- Continuer la lecture de « Critique du film Twilight Chapitre 3 : Hésitation – Eclipse »